Monsieur le Ministre, par un courrier en date du 6 janvier 2009, j'ai reçu un diplôme de Chevalier de L'Ordre des Palmes Académiques.
Je tenais à vous informer que j'ignorais totalement ma candidature et ma surprise fut grande de les recevoir à mon domicile sans de plus amples informations.
Comme vous pouvez le constater, je vous retourne par courrier ce document.
Ce refus prend appui sur de nombreux faits qui m'interrogent en tant qu'enseignant et en tant que citoyen.
Je pense faire mon travail du mieux que je peux ayant pour finalité la réussite des élèves. Cependant, vous me permettrez de ne pas adhérer et partager ce qui se met en place dans l'Education Nationale: la fermeture de 13 500 postes pour la rentrée 2009 la fermeture de 1 500 postes (3 000 ! il n'y a pas si longtemps) de Réseau d'Aides Spécialisés aux Elèves en Difficultés la mise en place de l'évaluation CM2, qui évalue une action qui n'est pas encore achevée les nouveaux programmes, certes plus courts mais plus denses (la brièveté n'est pas nécessairement signe d'une meilleure lisibilité et d'une meilleure compréhension) le traitement de la difficulté scolaire par l'Aide Personnalisée (lourdeur de la journée, ne concerne pas les élèves en grande difficulté) la diminution des postes mis à disposition et détachés dans les associations complémentaires de l'Education Nationale la mise en place du Service Minimum d'Accueil, qui est une atteinte aux droits de grève, jusqu'à aller quémander auprès de nos anciens collègues et futurs collègues d'assurer ce service.
Quelle belle unité intergénérationnellle! la disparition de la formation des enseignants
Vous comprendrez, je n'en doute pas, que nous ne partageons pas les mêmes orientations sur le devenir de l'école, et au- delà sur le citoyen de demain.
L'école vit au sein d'une société qui fait des choix, notamment économiques qui ont pour conséquence de précariser, fragiliser un nombre de plus en plus important de nos concitoyens.
Les élèves d'aujourd'hui et leurs parents pour un certain nombre d'entre eux vivent dans des situations complexes, voire difficiles et l'école permet d'être un lieu de moins d'angoisses, de plus de tranquillité.
L'école doit être le ferment de valeurs démocratiques et humaines. Or, nous, enseignants, entendons qu'elle serait le lieu de l'échec. Je ne le crois pas. Bien au contraire. L'école subit les échecs répétés des orientations politiques et j'irai plus loin, je crois que l'école est encore un lieu de paix sociale.
Pour combien de temps encore si vous continuez à supprimer les moyens de son fonctionnement ?
Je ne puis par conséquent que refuser la nomination que vous m'adressez.
Veuillez recevoir, Monsieur le Ministre, mes salutations.

