26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 21:32

La commission mixte paritaire réunie pour trouver un consensus entre les parlementaires au sujet de la proposition de loi Rilhac a adopté un texte qui sera soumis prochainement au Sénat et à l'Assemblée. Cette dernière version de la loi ne simplifiera pas les tâches des directeurs et directrices, bien au contraire : en permettant aux autorités académiques de leur déléguer de nouvelles compétences, elle se traduira à coup sûr par une charge administrative supplémentaire et, en les intégrant à l'encadrement de l'éducation nationale, elle les placera dans une position intenable, en porte-à-faux entre leurs collègues à l'école et les directions académiques.

À rebours de cette volonté gouvernementale d'installer des managers dans les écoles, SUD éducation continue de défendre le travail d'équipe et la démocratie à l'école. C'est cette cohésion qui a permis aux écoles de tenir pendant la crise sanitaire, c'est cette cohésion qui nous permet de continuer, jour à jour, à faire exister un service public d'éducation laïc, gratuit et émancipateur.

C'est pourquoi SUD éducation, avec l'intersyndicale SNUipp-FSU / SNUDI-FO / CGT Educ'action, appelle les personnels du premier degré à faire connaître leur opposition à cette loi délétère en adoptant des motions en les publiant sur le site  www.stop-loi-rilhac.org

 

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Voici ci-dessous l'exemple de motion proposé par l'intersyndicale SUD-CGT-FO-SNUipp

 Nous, enseignant·es de l’école………………….. réuni.es le ……………………..…, avons pris connaissance des dernières évolutions de la loi Rilhac relative à la direction d’école.

La mise en place de l’autorité fonctionnelle et la participation du directeur ou de la directrice à l’encadrement de l’école modifieront profondément les relations entre les enseignant·es au sein des écoles. Le directeur ou la directrice, sommé·e de mettre en place les réformes au sein de son équipe, sera soumis·e à d’énormes pressions, tout comme le sera l’équipe enseignante.

Nous, enseignant·es de l’école, affirmons que les personnels n’ont pas besoin de hiérarchie dans l’école mais en ce qui concerne la direction d’école,d’une augmentation du temps de décharge, du recrutement de personnel sous statut pour une aide administrative et d’un réel allègement des tâches administratives.

Nous avons également pris connaissance des annonces d’Emmanuel Macron à Marseille qui veut expérimenter dans 50 écoles le recrutement des professeur·es par le directeur ou la directrice de l’école. Nous ne sommes pas dupes : ce qui sera expérimenté à Marseille sera généralisé par la suite et à ce titre, nous nous associons à l’appel des écoles marseillaises qui refusent cette expérimentation.

Nous communiquons cette motion à nos organisations syndicales et à nos collègues d’autres écoles, pour en discuter et les inviter à prendre également position pour le retrait de ces projets, pour se réunir ensemble et décider des initiatives pour obtenir la satisfaction de nos revendications.

Nous communiquerons également cette motion aux parents délégués lors des conseils d’école, afin de les informer des changements à l’œuvre sur le fonctionnement démocratique et collectif des écoles, et décider avec eux des modalités d’actions que nous pourrions envisager pour nous opposer ensemble à cette loi.

 
 
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26 novembre 2021 5 26 /11 /novembre /2021 21:31

Les établissements scolaires ne fonctionnent pas sans les AED et c'est ce qui a été démontré l’année dernière lors des grèves des assistant·es d'éducation (AED, AP, APS) qui ont été massivement suivies et soutenues par d'autres catégories de personnels. Partout sur le territoire des vies scolaires ont été totalement fermées et des dizaines de rassemblement se sont tenus devant le rectorat, DSDEN, établissements employeurs. Cette mobilisation est historique.

Le refus du droit à la prime REP/REP+ pour ces personnels par Blanquer est tout à fait emblématique du mépris et du manque de reconnaissance pour ces personnels. Le manque de reconnaissance est inhérent à la précarité du contrat des assistant·es d’éducation : sous-payé·es, sans formation et sans perspectives. Cette précarité permet tous les excès de la part de la hiérarchie et des chef·fes d’établissements employeurs, elle est source de nombreuses injustices. Trop souvent les AED sont victimes de décisions arbitraires de la part des directions d’établissements : non-renouvellement abusifs, périodes d’essais déguisées, contrats inférieurs à un an, chantage à l’emploi, traitement infantilisant.

La Coordination Nationale des Collectifs d'AED a décidé d’appeler à une journée de grève le jeudi 2 décembre 2021. SUD éducation soutient l’auto-organisation des personnels et appelle les assistant·es d’éducation à se réunir, à se saisir de cet appel et à se mettre en grève massivement

SUD éducation met à disposition son matériel et a déposé spécifiquement pour le 2 novembre un préavis de grève national.

SUD éducation revendique :

  • la titularisation sans condition de tous les personnels qui le souhaitent par la création d’un statut d’éducateur scolaire ;

  • l’augmentation des salaires et la baisse du temps de travail ;

  • l’obtention de la prime REP/REP+ pour tous les personnels travaillant en éducation prioritaire ;

  • la suppression du forfait nuit en internat ;

  • le recrutement massif de personnels AED et la fin du recrutement par les chef·fes d’établissement : pour un recrutement académique ;

  • l’accès à une formation et l’augmentation du crédit d’heure pour formation.

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:03

Depuis 2008, chaque année, des postes de Rased sont supprimés. Petit à petit, nos collègues spécialisé⋅es disparaissent du paysage scolaire. Pourtant, lorsque les Rased sont sur le terrain, les équipes et les familles constatent l’engagement et l’efficacité de ce dispositif. 

 

Pourtant  le ministère n’a eu de cesse de démanteler les Rased sous les prétextes les plus divers. Les enseignant⋅es en classe sont donc aujourd’hui seul⋅es à prendre en compte les besoins des élèves en classe. Aujourd’hui, reconstituer les Rased nécessite de créer 5000 postes, ce qui représente 0,41% du budget 2022 de l’Éducation nationale.

 

L’inclusion scolaire vantée par le gouvernement n’est qu’une vitrine : les moyens humains et les dispositifs sont largement insuffisants, qu’il s’agisse des Rased, AESH, ou les effectifs en Ulis et Segpa.

 

SUD éducation revendique la reconstitution des Rased, pilier indispensable à une école pour toutes et tous et dénonce une école inclusive à rabais.

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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:01
Cet article a été publié le 19/11/2021

 
1) Les tentatives de réduire les agent·es de l’Éducation nationale à des exécutant·es bâillonné·es sont constantes que ce soit au niveau des écoles et des établissements, par des chef∙fes encouragé∙es dans la culture de l’autoritarisme, ou au niveau du ministère et de ses assauts législatifs.

Il y avait déjà eu, en 2016, lors des travaux parlementaires sur le projet de loi relatif à la déontologie et aux droits et obligations des fonctionnaires modifiant le statut des fonctionnaires, une tentative, par Alain Vasselle, sénateur socialiste, de limiter la liberté d’expression des agent∙es de l’État en introduisant le devoir de réserve dans la loi. L’assaut avait alors été repoussé. Blanquer a tenté en 2019 une autre offensive, avec le projet de loi sur l’école de la confiance en première lecture et en particulier l’article 1 qu’il avait ainsi rédigé :
« Par leur engagement et leur exemplarité, les personnels de la communauté éducative contribuent à l’établissement du lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique également le respect des élèves et de leur famille à l’égard de l’institution scolaire et de l’ensemble de ses personnels. »

Le Conseil d’État a invalidé ce projet d’article et le passage au Sénat a décidé de la forme actuelle : « L’engagement et l’exemplarité des personnels de l’Éducation nationale confortent leur autorité dans la classe et l’établissement et contribuent au lien de confiance qui doit unir les élèves et leur famille au service public de l’éducation. Ce lien implique le respect des élèves et de leur famille à l’égard des professeurs, de l’ensemble des personnels et de l’institution scolaire. » Aujourd’hui, l'application de cette loi est encore pleine d'inconnues.

2) L’obligation ou devoir de réserve ne figure pas dans la loi, qui consacre au contraire la liberté d’expression du fonctionnaire...

La loi n°83-634 du 13 juillet 1983 portant droits et obligations des fonctionnaires, dite loi Le Pors, dispose, en son article 6 que « la liberté d’opinion est garantie aux fonctionnaires ». Le premier corollaire de la liberté d’opinion est la liberté d’expression, y compris syndicale, comme le confirment de façon constante les interprétations du Conseil d’État...
...en revanche, c'est par la jurisprudence, d'importance moindre que la loi (mais sur laquelle les magistrat·es fondent leurs décisions favorables ou non), que le devoir de réserve est défini, à plusieurs reprises depuis 1935.

D’après le Conseil d’État (n°97189, 28 juillet 1993), le devoir de réserve « s’impose à tout agent public ». Mais ça ne veut pas dire tout et n’importe quoi : ce qui ressort constamment de ces jurisprudences, c’est l’appréciation de la position du fonctionnaire dans la hiérarchie. En d’autres termes, c’est le fait d’être nommé à un poste politiquement exposé qui conduit le juge à considérer que la personne a manqué à son devoir de réserve. Seul∙es sont astreint∙es au véritable « devoir de réserve» les fonctionnaires placé∙es au sommet de la hiérarchie, à des postes politiquement sensibles comme le Recteur, le Dasen, etc. (ou les fonctionnaires travaillant directement avec elles et eux), tandis que, pour celles et ceux qui sont au plus bas de l'échelle hiérarchique, l'obligation jurisprudentielle est moins stricte.
La liberté d’expression de l’agent public est donc réelle, mais limitée. Pour tordre le cou aux confusions, SUD éducation rappelle que la jurisprudence des tribunaux administratifs ne sanctionne que les écarts de langage ou de comportement à l’égard du service, de la hiérarchie ou des collègues.

→ L'obligation de réserve, c’est donc la mesure dans l’expression d’une opinion, pas l’interdiction d’émettre une opinion, y compris au sujet des politiques éducatives nationales ou locales.

En particulier, nous pouvons diffuser aux parents d'élèves notre expression écrite par des plis qui doivent être fermés s'ils passent entre les mains d'élèves lectrices∙eurs. Quand cette expression est formée dans le cadre d’un mandat syndical, le juge tolère beaucoup plus la critique, y compris virulente (arrêt Boddaert, Conseil d’État, 1956).

3) Les limites apportées à la liberté d’expression de l’agent public sont précises

Secret professionnel
Cela concerne les informations dont l'agent a connaissance dans le cadre de ses fonctions relatives à la santé, au comportement, à la situation familiale d'une personne, etc. Cette obligation de certains fonctionnaires vise à protéger les intérêts matériels et moraux usagers et usagères du service public. Les assistant⋅es sociales, les infirmier⋅ères et médecins scolaires sont ainsi concerné⋅es par le secret professionnel.

Neutralité et laïcité du service public
Cela signifie que par leur expression face aux élèves, en service, les personnels ne peuvent laisser penser qu’ils favoriseront une partie des usager∙ères plutôt qu’une autre.
L’obligation de laïcité n’est rien d’autre que la déclinaison de l’obligation de neutralité au le plan religieux. C’est la raison pour laquelle les agent⋅es ne portent pas de signe religieux dans l’exercice de leurs fonctions.

Discrétion professionnelle
La discrétion professionnelle interdit de divulguer en dehors du cadre professionnel (dans l’équipe pédagogique, avec la hiérarchie) la situation personnelle et administrative, en un mot la vie privée des collègues et surtout des usagers et usagères. C’est tout ! La discrétion professionnelle n’interdit évidemment en aucun cas la critique contre l’administration, ou la communication sur le service et les conditions de travail, ou même l’exécution du budget…

Respect des limites légales à la liberté d’expression
Les principes posés par la loi de 1881 sur la liberté de la presse sont toujours en vigueur, ses dispositions sont transposées dans le Code pénal. Il est prohibé d’injurier ou de diffamer.

4) Toujours donner la priorité au collectif
Il convient enfin de rappeler que dans toutes les situations d'expression publique, c'est le caractère collectif, le plus massif possible, afin de faire pencher le rapport de force de notre côté, qui nous prémunit le mieux des velléités de l'administration de faire jouer contre nous cette obligation de réserve au détriment de notre liberté d'expression. Dans le cas où elle nous en menace, le réflexe est de contacter le syndicat SUD éducation de votre département.
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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:01
Cet article a été publié le 19/11/2021
 
 
Une progression alarmante de l’extrême droite
À l'approche des élections présidentielles, l’extrême droite est quasi omniprésente dans les médias : Zemmour et Le Pen imposent les termes du débat public.
D’une part, l’extrême droite impose sa vision du monde qui repose sur la peur et la haine de l’autre : les personnes immigrées, musulmanes, juives ou LGBTI… et l’exaltation d’une “nation française” entendue comme excluante.
D’autre part, la progression de l’extrême droite et la diffusion de ses idées réactionnaires dans la société encouragent l’action des groupes d'ultra-droite violents : depuis 2017, neuf attentats terroristes, dont trois depuis août 2021, ont été déjoués et leur menace est grandissante. Ces groupes violents appellent à s’en prendre à des lieux de culte (mosquées et synagogues), à des lieux qu’ils associent à l’immigration, ou à des lieux « de gauche », des personnalités politiques ou encore dernièrement des centres de vaccination.
20 ans après les manifestations anti-Le Pen, les candidat·es d’extrême droite se sont hissé·es en haut des sondages d’opinion. SUD éducation décrypte leur programme pour l’école.

L’école doit être un rempart social contre l’extrême droite
Du temps du FN de Jean-Marie Le Pen, le discours de l’extrême droite sur l’école se concentrait sur la défense d’une école privée largement confessionnelle. Depuis, avec la tentative de dédiabolisation engagée par Marine Le Pen, le Rassemblement national a essayé de s’implanter via le Collectif Racine dans l’Éducation nationale, heureusement sans succès. Le collectif Racine créé en 2013 a pour objectif de diffuser sa vision décliniste de l’école auprès des personnels. Pour ce collectif dont la plupart des membres soutiennent actuellement Zemmour, l’école est en “péril” du fait de l’esprit de mai 68 et des théories pédagogiques : c’est bien mal connaître les difficultés des personnels dans l’école actuelle !
L’Éducation nationale, c’est plus d’un million de personnels. Il est vital de ne pas fléchir face aux discours de l’extrême droite et de continuer à convaincre nos collègues que l’extrême droite consiste un danger colossal pour l’école, pour ses personnels et ses élèves mais aussi pour la démocratie sociale en général. Les programmes du RN et de Zemmour pour l’école poursuivent deux objectifs :
→ accentuer la ségrégation sociale en instaurant un service public d’éducation au rabais, ce qui a pour objectif d’organiser la fuite vers l’enseignement privé pour les élèves des classes supérieures,
→ instrumentaliser le service public d’éducation pour diffuser une idéologie réactionnaire.

L’extrême droite soutient la politique de Blanquer
Depuis l’investiture du ministre Blanquer, le Collectif Racine n’a rien écrit des politiques de casse du service public d’éducation orchestrées par celui-ci : rien sur les suppressions de postes, rien sur les réformes des lycées qui ont pourtant dégradé les conditions de travail des personnels, ni sur Parcours sup’ qui opère une sélection sociale inacceptable !
L’extrême droite de Le Pen à Zemmour est satisfaite de l’action du ministre Blanquer et se félicite :
- de la priorité au développement de l’école privée, largement confessionnel : la plus forte augmentation de budget pour la rentrée 2022 concerne l’enseignement privé et l’obligation de scolarisation à partir de 3 ans oblige l’État à financer le développement des écoles privées,
- des attaques contres la liberté pédagogique des enseignant·es afin d’uniformiser les pratiques,
- de l’aggravation de la sélection sociale et la mise en concurrence des élèves via les réformes des lycées et Parcours sup’,
- de la liquidation de l’éducation prioritaire via une baisse drastique de moyens pour les établissements qui accueillent les élèves les plus défavorisés,
- de l’absence de véritable politique de prévention et de lutte contre les discriminations,
- du dévoiement de la laïcité pour diffuser des idées islamophobes.

Zemmour et Le Pen veulent une école qui consacre les inégalités et les discriminations
Lorsque l’on observe les propositions du Rassemblement national ou de Zemmour pour l’école, on remarque qu’il n’y a pas de remise en cause de la politique actuelle de Blanquer. Bien au contraire, l’extrême droite propose des mesures encore plus rétrogrades, dangereuses et inégalitaires.

→ L’extrême droite ne parle pas des vraies difficultés de l’école

Dans son programme, le RN ne parle jamais des difficultés des personnels de l’Éducation nationale : du bâti délabré, des injonctions permanentes de la hiérarchie, du manque de moyens et de formations pour les personnels, du manque de personnels médico-sociaux et AESH.... Au contraire, l’école n’apparaît dans le programme du RN, que pour appuyer un discours xénophobe sur l’insécurité. Sur les 18 brochures programmatiques du RN, aucune ne concerne l’école ! Même constat chez Zemmour, pour qui le thème de l’école rime avec “théorie du genre”, “immigration”, “effondrement du niveau” mais jamais avec “manque de moyens”, “classes surchargées”, “organisation pathogène du travail”, “manque de reconnaissance pour les personnels” : cette instrumentalisation de l’école par l’extrême droite est insupportable.

→ L’extrême droite instrumentalise le discours républicain pour diffuser ces idées inégalitaires

Le programme du RN diabolise les “banlieues” et crée un récit fantasmé de celles-ci. Le RN dit vouloir y rétablir “sans concession de l’ordre républicain” qui se décline dans son Plan Banlieue en trois mots : “discipline”, “sécurité” et “répression”. Au contraire, SUD éducation et l’ensemble des organisations progressistes revendiquent le rétablissement des services publics dans les quartiers populaires avec un financement à la hauteur des besoins afin de garantir l’accès de tou·tes aux droits constitutionnels : le droit à l’éducation, à la santé, au logement… Les services publics et les droits sociaux sont le fondement d’une société qui garantit l’égalité de traitement entre tou·tes.
La traduction dans le secteur de l’école de ce dévoiement du discours républicain s’incarne dans “l’action 19” du “Plan banlieue” du RN qui consiste à “Développer les internats d’excellence et y instaurer la priorité nationale”.
L’action du RN consiste donc à développer un dispositif dont les personnels sur le terrain ont déjà éprouvé l’inefficacité et les résultats décevants, en y ajoutant une mesure profondément raciste. Ici le RN montre son vrai visage : celui d’un parti qui discrimine les enfants et détruit le vivre-ensemble en imposant un régime d’inégalités en fonction de la nationalité. C’est l’extension d’un régime de préférence nationale aux élèves qui est proposée par le RN. Cette proposition va à l’encontre de notre projet d’une école ouverte à tou·tes !

L’urgence pour l’éducation prioritaire n’est pas de développer les dispositifs d’excellence mais bien d’élever la qualité du service public d’éducation qui est largement dégradé dans les quartiers populaires du fait du manque de moyens.

→ Nostalgie du retour à l’école de la IIIe République : inégalités et autoritarisme au programme

La prose de Le Pen et celle de Zemmour mettent au jour une vision autoritaire de l’école. La première mesure du RN pour l’école est d’instaurer un uniforme ou une blouse à l’école et au collège pour les élèves. A nouveau, le RN ne propose que des mesures “de vitrine”, passéistes et rétrogrades, qui ne permettront pas d’améliorer les conditions d’étude des élèves. Le retour à l’uniforme fait partie d’une vieille rengaine de l’extrême droite nostalgique de l’école de la IIIe République.
Or il faut rappeler que l’école de la IIIe République était une école profondément inégalitaire qui organisait une ségrégation et une hiérarchie sociale accrue. L’école de la IIIe République opérait une sélection forte puisque les enfants du peuple n’avaient pas accès aux mêmes écoles que les enfants des classes supérieures. C’était également une école des inégalités entre les filles et les garçons. Sans compter que cet école soutenait et diffusait le discours colonial de l’impérialisme français.
Le collectif Racine va plus loin dans la nostalgie de cette école du passé en proposant, comme Zemmour, la suppression du “collège unique” afin d’orienter vers la voie professionnelle les élèves dès la fin de la sixième pour commencer au plus tôt l’apprentissage.
Zemmour en appelle sur le site de son mouvement “Génération Z” à “une école sélective et méritocratique”. Son modèle est explicite : il faut, pour Zemmour, sélectionner les élites prioritairement parmi les enfants des élites. Pour lui, la sous-représentation des enfants d’ouvrier·es et d’employé·es dans l’enseignement supérieur et en particulier dans les filières les plus sélectives, s’explique par leur manque de “mérite”, contrairement aux enfants des classes les plus favorisées qui sont eux sur-représentés dans l’enseignement supérieur et en particulier dans les grandes écoles. Ainsi Zemmour tend à confond le mérite et la naissance. Au contraire, le rôle d’une démocratie sociale est de donner davantage à celles et ceux qui, par les conditions sociales dans lesquelles ils et elles vivent, ont moins de chances de poursuivre les études de leur choix.
La fin du collège unique incarne la politique ségrégative de l’extrême droite dont l’objectif est d’orienter le plus tôt possible les enfants des classes populaires vers un métier nécessitant peu de qualifications scolaires en brimant leur accès à une culture commune dispensée dans les enseignements généraux. Au contraire, la question pour SUD éducation est celle de rendre le service public d’éducation plus accessible aux élèves qui ont des difficultés scolaires et sociales plus importantes, et surtout pas de les exclure de l’école comme le propose l’extrême droite. La scolarité unique via “le collège unique” est un progrès social que le manque de moyens (les classes surchargées, l’absence de fléchage d’heures pour financer les options…) met en danger.
De même, selon les brochures du RN, le retour de l’uniforme permettrait d’imposer “l’unité nationale” dans “les quartiers”. Les personnels de l’Éducation nationale savent que le RN pose les mauvaises questions avec son obsession du nationalisme et qu’imposer un vêtement ne constitue pas une solution aux défaillances des missions régaliennes de l’État dans les quartiers populaires.
Néanmoins, les mesures autoritaires du RN ne concernent pas uniquement les élèves, mais également les personnels. L’une des mesures énoncées par le RN pour l’école concerne le lancement d’un “plan de contrôle des enseignements” afin que “les enfants aient bien accès à un enseignement conforme à nos valeurs”. Le RN prône une instrumentalisation de l’école au service de son idéologie. Les valeurs du RN ne sont pas celles de l’école ni de ses personnels. Il est à craindre des fortes restrictions contre la liberté pédagogique des enseignant·es si l’extrême droite arrivait au pouvoir.
Les attaques contre les personnels ne s’arrêtent pas là car Zemmour attribue la soi-disant et très controversée “baisse du niveau de l’école” aux méthodes pédagogiques des enseignant·es qui ne pratiquent pas selon lui suffisamment le “modèle d’antan”, c’est-à-dire “les méthodes traditionnelles d’acquisition des savoirs, le « par cœur », la leçon magistrale, l’autorité du maître.” : les enseignant·es sont pourtant les mieux placé·es pour évaluer les difficultés de leurs élèves et mettre en œuvre des méthodes pédagogiques adaptées, même si celles-ci ne plaisent pas au polémiste d’extrême droite.
SUD éducation s’oppose à cette conception rétrograde de l’enseignement et défend la diffusion des pédagogies émancipatrices.

→ L’extrême droite défend une conception nationaliste, sexiste et xénophobe de l’école

Pour l’extrême droite, de Zemmour à Le Pen, il faut mettre davantage en avant l’enseignement du français et de l’histoire, considéré comme “des fondamentaux”. Cette obsession montre bien la méconnaissance du secteur de l’éducation par l’extrême droite, ainsi que sa volonté d’instrumentaliser l’école au service de son idéologie. Par ailleurs, on peut facilement déduire que cette proposition s’applique prioritairement aux élèves issus des classes populaires qui étudient au sein de l’école public, les élèves issus des classes supérieurs auront eux toujours accès à une formation plus complète et plus riche grâce à toutes les officines privées de cours particuliers, de cours du soir ainsi qu’au sein de l’école privée.
Le programme du RN au sujet du contenu des enseignements s’attache principalement à renforcer le volume horaire des cours d’histoire et de français dans une visée exclusivement nationaliste : il s’agit de “mettre en place un Roman national qui redonne des repères historiques, identitaires et culturels uniques à tous les petits Français” selon les mots du RN. On voit bien à quel point l’enseignement est instrumentalisé par l’extrême droite. Pour l'extrême droite, l'exaltation de la nation, c’est avant tout l’exclusion et la domination pour tou·tes celles et ceux qui n’entrent pas dans ce “roman national” homogène et unique. Au contraire, à l’école, on apprend aussi le vivre-ensemble et la tolérance. Le RN œuvre pour rendre invisibles les différences et uniformiser la population autour du fantasme de la nation française.
C’est pourquoi le RN propose deux mesures visant à discriminer les populations qu’il ne juge pas conformes à son idéologie nationaliste.
D’abord, le RN revendique la suppression des enseignement des langue et de culture d'origine (ELCO) : cette mesure est une mesure purement xénophobe qui a pour but de discriminer les personnes immigrées en les contraignant à couper les liens linguistiques qu’elles pouvaient conserver avec leur pays d’origine.
De plus, le RN vise spécifiquement les élèves de confession musulmane en revendiquant l’interdiction des repas de substitution dans les cantines. Pourtant les repas de substitution ne dérogent pas aux exigences de neutralité du service public. Le Conseil d’État a rendu une décision en ce sens le 11 Décembre 2020 en indiquant que : « la laïcité n’est ni le reniement ni le cantonnement des religions. Elle est la condition du respect des choix personnels dans une société ouverte où histoire et patrimoine ont été souvent forgés par les grandes traditions spirituelles ou religieuses.
La laïcité de l’État implique donc une neutralité des services publics à l’égard de toutes les croyances ou pratiques religieuses ». Avec sa proposition d’interdiction des repas de substitution, le RN continue de dévoyer l’idée de laïcité à des fins islamophobes et antisémites.
Sur le site de Génération Z, on peut lire un résumé très explicite du programme de Zemmour pour l’école puisqu’il est écrit qu’“Éric Zemmour estime que l’idéologie progressiste occupe une place trop importante dans les programmes scolaires de l’enseignement secondaire”, c’est pourquoi Zemmour défend un programme composé des pires régressions sociales pour l’école : il dénonce la place des femmes dans les programmes d’histoire et de tous les enseignements qui permettraient de lutter contre les discriminations et de sensibiliser les élèves aux enjeux de la crise climatique.
En octobre 2021, suite à la sortie de la circulaire concernant l’accueil des élèves trans en milieu scolaire, il disait vouloir interdire leur interdire l’accès à l’école : Zemmour défend le règne de l’intolérance et de la maltraitance.
Zemmour se fait ainsi la voix des groupes d’ultradroite, des suprémacistes blancs, des antisémites mais aussi des militant·es de la Manif pour tous qui le soutiennent activement.

Les personnels de l’Éducation doivent être un rempart contre l’extrême droite
L’extrême droite instrumentalise le discours républicain et la laïcité afin de véhiculer des idées contraires aux valeurs démocratiques de la République. Chacune des propositions du RN ou de Zemmour sur l’école a une visée raciste, islamophobe, nationaliste, autoritaire ou rétrograde.
Les personnels de l’Éducation nationale œuvrent chaque jour à construire une école émancipatrice pour les élèves mais aussi à construire la société de demain en sensibilisant les élèves à la lutte contre les discriminations, aux enjeux environnementaux mais aussi aux idéaux de justice sociale. Ces aspirations des personnels sont incompatibles avec le discours de l’extrême droite, qu’il soit celui de Marine Le Pen, d’Eric Zemmour ou d’autres colporteurs de haine.
SUD éducation porte cette démarche dans un cadre unitaire, notamment à travers la publication récente d’une tribune dans le quotidien Libération appelant les personnels à faire front contre l’extrême droite et ses idées.
Les personnels subissent depuis 5 ans l’action désastreuse d’un ministre autoritaire et ultra-libéral. L’extrême droite au pouvoir ne remettra pas en cause la politique de Blanquer : elle ne fera que l’accentuer en réprimant, en discriminant davantage jusqu’à mettre en danger la démocratie elle-même.
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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:01

SUD éducation a pris connaissance par voie de presse de l’existence d’un partenariat entre l’Association nationale des réservistes opérationnels et citoyens de la gendarmerie nationale (ANORGEND), des rectorats franciliens et la région de gendarmerie Île-de-France. Dans le cadre de ce dispositif, soixante-six lycéen·nes ont effectué durant les vacances de la Toussaint un stage au camp militaire de Beynes, dans les Yvelines, camp où s’entraîne notamment le GIGN. Au programme : montée des couleurs, maîtrise avec arme et sans arme d’un adversaire, tirs à balles réelles, mais aussi inculcation des « valeurs de la République ». 

L’objectif est la préparation de ces lycéen·nes, les “Cadets de la gendarmerie” aux concours et sélections de la gendarmerie par le biais de trois stages sur site ainsi que 60 heures assurées par des professeur·es en établissement. Ce dispositif a pour objectif de s’étendre à six établissements en Essonne, puis dans l’académie de Paris avec le lycée Buffon. En 2024, l’objectif est de porter le nombre de Cadets de la gendarmerie à 200. 

Notre conception de l’éducation est tout autre. Les jeunes et le personnel de l’Éducation nationale ne doivent pas être au service des forces répressives de l’État. « Pas d’armée à l’école », disaient déjà les opposant·es au premier protocole armée/école en 1982 : « pas d’école à l’armée ; pas d’école au service de la police », devrait-on ajouter dorénavant !

C’est aussi dans cette optique, que la fédération SUD Éducation, et l’Union syndicale Solidaires dont elle est membre, refusent le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans et participent au collectif national “Non au SNU !”, qui écrit notamment dans sa plateforme unitaire : “Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée ?”. 

 
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Published by SUD 61
19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:00
Cet article a été publié le 18/11/2021

Le Conseil Supérieur de l'Éducation du 18 novembre a adopté un vœu porté par la FSU, SUD éducation, la CGT éduc'action et l'UNSA éducation :

Une certaine presse a récemment attaqué les personnels enseignants dans leur ensemble en mettant gravement en cause leur probité professionnelle dans l'exercice de leur mission émancipatrice envers la jeunesse. Les organisations FSU, SUD éducation, CGT éduc'action et UNSA éducation condamnent unanimement cette volonté explicite de jeter le discrédit sur une profession qui n'a jamais manqué à ses obligations pour faire réussir tous les élèves en dépit des conditions d'encadrement qui se sont dégradées. Alors que l'éducation à la tolérance et au rejet de toute forme de discrimination est inscrite dans les programmes scolaires, l'absence d'expression publique du Ministre est incompréhensible et coupable.

La présidente du conseil supérieur des programmes (CSP) fait par ailleurs dans cette revue un constat sur les manuels scolaires qui relève plus de l'intime conviction que d'un bilan documenté qui aurait été opposable. La liberté de publication pour les auteurs, la liberté d'opérer des choix pédagogiques pour les équipes sont toutes deux scandaleusement interrogées par la présidente du CSP.

Les organisations FSU, SUD éducation, CGT éduc'action et UNSA éducation rappellent que les personnels de l'Education nationale sont en droit d'attendre de leur ministre qu'il assure leur protection quand ils sont accusés de pervertir la société. Elles réaffirment avec force que la liberté pédagogique des enseignants est inaliénable.
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Published by SUD 61
19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 17:00
Cet article a été publié le 18/11/2021
 
SUD éducation souhaite profiter de ce CSE du 18 novembre pour alerter solennellement le ministère de l’Éducation nationale. Quelques jours après la clôture de la COP26, il faut rappeler que notre politique éducative doit prendre sa part dans la reconversion écologique de la société. Le verdissement des programmes de cycle 2, 3 et 4 en 2020 n’a pas donné lieu à de véritables avancées sur la prise en charge des questions environnementales à l’école. Pour SUD éducation, il faut aller plus loin et porter dans les programmes des notions plus critiques que celle de “développement durable” qui ne permet pas de saisir la globalité du problème que nous avons à résoudre de manière urgente, et avec lequel les générations futures devront vivre. Les comportements individuels sont encore présentés comme responsables du changement. Au contraire, il est indispensable de donner aux jeunes les outils pour comprendre les causes de la crise écologique et ses conséquences sociales.
Un sondage récent montre que 45% des jeunes de 16 à 25 ans souffrent d’éco-anxiété, 75 % des répondant·es jugent le futur « effrayant » et 55 % pensent qu’ils auront moins d’opportunités que leurs parents. 52 % des sondé·es craignent pour la sécurité de leur famille. Face à ce constat, l’Éducation nationale a un rôle majeur à jouer, SUD éducation revendique de véritables mesures ambitieuses pour intégrer la question environnementale dans les programmes avec de véritables formations pour les personnels et un travail renforcé avec les collectivités territoriales pour systématiser le tri, végétaliser les cours et les bâtiments, avoir un usage raisonné et économe du numérique, développer le bio et le végétarien dans les cantines...
Le phénomène de l’éco-anxiété doit nous alerter et met au jour l’insuffisance de l’action publique pour répondre aux grands enjeux contemporains. L’Éducation nationale ne met pas les moyens nécessaires pour construire la société de demain. Pour cela, il faut lutter plus activement contre les discriminations qui s’exercent aussi dans le champ scolaire.

La mobilisation qui s’annonce les 20 et 25 novembre contre les violences à l’égard des femmes met au jour l’absence d’une véritable politique de lutte contre les violences sexuelles et sexistes. La réalisation des trois séances annuelles d’éducation à la sexualité repose trop souvent sur le volontariat des équipes qui ne bénéficient pas de la formation nécessaire. L’éducation à l’égalité doit infuser les programmes au-delà de ses trois séances.
Le suicide tragique de Dinah, une jeune élève victime de lesbophobie et de racisme, le 4 octobre dernier doit nous conduire à agir : il faut former les personnels et recruter davantage afin d’accompagner les élèves mais il faut également construire une école qui enseigne l’égalité et la tolérance. En France, 10% des élèves, soit environ 700 000 élèves, sont victimes de harcèlement. La mort de Dinah met en lumière une fois de trop l’absence de moyens humains et financiers pour lutter réellement contre le harcèlement scolaire. 25% de l'absentéisme concerne des élèves victimes de harcèlement et un quart d’entre elles envisage le suicide.
Il est prouvé qu’il existe un lien fort entre la présence du harcèlement en milieu scolaire et le climat scolaire. Le ministre a inscrit dans la loi de la confiance et le code l’éducation le droit à une scolarité sans harcèlement. Le site du ministère propose différents outils pour lutter contre le harcèlement : mais sans moyens financiers et humains, cela reste du bricolage et de la communication.

SUD éducation porte une véritable transformation de l’école : la lutte contre les discriminations doit s’inscrire plus fermement dans les programmes avec des politiques de formation très fortes pour les personnels et avec un vrai temps scolaire dédié.

Enfin, SUD éducation soutient la mobilisation des AESH qui ont été massivement en grève le 19 octobre dernier. Leur mobilisation nous a rappelé que sans AESH, il n’y a pas d’école inclusive, c’est pourquoi SUD éducation rappelle fermement la revendication de la reconnaissance du métier d’AESH par la création d’un véritable statut de la Fonction publique. Le droit à l’éducation des élèves en situation de handicap est un enjeu majeur, il faut mettre les moyens nécessaires en œuvre.
 
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19 novembre 2021 5 19 /11 /novembre /2021 16:58
Ce communiqué a été publié le 17/11/2021

 
Le 24 octobre 2018, SUD éducation avait été reçu par Mme Cluzel, secrétaire d’État au handicap : avant même la mise en place des Pial, SUD éducation avait alerté sur les effets néfastes de la mutualisation des moyens et avait porté la revendication de la création d’un véritable statut pour les AESH.

La forte mobilisation des AESH a conduit SUD éducation à demander une nouvelle audience auprès de la secrétaire d’État au handicap le 9 février 2021. Cette demande est restée sans réponse. Les AESH mettent en oeuvre l’école inclusive, c’est pourquoi SUD éducation a réitéré sa demande d’audience auprès de Mme Cluzel.

Vous trouverez ci-dessous le courrier envoyé par SUD éducation.

 

Objet : Demande de rencontre

Madame la Secrétaire d’État,

Nous nous étions rencontré·es le 24 octobre 2018 afin d’échanger avec vous au sujet de l’accompagnement des élèves en situation de handicap en milieu scolaire. En effet, notre organisation syndicale réunit de nombreuses et nombreux personnels AESH qui s’engagent au quotidien pour la réussite des élèves en situation de handicap. Nous intervenons dans de nombreux collectifs locaux qui défendent les droits des AESH et les conditions de l’inclusion scolaire. Lors de cette rencontre, nous avions échangé à propos de la politique de mutualisation des moyens qui  allait être mise en œuvre par la circulaire de rentrée pour une école inclusive de 2019. Les personnels qui interviennent dans les écoles et les établissements scolaires ont constaté une augmentation du nombre d’élèves en situation de handicap en milieu ordinaire. C’est évidemment une très bonne nouvelle. Néanmoins, nous constatons une dégradation des conditions d’accueil de ces élèves dont le nombre d’heures en accompagnement diminue.
Par ailleurs, on ne peut dissocier l'amélioration des conditions d’accompagnement des conditions de travail des personnels AESH.
Notre organisation syndicale a beaucoup travaillé depuis notre dernière rencontre à l’élaboration d’un statut pour les AESH, avec ses missions propres, sa spécialisation et un temps de travail adapté.
L’anniversaire de la loi de février 2005 a été pour SUD éducation l’occasion de faire le bilan des politiques récentes concernant l’inclusion scolaire. Face à ce bilan catastrophique et à la dégradation des conditions de travail, les AESH se sont mis⋅es en grève. Ils et elles en sont à 3 journées de grève (8 avril, 3 juin et 19 octobre) en 2021. Les démissions d’AESH s’accumulent et les élèves en situation de handicap sans AESH augmentent également.
Les conditions d’une école réellement inclusive ne sont donc pas remplies. L’accompagnement ne se fait pas selon l’évaluation réelle des besoins des élèves, mais selon une logique de rentabilisation et d’économie des moyens qui n’a pas sa place à l’école. La mutualisation des moyens doit cesser et il faut des embauches massives de personnels accompagnant·es des élèves en situation de handicap.
Parallèlement, ces personnels doivent être reconnu·es : par la création d’un statut, par des augmentations de salaire, par de meilleures conditions de formation.
 
Nous vous prions de bien vouloir nous recevoir en audience afin de vous faire part des difficultés qui se sont amplifiées dans l’accompagnement des élèves en situation de handicap ainsi que de la revendication portée par les personnels AESH d’un statut d’éducatrice et éducateur scolaire spécialisé·e.
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17 novembre 2021 3 17 /11 /novembre /2021 15:54

En France, 10% des élèves (soit environ 700 000 élèves) sont victimes de harcèlement. A Mulhouse, le dimanche 24 octobre a eu lieu une marche blanche en la mémoire de Dinah, qui s’est donné la mort le 5 octobre. Dinah est la 19ème victime mortelle du harcèlement scolaire depuis janvier 2021. La mort de Dinah met en lumière une fois de trop l’absence de moyens humains et financiers pour lutter réellement contre le harcèlement scolaire. 25% de l'absentéisme concerne des élèves victimes de harcèlement et un quart d’entre elles envisage le suicide.

Il existe un lien fort entre la présence du harcèlement en milieu scolaire et le climat scolaire. Le code de l’éducation prévoit le droit à une scolarité sans harcèlement. Le site du ministère propose différents outils pour lutter contre le harcèlement : mais sans moyens financiers et humains, cela reste du bricolage et de la communication.

Pour SUD éducation, il est temps que la lutte contre le harcèlement devienne une véritable priorité du ministère. À l’occasion de la journée de lutte contre le harcèlement scolaire, SUD éducation revendique un grand plan de lutte contre le harcèlement fondé sur trois piliers :

  • une allocation substantielle de moyens fléchés pour permettre en particulier des créations de postes en personnels médico-sociaux ;

  • une formation initiale et continue obligatoire dans ce domaine pour permettre aux personnels de détecter les signaux ;

  • une baisse des effectifs par classe et dans les établissements, de manière à améliorer significativement le climat scolaire ;

 

1. Un manque de personnels médicaux sociaux

À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement. Les personnels médico-sociaux manquent dans de nombreuses circonscriptions et de nombreux établissements. Les conditions de travail et le salaire attirent de moins en moins.

 

Assistant·es de services sociaux

Les assistant·es de services sociaux s’engagent également dans la prévention et la lutte contre les violences et le harcèlement mais avec des moyens très insuffisants. La crise sanitaire a mis en lumière les carences en termes de professionnel·les de santé. Les conditions de travail des ASS se sont dégradées avec une charge de travail aujourd’hui considérable. L'administration va vers une mutualisation des moyens ASS en imposant une affectation non pas sur un établissement mais sur une zone géographique, au détriment des conditions de travail et de la qualité de l’accompagnement social des élèves et de leurs familles. De même, les écoles ne bénéficient pas de l’accompagnement des ASS, obligeant les autres personnels à prendre en charge des missions de service social pour lesquelles ils n’ont pas reçu de formation.

 

Les infirmières et médecins :

On ne compte ainsi en moyenne qu’un médecin pour 12 000 élèves. Les personnels infirmiers sont très rarement affectés à temps plein dans un établissement scolaire dans le second degré, et couvrent un nombre important d’écoles dans le premier degré. Alors que la santé, y compris mentale, des élèves s’est fortement dégradée depuis le début de la crise sanitaire, le ministère refuse de donner les moyens au service public de l’éducation pour veiller à la santé des élèves scolarisé·es

SUD éducation revendique :

Des personnels médicaux-sociaux en nombre suffisant

  • 1 infirmerie ouverte sur tout le temps scolaire dans chaque établissement avec la présence d’au moins un personnel infirmier titulaire. Cela permet aussi du temps pour des interventions en classe, des concertations et de la co-animation avec des professeur·es et les CPE.

  • 1 Assistant·e de Service Sociaux à temps plein dans chaque établissement et leur déploiement dans le premier degré.

  • Le renforcement de la médecine scolaire avec des visites obligatoires pour tous·tes les élèves.

  • Le renforcement des CMP et de l’équipe paramédicale de prévention et de dépistage (orthophonie, psychomotricité, psychologie, ophtalmologie…)

     

Des PsyÉN en nombre suffisant

  • 1 PsyÉN pour 400 élèves au maximum.

 

2. Rendre obligatoire la formation initiale et continue sur le harcèlement scolaire

Il existe désormais des référent⋅es académiques, qui sont en mesure d’organiser des formations. Il en existe actuellement 335. Les élèves, quant à eux et elles, peuvent être formé⋅es pour devenir des ambassadeurs et ambassadrices et lutter contre le harcèlement. Il n’existe cependant que 10 000 ambassadeurs⋅rices sur les millions d’élèves scolarisé⋅es alors que tous les établissements devraient en avoir. Chacun⋅e des élèves devrait être formé⋅e et sensibilisé⋅e au harcèlement.

Depuis la rentrée 2021, un programme de lutte contre le harcèlement PHARE (pour Programme de lutte contre le HARcèlement à l’École) concerne tous les établissements et les écoles.

Voici les préconisations du programme :

  • Tous les établissements doivent se doter d’ambassadeurs "non au harcèlement"

  • Dans tous les établissements, les comités d’éducation à la santé, la citoyenneté et l’environnement sont mobilisés sur la question de la prévention du harcèlement, afin de dresser un état des lieux propre à chacun et de déterminer un plan d’action

  • Les instances de démocratie scolaire – conseils de vie collégienne, conseils de vie lycéenne – sont également, partout, invitées à s’emparer du sujet

  • Les écoles et établissements doivent constituer une équipe pluri-catégorielle, qui sera formée à la prise en charge spécifique du harcèlement, et des modules en ligne seront mis à disposition des élèves

  • Les parents sont associés à cette démarche à travers des ateliers

Pour mettre en œuvre ces objectifs louables, SUD éducation revendique une formation de tous les personnels et un temps de concertation entre collègues.

  • En effet, il ne s’agit pas de faire en sorte que les enseignant·es soient pleinement responsables de la gestion et de la résolution des situations de harcèlement. En revanche, il est indispensable que tous les personnels en lien direct avec les élèves soient en mesure de détecter les signaux du harcèlement et aient pleine connaissance des procédures à suivre pour leur donner suite.

  • D’autre part, la lutte contre le harcèlement doit relever de dynamiques professionnelles collectives aux sein des établissements. À ce titre, il faut du temps et de la concertation pour échanger entre collègues, construire des projets et améliorer le climat scolaire. La banalisation de demi-journées pour permettre aux équipes de construire de tels projets, à l’occasion notamment du 18 novembre, journée de lutte contre le harcèlement à l’école, peut être à ce titre un levier pertinent.

     

3. Des élèves entassé·es dans des classes et des établissements scolaires

Une condition indispensable pour prévenir au mieux le harcèlement scolaire est d’avoir des conditions d’étude sereines pour les élèves. Mais au lieu d’investir dans l’éducation nationale, JM Blanquer ne cesse de réduire le budget de l’éducation nationale. Il vient de rendre 75 millions d’euros après avoir économisé plus de 600 millions en 2020. Dans le second degré, dans un contexte de hausse démographique, on en est 8 000 suppressions de postes. Le bien-être des élèves ne semble pas être une priorité pour le ministre qui ne cesse de supprimer des postes et de réduire le budget de l’éducation nationale. SUD éducation réclame un plan d’urgence pour l’éducation, prévoyant des recrutements importants afin de diminuer les effectifs en classe, un accent mis sur la formation continue des personnels, et des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâtis scolaire.

SUD éducation revendique :

1. Des moyens en personnels

Limiter les effectifs par classe avec au collège :

  • 20 élèves maximum en collège ordinaire, 16 en éducation prioritaire, 12 en SEGPA.

  • des dédoublements nationaux sur la moitié des horaires d’enseignement dans toutes les matières.

     

Des Vies scolaires renforcées

  • Au moins 1 CPE dans tous les collèges quel que soit le nombre d’élèves

  • 1 CPE pour 120 élèves dans les collèges ordinaires et 1 pour 100 en éducation prioritaire.

  • En plus du CPE, 1 personnel de vie scolaire pour 50 élèves en collège ordinaire et 2 pour 50 en éducation prioritaire.

2. Un réseau de service public à taille humaine et égalitaire

Une taille des collèges limitée avec des collèges de 400 élèves maximum ; la fin des regroupements d’établissements dans des cités scolaires de taille trop importante pour assurer un suivi correct des élèves.

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