8 octobre 2021 5 08 /10 /octobre /2021 09:11

Dans la note de service du 22 septembre 2021, le ministère dévoile les dates du Baccalauréat général et technologique :

  • épreuves écrites de spécialités : lundi 14, mardi 15 et mercredi 16 mars 2022
  • épreuves de philosophie : mercredi 15 juin 2022
  • épreuves écrites anticipées de français : jeudi 16 juin (après-midi)
  • épreuves du Grand oral : lundi 20 juin au vendredi 1er juillet 2022
  • évaluation des compétences expérimentales de PC et de SVT du baccalauréat général : du 22 au 25 mars
  • évaluation ponctuelle de langues vivantes : lundi 30 mai (classe de 1re), mardi 31 mai (classe de terminale et pour la fin du cycle terminal).

SUD pointe le fait que le passage de 40 % du baccalauréat en contrôle continu intégral avait pour conséquence une pression constante à la note pendant tout le cycle terminal, limitant le « droit à l’erreur » des élèves et leur droit d’expérimentation, limitant aussi leur temps d’apprentissage et d’assimilation. Les dates d’examen des spécialités, fixées les 14, 15 et 16 mars 2022 mettent les professeur⋅es dans une situation intenable avec des programmes surchargés et une année de terminale limitée à 6 mois.

Alors que les enseignant⋅es perdent le sens de leur métier avec la mise en œuvre des projets locaux d’évaluation, les mettant dans la situation d’exécutant du tri et de la sélection des élèves pour l’accès à l’enseignement supérieur, cette annonce renforce encore plus leur colère.

SUD éducation revendique :

  • l’abrogation des réformes des lycées et du baccalauréat
  • la fin du contrôle continu quel que soit sa forme, écrite ou orale, et quelle que soit la discipline
  • la valeur nationale du diplôme du baccalauréat avec des épreuves terminales en fin d’année
  • La suppression de l’épreuve de grand oral
  • la reconnaissance réelle du baccalauréat comme « premier grade universitaire » ouvrant droit à l’inscription post-bac de toutes et tous les bachelier-e-s dans la filière leur choix
  • La création de 30 000 places supplémentaires chaque année dans l’enseignement supérieur et le rattrapage pour les trois années qui viennent de s’écouler
  • la création des postes nécessaires à ces créations et la dotation d’un budget supplémentaire dans les université pour rattraper le niveau de dotation des grandes écoles
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2 octobre 2021 6 02 /10 /octobre /2021 14:30
Circulaire relative à l’accueil des élèves trans : un texte nécessaire mais insuffisant !

Le ministère de l’Éducation nationale a publié le 29 septembre 2021 une circulaire “pour une meilleure prise en compte des questions relatives à l’identité de genre en milieu scolaire”. Ce texte s’inscrit dans le “Plan national d’actions pour l’égalité des droits, contre la haine et les discriminations anti-LGBT+ 2020-2023” et fait suite au suicide d’une élève trans à Lille en décembre 2020 qui mettait au jour le manque d’accompagnement et de soutien par l’institution scolaire des jeunes trans. Pour SUD éducation, ce texte est un appui pour réclamer dans les départements des campagnes de prévention, néanmoins ces objectifs ne pourront être atteints sans moyens humains et financiers. Par ailleurs, SUD éducation regrette que le ministère ne fasse pas du choix et du bien-être des élèves l’élément central de sa politique : en effet le changement de prénom est toujours conditionné à l’accord des parents.

 

Un rappel salutaire du cadre législatif

La circulaire du ministère rappelle que la transidentité n’est ni un trouble psychiatrique, ni une pathologie. Alors que, dans les établissements scolaires, les élèves trans subissent trop souvent des discriminations et un harcèlement inacceptables, il est nécessaire de rappeler le droit au respect des éléments comme l’identité de genre qui constituent la vie privée des individus (article 8 de la Convention européenne de sauvegarde des droits de l’homme et des libertés fondamentales). Les actes et les discriminations transphobes sont sanctionnés par le code pénal. De même, le changement d’état civil, indépendamment de toute transition physique ou de démarche médicale, est un droit acquis pour les personnes trans.

Cette circulaire permet de rendre visible les élèves trans et de réaffirmer leurs droits dans le cadre scolaire.

 

Un manque de moyens qui met en danger la mise en œuvre de la circulaire

Le manque de personnels médico-sociaux ne permet pas de mener les actions de protection nécessaires lorsque les élèves trans sont victimes de violence dans le cadre scolaire ou familial. Pourtant, les élèves trans subissent davantage ces violences que les autres enfants et adolescent·es. Il y a urgence à accompagner les familles pour permettre aux jeunes de vivre leur transition ou leur questionnement quant à leur genre dans un cadre bienveillant et serein. La préconisation de transmettre une information préoccupante n’est pas suffisante puisque les délais de traitement par la Crip (la Cellule départementale de recueil des informations préoccupantes) sont très longs en raison d’un manque de moyens criants. Il faut accompagner les familles afin de prévenir les situations de violence.

La politique de prévention portée par la circulaire repose sur des dispositifs qui existent déjà et dont l’efficacité reste limitée. La lutte contre les discriminations transphobes ne peut se borner au PAF (Plan Académique de Formation) car seuls les personnels intéressés par ces questions s’y inscrivent. De même, la formation à l’accompagnement des élèves transgenres ne doit pas être en concurrence avec d’autres formations pédagogiques dans le contexte d’un droit à la formation fortement restreint. La formation doit se déployer pour tous les personnels dans les établissements scolaires avec la participation des associations qui défendent les droits des personnes LGBTI+.

De plus, les actions de prévention reposent dans les académies sur des personnes chargées de mission, référent·es pour l’éducation à la sexualité, les équipes référentes harcèlement. Ces missions sont aujourd’hui prises en charge par des personnels qui ne sont pas forcément formés et dont la charge de travail ne permet pas de remplir ces missions.

 

Prénom et expression de genre : les élèves doivent décider !

La circulaire rappelle l’importance d’accompagner les élèves dans leur questionnement ou dans leur transition afin de garantir leur bien-être et leur sécurité dans le cadre scolaire. Pourtant en subordonnant le changement de prénom à l’accord de la famille de l’élève, le texte ministériel donne le dernier mot à la famille lorsque celui-ci est en désaccord avec le choix de l’élève. L’ école doit être un espace sécurisant pour les élèves, et les protéger des pressions familiales de tous ordres. Cette disposition doit être modifiée.

 

Au contraire, pour SUD éducation, il faut placer le bien-être de l’élève au centre de nos préoccupations. C’est pourquoi l’école doit accompagner les familles dans l’acceptation de la démarche de leurs enfants. Il n’est pas acceptable que l’école cautionne la négation par certaines familles du droit des jeunes trans à choisir leur prénom et à exprimer librement leur genre.

SUD éducation revendique une politique ambitieuse de prévention et d’accompagnement des jeunes trans ou en questionnement quant à leur genre et leur orientation sexuelle, appuyée par la mise à disposition de véritables moyens et par l’ouverture de postes spécifiques de référent⋅es.

SUD éducation revendique le respect par les personnels du prénom choisi par les jeunes trans dans le cadre scolaire.

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:06
Cet article a été publié le 01/10/2021
 
SUD éducation porte des revendications pour la justice sociale et climatique dans le secteur de l’Éducation nationale. Zoom sur l’une d’entre elle : la végétalisation des cours de récréation !

Pourquoi végétaliser les cours de récréation dans les écoles, collèges et lycées ?

Les plantes jouent un rôle important dans la qualité de vie des usager⋅ères des établissements. Elles y contribuent, suivant les espèces utilisées :

en participant à la limitation de la diffusion des produits polluants et de l’ozone dans l’atmosphère ;
en limitant l’effet d’îlot de chaleur urbain, ce qui est particulièrement important alors que les chaleurs deviennent plus fortes sous l’effet de la modification du climat.
La végétation en abondance joue également un rôle dans la préservation de l’équilibre psychologique des élèves comme des personnels : l’effet sur la réduction du stress et des angoisses sont documentés, ainsi que l’impact positif sur les relations sociales dans les espaces où la végétation domine.

En quoi végétaliser une cour enrichit les pratiques pédagogiques ?

→ Végétaliser une cour permet l’observation de la microfaune, de la flore et de la fonge locale ainsi que le réinvestissement de ces notions par les élèves durant leurs pauses.

→ Végétaliser une cour c’est pouvoir réaliser des plantations avec les élèves dans le cadre de l’étude du cycle végétal en sciences. Ou réaliser du microbouturage ou l’observation au microscope de coupes végétales en SVT.

→ C’est pouvoir créer des constructions (bacs à légumes, hôtels à insectes, nichoirs, abris…) pour réinvestir les notions de géométrie, de mesure, de numération, de technologie… en élémentaire, collège ou lycée.

→ Végétaliser une cour c’est un coin de nature inspirant pour la poésie, les arts plastiques, la photographie, la production d’écrit… c’est le lieu prédestiné pour faire du land art.

→ C’est aussi avoir des repères visuels du déroulement du temps (évolution de la faune, de la flore et de la fonge en fonction des saisons, croissance des arbres…).

→ Végétaliser une cour c’est une source multiple de reportages pour un journal d’école ou d’établissement, pour la création d’un club nature.

→ C’est l’occasion d’étudier la géographie sous l’angle anthropique en lien avec l’EMC.

→ C’est créer des coins d’ombre agréables pour les quarts d’heure lecture en été.

Concrètement ça en est où ?

Les projets de végétalisation des cours de récréation se multiplient dans certaines villes mais ils restent trop rares. À Strasbourg, seules 20 cours d’école seront végétalisées sur 125 écoles, à Chambéry seules 6 le seront en 2021, 5 en 2022. Ces projets se limitent par ailleurs trop souvent aux écoles. SUD éducation revendique qu’ils s’appliquent aussi dans les collèges et les lycées.

La végétalisation des cours n’en est qu’à ses balbutiements, il faut mettre un vrai coup d’accélérateur pour les généraliser dans toutes les écoles et tous les EPLE.

Une cour végétalisée, ça ressemble à quoi ?

Les cours végétalisées, aussi appelées « oasis » introduisent des parcours de pierre, des sols en copeaux de bois, des espaces de jeux, des sols drainants, du gazon, de la végétation dans l’espace scolaire.

Dans les écoles, les élèves demi-pensionnaires passent en moyenne presque 3h par jour dans la cour.

Partir des besoins des élèves et des personnels

Les cours ont été bitumées afin de faciliter l’entretien des cours et sont « vides » pour faciliter la surveillance. En l’absence de gymnase ou d’espace consacré à l’EPS, certaines cours sont devenues le lieu des enseignement d’EPS. Néanmoins, ces cours bitumées ne répondent pas aux enjeux climatiques et pédagogiques qui traversent le monde de l’éducation.

Les cours d’école sont des lieux de jeux qui doivent être propices à l’imagination. Il faut privilégier le bien-être des élèves dans la conception des cours. De même, on observe dans les cours d’école une répartition genrée des élèves, avec des terrains de football qui prennent l’essentiel des cours et qui renvoient trop souvent les filles dans des espaces périphériques. Le réaménagement et la végétalisation des cours de récréation doit prendre en compte la problématique du genre. Une des « solutions » à envisager est de remplacer les terrains de football par des terrains multisports permettant une diversité plus importante de sports.

Pour SUD éducation, la végétalisation des cours et leur réaménagement doit se faire en concertation avec les équipes pédagogiques et les élèves.

Des cours végétalisées… et des emplois !

La végétalisation des cours nécessite un investissement fort de l’État. Le coût ne peut reposer uniquement sur les collectivités territoriales dont le budget varie d’un département à l’autre.

Les cours végétalisées génèrent des emplois, y compris de jardinier·es scolaires qui doivent être intégré·es dans la communauté éducative. Il faut également opérer des recrutements d’animateurs et d’animatrices périscolaires dans le premier degré, et d’assistant·es d’éducation dans le second degré.
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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:06
Ce communiqué a été publié le 30/09/2021
 
En novembre 2016 et janvier 2019, ce sont déjà 5 collègues en CUI qui avaient gagné  47 000€ au tribunal des prud’hommes d’Evry, ce sont de nouveau 31 personnes, accompagnées par  SUD Education 91 qui ont vu le jugement  des prud’hommes confirmé par la cour d’appel de Paris en septembre 2021.

Le Lycée Robert Doisneau établissement mutualisateur dans l’Essonne a donc été condamné en 1ère instance, puis  devant la cour d’appel, à verser en tout aux 31 plaignantes plus de 300 000 € pour défaut de  formation et annualisation abusive : le rectorat a fait travailler des collègues employé·es en contrat aidé (CUI) 25h par semaine pour une paie équivalente à 20h de travail. Après 4 ans de  procédures juridiques, la victoire est là! Déjà, l’administration avait été condamnée en 2019 à verser 370 000 € à 22 ex-AVS employé·es auprès des élèves en situation de handicap en Charente, en 2011, les ex-AVS d’Angers ont reçu 450 000 € suite à une procédure similaire,  200 000 € ont été gagnés par les AVS entre 2018 et 2019 dans l’académie de Grenoble, plus d’un million a été versé à 36 ex-AVS dans les Bouches-du-Rhône en 2014.

L’administration avait fait le pari d’enfreindre la loi en pensant que les personnels ex-AVS engagé·es en contrat aidé pour des salaires extrêmement bas (680 € par  mois) n'oseraient pas se lancer dans une procédure aux Prud’hommes.

Ce sont ainsi des milliers de personnes qui  ont travaillé gratuitement 4 à 5 heures par semaine pour l’Éducation nationale pendant plusieurs années.

SUD éducation a mis ses moyens syndicaux au service des personnels pour les accompagner dans leurs démarches en justice. Ces jugements positifs pour les droits des personnels rappelle l’importance de se syndiquer et de se battre collectivement.

SUD éducation appelle tous les personnels à continuer la mobilisation contre la précarité et à construire une grève d’ampleur le 19 octobre pour gagner un vrai statut intégré à la Fonction publique pour les AESH. Accompagner les élèves en situation de handicap à l’école, c’est un métier, il doit être reconnu.
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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:05
Ce communiqué a été publié le 30/09/2021

Le ministère de l'Éducation nationale a fait paraître à la fin du mois d’août un décret et un arrêté relatifs à la rémunération des AESH au Journal officiel. Néanmoins cette revalorisation du salaire des AESH est si basse que le premier échelon de la grille salariale repasse sous la barre du SMIC sur aux annonces gouvernementales de revalorisation du salaire minimum au 1er octobre.


La revalorisation du SMIC de 2,2% au 1er octobre en raison de l’inflation rend cette grille inapplicable. Le salaire perçu à l’embauche et pendant le premier contrat de trois ans des personnels AESH est inférieur au salaire minimum qui s’élève à partir du 1er octobre à 1589,56 euros pour un temps plein.


SUD éducation avait dénoncé cette grille car, les augmentations prévues étaient très insuffisantes: elles ne pallient pas les temps incomplets qui sont imposés aux AESH. Le salaire moyen d’un·e AESH reste toujours inférieur à 900 euros par mois pour 24 heures de service hebdomadaire en début de carrière. Après 21 ans de service, le salaire d’un·e AESH est de 985 euros pour la même quotité horaire. Cette grille est obsolète avant même d’avoir été appliquée : c’est bien la preuve du mépris de la politique ministérielle à l’égard des AESH.


Les conditions d’emploi des AESH sont inacceptables. L’accompagnement des élèves en situation de handicap est un enjeu majeur de l’école, il faut garantir aux personnels AESH un vrai salaire, avec un vrai statut intégré à la Fonction publique pour en finir avec les bas salaires.

 
SUD éducation appelle les AESH, mais aussi tous les personnels de l’Éducation nationale, à être nombreuses et nombreux en grève le 19 octobre pour gagner un vrai statut et un vrai salaire pour les AESH ! 
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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:05

Le mercredi 29 septembre, la proposition de loi Rilhac, qui vise à donner aux directeurs et directrices d'école une délégation de l'autorité académique et à leur conférer une autorité fonctionnelle, a été adoptée en deuxième lecture à l'Assemblée nationale. Alors que les écoles sont encore déstabilisées par la crise sanitaire, les député·es ont donc choisi d'entériner cette transformation majeure du fonctionnement des écoles contre l'avis de la majorité des directeurs et directrices.

N'écoutant pas la mobilisation des personnels venu·es jusque devant les fenêtres de l'Assemblée pour faire entendre leur colère, les parlementaires ont voté un texte dont les conséquences désastreuses peuvent d'ores et déjà être anticipées : éclatement des salles des maîtres·ses dont la cohésion faisait jusque là la force des écoles, surcharge de travail et mise sous pression des directeurs et directrices transformé·es en supérieur·es hiérarchiques à leur corps défendant, transformation insidieuse du travail d'équipe en un travail subordonné et épuisement professionnel des personnels du premier degré. Les élèves ne pourront que pâtir de ce bouleversement qui ne répond absolument pas aux besoins exprimés sur le terrain : les élèves réussissent et s'épanouissent d'autant mieux qu'ils et elles se sentent entouré·es par des équipes pédagogiques soudées. Qu'en sera-t-il lorsque les directeurs et directrices cesseront de s'investir par dépit ou lorsque les enseignant·es perdront cette motivation qui les fait tenir jour après jour ?

Pour obtenir le retrait de cette proposition de loi, qui doit désormais repasser en deuxième lecture au Sénat à partir du 20 octobre, la fédération SUD éducation appelle l'ensemble des personnels du premier degré à se mobiliser. Convaincue que cette loi ne résoudra aucun problème mais déstabilisera en profondeur les écoles, la fédération SUD éducation est résolue à construire, dans l'unité syndicale la plus large possible, un mouvement de grève pour gagner ce combat et défendre le fonctionnement collectif des écoles.

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1 octobre 2021 5 01 /10 /octobre /2021 18:04

Depuis environ 15 ans, le nettoyage du campus Jussieu est assuré par des salarié-es de sociétés sous-traitantes, aux pratiques illégales honteuses. Les agents du nettoyage, dont le travail permet aux personnels et étudiant-es de travailler et étudier dans des locaux propres, sont ainsi soumis à des conditions de travail inacceptables : cadences infernales, salaires très bas, menaces et pressions sur les salarié-es pour leur faire accepter des modifications arbitraires de leur contrat ou de leurs conditions de travail…

Ces mauvais traitements sont à mettre en perspective avec les multiples couches d'oppression que les salarié-es subissent : racisme, sexisme et classisme, qui interagissent et s'ajoutent à la dévalorisation du travail effectué. Cela est notamment le cas pour les femmes, qui sont particulièrement touchées par les changements d’horaires imposés, souvent incompatibles avec leurs obligations familiales. Par ailleurs, les problèmes de faible compréhension du français oral ou écrit de certain-es salarié-es ont permis à Arc En Ciel de leur faire signer des contrats de CDD antidatés en lieu et place de leurs CDI, afin de mettre fin à leur travail.

Excédées par cette situation, notamment par la hausse brutale de leur charge de travail suite au non-renouvellement de plusieurs collègues en CDD, et l'annonce d'un fractionnement des journées de travail, les 130 personnes, en grande majorité des femmes, employées par la société de sous-traitance « Arc-en-ciel Environnement » se sont mises en grève à partir du 14 septembre. Après huit jours d'une grève massivement suivie, avec le soutien de syndicats de l'université dont la section SUD Éducation, les grévistes ont obtenu satisfaction sur leurs revendications :

  • pas de fractionnement des journées de travail
  • non-application de la clause de mobilité (inscrite sur les contrats de travail, cette clause permettait à la direction de muter les agents sur toute la région parisienne, au gré de ses besoins)
  • aucun licenciement
  • remplacement des absences
  • paiement des sommes dues pour les heures travaillées et non payées, notamment les heures supplémentaires
  • régularisation des contrats de travail
  • fourniture de produits d'entretien non allergisants
  • départ du responsable d'exploitation du site, au comportement irrespectueux envers les agents
  • paiement de 50 % des jours de grève

Si les 130 agents de Jussieu ont gagné face à une entreprise au chiffre d'affaires de 23 millions d'euros et employant 1000 salarié-es, c'est avant tout parce qu'ils et elles ont su rester soudé-es tout au long du mouvement, débattant quotidiennement la poursuite de la grève, en fonction des avancées obtenues face à l'employeur. C'est aussi parce qu'ils et elles ont été appuyé-es au quotidien par les militants syndicaux de l'université, pour tous les aspects de la grève; les syndicats ont aussi pesé sur l'administration de l'université pour qu'elle fasse pression sur l'entreprise. C'est enfin parce qu'une très forte solidarité des personnels et des étudiant-es de l'université s'est exprimée tout au long de la grève : pétition massivement signée, dons à la caisse de grève, démarches de responsables de laboratoire auprès de la direction de l'université, applaudissements dans les amphis lors des manifestations quotidiennes sur le campus, affichages, motions de soutien, etc. Le soutien extérieur a aussi été précieux : rassemblement de solidarité médiatisé, contributions importantes d'autres syndicats à la caisse de grève, préparation d'une manifestation au siège de l'entreprise Arc-en-Ciel, etc. Ce mouvement de solidarité est encourageant pour les luttes à venir, par exemple celles des personnels précaires de l'université (vacataires, doctorant-es sans financement...), dont le travail, bien que plus valorisé socialement, est également minimisé et invisibilisé.

Cette grève est une nouvelle démonstration éclatante qu'une lutte unitaire, déterminée et organisée des travailleuses et des travailleurs peut les mener à la victoire, et cela même si les grévistes sont parmi les travailleur-ses les plus précaires du site. Cette victoire fait écho à celle des femmes de chambre de l'hôtel Ibis Clichy-Batignolles, qui sont d'ailleurs venues soutenir leurs collègues.

Cette grève a donné à voir les aspects les plus sombres de la sous-traitance, allant jusqu'à la maltraitance quotidienne et au travail sans contrat et/ou non-rémunéré. L'une des pancartes brandies par les grévistes portait le slogan : « En grève pour le respect ». En effet, il a fallu huit jours de grève et des négociations serrées, juste pour obtenir que des garanties inscrites dans le droit du travail, voire dans le droit tout court, soient respectées au sein de l'université ! Cela est indigne du service public et de l'université. De plus, l'attitude de la direction d'Arc-en-Ciel et de ses « syndicats maison » lors des négociations a été abjecte : d'abord un refus de mettre par écrit les engagements, puis la communication d'un protocole d'accord avec une date de reprise erronée, en passant par des rendez-vous non honorés, le refus de rencontrer une délégation de grévistes, des menaces de sanctions, la perturbation des assemblées de grève par des « représentants du personnel » aux ordres, l'envoi de fausses informations à la direction de l'université, etc.

Cette grève est aussi là pour nous montrer à quoi sert la mise en concurrence dans les marchés publics. Au gré des changements de prestataires, les agents de nettoyage restent les mêmes (certains y travaillent depuis 25 ans !) : ce sont elles, ce sont eux qui connaissent le campus, ses amphis, ses espaces extérieurs, ses couloirs, ses labos. La seule fonction des entreprises sous-traitantes, dont la mise en concurrence favorise toujours le moins-disant, n'est pas d'améliorer la qualité du service rendu mais de réduire les coûts pour le compte du « donneur d'ordres » (l'université), en pressant les salarié-es au maximum, au besoin par des méthodes illégales. Au passage, la sous-traitance crée des « angles morts » en déresponsabilisant l'université vis-à-vis des conditions de travail de certaines catégories de personnes qui travaillent pourtant sur ses campus. La pratique de la sous-traitance doit cesser ! SUD Éducation exige que les travailleuses et travailleurs intervenant pour des tâches régulières dans le service public d'éducation, d'enseignement et de recherche bénéficient tou-tes du statut d'agent titulaire de la fonction publique. C'est aux établissements et aux ministères concernés de prendre leurs responsabilités, car ils ne peuvent pas ignorer que la sous-traitance engendre des violations systématiques des garanties élémentaires sur les conditions de travail, notamment envers des femmes et des personnes racisées qui sont déjà parmi les plus précaires dans l’échelle sociale.

Dans les semaines et les mois à venir, nous resterons mobilisé-es, aux côtés des salarié-es, pour veiller au respect des engagements pris par l'entreprise Arc-en-ciel. La force collective acquise, et l'importance du soutien reçu, leur permettent d'envisager une nouvelle grève si ces engagements ne sont pas tenus.

Section SUD Éducation Sorbonne Université

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 18:35
S’organiser ensemble pour gagner !Ce tract a été publié le 25/09/2021

Nous sommes face à un gouvernement qui mène une politique au service des plus riches : on ne compte plus les cadeaux au patronat. Le gouvernement privatise petit à petit les entreprises publiques. Les cheminot·es luttent par exemple contre la privatisation rampante du réseau TER avec l’ouverture à la concurrence. 

Le gouvernement ne peut privatiser le secteur de l’éducation ou de la santé, néanmoins en refusant d’octroyer à ces secteurs les moyens de fonctionner, il favorise l’émergence d’un secteur privé concurrentiel : l'enseignement privé et les cliniques privées sont les grands gagnants de la politique de casse des services publics du gouvernement. 

La crise écologique et sociale que nous vivons montre que ce système économique n’est pas viable. Pourtant, le gouvernement et le patronat restent sourd aux alertes. Seul le rapport de force permet d’obtenir des victoires. Dans notre secteur, celui de l’éducation, comme dans la société, le patronat et le gouvernement ne lâcheront aucune avancée s’ils n’y sont pas contraints par une mobilisation forte et massive. Les personnels qui se mobilisent pour des moyens pour l’éducation, pour un vrai statut pour les AESH, pour le climat, contre le racisme ou contre les violences sexuelles et sexistes, font quotidiennement l’expérience d’une impossibilité de dialoguer avec l’administration.Face à un gouvernement implacable, le syndicat est notre arme pour construire le rapport de force ! 

Renforcer le collectif 

Notre nombre est notre force, c’est pourquoi nous nous employons à construire, sur nos lieux de travail, des liens de solidarités entre collègues. Les difficultés du quotidien créent des désaccords dans les équipes, notre rôle de syndicaliste est de faire dialoguer les collègues pour créer du consensus et avancer ensemble. 

Les outils syndicaux sont à la disposition des collègues pour construire et renforcer le collectif. Les heures d’information syndicale sont les premiers espaces d’auto-organisation des collègues. Tou·tes peuvent y participer sur temps de travail pour discuter des difficultés rencontrées et pour élaborer ensemble des revendications et des modalités d’action. On peut commencer par porter les revendications auprès de la hiérarchie puis alerter et informer les parents d’élèves, demander le soutien de l’intersyndicale, construire une mobilisation, y compris par la grève et la publicisation des revendications dans les médias et sur les réseaux sociaux via une vidéo, des visuels, des communiqués de presse… Qu’importe les modalités de mobilisation, la priorité c’est d’être dans le collectif ! 

Du lieu de travail à une mobilisation nationale ! 

La bataille des moyens pour le service public d’éducation et de l’enseignement supérieur comme la bataille pour la reconnaissance du métier d’AESH se mène à une échelle nationale. Pour gagner, il faut construire des mobilisations partout et favoriser leur coordination. C’est un aller et retour perpétuel entre une construction au plus près du terrain, dans les écoles, EPLE, universités, et des rencontres nationales à travers les journées d’action. Les militant·es syndicaux préparent ces journées d’action afin de permettre aux personnels de s’en saisir.

 

Horizontalité et démocratie à tous les niveaux 

 

Transformer la société et lutter contre les inégalités commencent dès à présent dans la pratique syndicale. Ce sont les équipes militantes qui font vivre la démocratie sociale sur le lieu de travail en organisant des heures d’information syndicale et des Assemblées Générales. Les adhérent·es de SUD éducation y portent des outils de démocratie directe et d’auto-organisation permettant à tou-te-s celles et ceux qui le souhaitent de s’investir. Pour éviter par exemple que la parole ne soit monopolisée par les mêmes personnes, on peut mettre en place un tour de parole.

De même, la recherche du consensus est un impératif lorsqu’on aspire à plus de démocratie. Les décisions prises doivent convenir à tou·tes : empêchons les coups de force et l’accaparement du pouvoir par quelques un·es. 

Enfin, lorsque naissent des mobilisations d’ampleur, on estime à SUD éducation qu’il faut dépasser le cadre habituel des intersyndicales en favorisant l’organisation soit d’assemblées générales locales avec les grévistes, soit, si la grève est très bien suivie, de coordinations départementales, académiques voire nationales de grévistes mandaté-e-s par leurs Assemblées Générales locales. La grève appartient à celles et ceux qui la font, syndiqué·es et non syndiqué·es.

Pour le progrès social, soutenez le syndicalisme de lutte et de transformation sociale, adhérez à SUD éducation !

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 13:01

 

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29 septembre 2021 3 29 /09 /septembre /2021 13:01
Motion d’actualité du conseil fédéral de septembre 2021

En cet automne 2021, et alors que la crise sanitaire s’éternise, le gouvernement instrumentalise cette situation pour poursuivre son travail de casse sociale, au-delà de sa gestion non démocratique et chaotique de la crise sanitaire. La réforme des retraites est toujours sur la table. La casse de l’assurance-chômage se poursuit, pendant que les travailleurs et travailleuses subissent de plein fouet les effets de la crise. Dans l’Éducation nationale, le ministre a profité de la crise sanitaire pour accélérer l’augmentation de la part du contrôle continu dans le baccalauréat, faisant exploser les inégalités entre établissements et élèves. Il remet ainsi en cause, une nouvelle fois, la liberté pédagogique des équipes. Par ailleurs, le ministère a accéléré la mise en place d’un statut de directeur·trice avec la loi Rilhac, que Macron anticipe en annonçant une expérimentation en ce sens dans les écoles marseillaises. Pourtant, toutes ces réformes sont très largement rejetées par la profession.

La situation sanitaire demeure précaire. Le gouvernement ne se donne pas les moyens de combattre efficacement la pandémie par des politiques publiques ambitieuses et égalitaires. Il préfère la mise en place du passe sanitaire dont SUD éducation revendique l’abrogation, avec l’Union syndicale Solidaires.

De façon générale, le contexte sanitaire a été instrumentalisé par le ministère pour passer en force ses réformes. On a retrouvé une telle méthode chez des chef·fes d’établissement, comme chez les corps d’inspection qui soutiennent sans réserve toutes les dégradations dans les conditions d'enseignement. À cet égard, les effectifs sont une nouvelle fois à la hausse dans les classes en raison des suppressions de postes successives. Aucun moyen supplémentaire n’est dégagé pour pallier les inégalités scolaires. SUD éducation revendique toujours un plan d’urgence pour l’éducation.

Le ministère s’est livré à un véritable démantèlement du statut de la fonction publique en généralisant la contractualisation des métiers de l’Éducation nationale. Pour ce faire, il recourt désormais à des étudiant·es de 2e année de Master MEEF ou encore pire à des officines néo-libérales comme “Le choix de l’école”, dans un contexte de destruction de la formation initiale des enseignant·es. Conspuant les syndicats, en particulier SUD éducation, le Ministère mène une politique autoritaire et répressive et multiplie les entraves au droit syndical.

Après la grève du 23 septembre, une nouvelle échéance s’impose pour remobiliser notre camp social. Le 5 octobre doit être une date de convergence des secteurs en lutte, et permettre la construction d’un mouvement de grève qui s’ancre dans la durée.

L’exploitation des plus précaires s’accentue (services civiques, AED, AESH, Atsem). Les PIAL dégradent les conditions d’emploi des AESH et les conditions d’étude des élèves par gestion purement comptable des affectations. Après les succès des mobilisations de l’an passé, SUD éducation fait de la réussite de la date de grève du 19 octobre une priorité, et s’efforcera de renforcer les collectifs locaux d’AESH en lutte, afin d’inscrire cette mobilisation dans la durée pour gagner sur les revendications : fin des Pial, statut de fonctionnaire, augmentations de salaires.

Au sein du gouvernement, les ministres Blanquer et Vidal incarnent bien la jonction entre néo-libéralisme et conservatisme identitaire que l'on voit à l'œuvre aujourd'hui dans la politique gouvernementale. La récente campagne d’affichage dévoyant la laïcité en est un nouvel exemple.  Contre l’islamophobie et toutes les formes de discrimination, SUD éducation continuera à s’opposer à cette vision réactionnaire de l’école et mènera vigoureusement le combat pour la laïcité. SUD éducation dénonce les liens des ministres avec les sphères réactionnaires et mènera campagne pour la socialisation de l’enseignement privé.

Les attaques de Vidal contre les universitaires, loin d’être une simple manœuvre de diversion, jouent un rôle politique à part entière, dans un contexte général d’offensive raciste et autoritariste et participent à la stratégie de Macron d’aller sur les terrains de prédilection du RN et dans une entreprise de délégitimation de toute forme de critique, universitaire comme politique, sociale, syndicale, antiraciste, féministe, écologiste…

La banalisation dans le débat public des idées réactionnaires, racistes, xénophobes, intolérantes profite aux partis d’extrême-droite, et le gouvernement en porte une écrasante responsabilité. La multiplication de la diffusion d’expressions antisémites et conspirationnistes est particulièrement inquiétante. En cette année d’élections présidentielles, il faut réaffirmer notre mot d’ordre « l’extrême-droite est notre ennemi mortel » dans notre secteur, celui de l'Éducation nationale et de l'université, mais aussi en interpro, et en lien avec Vigilance syndicale antifasciste (VISA) comme dans le cadre unitaire issu de la manif du 12 juin dernier”. SUD éducation mènera des campagnes résolues sur cette question (notamment pour obtenir la fermeture des locaux fascistes) tout au long de l’année, et entamera des démarches en direction de l’intersyndicale à cet effet.

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Published by SUD 61