18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:43

Ce tract a été publié le 18/06/2021

 

La crise sanitaire a accentué les inégalités dans l’éducation. Au cours des deux dernières années scolaires, les élèves ont traversé d’importantes périodes d’enseignement à distance. Les inégalités scolaires se sont fortement aggravées : en fonction de la durée plus ou moins importante d’éloignement de l’école, en fonction des possibilités d’accès aux équipements numériques au domicile, en fonction de la capacité des parents à être présents pour faciliter les apprentissages. Les classes populaires ont particulièrement souffert de l’enseignement à distance.

SUD éducation revendique depuis le printemps 2020 la mise en œuvre d’un plan d’urgence pour réduire ces inégalités et pour répondre durablement à la crise sanitaire. La rentrée de septembre 2020 n’a vu aucun ajustement, en termes de moyens, pour tenir compte de la crise. Les personnels de l’Éducation nationale n’ont pas bénéficié de la politique du “quoiqu’il en coûte” du président Macron  : alors que les entreprises captent l’essentiel des dépenses publiques liées à la crise sanitaire, les services publics, et notamment le service public d’éducation, ne voient aucune inflexion dans la politique de démantèlement des services publics d’éducation en vigueur bien avant la crise. Rien n’a été mis en place pour faire face à la crise, sur le plan pédagogique comme sanitaire. Et de fait, l’année 2020-2021 a été une longue succession d’improvisations, aggravant encore davantage la situation d’inégalités scolaires héritée du premier confinement.

La préparation de la rentrée 2021 n’a pas changé la donne : suppression de 1800 postes dans le second degré, créations marginales dans le premier degré. Dans tous les cas, les moyens ne sont pas à la hauteur des besoins hérités de la situation. S’ajoute à cela la mise en œuvre de la réforme du baccalauréat et des lycées : inégalités entre établissements du fait des choix de spécialités, inégalités socio-culturelles exacerbées par le grand oral, désorganisation généralisée.

Dans le premier comme dans le second degré, les moyens alloués sont insuffisants pour assurer l’accompagnement des élèves à besoins particuliers : l’inclusion des élèves en situation de handicap se fait sans moyens suffisants, les personnels AESH attendent toujours un statut de la fonction publique et un salaire digne de ce nom, les RASED et les établissements spécialisés sont réduits à peau de chagrin. De même, les classes d’accueil pour les élèves allophones ne bénéficient pas des moyens nécessaires. Enfin, l’éducation prioritaire, censée réduire les inégalités, est en passe d’être démantelée par une nouvelle réforme inacceptable.

Pour faire face à ce constat alarmant, SUD éducation met à jour son plan d’urgence pour l’éducation. SUD propose aux personnels de le mettre en débat dans les Assemblées générales, pour construire des plateformes revendicatives locales et se mobiliser dès septembre. SUD éducation portera dans l’intersyndicale nationale le mandat d’une journée de grève durant la seconde quinzaine de septembre, dans l’objectif d’en faire un point d’appui pour un mouvement de grève prolongé à même d’obtenir satisfaction sur les revendications.

Ce plan d’urgence comprend :
-un volet inclusion scolaire
-un volet éducation prioritaire
-un volet pédagogie et système éducatif
-un volet postes
-un volet médico-social

Volet inclusion

La crise sanitaire a fragilisé encore davantage les élèves les plus fragiles : les élèves en situation de handicap, les élèves allophones mais aussi les élèves en grande difficulté scolaire. Le retour en classe après les périodes de fermetures des classes n’a pas fait l’objet de l’accompagnement nécessaire. Au-delà de la crise sanitaire, c’est bien l’ensemble de l’inclusion scolaire qui doit être repensée, en commençant par la satisfaction des revendications des personnels essentiels, les AESH :

1. une baisse des effectifs par classe. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation pour la SEGPA est de 12 élèves maximum ;

2. des dispositifs d’aide et de prévention complets : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue);

3la satisfaction des revendications des AESH : la création d’un statut d’éducateur-trice scolaire spécialisé-e avec un temps plein à 24 heures face élève, un salaire à 1700 euros nets ;

4. une formation en accord avec les besoins rencontrés par les collègues en poste dans l’ASH ;

5. des ouvertures d’UPE2A et d’ULIS ainsi que l’augmentation du nombre d’heures allouées à ces dispositifs.

Volet éducation prioritaire

Les conséquences négatives de la crise sanitaire ont été plus importantes dans les quartiers populaires qu’ailleurs, sur le plan économique et social, comme sur le plan pédagogique. Cette situation justifie un plan exceptionnel pour les écoles et établissements des quartiers populaires. SUD éducation porte à ce titre des revendications pour l’éducation prioritaire : elles doivent être immédiatement mises en œuvre pour répondre aux enjeux de la crise sanitaire :

1. l’extension de la pondération de 1,1 heures à l’ensemble des personnels pour toute l’éducation prioritaire, REP inclus. Cette pondération correspond à une décharge pour reconnaître la charge de travail spécifique à l’éducation prioritaire, mais ne doit pas être conditionnée à des missions ou réunions supplémentaires ;

2. une baisse des effectifs : pour l’éducation prioritaire, SUD éducation revendique 16 élèves par classe en école et collège, 12 en SEGPA, 20 en lycée ;

3des vies scolaires renforcées : 1 CPE pour 100 élèves et 1 AED pour 50 élèves dans toute l’éducation prioritaire ;

4. des moyens médico-sociaux renforcés : 1 RASED complet par groupe scolaire et 1 enseignant-e supplémentaire pour cinq classes (pour le 1er degré) et un recrutement massif de personnels médico-sociaux (assistance sociale, infirmerie, psychologue) ;

5. sur la carte de l’éducation prioritaire : SUD éducation revendique le maintien des REP dans l’éducation prioritaire (contrairement au rapport Mathiot-Azéma) et l’intégration des lycées dont les élèves sont majoritairement issus de collèges REP et REP+. L’intégration de nouvelles écoles et établissements dans la carte de l’éducation prioritaire, y compris des écoles ou établissements situés dans des espaces ruraux susceptibles d’intégrer la carte, doit se faire sur la base de critères sociaux, dans le cadre d’un classement transparent et renouvelé tous les quatre ans. L’intégration des écoles ou établissements ruraux à la carte ne doit pas se faire au détriment d’écoles ou établissements d’ores et déjà classés ;

6. l’attribution de la prime REP+ à tous les personnels de l’ensemble de l’éducation prioritaire, et notamment les AED et AESH qui en sont actuellement exclu-e-s ;

7. l’abandon immédiat du projet de réforme Mathiot-Azéma.

Volet pédagogie et système éducatif

La crise sanitaire a accru les inégalités scolaires. Durant le confinement, certain-e-s élèves ont pu bénéficier de condition permettant de poursuivre en partie les apprentissages, les autres non. Les enseignements doivent dorénavant avoir lieu en présentiel, l’enseignement à distance ayant montré toutes ses limites. L’objectif de l’année qui s’ouvre doit être bel et bien de compenser les inégalités qui se sont accrues durant ces deux dernières années. Pour cela, SUD éducation revendique plusieurs mesures immédiates :

1. la limitation des effectifs pour favoriser la différenciation, le travail coopératif entre élèves pour niveler les écarts de niveaux. À titre de repère, la revendication générale de SUD éducation (hors éducation prioritaire) est de 20 élèves maximum en école élémentaire et en collège, et de 25 en lycée, mais les circonstances exceptionnelles impliquent de descendre encore en-deçà ;

2. dans le second degré, des dédoublements systématiques sur la moitié des horaires disciplinaires par un cadrage national ;

3. l’aménagement des programmes, afin que les enseignant-e-s puissent mettre en œuvre au mieux une pédagogie permettant de compenser les inégalités scolaires ;

4. la liberté pédagogique et de support notamment en CP dans le cadre de l’apprentissage de la lecture ;

5. une formation initiale et continue qui tienne compte de ces problématiques et de ces enjeux, qui impliquent des pratiques pédagogiques particulières ;

6. un retour des PDMQDC, sans remise en cause des dédoublements là où ils existent, et un rétablissement des RASED dans leur totalité ;

7. l’abandon de Parcoursup et de la sélection à l’entrée à l’université, qui dans cette période fonctionne encore davantage comme une machine de tri social

8. l’abandon des contre-réformes du bac et des lycées qui accroissent les inégalités, cette année encore plus que d’habitude

Volet postes

Les enjeux liés à la crise sanitaire nécessitent des créations de postes supplémentaires, pour permettre de mettre en œuvre les politiques évoquées plus haut. Cela n’a pas été le cas pour l’année 2020-2021, et ce n’est toujours pas prévu pour la rentrée de septembre. Pour SUD éducation, il existe plusieurs leviers pour créer dans l’urgence les postes nécessaires :

1. la réaffectation des crédits non engagés par le ministère en raison de la crise sanitaire vers des créations de postes à compter de la rentrée ;

2. la reconversion massive des heures supplémentaires dans le second degré vers des créations de postes, afin d’augmenter le nombre de personnels dans les établissements et améliorer les conditions de travail ;

3. la titularisation à temps plein de l’ensemble des enseignant-e-s non titulaires, sans condition de concours ni de nationalité : les collègues en question sont déjà souvent en poste depuis longtemps, il n’y a aucune raison pour qu’ils et elles ne bénéficient pas du statut de fonctionnaire ;

4. l’admission de l’ensemble des admissibles, aux concours internes comme externes : les recalé-e-s des oraux des concours constituent un nombre très important de potentiel-le-s futur-e-s collègues ; au vu de l’urgence de la situation, il est souhaitable qu’ils et elles  soient stagiarisé-e-s dans leur totalité ;

5. l’organisation de concours exceptionnels : il est arrivé, encore récemment, que des concours supplémentaires soient organisés en fonction des besoins pour le recrutement des professeur-e-s des écoles ; ce dispositif pourrait être généralisé, en fonction des besoins locaux, dans les départements ;

6. l’embauche de personnels aidant à la direction pour le primaire, avec un réel statut ;

7. l’embauche massive d’AESH et d’AED et la titularisation dans le cadre d’emplois statutaires d’éducateurs-trices scolaires ;

8. le rétablissement des moyens en remplacement dans le 1er et le 2d degré.

Volet médico-social

La crise sanitaire a accentué les inégalités scolaires, et au-delà les inégalités sociales. Elle a plongé de nombreuses familles dans la précarité, et les périodes d’éloignement de l’école, et notamment de la demi-pension, induisent des dépenses supplémentaires. Les besoins en assistant-e-s sociaux-ales sont aujourd’hui plus importants que jamais. La crise a également mis en lumière les carences énormes en termes de professionnel-le-s de santé. La crise sanitaire n’est pas terminée, et il est urgent de déployer des moyens importants en termes de prévention. Dans ce cadre, SUD éducation revendique :

1. des créations de postes de personnels médico-sociaux à hauteur des besoins, pour l’ensemble des actes professionels liés à la situation sanitaire (dépistages, vaccination, prévention), mais aussi pour faire face aux besoins indirectement induits par celle-ci (précarisation des familles, engorgement des structures de santé)

2. l’abandon de tous les projets de transfert vers les collectivités des personnels médicaux

3. la compensation dans son entièreté la baisse des fonds sociaux qui est intervenue au cours des années précédentes

4. l’augmentation des aides à la demi-pension et les bourses

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:43

Suite à l’action collective du samedi 18 janvier 2020 au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, menée par plus de 200 personnes contre la réforme du lycée et du baccalauréat, six responsables syndicaux-ales sont condamné-e-s, sans comparution ni débat contradictoire, à payer une amende avec inscription sur la partie B2 du casier judiciaire.

Mercredi 16 juin plus de 300 personnes étaient rassemblées devant le rectorat de Clermont-Ferrand. Le rectorat s’est refusé à toute rencontre avec les organisations syndicales.

La mobilisation du SNES, de la CGT éduc’action, de l’Unef, des représentant-e-s de FO, du Snalc et une forte mobilisation de SUD éducation ont voulu signifier leur totale opposition, leur indignation face à ces six condamnations. La condamnation de ces six syndicalistes est un nouveau pas franchi par le ministre Blanquer dans sa volonté d’intimider et de faire taire toute critique contre sa politique.

À la veille des épreuves de philosophie du Baccalauréat les interventions se sont succédées pour affirmer notre refus de cette tentative d’intimidation, non seulement des organisations syndicales mais de tous les personnels.

À Clermont-Ferrand, la lutte n’est pas terminée, elle se poursuivra en tribunal correctionnel puisque les militant-e-s de SUD éducation, de la CGT éduc’action et de l’Unef ont formé opposition à l’ordonnance pénale les condamnant.

Partout où la répression frappe, SUD éducation travaille et travaillera à la mobilisation unitaire contre la volonté de faire taire le syndicalisme de lutte.

À Clermont-Ferrand comme ailleurs, ne laissons pas la répression s’installer contre les mobilisations sociales et les luttes syndicales.

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:42

Un-e des élèves que j’accompagne ne vient pas pendant les dernières semaines de l’année, suis-je obligé-e de venir au travail jusqu’au 6 juillet ? 

L’administration peut vous demander de venir sur votre lieu de travail aux horaires habituelles jusqu’à la fin de l’année, elle peut aussi vous autoriser à rentrer chez vous en l’absence de votre élève. 

Peut-on me demander d’intervenir dans une autre école ou dans un autre collège ou lycée ? 

Si vous êtes en Pial : l’administration peut vous demander d’intervenir sur vos horaires habituels sur une autre école ou un autre établissement du Pial : la liste des écoles et établissements du Pial est écrite sur votre contrat. 

Si vous n’êtes pas en Pial : l’administration ne peut vous demander d’intervenir sur un autre lieu de travail que celui qui est noté sur votre contrat sans vous communiquer un ordre de mission écrit. Tout ordre donné par téléphone ou par sms ne vaut rien !

Que dois-je faire lorsque l’élève que j’accompagne n’est pas là ?

Les missions des personnels AESH sont inscrites sur le contrat et dans la circulaire n° 2017-084 du 3 mai 2017, l'aide humaine individuelle, l'aide humaine mutualisée, l'accompagnement collectif dans les unités localisées pour l'inclusion scolaire (Ulis).

L’administration peut vous demander d’utiliser ce temps sans élève, en fin d’année, pour :                      

- des actions de formation, 

- vous concerter avec le reste de l’équipe, 

- participer à l’organisation de la rentrée.

L’administration ne peut pas vous demander :

- de faire du travail administratif, 

- de surveiller la cour, 

- de prendre en charge d’autres élèves que les élèves qui bénéficient d’une notification de la MDPH ! 

Et pendant les examens ?

Vous pouvez être amené-e à accompagner un-e élève qui passe un examen (CFG, brevet, baccalauréat) dans le cadre des aménagements prévus pour les élèves en situation de handicap. Il doit vous être remis un document écrit (convocation, ordre de mission par exemple). Par contre, on ne peut pas vous demander de surveiller une salle (cela relève des missions des personnels d'enseignement), ni les couloirs.

En cas de difficultés, contactez le syndicat  SUD éducation de votre département !Le syndicat est notre force, ne restez pas isolé-e !

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:41

La scolarisation des élèves en situation de handicap est annoncée comme une priorité du ministère de l’Éducation nationale. Le nombre d’élèves en situation de handicap scolarisé en milieu ordinaire a doublé depuis 2006 et plus de 100 000 personnels AESH les accompagnent dans leur scolarité. Néanmoins, derrière la vitrine de l’école inclusive, le ministère mène une politique de mutualisation des moyens et précarise les accompagnant-e-s.

Le 3 juin dernier, des milliers de personnels AESH, mais aussi enseignant-e-s et des parents d’élèves ont manifesté pour exiger un vrai statut, un vrai salaire pour les AESH et l’abandon des PIAL, outil de cette mutualisation.

La rentrée 2021 sera marquée par la généralisation des Pôles inclusifs d’accompagnement localisé sur l’ensemble du territoire. SUD éducation refuse cette logique et y oppose une politique volontariste d’amélioration des conditions d’étude des élèves et de travail des personnels.

Partout et à toutes les échelles nous devons poursuivre la lutte ! C’est pourquoi SUD éducation appelle à la création de collectifs locaux de mobilisation : dans les villes, les départements, les académies.

 

SUD éducation revendique :

1- Un recrutement massif de personnels AESH fonctionnaires !

Les services de l’ Éducation nationale ne parvienne pas à recruter des personnels AESH. Aujourd’hui le salaire moyen d’un-e AESH est 750€ pour 24h de travail hebdomadaire.  C’est insuffisant pour vivre. Le ministère doit reconnaître le métier d’AESH en créant un vrai statut dans la Fonction Publique avec un temps complet de 24h et des augmentations importantes de salaire.

2- L’arrêt de la mutualisation des moyens !

Avec la généralisation des PIAL, les élèves ont vu leur nombre d’heures d’accompagnement baisser et les AESH accompagnent un nombre d’élèves croissant. Comment construire un véritable suivi avec l’élaboration d’outils pédagogiques lorsque les élèves ne sont accompagné-e-s que quelques heures par semaine par plusieurs personnels AESH ? La mutualisation des moyens et les PIAL sont du saupoudrage !

3- De véritables formations aux différentes formes de handicap, à leur prise en charge pédagogique, d’abord pour les AESH mais plus généralement pour tous les personnels de l’Éducation nationale !

 

Tous et toutes ensemble, AESH et tous les personnels de l’Éducation nationale, syndiqué-es et non syndiqué-es, parents d’élèves, soyons solidaires et faisons entendre notre voix, pour la scolarisation de tou-tes les élèves au sein du service public d’éducation !

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:41

Le Collectif national contre le Service national universel a tenu une réunion le 10 juin 2021. C’est l’occasion pour les organisations et collectifs locaux qui le composent de réaffirmer leur refus de ce projet gouvernemental. Plus que jamais, la plateforme unitaire que nous avons adoptée il y a deux ans est d’actualité.

Les ministres réquisitionnés pour aller chercher les volontaires

Inquiet de ne pas avoir ses 25 000 volontaires pour cette année 2021, le gouvernement n’a pas lésiné sur les moyens : un nombre considérable de ministres a été mis à contribution pour aller chercher ces jeunes volontaires, à grand renfort de réunions organisées dans les départements. L’objectif gouvernemental est tout juste atteint. Les gros efforts de persuasion qui ont été nécessaires montrent à quel point le gouvernement peine à convaincre les jeunes des bienfaits de ce projet, a fortiori s'il est rendu obligatoire. C'est un motif important de notre opposition !

Le SNU : silence dans les rangs …

La fédération nationale de la Libre pensée, membre du collectif Non au SNU, avait demandé à être reçue par la secrétaire d’Etat en charge de celui-ci. Une importante liste de questions lui avait été soumise afin de préparer au mieux la rencontre. Madame El Haïry a décidé de ne pas donner suite à cette demande !

Confier les jeunes à l’armée, c’est dangereux

On nous présente le SNU comme un moyen « d’éduquer » les jeunes mineur∙es qui y seraient astreint∙es, de leur expliquer « la république » … Nous ne sommes pas dupes des vraies intentions. Mais l’actualité rappelle aussi à quel point il serait dangereux de confier chaque année ces jeunes mineur∙es à l’institution dont nombre de responsables de haut rang viennent encore de s’illustrer à travers un appel à l’épuration ethnique du pays et à consolider « l’ordre social » par un recours à l’armée.

 

Agissons contre le SNU !

Les organisations membres du collectif poursuivent le travail d’information sur la réalité du SNU. Les collectifs locaux agissent dans les départements, pour sensibiliser les jeunes, les parents, les enseignantes et enseignants, les éducatrices et éducateurs, etc. C’est ainsi que sous l’impulsion du collectif unitaire de Meurthe-et-Moselle, les syndicats départementaux FSU, CGT Education et SUD Education ont adressé une information spécifique à 40 000 travailleuses et travailleurs de l’Education nationale en Lorraine ; c’est un exemple parmi d’autres. Nous encourageons à développer des initiatives pendant les mois d'été et prendrons une initiative nationale en novembre prochain.

Le Service national universel que le gouvernement veut rendre obligatoire pour les jeunes de 16 ans, c’est

Une opération de soumission de la jeunesse : il s’agit d’inculquer un esprit d’obéissance aux règles, un respect absolu des normes… Règles et normes qui, pour la plupart, ne visent qu’à perpétuer les inégalités et injustices inhérentes à l’organisation actuelle de la société. Cette volonté de soumission passe aussi par un contrôle renforcé, notamment à travers la mise en fiches de tous les jeunes de 16 à 25 ans ; on sait comment ce genre de fichier peut être utilisé ! Volonté de soumission, enfin, car elle ne reconnaît comme « engagement » des jeunes que les dispositifs étatiques.

La remise en cause des droits des travailleurs et travailleuses : les jeunes du SNU seront utilisé/es pour remplacer des emplois aujourd’hui occupés par des employé/es qui ont un salaire, une convention collective ou un statut, la possibilité de s’organiser syndicalement, des droits individuels et collectifs. Avec le SNU, chaque année, 800 000 jeunes seront exploité/es, sans aucun de ces droits, pour des durées variables ; ils et elles seront très vivement encouragé.es à poursuivre leur « engagement volontaire » par un service civique, dans les mêmes conditions de précarité.

Des dépenses considérables : 6 milliards €/an, selon un rapport sénatorial de 2017. Ces milliards seraient bien plus utiles pour le service public de l’Éducation, qu’aux mains des militaires !

Le renforcement de la militarisation. Encadrement militaire, levée du drapeau, chant guerrier, uniforme, parcours du combattant, raid commando, etc. contribueront à l’endoctrinement des jeunes. La propagande visera à banaliser encore plus le rôle de l’armée, alors que celle-ci est en pointe dans la répression, sur le territoire français, dans les colonies et diverses régions du monde. Sans surprise, il n’est nullement question dans le programme de pacifisme, de non-violence, ni de remise en cause du rôle de l’armée.

Le gouvernement nous dit : Il faut que les jeunes s’engagent.

Mais c’est déjà le cas !

Ils et elles s’engagent pour lutter contre le racisme, pour que cesse la destruction de la terre, pour défendre leur droit à étudier, pour le partage des richesses, pour le droit au logement, pour l’égalité des droits et contre les discriminations, etc.

Ce n’est pas à l’État de les forcer à s’engager !

Comment peut-on parler d’apprendre la citoyenneté, lorsqu’on confie l’encadrement à l’armée (qui, par ailleurs, n’était pas demandeuse) ?

Non au SNU ! Abrogation du SNU !

Campagne unitaire contre le SNU : Union pacifiste, Union syndicale Solidaires, ASSO-Solidaires, Solidaires Lycéen·nes région parisienne, Fédération Solidaires Étudiant·e·s, Fédération SUD éducation, SUNDEP Solidaires Sud Enseignement privé, Solidaires Jeunesse et Sports, Fédération SUD Collectivités territoriales, Fédération Éducation de la Confédération Nationale du Travail, CNT Santé, Éducation, Social et Territoriale de Lorraine, Fédération éducation/recherche de la CNT-SO, Émancipation tendance intersyndicale, Les Jeunesses Syndicalistes, Mouvement National Lycéen, Fédération Indépendante et Démocratique Lycéenne, Fédération nationale de la Libre Pensée, Droits Devant !!, Ni guerres ni état de guerre, Causes communes, Anciens Appelés en Algérie et leurs Ami(e)s Contre la Guerre, Réseau des Centres de Recherche, d'Etude et de Formation à l'Animation et au Développement, Mouvement de la paix, ATTAC-France, Stop Fuelling War, Abolition des Armes Nucléaires – Maison de Vigilance, Mouvement de l’Objection de Conscience Nancy, GRATLIB,  Queer Education, Parti Communiste des Ouvriers de France, Europe Écologie – Les Verts, Fédération Anarchiste, Union Communiste Libertaire, L’insurgé, Les Jeunes écologistes, Union des Jeunes Révolutionnaires, Union Prolétarienne ML, Unité Communiste de Lyon, Groupe libertaire Jules Durand, Mouvement Résilience, Radio-Libertaire, Revue Silence, Arc en ciel théâtre réseau coopératif. Collectifs locaux unitaires Non au SNU Loire-Atlantique, Lyon, Bordeaux, Angoulême, Nancy, Chambéry, Hérault…

Pour rejoindre le collectif : nonsnu@lists.riseup.net

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18 juin 2021 5 18 /06 /juin /2021 14:40

Le rapport de Jean-Pierre Obin, inspecteur général honoraire, sur la formation des personnels de l’Éducation nationale à la laïcité et aux valeurs de la République a été publié ce 14 mai.

Le rapport ne précise à aucun moment la conception de la laïcité et des valeurs de la République qu’il porte. Il se contente, à longueur de pages, de désigner les adversaires à combattre. Sans surprises, ils se situent tous dans le champ de l’antiracisme militant : le rapport dénonce ainsi par exemple les notions de « racisme systémique » ou d’ « islamophobie » qui seraient enseignées dans les INSPE en lieu et place de formations à la laïcité. Il dénonce les supposés « promoteurs » d’une laïcité qui « serait issue d’un compromis que la République devrait passer avec l’Islam ». Bien sûr, aucune administration de la preuve n’est tentée pour venir à l’appui de ces propos : l’objectif est bien de susciter des fantasmes nauséabonds à l’appui de l’idéologie réactionnaire du ministre et du gouvernement.

Ce rapport s’inscrit donc en tous points dans la chasse aux sorcières impulsée par les ministres Vidal et Blanquer. Il entend donner au ministère les moyens d’agir en ce sens sur la formation initiale et le recrutement. Il salue par exemple la réforme en cours des INSPE, qui permet davantage de contrôle par les ministres de tutelle. Il entend produire un référentiel commun à l’ensemble des INSPE, avec délivrance d’une certification spécifique. La réforme des INSPE, impulsée dans le cadre de la loi Blanquer de 2019 et que SUD éducation avait combattue, prend ici tout son sens : il s’agit bien d’une mise au pas de la formation des enseignant-e-s, les INSPE devenant les simples courroies de transmission de l’idéologie ministérielle. Ce changement proposé s’inscrit dans la continuité de l’action gouvernementale : l’Observatoire de la laïcité, indépendant, est supprimé au profit d’un organisme placé directement sous la tutelle du ministre de l’Intérieur.

Il en va de même en ce qui concerne la formation continue. Un plan pluriannuel est prévu, comprenant l'organisation de 2 demi-journées de formation pour 11 écoles par département et par an, et 43 collèges et lycées par académie et par an. Le rapport redoute, une nouvelle fois, la prise en charge de la formation par les services déconcentrés et les risques de « dérives idéologiques » que cette décentralisation est supposée engendrer. Il recommande donc que ce soit la DGESCO qui ait directement la responsabilité du dossier.

Enfin, le rapport est sans surprise plein de mépris pour les enseignant-e-s. Il leur reproche la faible participation aux formations « laïcité et valeurs de la République », sans jamais interroger le degré d’adaptation des formations en question aux besoins réels des enseignant-e-s. Il voit dans leur “corporatisme” et celui de leurs syndicats la principale force d’inertie qui pourrait mettre en difficulté son projet de reprise en main de la profession sur ces questions. Le fait que le rapport déplore que les enseignant-e-s estiment très majoritairement que la “diversité” est une valeur de la République, est à cet égard éloquent.

Pour SUD éducation, il faut dénoncer ce rapport pour ce qu’il est :

  • une nouvelle offensive dans le cadre de la chasse aux sorcières contre les universitaires et les chercheurs.euses dans l’enseignement supérieur

  • une volonté de reprise en main autoritaire de la formation initiale et continue des enseignant-e-s

  • un nouveau volet du corpus idéologique réactionnaire et islamophobe du ministère Blanquer

À rebours de ces objectifs réactionnaires et obscurantistes, SUD éducation revendique une école publique, gratuite, égalitaire, laïque et émancipatrice pour toutes et tous.

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 09:48
Non à la mise en place du RIPEC – déclaration CTM ESR unitaire

Ce communiqué a été publié le 11/06/2021

Non à la mise en place du RIPEC, le nouveau système de primes pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs
Non au mépris des syndicats par le ministère  - déclaration au CTMESR du 10 juin 2021

Dans le cadre de la LPR et du protocole d’accord sur les rémunérations et les carrières, le ministère prépare une réforme pour mettre en place un régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs (RIPEC) à destination des enseignants-chercheurs, des enseignantes-chercheuses, des chercheurs et des chercheuses, nouveau système de primes qui remplacerait l’essentiel des primes ou indemnités existantes à partir de l’an prochain.

 

Ce projet, dont on ne connaîtra pas la réalité des chiffres avant l’automne, veut mettre en place un régime similaire à celui qui a été mis en place pour les personnels techniques, administratifs et de bibliothèque des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, à savoir le RIFSEEP.

Le système repose sur l’instauration de trois composantes (ou blocs) : une indemnité de base liée au grade, une indemnité variable liée aux fonctions et une prime non automatique liée à « la qualité des activités et à l’engagement professionnel ». La deuxième composante, l’indemnité liée aux fonctions, est décidée par le chef d’établissement. Il s’agit d’individualiser, en transformant les primes actuelles en indemnités variables

Enfin, concernant la troisième composante, la prime individuelle, elle remplace la PEDR en allant encore plus dans la logique de prime au mérite. Pour les enseignants-chercheurs et enseignanteschercheuses, c’est un moyen d’imposer le suivi de carrière et d’affaiblir encore le rôle du CNU.

Alors que le traitement indiciaire continue d’être bloqué, ce projet participe de la politique d’individualisation de la rémunération du gouvernement par l’augmentation de la part variable, liée aux fonctions et au toujours discutable « mérite », contre la logique de carrière, menaçant ainsi l’indépendance des enseignants-chercheurs, des enseignantes-chercheuses, des chercheurs et des chercheuses.

Par ailleurs, une décision du conseil d’État a confirmé que le ministère ne pouvait choisir les interlocuteurs syndicaux avec lesquels il discute sur les questions de rémunérations. Concernant cet important projet de réforme du régime indemnitaire, il n’était prévu au départ aucune réunion préparatoire avant son passage pour avis devant le comité technique le 7 juin. Ce projet ayant été envoyé aux organisations syndicales représentées au CTMESR dans la nuit du 30 au 31 mai, soit quelques minutes avant le délai réglementaire de communication des documents, cette situation a
été dénoncée au CTMESR du 1er juin.

Lors de cette séance, le représentant du ministère a tout d’abord refusé de soumettre au vote un avis demandant que le comité technique soit repoussé et que les organisations syndicales représentatives soient convoquées pour négociation préalable. Une interruption de séance a alors été demandée par les représentants du personnel, à l’issu de laquelle ils ont unanimement demandé que le CTMESR du 7 juin soit reporté pour permettre des réunions de concertations et la rédaction d’éventuels amendements.

Sous la pression, le ministère a alors annoncé le report au 10 juin du CTMESR sur le RIPEC ainsi que la tenue d’une réunion de concertation sur le RIPEC le 3 juin.

Les organisations soussignées se félicitent de ce résultat mais ne peuvent que condamner la dérive de notre ministère qui ignore toute revendication venue des représentants des personnels et ne garde pour l’essentiel que la simple apparence formelle de dialogue dans ses relations avec les syndicats.

Les organisations soussignées alertent tout le personnel, dont les enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses, chercheurs et chercheuses : cette volonté de passer en force est particulièrement dangereuse concernant ce projet de RIPEC.

Les organisations soussignées demandent au ministère de renoncer à ce projet et d’ouvrir de réelles négociations sur les rémunérations.

FO ESR, FERC CGT, SUD Education, SUD Recherche-EPST

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 09:48
À Blaise Pascal (Clermont-Ferrand) comme ailleurs, stop à la répression anti-syndicale ! – Communiqué SUD-SNES-CGT-FO-SNALC-UNEF

Ce communiqué a été publié le 08/06/2021

Suite à l’action collective du samedi 18 janvier 2020 au lycée Blaise Pascal à Clermont-Ferrand, menée par plus de 200 personnes contre une réforme du lycée et du baccalauréat majoritairement contestée  et dont nous continuons à demander le retrait, six responsables syndicaux et syndicales sont aujourd’hui condamné-e-s.

Paco et Anna de l’UNEF, Fabien et Patrick du Snes-FSU, Frédéric de la CGT Éduc’action et Didier de SUD éducation sont condamné-e-s à un délit inscrit sur la partie B2 de leur casier judiciaire assorti d’amendes de 200 € à 400 €.

A l’origine de cette condamnation, la décision de l’administration qui a déposé une plainte alors qu’aucune dégradation ni aucune violence n’avaient été commises. Cette décision visait clairement à intimider et à tenter de faire taire toute contestation. Ce n’est pas la première fois depuis l’arrivée en poste de Jean-Michel Blanquer que des militant-e-s syndicaux-ales sont visé-e-s par une forme de répression syndicale. Face à la contestation toujours plus forte de ses réformes, le Ministre tente de museler les oppositions, quel aveu de faiblesse !

Après Melle, Cahors, Dôle, Carcassonne, Strasbourg ou Bordeaux, un pas est franchi avec cette criminalisation de l’action syndicale. Nos organisations dénoncent cette tentative supplémentaire d’intimidation.

Ces condamnation sont inacceptables. Nos organisations apportent tout leur soutien aux camarades condamné-e-s et rappellent leur opposition à toute sanction judiciaire ou administrative envers des militant-e-s dans le cadre de leur activité syndicale.

Les libertés syndicales sont inaliénables, elles sont un pilier de la démocratie. Les réponses autoritaires du Ministre sont inacceptables.

Nos organisations appellent l’ensemble des personnels à participer au rassemblement devant le rectorat de Clermont-Ferrand, le mercredi 16 juin à 15h. 

À Clermont-Ferrand comme ailleurs, ne laissons pas la répression s’installer contre les mobilisations syndicales !

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 09:47
Choix des spécialités : toujours plus d’élitisme

Ce communiqué a été publié le 07/06/2021

La direction de l’évaluation de la prospective et de la performance a rendu deux notes portant sur les choix des spécialités des élèves en série générale. Les conclusions sont sans appel : le choix des spécialités ne diminue pas les inégalités dans la filière générale, voire les renforce. Si les élèves choisissent majoritairement en Terminale la doublette « physique-chimie et mathématiques », la note précise qu’on observe dans cette doublette une « surreprésentation d’élèves d’origine sociale très favorisée ». La place des mathématiques est hautement représentative de ces inégalités : cette matière est conservée en enseignement de spécialité ou choisie en enseignement optionnel (« mathématiques expertes ») surtout par des élèves « d’origine sociale très favorisée ».

Loin d’observer une variété de parcours et une liberté de choix tant vantée par le ministère, la réalité de terrain pointe plutôt un conformisme au profit des élèves d’origine sociale très favorisée.

Comme SUD éducation le dénonçait avant même la mise en place de la réforme, cette prétendue liberté de choix se fait au détriment des élèves n’ayant pas accès à l’information nécessaire pour un choix d’orientation ‘’payant’’ dans leur entourage. Cela montre de nouveau le caractère néfaste et inégalitaire de cette réforme du tri social.

SUD éducation revendique toujours l’abrogation de la réforme des lycées, du bac et de parcoursup.

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14 juin 2021 1 14 /06 /juin /2021 09:23
Motion d’actualité du Conseil Fédéral de juin 2021

Ce communiqué a été publié le 11/06/2021

Motion d’actualité du CF de juin 2021 

La période est marquée par un climat politique nauséabond. Les projets de loi “sécurité globale” et  “séparatisme” montrent que la boussole du gouvernement est aujourd’hui du côté de l’autoritarisme. La chasse aux sorcières lancée par le ministère de l’enseignement supérieur, ainsi que les diatribes de Blanquer contre la non-mixité et l’écriture inclusive sont à la fois une diversion face au mécontentement que suscite la politique néolibérale du gouvernement et une offensive réactionnaire reprenant les mots d’ordres de l’extrême-droite. Les tribunes de militaires appelant à préparer  la guerre civile, insuffisamment condamnées par le gouvernement, sont de nature à menacer la vie démocratique la plus élémentaire. La mobilisation de syndicats policiers mettant en cause la justice, avec le soutien du ministre de l’Intérieur et de responsables politiques, contribue à cette offensive factieuse. Les déclarations anticonstitutionnelles d’Emmanuel Macron sur les personnes dites sans papiers qui auraient des devoirs avant d’avoir des droits sont également un signal très inquiétant de la banalisation de la xénophobie et du racisme. La suppression de l’observatoire de la laïcité procède de la même logique. Le gouvernement met en scène un tête-à-tête électoral avec le Rassemblement national, confortant de fait celui-ci dans l’opinion publique. Enfin, les agressions racistes, et les attaques de commandos fascistes se multiplient. Face à cette situation, il s’agit dorénavant de poursuivre la dynamique de construction de cadres unitaires larges (du type de celui contre la loi sécurité globale ou des marches du 12 juin), à même de renforcer notre camp social et de faire bloc autour de son système de valeur, contre la réaction, l’intolérance et l’autoritarisme, et plus largement contre l’hégémonie des idées d’extrême-droite et des forces sociales et politiques qui l’alimentent. 

De plus, le gouvernement continue de mettre en œuvre sa politique néo-libérale de destruction des conquis sociaux et ce alors que la pandémie a déjà fragilisé de nombreuses personnes : précaires, chômeur-se-s, étudiant-e-s... La réforme de l'assurance chômage en est l'exemple type, les nombreux appels à la prétendue nécessité de mettre en place celle tant décriée des retraites sont un autre symptôme de cette volonté délétère. Les soi-disant efforts inédits des Grenelle de l'Éducation et Ségur de la Santé prouvent également que le gouvernement ne se soucie pas de ces services publics essentiels meurtris, il ose encore demander aux soignant-e-s de faire un effort bien qu'ils et elles soient à bout de force. Les revalorisations historiques – qu'il faut traduire par missions supplémentaires et primes non pérennes – ne sont que des écrans de fumée destinés à détourner l'attention des citoyen-ne-s de la casse des services publics qui se poursuit. 

En mars 2020, le confinement et son corollaire dans l’éducation, l’enseignement à distance, a fait son entrée dans les établissements scolaires, alors que ce mode d’enseignement dégradé n’est pas à la hauteur comparable de l’enseignement en classe. De nouveau, la gestion de la crise sanitaire a été catastrophique durant cette année scolaire : rien n’a été anticipé et l’année scolaire n’a été qu’une succession d’improvisations et de réorganisations permanentes. Les suppressions de postes se poursuivent, les effectifs de classe s'alourdissent, les pressions hiérarchiques augmentent, la répression antisyndicale se banalise, la liberté pédagogique est menacée. Les contre-réformes font toujours plus sentir leurs effets : mise en œuvre des réformes des lycées, programmes réactionnaires, évaluations généralisées menaçant jusqu’à l’école maternelle... Enseigner devient une lutte ! Face à la crise sanitaire qui peut être amenée à perdurer, SUD éducation réaffirme la nécessité de mettre en place un plan d’urgence pour pour l’éducation comprenant des recrutements massifs de personnels titulaires et la rénovation du bâti scolaire.

Le bac 2021 se passe dans des conditions inacceptables : inégalité entre établissements du fait des ajustements la mise en place des mesures sanitaires et des absences individuelles liées au Covid, maintien du Grand oral sans préparation, numérisation des copies… Face à cette situation, SUD éducation appelle les personnels à se réunir au plus vite et à débattre des modalités d’action, et soutient les personnels qui se mettront en grève à l’occasion des surveillance, des jurys et des corrections. 

Pour cette année exceptionnelle, SUD éducation refuse le dilemme entre contrôle continu injuste et examens finaux problématiques, et revendique la délivrance du baccalauréat et du brevet pour toutes et tous les candidat-e-s.  

Le ministère poursuit ses réformes en dépit de l’opposition des personnels. La proposition de loi Rilhac, après un passage au Sénat, n’est toujours pas revenue à l’Assemblée nationale. Si cette loi devait repasser à l’Assemblée nationale, nous nous engagerons dans la construction d’un mouvement de grève massif. La rentrée de septembre va également être marquée par la réforme de l’éducation prioritaire, avec la mise en œuvre des cités éducatives et par l’expérimentation de “contrats locaux d’accompagnement” dans trois académies. Ce chantier a pour objectif la suppression pure et simple des REP. SUD éducation appelle les personnels à construire une mobilisation d’ampleur contre cette nouvelle contre-réforme. 

Cette année a été marquée par de nombreuses luttes d’AED et AESH. Les PIAL ont encore un peu plus dégradé les conditions de travail des AESH. En cette fin d’année, il faudra aussi se battre localement pour défendre tous les renouvellements de contrats. Dès la rentrée de septembre, SUD éducation soutiendra toutes les mobilisations afin d’obtenir un véritable statut pour tous les personnels. La mobilisation autour de l’inclusion scolaire et de soutien aux AESH doit se poursuivre à la rentrée.

Les raisons de se mobiliser dans l’Éducation ne manquent donc pas. Afin de renverser la vapeur et d’obtenir enfin un plan d’urgence pour l’éducation, SUD éducation s’engage dans la construction d’un mouvement massif dans l’éducation dès septembre et mettra tout en œuvre dès maintenant pour permettre sa réussite et son ancrage dans la durée.

Pour renforcer le syndicalisme de lutte, cette rentrée de septembre 2021 doit être un grand moment de syndicalisation pour SUD éducation : les progrès importants en terme de nombre d’adhésions ces dernières années doivent se confirmer et s’amplifier, afin de construire un outil syndical ayant les moyens d’impliquer le plus grand nombre de personnels pour mener les combats qui s’imposent. 

Enfin, au-delà de notre secteur professionnel, SUD éducation soutient pleinement la perspective de construction d’une grève interprofessionnelle proposée par Solidaires à l’intersyndicale nationale interprofessionnelle, en octobre, et œuvrera à son ancrage dans le secteur de l’éducation, de l’enseignement supérieur et de la recherche. 

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