26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 14:36

L’interruption volontaire de grossesse : un droit fondamental

Partout dans le monde et notamment en France les acquis sociaux sont attaqués par le système néolibéral et avec eux , le droit à l’avortement . Pour paraphraser Simone de Beauvoir, Il suffit d’une crise économique, politique ou religieuse pour que le système patriarcal remette en question les droits des femmes.

Durant la crise sanitaire, le gouvernement français a réaffirmé que le droit des femmes à disposer de leur corps était un droit « qui ne saurait être remis en cause en période de crise sanitaire ». Pourtant, les centres de planification familiale et les professionnel⋅les de santé ont constaté une augmentation significative des appels rapportant des difficultés dans l'accès aux IVG1. De plus, le confinement a limité les droits des femmes² en les empêchant de quitter le territoire français pour pouvoir bénéficier d’un IVG dans un autre pays où les délais sont plus longs.

Le droit effectif à l’avortement est malmené en France depuis plusieurs années à cause de la fermeture de nombreux centres IVG décidée par les pouvoirs publics3. On peut craindre que des femmes se retrouvent hors cadre légal avec la saturation des hôpitaux, la suppression de certaines opérations chirurgicales et la fermeture des centres de planification. Un amendement visant à allonger le délai légal de l’IVG de 12 à 14 semaines de grossesse (soit 16 semaines aménorrhées) a été rejeté par les parlementaires. Dans d’autres pays, ce délai est pourtant bien plus long : il est de 22 semaines au Pays-Bas et de 24 semaines au Royaume-Uni. Il n'y a pas de délai maximal au Canada.

En 2019, plus de 230 000 IVG ont été enregistrées en France4.

Le droit à l’avortement est un droit légitime et nécessaire pour l’égalité des genres. Ce droit est remis en cause en France car des femmes n’ont plus accès à l’avortement. En effet, les moyens alloués aux hôpitaux et centres IVG ne cessent de diminuer. En 2013, le Haut Conseil à l’égalité entre les femmes et les hommes alertait sur la fermeture de 130 établissements spécialisés dans l’IVG en 10 ans. De plus, dans certains hôpitaux, de nombreux gynécologues invoquent la clause de conscience spécifique sur l'avortement. Elle a été instaurée par la loi de 1975 : l'Article L2212-8 du Code de la Santé Publique stipule qu’ « un médecin n’est jamais tenu de pratiquer une interruption volontaire de grossesse, mais il doit informer, sans délai, l’intéressée de son refus et lui communiquer immédiatement le nom de praticiens susceptibles de réaliser cette intervention ». Rappelons que cette clause fut le résultat d'un compromis pour faire accepter, en 1975, la loi sur l’avortement, farouchement combattue par les réactionnaires. Pourtant, une clause de conscience générale existait : «Hors le cas d’urgence et celui où il manquerait à ses devoirs d’humanité, un médecin a le droit de refuser ses soins pour des raisons professionnelles ou personnelles.» (Article R4127-47 du Code de la Santé Publique). L'IVG ne constituant pas un acte médical à part, la clause de conscience spécifique n'a pas lieu d'être. Il est donc largement temps de supprimer cette double clause de conscience spécifique d’un autre âge, tout en maintenant l’obligation de communiquer le nom d’autres praticien⋅nes.

Par ailleurs, la montée des extrêmes-droites met en cause l'existence même de l'avortement et donc le droit fondamental pour les femmes de pouvoir choisir de poursuivre ou non une grossesse.

Fin 2018, le président du Syngof (Syndicat national des gynécologues et obstétriciens français) a qualifié l’avortement d’"homicide", lors d'un entretien dans les médias. Le droit à l’avortement, inscrit dans la loi, ne peut dès lors être considéré comme acquis.

Il faut donc rester très vigilant⋅es et contrer ces manœuvres qui visent à cantonner les femmes à une fonction procréatrice et au service de leur famille.

Pour ce faire, il faudrait, entre autres, que l’éducation aux sexualités soit effective dans le système scolaire. Certes la loi du 4 juillet 2001 relative à l’interruption volontaire de grossesse et à la contraception prévoit au moins trois séances par an pour informer les élèves de leurs droits et des choix possibles. Elles n’ont lieu que trop rarement dans les faits. L'information ainsi que l’accès réel à la contraception, à la contraception d’urgence et à l’IVG sont nécessaires pour permettre à chacun et chacune de disposer de son corps.

Pour le droit à l’avortement, réaffirmons que :

L’avortement est un choix ;

Les délais légaux pour avorter doivent être harmonisés sur ceux des pays les plus progressistes en Europe, et les femmes qui désirent avorter doivent pouvoir être prises en charge sans délai ;

La clause de conscience spécifique des professionnelles de santé doit être supprimée de la loi ;

Des moyens financiers doivent être donnés pour que les centres pratiquant l’avortement et les centres de planification soient accessibles sur tous les territoires ;

Des campagnes d’information tous publics sont nécessaires pour pouvoir en parler librement sans tabou ni jugement ;

Tous les moyens contraceptifs doivent faire l'objet d'un remboursement intégral, pour que toutes puissent choisir celui qui leur convient ;

Une éducation aux sexualités doit être prodiguée à toutes et à tous ;

La formation aux techniques d’avortement et à l’accompagnement doit faire partie intégrante de la formation initiale des professionnel·les de santé de l'éducation nationale.

Au plan international, l’avortement doit être légalisé dans tous les États.

 

1. Source : planning familial https://www.planning-familial.org/fr/nvn/point-presse-sur-lavortement-en-temps-de-confinement-analyse-de-la-situation-du-30-mars-au-19

2.Dans tout ce tract, sont incluses avec les femmes toutes les personnes susceptibles de subir une grossesse non désirée (hommes trans, personnes non binaires, etc)

3.Source : Le Monde

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/09/27/avortement-en-france-pres-de-8-des-centres-pratiquant-l-ivg-ont-ferme-en-dix-ans_6013384_3224.html

4.C'est dans les catégories sociales les plus modestes, et les territoires les plus marginalisés qu'on a le plus souvent recours à l'avortement. Priver d'un accès à l'IVG, en France métropolitaine comme dans les espaces ultramarins, c'est compliquer encore la vie des plus précaires. Source : DREES

https://drees.solidarites-sante.gouv.fr/sites/default/files/2021-02/ER%201163.pdf

 

 

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26 septembre 2021 7 26 /09 /septembre /2021 14:31

Paris, le 24 septembre 2021

Mobilisons-nous contre la proposition de loi Rilhac !

La proposition de loi Rilhac sera de nouveau examinée à l’Assemblée nationale les 29 et 30 septembre. La délégation aux directeurs et directrices d’une autorité fonctionnelle et leur participation à l’encadrement du système éducatif provoqueraient une profonde césure au sein des écoles et ébranleraient les équipes pédagogiques. Le passage de la proposition de loi en commission parlementaire a permis aux député·e·s et au ministre d’aggraver cette proposition de loi en ne proposant aucune amélioration des conditions de travail des directeurs et directrices (décharges, aides administratives, formation) pour ne garder que l’aspect autorité fonctionnelle. En refusant dans le même temps de réinscrire l’absence d’autorité hiérarchique, les député·e·s laissent la porte ouverte à cette dérive. C’est un nouveau cap dans les attaques qui est franchi.

Les organisations SNUipp-FSU, SNUDI-FO, CGT Éduc’action et SUD éducation jugent inacceptable ce qui mettrait à mal la place centrale du conseil des maîtresses et maîtres animé par les directrices et directeurs, lieu de débats et de démocratie au sein des écoles. Les personnels des écoles n’ont pas besoin de hiérarchie dans l’école, mais de renforcer le collectif pédagogique.

Cette proposition de loi doit être votée au moment où le président Macron annonce une expérimentation à Marseille où les directeurs et directrices d’école pourraient recruter les autres enseignant·e·s de l’école, suscitant ainsi l’indignation des personnels, à Marseille et ailleurs.

Nos organisations revendiquent :

• l’abandon de la proposition de loi Rilhac et de l’expérimentation Macron à Marseille

• Une aide administrative statutaire dans chaque école ;

• Un réel allègement des tâches administratives ;

• Une augmentation des quotités des décharges de direction et une décharge hebdomadaire.

Nos organisations appellent les personnels à se mobiliser dès le 29 septembre, à l’occasion du passage de la proposition de loi à l’Assemblée nationale et soutiennent les initiatives locales d’ores et déjà prévues ce jour :

• rassemblement devant l’Assemblée nationale à 13h30

• rassemblements devant les DSDEN, les permanences des parlementaires, conférences de presse…

• adoption de motions et de prises de position au sein des écoles, accrochage de banderoles...

Nos organisations appellent aussi à se saisir de la journée de grève interprofessionnelle du 5 octobre pour porter leurs revendications contre la proposition de loi Rilhac et en défense du service public d’éducation.

Nos organisations se reverront après le 5 octobre pour construire les suites à donner à la mobilisation.

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24 septembre 2021 5 24 /09 /septembre /2021 11:36

Le projet de loi de finances 2022 a été présenté hier en Conseil des ministres. Ce projet de loi est largement en deçà des enjeux auxquels est confronté le système éducatif, épuisé par cinq années de refus du gouvernement de donner au service public d’éducation les moyens de fonctionner correctement et de garantir l’égalité de traitement des élèves sur le territoire.
À tous les niveaux, les moyens manquent cruellement.
Les personnels médico-sociaux manquent dans de nombreuses circonscriptions et de nombreux établissements. On ne compte ainsi en moyenne qu’un médecin pour 12 000 élèves. Les Pial destinés à mettre en œuvre une vision strictement comptable de l’inclusion scolaire conduisent à limiter fortement les moyens d’accompagnement. Dans le second degré, le budget prévoit la suppression de 300 postes d’enseignant⋅es. Cela porte à 7 800 le nombre de postes supprimés dans le second degré dans un contexte de hausse démographique, en partie détournés au profit de postes d’inspection et d’heures supplémentaires. Les augmentations de salaire sont à la fois dérisoires, comme la grille indiciaire des AESH déjà rendue obsolète suite à l’augmentation du Smic, et limitées à des mesures catégorielles, comme les primes destinées aux personnels enseignants qui ne concernent qu’une partie de la profession.
SUD éducation réclame depuis dix-huit mois un plan d’urgence pour l’éducation, prévoyant des recrutements importants afin de diminuer les effectifs en classe, un accent mis sur la formation continue des personnels, et des moyens matériels permettant une mise à niveau du bâtis scolaire pour faire face aux enjeux sanitaires et climatiques des années à venir. Le budget soumis par le gouvernement n’est à la hauteur d’aucun de ces enjeux.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:15
Après le 23 septembre, amplifions la mobilisation pour gagner !

Les personnels de l’Éducation nationale se sont mobilisé·es aujourd’hui afin d’exprimer leur colère face à la politique inacceptable du ministre Blanquer. Cette journée de mobilisation en appelle d’autres : il faut poursuivre et engager un véritable rapport de force pour faire plier le gouvernement.

Rentrée 2022 : encore des suppressions de postes

Le Projet de loi de finances, présenté hier, montre que le Ministre s’entête dans sa politique de casse du service public et de dégradation des conditions de travail des personnels : il prévoit de supprimer 400 postes d’enseignant·es dans le second degré pour financer des postes de CPE, d’AS et des personnels d’inspection.

La loi Rilhac : une attaque majeure

Dans les écoles, la colère gronde également. L’exécutif présente à l’Assemblée nationale le projet de loi Rilhac qui vise à donner une “autorité fonctionnelle” aux directeurs et directrices d’école. Les personnels n’ont pas besoin de plus de hiérarchie dans les écoles, ils ont besoin de plus de soutien de leur administration et de plus de moyens. Ils ont besoin d’enseigner dans des bâtiments salubres, d’avoir accès à la médecine du travail, de travailler en coopération avec des personnels médico-sociaux et des personnels AESH.

Contre les contre-réformes Blanquer dans les lycées

Les personnels et les élèves subissent les effets des réformes des lycées et du bac. Après deux ans de mobilisation contre la casse du bac et les E3C, le ministre impose la généralisation d’un contrôle continu élaboré localement avec le projet local d’évaluation, un véritable recul pour notre liberté pédagogique et une casse majeure du cadrage national du diplôme.

Pour SUD éducation, il faut d’urgence gagner les moyens de construire l’école de demain, une école plus juste, plus égalitaire, qui réponde à l’impératif de la reconversion écologique de la société.

À chaque date de mobilisation, soyons de plus en plus nombreux et nombreuses !

SUD éducation appelle les personnels à poursuivre la mobilisation, à l’amplifier pour construire une mouvement massif, pour cela l’appel à la grève interprofessionnelle du 5 octobre doit être un point d’appui.

SUD éducation appelle, avec l’intersyndicale, les personnels à se mettre massivement en grève le 19 octobre pour les droits des AESH. Blanquer fait de l’école inclusive une vitrine de sa politique éducative alors que les conditions d’emploi des personnels AESH sont inacceptables. Soyons nombreux et nombreuses pour gagner un vrai statut de la Fonction publique pour les AESH.

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23 septembre 2021 4 23 /09 /septembre /2021 14:14
Covid-19 : SUD éducation revendique des campagnes de tests régulières en milieu scolaire

La politique du ministre conduit à un échec. Les classes fermées sont six fois plus nombreuses en ce mois de septembre qu’au mois de juin.

Pour SUD éducation, l’objectif est que le plus grand nombre d’élèves demeurent en classe, et que les écoles et établissements restent ouverts. Pour cela, il faut s’en donner les moyens.  

Pour cela, il faut s’appuyer sur des campagnes de tests massives et régulières, qui permettent d’isoler rapidement et uniquement les élèves contaminé⋅es. C'est le sens de l’avis du conseil scientifique, qui désavoue le protocole sanitaire bâclé du ministère.

Les campagnes de tests dans le milieu scolaire sont un fiasco retentissant depuis l’année scolaire dernière : nombre de tests insuffisant, acceptation très faible, surcharge de travail pour les personnels médico-sociaux dans les écoles et établissements.

La mesure qui consiste, pour pallier le manque de dépistages, à évincer les élèves non-vacciné⋅es dans le second degré est mauvaise : elle conduit à exclure en premier lieu du milieu scolaire les élèves issu⋅es des classes populaires qui ont eu le moins accès au vaccin, et induit des différences inacceptables de traitement entre élèves.

Le conseil scientifique recommande un test hebdomadaire pour tou⋅tes les élèves de primaire, et un test dès le lendemain d’un diagnostic de cas-contact pour tou⋅tes les élèves du même niveau, afin de n’isoler que les cas positifs.

 Il est urgent que le ministère organise le dépistage régulier de l’ensemble de la population scolaire en plus de la campagne de vaccination. Pour cela, il est nécessaire :

  • d’approvisionner rapidement et régulièrement les écoles et établissements en tests rapides et acceptables par les élèves ;
  • de recruter les personnels nécessaires pour opérer ces dépistages et assurer la liaison avec les ARS, l’administration, les familles, les élèves, les équipes pédagogiques.
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22 septembre 2021 3 22 /09 /septembre /2021 13:52

 

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:16

Si l’Éducation nationale ne se donne pas les moyens d’accompagner un·e élève ou un personnel dans sa transition de genre, de l'appeler par le prénom et le pronom choisis, elle exerce une maltraitance institutionnelle. Les élèves ont principalement besoin d’écoute, d’accompagnement, de suivi et de soutien. Il est donc nécessaire de former les élèves ainsi que tous les personnels afin de garantir un environnement bienveillant et sécurisé à l’élève trans. Les adultes doivent s’assurer que l’élève est bien respecté.e dans son identité et qu’il ou elle ne subit aucune discrimination.

Assignation de genre

Dès la naissance, les enfants sont assigné·es à un genre, féminin ou masculin, au regard des attributs de leur corps biologique. Les études de genre ont pourtant bien montré la nécessité de dissocier sexe d’une part, et genre d’autre part (c’est-à-dire la construction sociale des identités). De fait, la question des identités trans met en lumière les problèmes que pose l’assignation de genre. Les personnes trans sont obligé·es de se battre quotidiennement pour faire valoir leur identité face aux discriminations et violences transphobes systémiques.

Ils et elles subissent des injonctions contradictoires quant à leur apparence physique. L’injonction au « passing » (c’est-à-dire répondre aux normes de genre correspondant à son identité) s’abat de façon contradictoire sur les personnes trans : à la fois on les accuse d’être fausses si elles ne s’y conforment pas, et, dans le même temps, on les accuse de reproduire et de véhiculer des stéréotypes lorsqu’elles le font. Souvent, elles ont également à subir des questions intrusives sur leur corps (à savoir s’ils et elles sont opéré·es, s’ils et elles suivent un traitement hormonal) qui violent leur intimité.

  • L’autodétermination, le respect des parcours de chacun·e et des prénoms et pronoms d’usage doivent s’imposer dans l’ensemble de la société à commencer par l’école (changements de prénom sur les listes d’appel, sur le carnet de correspondance, sur l’ENT, etc.)

 

Ce que dit la loi :

L’article 225-1 du Code Pénal fait entrer dans le champ des discriminations les critères d’orientation et d’identité sexuelles.

L’article R 624-3 et s. sanctionne injures et diffamations non publiques liées à l’identité et l’orientation sexuelles.

L’article 132-77 du Code Pénal stipule que « dans les cas prévus par la loi, les peines encourues pour un crime ou un délit sont aggravées lorsque l’infraction est commise à raison de l’orientation ou identité sexuelle de la victime ».

Comment accompagner et soutenir un.e élève trans ?

Écouter et Soutenir les élèves trans de façon individualisée

Écoutez l’élève et soyez attentif à son histoire et à ses besoins spécifiques. Cette écoute bienveillante ne doit pas être intrusive et les questions posées ne doivent pas toucher à l’intimité de l’élève qui relève de sa vie privée. Un·e élève qui fait un coming-out trans, à une seule personne ou beaucoup plus publiquement, doit être extrêmement entouré·e et soutenu·e. Il importe que l’équipe pédagogique soutienne la personne.

L’auto-définition

Laissez les élèves, qui sont des enfants et/ou des adolescent·e·s se définir elles/eux·mêmes. Cela signifie qu’une personne qui n’est pas conforme aux normes du genre qui lui a été attribué à la naissance n’est pas trans tant qu’elle ne l’a pas déclaré.

De même, il ne nous appartient pas de juger de la pérennité ou de la légitimité d’une identité : si un·e élève nous fait part de sa transidentité, il est inacceptable de jouer de notre position pour exercer une pression à une définition qui nous conviendrait davantage, dans un sens ou dans l’autre.

Le prénom et pronom choisis

Utilisez les pronoms et prénom choisis par l’élève s’il ou elle vous le demande. Accordez une attention particulière aux réactions des autres élèves et veillez à ce qu’ils et elles respectent leur camarade. Il faut à la fois faire preuve de pédagogie et de patience en les reprenant lorsqu’ils ou elles se trompent mais aussi faire preuve de fermeté lorsqu’ils et elles se moquent de lui ou elle. Protégez l’élève, sécurisez-le.la aussi bien psychologiquement que physiquement. Il ou elle est un.e élève qui ne doit subir aucune discrimination.

Le changement de prénom dans les documents courants

Dans la mesure du possible et à la demande de l’élève, il est possible de modifier les noms dans les documents internes comme sur les listes d’appel, le carnet de correspondance, carte de cantine...

Le bon genre

Avec l’accord et à la demande de l’élève, utilisez systématiquement le bon genre pour s’adresser à (lui.elle). Sécurisez un environnement bienveillant pour permettre à l’élève de vivre dans le genre qui lui correspond en laissant de la place pour que la transidentité s’exprime par des discours inclusifs, par la visibilité des thématiques trans dans les supports pédagogiques, dans la littérature, mais aussi par des exercices de théâtre par exemple.

 

Les espaces genrés dans l’établissement (toilettes et/ou vestiaires)

A la demande de l’élève, les enseignant·es peuvent proposer des solutions pour les espaces genrés dans l’établissement (toilettes et/ou vestiaires) et soutenir l’élève dans sa volonté d’utiliser un espace qui lui semble plus adapté. Les personnels peuvent autoriser l’usage des toilettes des personnels, l’utilisation d’une pièce spécifique pour se changer en cours d’E.P.S.

Le bien être de l’élève

Montrez-vous particulièrement vigilant·e vis-à-vis des signes de mal-être qui pourraient apparaître ou s’aggraver. Face au mal-être de l’élève, il faut être particulièrement attentifs et attentives aux pensées suicidaires et faire lien avec le ou la psychologue scolaire en s’assurant que ce ou cette psy n’est pas transphobe et qu’il ou elle est en mesure d’aider l’élève.

Il est toujours utile de prendre contact avec des associations d’auto-organisation trans et de mettre élève ou collègue en contact avec elles également pour rompre son isolement. Il ou elle peut rencontrer des personnes concerné.es et échanger avec elles sur sa situation.

Les familles

Ne parlez surtout pas de la transidentité d’une personne à sa famille ou à d’autres personnes sans sa demande explicite. Beaucoup de jeunes trans ne bénéficient pas du soutien de leur famille. Certaines familles rejettent leur enfant au point de les mettre à la rue ou de le contraindre à quitter le domicile familial

Parlez de la transidentité à la famille si l’élève le souhaite et accompagnez-le au mieux.

 

Comment sensibiliser les élèves et les personnels

Faire intervenir des associations :

Il est possible de faire intervenir des associations qui sensibilisent les élèves aux problématiques LGBTQI.

L’association Estim travaille en concertation avec les équipes éducatives demandeuses : son intervention se construit en deux temps, sensibilisation et formation des équipes éducatives (apports théoriques, échange d’expériences professionnelles, jeu de rôle) puis séance auprès des élèves avec les équipes http://www.estim-asso.org/home

Le MAG jeunes LGBT est une association basée à Paris, de jeunes LGBT de 18 à 26 ans, intervenant dans les établissements pour désamorcer les préjugés LGBTIphobes (questionnaire, projection de films, débat).

 

Investir la Journée mondiale de lutte contre l’homophobie et la transphobie

Elle a lieu le 17 mai. Cela peut être l’occasion de mener des actions de sensibilisation dans les établissements ce jour-là : projections, débats, expositions.

 

Faire de l’affichage pour sensibiliser

A destination des élèves, mais aussi des personnels, dans les salles des agent·es, des maîtres, maîtresses, des profs et dans les établissements scolaires.

 

SUD éducation revendique :

  • le respect du prénom et du pronom d’usage, changement d’état civil libre et gratuit en mairie sans intervention des pouvoirs judiciaires et médicaux ;
  • Le respect des tenues vestimentaires en cessant de genrer les vêtements ;
  • la mise en place dans la formation initiale de modules obligatoires sur les problématiques de genre, pour les futur·es enseignant·es (selon un volume horaire identique dans toutes les INSPE), et pour toutes les autres catégories de personnel (CPE, agent·es) ;
  • l’élaboration de matériel pédagogique spécifique sur les questions de transphobie ;
  • La mise en œuvre d’une éducation aux sexualités avec de véritables moyens : du temps, des personnels formés et de l’argent ;
  • L’augmentation des moyens alloués aux associations d’éducation aux sexualités comme le planning familial ;
  • la ré-intégration du concept de genre dans les textes officiels et sa prise en compte dans des programmes élaborés par la communauté éducative ;
  • la mise en place de dispositifs dédiés (comme l’étaient les ABCD de l’égalité) permettant aux élèves de réfléchir spécifiquement aux discriminations et stéréotypes de genre, et de les déconstruire.
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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:16

Les PIAL, généralisés à la rentrée 2021 sur l’ensemble du territoire, constituent la mesure phare de Blanquer pour l’accompagnement des élèves en situation de handicap et l’école inclusive. Néanmoins, deux semaines après la rentrée, cette politique de mutualisation des moyens d’accompagnement provoque la colère des personnels : les élèves accompagné·es perdent des heures, d’autres n'ont aucune aide humaine à leur côté. Dans certaines écoles ou certains établissements, il manque une centaine d’heures pour assurer un accompagnement minimum pour les élèves en situation de handicap. De même, dans certains PIAL, l’administration s’oppose à augmenter le temps de service des AESH alors que des élèves sont encore sans accompagnant·es.

 

Les causes des difficultés à recruter

Les services départementaux de l’Éducation nationale peinent à recruter des personnels AESH en raison du mauvais traitement réservé à ces personnels.

Les conditions d’emploi et les conditions salariales sont inacceptables : les AESH travaillent sous contrat. L’accompagnement des élèves en situation de handicap doit être reconnu par la création d’un statut de fonctionnaire. On parle aujourd’hui de “missions” d’AESH alors qu’il s’agit en réalité d’un véritable métier avec ses compétences et ses savoir-faire.

De même, les temps incomplets imposés maintiennent les personnels AESH dans la précarité. Les maigres revalorisations annoncées la veille de la rentrée ne suffisent pas pour améliorer véritablement la situation des AESH dont le salaire moyen reste d’environ 750 euros pour 24 heures hebdomadaires d’accompagnement.

Depuis la mise en place des PIAL et la généralisation de la politique de mutualisation, les conditions de travail des AESH se sont dégradées. Avec la mutualisation, l’accompagnement ne dépend plus des besoins des élèves, qui ne sont plus chiffrés par les MDPH, mais du nombre de personnels disponibles dans le PIAL. L’accompagnement est morcelé : les AESH doivent accompagner plus d’élèves pour un volume d’heures par élève moins important. Les AESH ne peuvent plus assurer un suivi pédagogique des élèves (diagnostiquer leurs difficultés, se concerter avec les enseignant·es, concevoir des adaptations pédagogiques…) et se trouvent dépossédé·es de leur travail.

 

Pour accompagner les élèves, il faut recruter, pour recruter, il faut reconnaître le métier d’AESH 

Le ministre Blanquer doit reconnaître l’échec de sa politique de mutualisation. Il faut revenir à des notifications de la MDPH qui chiffrent un nombre d’heures d’accompagnement pour chaque élève.

La création d’un véritable statut intégré à la Fonction publique d’éducateur et d’éducatrice scolaire spécialisé·e est un impératif pour les AESH. Cette avancée permettrait de définir un temps de service adapté aux réalités scolaires et de permettre aux AESH d’exercer à temps plein, ce qui est impossible aujourd’hui puisque le temps plein s’élève à 39h par semaine, au-delà des horaires d’ouverture des écoles et des établissements scolaires.

SUD éducation revendique la reconnaissance d’un temps plein à 24h d’accompagnement pour les personnels AESH. Ce temps plein permettrait une réelle prise en compte des tâches effectuées par les AESH en plus du temps d’accompagnement. 

SUD éducation appelle tous les personnels à rejoindre la grève des AESH du 19 octobre afin de gagner les moyens pour un véritable accompagnement des élèves en situation de handicap à l’école. Gagnons un vrai statut pour les AESH !

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:15

La politique du ministre conduit à un échec. Les classes fermées sont six fois plus nombreuses en ce mois de septembre qu’au mois de juin.

 

Pour SUD éducation, l’objectif est que le plus grand nombre d’élèves demeurent en classe, et que les écoles et établissements restent ouverts. Pour cela, il faut s’en donner les moyens.  

Pour cela, il faut s’appuyer sur des campagnes de tests massives et régulières, qui permettent d’isoler rapidement et uniquement les élèves contaminé⋅es. C'est le sens de l’avis du conseil scientifique, qui désavoue le protocole sanitaire bâclé du ministère.

 

Les campagnes de tests dans le milieu scolaire sont un fiasco retentissant depuis l’année scolaire dernière : nombre de tests insuffisant, acceptation très faible, surcharge de travail pour les personnels médico-sociaux dans les écoles et établissements.

 

La mesure qui consiste, pour pallier le manque de dépistages, à évincer les élèves non-vacciné⋅es dans le second degré est mauvaise : elle conduit à exclure en premier lieu du milieu scolaire les élèves issu⋅es des classes populaires qui ont eu le moins accès au vaccin, et induit des différences inacceptables de traitement entre élèves.

 

Le conseil scientifique recommande un test hebdomadaire pour tou⋅tes les élèves de primaire, et un test dès le lendemain d’un diagnostic de cas-contact pour tou⋅tes les élèves du même niveau, afin de n’isoler que les cas positifs.

 

Il est urgent que le ministère organise le dépistage régulier de l’ensemble de la population scolaire en plus de la campagne de vaccination. Pour cela, il est nécessaire :

  • d’approvisionner rapidement et régulièrement les écoles et établissements en tests rapides et acceptables par les élèves ;

  • de recruter les personnels nécessaires pour opérer ces dépistages et assurer la liaison avec les ARS, l’administration, les familles, les élèves, les équipes pédagogiques.

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21 septembre 2021 2 21 /09 /septembre /2021 16:15

Depuis plusieurs mois maintenant, une véritable campagne est orchestrée ciblant les militant⋅es antiracistes. Jean-Michel Blanquer et Frédérique Vidal, manifestement en croisade réactionnaire, n’en finissent plus de voir des « islamo-gauchistes » partout.

La secrétaire d’État chargée de la jeunesse est même allée plus loin en déclarant le 13 septembre qu’elle craignait plus les « discours intersectionnels » que Zemmour.

Comment s’étonner alors que le site d’extrême droite Fdesouche s’autorise à établir un fichier de militant⋅es antiracistes ?

Sur cette liste les noms et affiliations politiques, syndicales et associatives de nombreuses et nombreux militant⋅es apparaissent. Parfois accompagnés d’assignations comme leur religion musulmane supposée. Des membres de SUD éducation et de l’Union syndicale Solidaires y ont été fiché⋅e·s.

Il s’agit très clairement d’une tentative d’intimidation de l’extrême droite organisée que le gouvernement n’a toujours pas dénoncé à cette heure.

Cette tentative d’intimidation prend place dans un contexte islamophobe et raciste, de plus en plus décomplexé et exacerbé, notamment depuis la loi « séparatisme » promulguée par le gouvernement et l’approche des éléctions présidentielles. Ce contexte nauséabond fournit un terreau propice à l’ensemble des racismes, comme le montre la résurgence au grand jour d’un antisémitisme nauséabond ces derniers mois.

Rappelons également que les violences de groupuscules fascistes se multiplient à l’encontre des militant⋅es et forces progressistes. Nos locaux syndicaux ont ainsi été récemment l’objet de dégradations imputables à l’extrême droite.

SUD éducation affirme sa solidarité antifasciste sans faille avec l’ensemble des militant⋅es concerné⋅es par le fichage de Fdesouche.

Elle soutient la démarche de l’ensemble des militant⋅es fiché⋅es de Solidaires de s’associer à la plainte collective déposée contre Fdesouche.

SUD éducation prendra toute sa place dans les ripostes unitaires antifascistes et antiracistes à venir.

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