13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 18:27

SUD éducation appelle à participer aux marches des fiertés

Les LGBTIphobies sont bien présentes dans les écoles et les établissements scolaires. Si les élèves en sont les premières victimes, cette question concerne aussi les personnels qui peuvent être victimes de ces actes LGBTIphobes. L’éducation nationale est un lieu parmi d’autres d’expression des discriminations et notamment des LGBTI-phobies : injures, harcèlements, mépris affiché, « outings » forcés. SUD éducation est au côté des personnels LGBTI de l’Éducation nationale, pour lutter contre toutes les formes de discrimination LGBTIphobe et hétérosexiste, et appelle à participer aux marches des fiertés, contre la haine, pour les droits LGBTI et l’épanouissement de tou-te-s !

Les manifestations des LGBTIphobies sont multiples : menaces, agressions physiques et sexuelles, viol, dégradation de biens, licenciement, insultes, rejet et ignorance, moqueries, brimades, incitations à la haine, dénigrements et préjugés véhiculés sur les personnes LGBTI, diffamation, discrimination, harcèlement, outing.

Le 17 mai, le ministère de l’éducation nationale devait publier le « vademecum » concernant l’accueil des élèves trans à l’école. Ce document n’est toujours pas publié. Il est plus que temps de relancer et impulser une véritable campagne de lutte contre les discriminations dont sont victimes les personnes LGBTI+ pour la prochaine rentrée scolaire.

La crise du Covid-19 a aggravé la situation, comme en atteste le dernier rapport de SOS homophobie. Les jeunes LGBTI+ contraint-e-s de se confiner dans des milieux familiaux hostiles, se sont retrouvé-e-s surexposé-e-s à des violences, les élèves ont été confronté-e-s au manque de moyens en termes de santé et d’accompagnement. Les infirmier-ère-s et les psyÉN sont bien trop peu nombreuses et nombreux; En tant que personnel éducatif féministe, antipatriarcal, nous avons une responsabilité particulière pour protéger et accompagner ces enfants et soutenir les collègues LGBTI. Montrons notre solidarité à l'occasion des marches des fiertés !

SUD éducation appelle à se mobiliser durant les marches des fiertés LGBTI+ qui vont se dérouler de mai à la rentrée 2021.

Pour lutter contre les LGBQTIphobies à l’école, du primaire à l’université, SUD éducation revendique :

La ré-intégration du concept de genre dans les textes officiels et sa prise en compte dans des programmes élaborés par la communauté éducative, dans les enseignements et dans les projets.

L’effectivité des séances d’éducation à la sexualité prévues dans les textes officiels et la prise en compte dans ces séances d’une perspective non hétérocentrée, qui mettent sur un pied d’égalité toutes les orientations sexuelles et toutes les identités de genre.

La mise en place de dispositifs permettant aux élèves de réfléchir aux discriminations et de déconstruire les stéréotypes.

Le respect du prénom et du pronom d’usage pour les élèves et personnels trans.

Une formation initiale et continue sur les problématiques de genre pour toutes les autres catégories de personnel.

L’obligation pour l’administration de soutenir, aider et défendre tous les membres de la communauté éducative qui, du fait de leur identité de genre, subiraient diverses formes de brimades, de harcèlement ou de discriminations, d’où qu’elles viennent (élèves, administration, collègues, parents). L’administration doit accompagner ces membres dans leurs démarches, y compris dans le cadre d’un changement de genre et/ou d’identité, en veillant à leur assurer un environnement sécurisé pour qu’ils puissent effectuer leur parcours sans être mis en danger dans leur milieu éducatif et professionnel.

Dates et lieux Marches des Fiertés 2021

à venir

Rennes, 5 juin

Lyon, 12 juin à 12h, Place Bellecour

Strasbourg, 12 juin à 14h, place de la République

Nantes 12 juin

Arras, 12 juin

Lille, 13 juin à 14h Place de la République

Clermont-Ferrand, 19 juin à 14h, Place de Jaude

Metz 19 juin

Amien, 19 juin Léon Gontier

Arles, 19 juin, 15h Place de la République

Paris, Marche des Fiertés Antiraciste et Anticapitaliste radicale, 20 juin

Paris, 26 juin - Marche des Fiertés (officielle)

Toulouse, 26 juin, 19h Place de Belfort, Queer Pride

Marseille, 3 juillet à 15h, palais Longchamp

Reims 3 juillet à 14h30, square de la gare

Annecy 17 juillet

Genève du 9 au 12 septembre

Bordeaux 12 septembre

Biarritz, 25 septembre

Montpellier, 24 et/ou 25 septembre

Grenoble, 25 septembre

Anger, 25 septembre

Toulon, 25 septembre

Toulouse, 9 octobre Marche des Fiertés (officielle)

(Ont déjà eu lieu : Orléans, 15 mai / Besançon, 15 mai / Tours 15 mai → Annulée suite menace extrême droite ! / Montpellier, 15 mai / Saint Denis de la Réunion, 16 mai / Nice, 16 mai / Amiens, 17 mai / Perpignan 17 mai / Ajaccio 17 mai / Bordeaux 17 mai / Saint Etienne 17 mai / Cayenne 17 mai → reportée / La Rochelle, 22 mai / Rouen, 22 mai / Poitiers, 22 mai)

Voir les rdv mis à jour sur https://solidaires.org/Deconfinons-nos-fiertes

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13 juin 2021 7 13 /06 /juin /2021 18:23

Depuis 2020, le ministère de l’Education nationale prépare une vaste réforme de la formation des enseignant-e-s ainsi que des concours. Les deux objectifs affichés sont de rendre cette formation plus professionnalisante pour mieux préparer les aspirant-e-s enseignant-e-s à leur futur métier mais aussi de renforcer l’attractivité de cette profession.

Force est de constater que ce qui est prévu risque de manquer ces deux cibles tout en dégradant fortement les conditions de la formation par la contractualisation et la diminution drastique des rémunérations. Le véritable but recherché semble au contraire de faire des économies.

Alors que :

→ l’ensemble des organisations syndicales, tous personnels confondus, ont fait part de leur opposition à cette réforme lors des réunions de comité de suivi avec le ministère, dans des publications locales ou nationales,

→ les collègues des Inspé se sont mobilisé-es au sein des universités, dans la presse, ou encore lors d’une journée de grève nationale le 11 mars dernier

→ le ministère n’a eu de cesse d’avancer toujours plus vite dans le calendrier de cette réforme pour qu’elle soit appliquée dès la rentrée 2021.

Le ministère affiche une mise en scène de dialogue alors qu’il se montre sourd à toutes les revendications des organisations syndicales. Aujourd’hui, de nombreuses zones d’ombres subsistent quant à l’application de cette réforme et promettent une rentrée 2021 des plus chaotiques.

SUD éducation vous explique les points phares de cette réforme et pourquoi elle doit être combattue.

Session de concours 2021

Si vous passez un concours du 2d degré

Vous serez fonctionnaire stagiaire en 2021-2022

Procédures d’affectations inchangées, à retrouver dans la circulaire ici :

https://www.education.gouv.fr/affectation-des-laureats-des-concours-du-second-degre-sial-9743

Titulaires d’un M1, vous devrez vous inscrire en M2 (Meef ou non)

Titulaire d’un M2, vous bénéficierez d’un parcours de formation dit “adapté” mis en place dans les Inspé (parcours différents selon les Inspé)

Si vous passez un concours du 1er degré:

Vous serez fonctionnaire stagiaire en 2021-2022

Les procédures d’affectation restent inchangées: après la proclamation des résultats du CRPE, et selon les départements, vous serez contacté-e par les services des DSDEN pour émettre des voeux sur les postes réservés aux stagiaires dans le département

Titulaire d’un M1, vous devrez vous inscrire en M2 (Meef ou non)

Titulaire d’un M2, vous bénéficierez d’un parcours de formation dit “adapté” mis en place dans les Inspé (parcours différents selon les Inspé)

Si vous avez passé le concours en 2021 mais que vous n’êtes pas lauréat-e:

Il vous faudra valider votre Master (Meef ou non)

Si vous êtes étudiant-e en master 2 Meef, on pourra vous proposer un contrat d’alternance (voir plus loin 2b) et passer le nouveau concours de la session 2022 (voir plus loin 2a)

Analyse de SUD éducation:

La concomitance de l’ancienne formation (déjà composée de deux parcours) et de la nouvelle à la rentrée 2021, ajoutée au manque d’anticipation du ministère quant aux contenus des formations risque de rendre la rentrée très compliquée notamment dans les Inspé.

Ce qui change à compter de 2022

Concours en fin de M2 (Meef ou non)

À compter de 2022, les concours externes d'enseignement ne seront accessibles qu’aux étudiant-e-s inscrit-e-s en M2 (Meef ou non) ou aux personnes déjà titulaires d’un M2.

Les épreuves du concours vont également changer avec une évolution majeure : l’introduction dans tous les concours d’un entretien de motivation destiné à vérifier la capacité du candidat à “s’approprier les valeurs de la République [et] à faire connaître et faire partager ces valeurs”. Cet entretien reprend l’idée de l’épreuve introduite durant le quinquennat Sarkozy Agir en fonctionnaire de l’État, éthique et responsable.

Analyse de SUD éducation:

Le ministère de l’Education nationale invoque un meilleur “étalement” du processus de formation et d’entrée dans le métier pour les futur-es enseignant-es en séparant la préparation du concours et diplôme (en M2) de la formation initiale et titularisation (après le M2).

Pour SUD éducation, s’il s’agit effectivement d’un étalement, il n’en reste pas moins que la dernière année du master MEEF n’est pas allégée pour autant : l’année de M2 sera particulièrement éprouvante pour toutes et tous : alternance en responsabilité de classe, validation du master Meef, obtention du concours… alors, toujours attractif ce master MEEF?

Nous percevons également le désengagement de l’État quant à la formation de ses futur-e-s agent-e-s. Le coût du master Meef revient dans sa totalité aux inscrit-es qui devront continuer à se payer leur sécu, leur logement, les frais universitaires… La belle économie!

Par ailleurs, concernant le contenu des épreuves, le nouvel oral de motivation pourrait ressembler à un entretien d’embauche visant à contrôler la future loyauté des enseignant-e-s envers l’institution. Cela signifie que l’une des épreuves contrôlant la maîtrise de contenus disciplinaires et pédagogiques disparaîtra au profit de cette nouvelle épreuve. Le ministère fait donc d’une pierre deux coups: prévenir toute velléité de résistance aux injonctions de l’institution et affaiblir l’aspect disciplinaire des concours.

Réforme du master Meef

Le contenu du master Meef a été revu depuis l’arrêté modificatif du 24 juillet 2020.

Demeurent au programme:

Un minimum de 800 heures de formation

Une alternance de contenus disciplinaires (savoirs dits “fondamentaux” pour le 1er degré), du temps consacré à la “polyvalence”, la pédagogie générale, l’évaluation, la “gestion de classe”...

Au moins 15% du temps de formation consacré à la recherche

NB de SUD éducation :

Chaque Inspé fixe le contenu de la formation du Master Meef, à partir de ces grands principes généraux.

La nouveauté actée depuis 2020 réside dans la mise en place d’un volet plus "professionnalisant" de la formation.

En effet, 18 semaines de stage dits “SOPA”, (stages d’observation et de pratique accompagnée) dans les établissements scolaires, et ce dès l’année de M1.

Ces 18 semaines de stage ne seront pas réalisées si vous avez accès à un contrat d’alternant-e (voir ci-après).

Analyse de SUD éducation:

Malgré les alertes lancées depuis des mois par les enseignant-e-s des Inspé en charge du master Meef, le ministère s’entête sur une organisation qui fait toujours débat au sein des équipes universitaires :

- 800 heures de formation avec un cadrage qui reste flou en termes de contenus

- 33% des enseignant-es du master MEEF seront des enseignant-es exerçant par ailleurs en établissements scolaires

- Mise en place d’outils d’évaluation qui mettront en concurrence les INSPE

- Reprise en main par le ministère concernant la nomination des directeurs-trices d’INSPE au détriment de l’université

Le parcours d’alternant-e en master Meef

Autre nouveauté : l’alternance (qui n’est pas obligatoire).

Vous serez étudiant-e, en CDD d’1 an payé 722€ net/mois, employé-e par le rectorat en tiers temps, (6h à 12h/semaine dans le 1er degré, 6h à 9h/semaine dans le 2d degré).

Vous prendrez complètement en charge une/des classes (1 dans le 1er degré, 2 ou 3 dans le 2nd degré) et votre service sera :

1- soit en continu pendant une année scolaire en M1 ou M2

2- soit en différentes périodes étalées sur plusieurs semestres du M1 et M2 (S2-S3 ou S3-S4)

3- soit vous commencez en périodes et terminez en continu.

Un-e tuteur-trice Inspé et un-e tuteur-trice de terrain évalueront votre stage en alternance.

Si vous démissionnez → vous ferez un stage ou signerez un nouveau CDD d’alternance jusqu’à atteindre les 18 semaines d’expérience professionnelle nécessaires à la validation du master Meef.

Analyse de SUD éducation:

Les étudiant-e-s alternant-e-s auront des années de master très chargées en devant jongler entre la formation Inspé, la préparation au concours, leur travail avec les classes, tout cela avec une rémunération bien moindre que celle des fonctionnaires stagiaires actuel-le-s ! Ils et elles seront en responsabilité devant des classes sans avoir passé de concours, parfois après seulement 6 mois de formation !

De plus, la pression est énorme, car la validation de ces stages est nécessaire pour valider le master et ne pas perdre le bénéfice du concours (obligation d’avoir un master pour être stagiaire). Les étudiant-e-s ayant validé/obtenu le concours ou master ou le stage mais pas le reste seront naturellement encouragé-es à devenir contratuel-le-s.

SUD éducation dénonce cette nouvelle forme d’alternance comprise dans la réforme de la formation et du recrutement des futur-e-s enseignant-e-s.

Année de fonctionnaire stagiaire post-M2

L’année scolaire 2021-2022 sera la dernière année constituée d’enseignant-es fonctionnaires stagiaires ET étudiant-es avec la formule mi-temps en classe, mi-temps en formation (M2 Meef ou parcours adaptés pour celles-ceux qui ont déjà validé un M2).

A compter de la rentrée 2022-2023, l’année de fonctionnaires stagiaires sera donc réservée aux titulaires d’un M2 (Meef ou non) ET lauréat-es d’un concours d’enseignement.

Le ministère considère désormais que la formation initiale sera “adaptée et personnalisée” durant cette année-là:

Titulaires d’un Master Meef avec contrat d’étudiant-e alternant-e, vous serez à temps-plein en responsabilité de classe, avec un “tutorat adapté”

Titulaires d’un Master Meef sans contrat d’étudiant-e alternant-e, vous serez également à temps-plein en classe, mais avec des décharges de service pour suivre des formations (quotité non précisée à ce jour)

Titulaires d’un autre Master, vous serez à mi-temps en classe et à mi-temps en formation

Le ministère précise que les temps de formation seront pilotés et organisés par les Inspé.

Analyse de SUD éducation:

A ce jour, de nombreuses zones d’ombres demeurent sur cette année “post-M2 et concours” :

Quelle gratification indemnitaire pour les fonctionnaires stagiaires qui auront été étudiant-es alternant-es en Master ?

Comment seront valorisés les parcours antérieurs: PPPE, Pré-pro AED ?

Quel et qui organisera le suivi des fonctionnaires stagiaires?

Quelles seront les conditions de titularisation?

La précipitation du ministère qui refuse d’écouter les revendications et les alertes remontées par les organisations syndicales, le milieu universitaire, les enseignant-es des Inspé risque, une fois de plus de mettre à mal cette énième réforme de la formation des enseignant-es!

Désorganisation et précarisation de l’entrée dans le métier sont devenus les maîtres mots de ce qui se prépare aujourd’hui pour nos futur-es collègues de demain...

Autres parcours

Nouveauté 2021: Le PPPE

Un dispositif sera créé dès la rentrée 2021 pour pré-professionnaliser les étudiant-e-s et les préparer à devenir professeurs des écoles : le PPPE (Parcours Préparatoire au Professorat des Écoles).

Il s'agira d'une classe préparatoire d'une durée de 3 ans dans laquelle les étudiant-e-s alterneront cours au lycée et à l'université. Le PPPE sera adossé à une licence (ex : mathématiques, lettres, sciences de l’éducation…)

Les étudiant-e-s suivront surtout des cours de disciplines scolaires au lycée et des cours d’approfondissement et d’initiation à la recherche dans la matière de leur licence à l’université. Ils et elles effectueront aussi quelques stages en école.

Analyse de SUD éducation:

Le ministère lance ce parcours dans le but d’améliorer l’attractivité du métier de professeur des écoles et d’amener un public modeste à se préparer de façon exigeante au CRPE. Cependant, le PPPE ne concernera que 1000 étudiant-e-s (24 classes de 30 à 40 élèves sur toute la France) à la rentrée 2021, quelques centaines de plus pour les rentrées suivantes, ce qui représentera au maximum 15% des lauréat-e-s chaque année au concours du CRPE. On voit ainsi mal comment le PPPE parviendrait, seul, à inciter massivement des jeunes à se tourner vers l’enseignement. En outre, on peut se demander s’il n’était pas possible de créer un parcours similaire à l’université dans le cadre d’une licence pluridisciplinaire.

Nous nous interrogeons par ailleurs sur les moyens qui seront attribués aux lycées mettant en place ces dispositifs PPPE et sur le fait que par ce nouveau “parcours”, certains-es futur-es collègues auront eu moins accès à l’université que les autres.

Si le PPPE s’avère être une formation de qualité, cela engendrera des inégalités avec celles et ceux qui suivront “simplement” une licence à l’université.

Maintien du dispositif de prépro AED

Depuis la rentrée 2019, il est désormais possible de devenir enseignant-e dès la seconde année de licence et ce jusqu’à la première année de master. Des contrats précaires pour étudiant-e-s mais pour le ministère, une aubaine d’avoir des « enseignant-e-s » sous-payé-es (services de 8h par semaine en école ou en collège) :

- 700€ nets/mois en L2

- 963€ nets/mois en L3

- 980€ nets/mois en M1

(Ces rémunérations peuvent être cumulées avec les montants de la bourse d’étude sur critères sociaux)

Les étudiant-e-s AED en prépo se verront attribuer de plus en plus de tâches :

En L2: observation interventions ponctuelles, aide aux devoirs

En L3: participation à l’AP et l’APC ainsi que des interventions plus fréquentes

En M1: service d’enseignement en responsabilité de 6h ou interventions sur des séquences pédagogiques complètes

Analyse de SUD éducation:

Ces contrats pour étudiant-es sont une aubaine d’avoir des « enseignant-e-s » sous-payé-es (services de 8h par semaine en école ou en collège). Par ailleurs, à compter de la rentrée 2021, les étudiant-es en M1 seront en responsabilité de classe ce qui sous-entend, notamment pour le second degré: une ponction sur les DHG pour permettre la mise en œuvre de ces contrats, une désorganisation pour les équipes enseignantes en place. Pour SUD éducation, les étudiant-es ne doivent pas devenir des enseignant-es sous-payé-e-s et sous-formé-e-s ! Ils et elles ne doivent pas devenir une variable d’ajustement supplémentaire pour pallier les manques de postes statutaires.

Les revendications de SUD éducation

Cette réforme, accompagnée de divers dispositifs de parcours de formation, précarisera encore davantage les étudiant-e-s et ouvrira la porte à une contractualisation massive de la profession. De surcroît, elle n’est pas plus professionnalisante et risque de détourner encore davantage d’étudiant-e-s du métier d’enseignant-e et du Master MEEF, rendu difficile à suivre, en particulier.

C’est pourquoi SUD éducation demande le retrait de cette réforme, problématique sur le fond comme sur la manière de la mettre en place.

SUD éducation revendique, en lieu et place de cette contre-réforme, une véritable formation exigeante et rémunérée permettant la mise en œuvre d’un service public de l’éducation digne de ce nom. Notre jeunesse et la société méritent qu’on y consacre des moyens.

Cela passerait par :

Pour le recrutement :

Le retour à un concours de recrutement à Bac+3 (niveau licence), suivi de 2 années de formation rémunérées et validées par l’attribution d’un Master pour toutes et tous les professeur-e s.

Pour l’année de stage ( à partir de bac + 3) :

Un allègement de service : pas plus d’un tiers du temps de service devant les classes

Une formation renforcée sur le temps de service, assurée par des formateurs-trices pour tou-te s les stagiaires

Une formation de qualité avec une décharge de service pour les tuteurs et les tutrices

Un dispositif particulier pour soutenir ceux/celles qui sont en difficulté

Une formation aux pédagogies coopératives ou alternatives (Freinet, pédagogie nouvelle, pédagogie institutionnelle, GFEN, etc) pendant la formation initiale

Une formation sur les thématiques de l’égalité filles-garçons, de lutte contre les LGBTIphobies, de lutte contre le racisme et la xénophobie

Une réelle formation à l’inclusion des élèves en situation de handicap

Une harmonisation des procédures de titularisation dans toutes les académies, garantissant l’équité et les droits des stagiaires avec un contrôle paritaire lors des étapes de titularisation.

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 17:03

 

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11 juin 2021 5 11 /06 /juin /2021 17:01
2021 - 06 - 11 Declaration-CTMESR_FO-FercSup-Sud_Non-au-RIPEC-page-001.jpg
Non à la mise en place du RIPEC, le nouveau système de primes pour les enseignants-chercheurs et les chercheurs
Non au mépris des syndicats par le ministère  - déclaration au CTMESR du 10 juin 2021


Dans le cadre de la LPR et du protocole d’accord sur les rémunérations et les carrières, le ministère prépare une réforme pour mettre en place un régime indemnitaire des personnels enseignants et chercheurs (RIPEC) à destination des enseignants-chercheurs, des enseignantes-chercheuses, des chercheurs et des chercheuses, nouveau système de primes qui remplacerait l’essentiel des primes ou indemnités existantes à partir de l’an prochain.

Ce projet, dont on ne connaîtra pas la réalité des chiffres avant l’automne, veut mettre en place un régime similaire à celui qui a été mis en place pour les personnels techniques, administratifs et de bibliothèque des établissements d’enseignement supérieur et de recherche, à savoir le RIFSEEP.

Le système repose sur l’instauration de trois composantes (ou blocs) : une indemnité de base liée au grade, une indemnité variable liée aux fonctions et une prime non automatique liée à « la qualité des activités et à l’engagement professionnel ». La deuxième composante, l’indemnité liée aux fonctions, est décidée par le chef d’établissement. Il s’agit d’individualiser, en transformant les primes actuelles en indemnités variables

Enfin, concernant la troisième composante, la prime individuelle, elle remplace la PEDR en allant encore plus dans la logique de prime au mérite. Pour les enseignants-chercheurs et enseignantes chercheuses, c’est un moyen d’imposer le suivi de carrière et d’affaiblir encore le rôle du CNU.

Alors que le traitement indiciaire continue d’être bloqué, ce projet participe de la politique d’individualisation de la rémunération du gouvernement par l’augmentation de la part variable, liée aux fonctions et au toujours discutable « mérite », contre la logique de carrière, menaçant ainsi l’indépendance des enseignants-chercheurs, des enseignantes-chercheuses, des chercheurs et des chercheuses.

Par ailleurs, une décision du conseil d’État a confirmé que le ministère ne pouvait choisir les interlocuteurs syndicaux avec lesquels il discute sur les questions de rémunérations. Concernant cet important projet de réforme du régime indemnitaire, il n’était prévu au départ aucune réunion préparatoire avant son passage pour avis devant le comité technique le 7 juin. Ce projet ayant été envoyé aux organisations syndicales représentées au CTMESR dans la nuit du 30 au 31 mai, soit quelques minutes avant le délai réglementaire de communication des documents, cette situation a
été dénoncée au CTMESR du 1er juin.

Lors de cette séance, le représentant du ministère a tout d’abord refusé de soumettre au vote un avis demandant que le comité technique soit repoussé et que les organisations syndicales représentatives soient convoquées pour négociation préalable. Une interruption de séance a alors été demandée par les représentants du personnel, à l’issu de laquelle ils ont unanimement demandé que le CTMESR du 7 juin soit reporté pour permettre des réunions de concertations et la rédaction d’éventuels amendements.

Sous la pression, le ministère a alors annoncé le report au 10 juin du CTMESR sur le RIPEC ainsi que la tenue d’une réunion de concertation sur le RIPEC le 3 juin.

Les organisations soussignées se félicitent de ce résultat mais ne peuvent que condamner la dérive de notre ministère qui ignore toute revendication venue des représentants des personnels et ne garde pour l’essentiel que la simple apparence formelle de dialogue dans ses relations avec les syndicats.

Les organisations soussignées alertent tout le personnel, dont les enseignants-chercheurs, enseignantes-chercheuses, chercheurs et chercheuses : cette volonté de passer en force est particulièrement dangereuse concernant ce projet de RIPEC.

Les organisations soussignées demandent au ministère de renoncer à ce projet et d’ouvrir de réelles négociations sur les rémunérations.

FO ESR, FERC CGT, SUD Education, SUD Recherche-EPST
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9 juin 2021 3 09 /06 /juin /2021 13:09

La direction de l’évaluation de la prospective et de la performance a rendu deux notes portant sur les choix des spécialités des élèves en série générale. Les conclusions sont sans appel : le choix des spécialités ne diminue pas les inégalités dans la filière générale, voire les renforce. Si les élèves choisissent majoritairement en Terminale la doublette « physique-chimie et mathématiques », la note précise qu’on observe dans cette doublette une « surreprésentation d’élèves d’origine sociale très favorisée ». La place des mathématiques est hautement représentative de ces inégalités : cette matière est conservée en enseignement de spécialité ou choisie en enseignement optionnel (« mathématiques expertes ») surtout par des élèves « d’origine sociale très favorisée ».

Loin d’observer une variété de parcours et une liberté de choix tant vantée par le ministère, la réalité de terrain pointe plutôt un conformisme au profit des élèves d’origine sociale très favorisée.

Comme SUD éducation le dénonçait avant même la mise en place de la réforme, cette prétendue liberté de choix se fait au détriment des élèves n’ayant pas accès à l’information nécessaire pour un choix d’orientation ‘’payant’’ dans leur entourage. Cela montre de nouveau le caractère néfaste et inégalitaire de cette réforme du tri social.

SUD éducation revendique toujours l’abrogation de la réforme des lycées, du bac et de parcoursup.

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 07:53

Alençon

Manifestation pour les libertés et contre les idées d'extrême-droite

samedi 12 juin à 11h

Rassemblement devant la préfecture puis cortège

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 07:49
Tract de SUD éducation

Le contexte politique est extrêmement préoccupant. L’extrême-droite est au plus haut dans les sondages. Le gouvernement mène une politique réactionnaire, xénophobe et liberticide (loi sécurité globale, loi séparatisme). Les tribunes publiées par des militaires laissent planer une ambiance de menace sur la démocratie. Les manifestations de policier-e-s mettant en cause la justice, avec le soutien du ministre de l’intérieur et de responsables politiques, sont inquiétantes en termes de séparation des pouvoirs. Les interdictions de manifester se multiplient. Face à cette situation, il est urgent d’organiser une riposte massive, dans l’unité des organisations.

Et dans l’éducation ?

Dans notre secteur également, l’autoritarisme et la réaction sont à l’œuvre. Jean-Michel Blanquer ne cache pas sa proximité avec les franges les plus réactionnaires du monde éducatif, comme SOS éducation. Nathalie Elimas, secrétaire d’État à l’éducation prioritaire, a fait partie des soutiens à la Manif pour tous. Au-delà des affiliations, Blanquer mène une politique autoritaire et réactionnaire. Il multiplie les sorties islamophobes et sexistes. Dans l’enseignement supérieur, la ministre Vidal s’est lancée dans une chasse aux sorcières pour intimider les enseignant-e-s et chercheur-s militant-e-s, notamment des luttes antiracistes. Les raisons pour les personnels de l’Éducation de se mobiliser le 12 juin ne manquent donc pas. Mais au-delà des agissements de nos ministres, le rôle des personnels de l’Éducation, qui oeuvrent au quotidien pour l’émancipation des élèves, est bien de lutter contre l’extrême-droite, l’obscurantisme et l’intolérance. Toutes et tous ensemble, personnels de l’Éducation, mobilisons-nous le 12 juin !

Le 12 juin, les personnels de l’Éducation seront dans la rue !

SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à participer massivement aux marches des libertés organisées sur tout le territoire.

Retrouvez les rdv sur www.marchedeslibertes.fr

 

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 07:44

 

 

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 07:41
Fiche analyse – Grenelle de l’éducation

Le 26 mai dernier, le ministre Blanquer annonçait en grandes pompes les conclusions de son “Grenelle de l’Éducation”. Les mesures annoncées ont vocation à être mises en œuvre au plus tard en janvier 2022. SUD fait le point sur les mesures annoncées.

Revalorisation salariale

Le ministère prétend que ce sont 700 millions d’euros qui seront consacrés à revaloriser les salaires des métiers dans l’Éducation nationale. Mais il s’agit en réalité d’un montant bien inférieur.

100 millions d’euros ne serviront que d’écriture comptable : ils serviront à financer sur une année pleine le dispositif de la prime d’attractivité réservé aux personnels enseignants entre les échelons 2 et 7 de la classe normale.

200 millions d’euros seront effectivement mis au budget de l’Éducation nationale, mais dans le cadre d’un financement de la protection sociale complémentaire des personnels de toute la fonction publique. Si à terme il s’agit, ministère par ministère, de négocier des contrats de prestation sociale complémentaire (mutuelles) payées à 50% par l’employeur, dans un premier temps le dispositif prévoit le versement forfaitaire de 10 à 15 euros mensuels aux agent-e-s à compter de janvier 2022.

SUD formule à cet égard ses revendications :

  • une adhésion obligatoire la plus large possible, pour une prise en charge solidaire;

  • un panier de soin de haut niveau pour toutes et tous, pas en fonction du niveau de revenu ;

  • une couverture élargie aux contractuel-le-s en recherche d’emplois, et les retraité-e-s ;

  • une participation du ministère au-delà du seul panier de soins prévu par la Sécurité sociale ;

  • une inclusion de la prévoyance ;

  • des candidatures réservées aux mutuelles et non les grands groupes assurantiels détenus par des fonds d’investissement.

Lire le tract de SUD sur la protection sociale complémentaire

Ce chantier est suivi de près par SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires qui participe aux négociations à l’échelle de la fonction publique sur ce sujet.

400 millions d’euros seulement seront consacrés à de nouvelles mesures qui ne seraient cette fois pas uniquement réservées aux personnels enseignants. Rapporté aux près de 1,2 millions de personnels, cela revient à un effort moyen d’un peu moins de 28 euros bruts mensuel par agent-e. On est bien loin d’une revalorisation significative du salaire des personnels.

À ce stade, aucune mesure concrète n’est annoncée. Ce qui est certain, c’est qu’il s’agit une nouvelle fois de mesures indemnitaires et de primes, sans doute systématiquement réservées à des catégories de personnels : aucune revalorisation globale n’est engagée.

Les dangers des primes

Les primes c’est du pouvoir d’achat, mais pas du salaire

Quelle  est  la  différence  ?  Le  traitement   brut   fait   l’objet   d’un   certain   nombre   de   prélèvements   destinés   à   financer  les  différentes  caisses  de  sécurité  sociale  :  c’est  que  l’on  appelle  les « cotisations sociales ». Elles nous permettent de bénéficier du paiement des jours de congés, de la retraite et de l’assurance-chômage   (c’est-à-dire   des   différentes  branches  de  la  protection  sociale). À  l’inverse,  les  primes  et  indemnités  sont  moins  sujettes  à  cotisations.  Les  augmenter est évidemment moins cher pour  l’employeur  que  d’augmenter  les  indices. On ne peut donc s’en contenter, car cela ne se répercute pas sur nos droits  en  termes  de  protection  sociale.  

Les primes et indemnités visent à faire accepter une surcharge de travail

De  plus,  les  primes  et  indemnités  diverses  servent  souvent  à  faire  accepter  une  charge  de  travail  accrue  ou  des  conditions de travail dégradées. Dans l’éducation nationale, les heures supplémentaires ont par exemple en partie cette fonction. Présentées par le ministre comme une hausse de la rémunération, elles visent surtout à rendre acceptable une dégradation des conditions de travail et les suppressions de poste.

Les primes et indemnités augmentent les inégalités entre les personnels, en particulier les inégalités femmes/hommes

Les primes et indemnités ne sont pas versées de manière uniforme à tous les personnels : elles dépendent parfois du temps de service, des heures supplémentaires, des tâches et responsabilités supplémentaires… Il ne faut pas oublier dans ce contexte que 23% des femmes sont à temps partiel dans l’Éducation nationale (féminisée à 72%) contre seulement 6% des hommes. Les hommes prennent en charge une quantité plus importante d’heures supplémentaires (en moyenne 1,8 pour les hommes et 1,4 pour les femmes dans l’enseignement), et ont en conséquence une rémunération supérieure, tandis que les femmes prennent en charge de nombreuses tâches domestiques.

Les primes et indemnités ne sont donc pas un outil qui tend vers l’égalité salariale femmes/hommes, mais bien souvent ont pour conséquence une augmentation de ces inégalités.

Il faut augmenter les salaires !

Pour  SUD  éducation,  même  s’il  ne  s’agit  pas  de  cracher  sur  des  primes  et indemnités  dans  une  période  de  paupérisation  des  personnels  de  l’Éducation  nationale,  la  revendication  doit  être claire : augmenter les salaires !

En matière de salaires, SUD revendique notamment :

un salaire minimum porté immédiatement à 1700 euros nets pour tous les personnels ;  l’indexation  des  salaires  sur  l’inflation  pour  garantir  le  maintien  du  niveau  de  vie  des  personnels  en  activité  et à la retraite;

l’intégration  des  primes  et  indemnités  générales  aux  salaires,  et  la  compensation  des  tâches  supplémentaires  et  des  conditions  difficiles  par  des  réductions des services.

À plus long terme, SUD revendique des augmentations de salaires d’autant plus forte que le salaire est bas, afin de tendre vers l’égalité salariale : notre projet syndical de transformation sociale est la redistribution au plus juste des richesses.

https://www.sudeducation.org/tracts/brochure-speciale-salaires-battons-nous-pour-nos-salaires-en-greve-le-26-janvier/ → Brochure salaires 

Atteinte aux statuts des personnels

Sous couvert d’assurer une “continuité pédagogique efficace”, le ministre tente de ressortir du placard les remplacements de Robien en interne à l’établissement effectués en heures supplémentaires. Inefficace et massivement boudé par les personnels, le dispositif n’est que très peu appliqué. Le ministère envisage de confier une partie des remplacements à des AED, ou via des cours en ligne.

SUD éducation s’opposera frontalement à de telles mesures qui remettent en cause le travail pédagogique des personnels et appelle les personnels à y résister collectivement : ce sont des personnels titulaires remplaçants qu’il faut, pas des cours en lignes standardisés.

Pêche aux chef-f-e-s

La mesure 2 consiste essentiellement à fusionner la direction générale des ressources humaines du ministère avec les services liés à la gestion des personnels d’encadrement. Concrètement, la traduction sur le terrain de cette mesure consistera à lancer des campagnes pour essayer de convaincre les personnels d’accepter de prendre des responsabilités hiérarchiques. Pour SUD éducation, cette mesure montre que le ministère ne comprend pas que la crise que traverse le ministère de l’Éducation nationale est avant tout dû à l’autonomie sans cesse accrue de la hiérarchie, en parallèle la dépossession des personnels de terrain de leur organisation du travail.

Pour SUD, il est au contraire nécessaire de recruter, titulariser, former davantage de personnels qui rendent effectivement le service au public, et leur laisser le temps de s’organiser. Cela passe pour les personnels enseignants et d’éducation par une réduction du temps face aux élèves.

Carrière

Le ministère indique entamer une réflexion sur les carrières. Il s’agit de favoriser la reprise d’ancienneté des nouvelles et nouveaux personnels et d’augmenter marginalement les taux de promotion à la hors-classe d’une part, et de favoriser les mobilités internes en termes de type d’emploi d’autre part. Cette annonce recouvre plusieurs aspects. Il s’agit ainsi notamment de requalifier la filière administrative et d’y favoriser les détachements, ainsi que les détachements interministériels. SUD sera cependant attentif au suivi de ces mesures, car l’intention affichée de faciliter les mobilités entre lycée professionnel et lycée général et technologique par exemple peut devenir un nouveau moyen pour le ministre de contourner les statuts des personnels.

Formation des personnels

Le volet “formation des personnels” est, au-delà des effets d’annonces, extrêmement pauvre. Il s’agit essentiellement de créer des “écoles académiques de la formation continue” qui auraient pour vocation de coordonner les différents dispositifs de formation professionnelle. Si le ministère indique vouloir enrichir le programme de la formation continue et pouvoir la rendre diplômante en partenariat avec les INSPÉ, aucune annonce concrète ne vient étayer cette ambition. Ainsi, le ministère demeure discret sur la possibilité d’utiliser son compte personnel de formation pour des formations librement choisies sur temps de service. De même, aucune mesure n’est prévue, par exemple pour faciliter l’obtention d’un permis de conduire pour les personnels affectés en zone rurale qui le souhaiteraient.

Resserrer l’étreinte sur les personnels enseignants

Derrière le vocabulaire managérial se dissimule une nouvelle fois l’obsession du ministre Blanquer pour le contrôle de l’activité des personnels. Il s’agit de créer de nouvelles hiérarchies intermédiaires chargées de suppléer les corps d’inspection dans les premier et second degrés. 

Dans le même temps, le ministre évoque carrément un “carré régalien” autour des recteurs et rectrices sur les “valeurs de la République, radicalisation, violences, harcèlement”. Il ne faut pas s’y tromper. Il ne s’agira pas de protéger les personnels des abus de la hiérarchie, des conditions de travail dégradées ou d’agressions dont ils seraient victimes mais bien pour le ministre d’imposer ses idéaux réactionnaires. Le récent exemple d’une enseignante convoquée pour port du masque arc-en-ciel en est à cet égard éloquent.

Pour SUD, nul besoin d’une nouvelle strate hiérarchique dans un ministère qui en compte déjà bien trop : ce qu’il faut, c’est du collectif, et donner les moyens aux personnels de travailler ensemble selon les modalités qu’ils estiment les plus adaptées aux situations de terrain.

Un faux comité d’entreprise

Les prestations sociales au ministère de l’Éducation nationale sont faibles et inadaptées. Le ministère, au lieu de mettre en œuvre un véritable comité des œuvres sociales qui organiserait la solidarité entre les agent-e-s, choisit de créer une association aux contours et l’administration flous, “Préau”. Cette association aura vocation à fournir des prestations à ses adhérent-e-s. Il semble que ces prestations seront essentiellement destinées à consommer.

L’association commencerait ses activités selon le calendrier suivant :

  • Septembre 2021 : ouverture des adhésions du personnel et des premières offres

  • Premier trimestre 2022 : premières adhésions d’associations d’action sociale

  • Mars-avril 2022 : désignation des représentants des adhérents

  • Mai 2022 : assemblée générale ordinaire

En revanche, rien de neuf n’est annoncé concernant l’action sociale à destination des personnels qui en ont besoin. Le ministère n’annonce aucune augmentation des prestations sociales ni de nouvelles prestations. Il se contente d’annoncer un meilleur recensement des mesures qui existent déjà, mais sont extrêmement faibles. En matière d’accès au logement, par exemple, les prestations sociales sont presqu’inexistantes.

Pour SUD, ce type de prestations doivent être du ressort des futurs comités sociaux d’administrations et mis en œuvre sous contrôle des organisations syndicales dans la plus grande transparence : ce sont les personnels, via leurs organisations qui doivent décider de ce qui est bon pour eux, pas le ministre.

https://www.sudeducation.org/fiche-analyse-grenelle-de-leducation/

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7 juin 2021 1 07 /06 /juin /2021 07:41
Lycée Blaise Pascal (63) : rassemblement le 16 juin devant le rectorat de Clermont-Ferrand pour dénoncer la répression anti-syndicale – Communiqué de SUD éducation

Le samedi 18 janvier avait lieu devant le lycée Blaise Pascal, à Clermont-Ferrand, un rassemblement contre les E3C, à l’appel des organisations syndicales, regroupant plus de 200 personnes. Les manifestant-e-s ont pu entrer dans l’établissement et faire des prises de paroles dans la cour, avec l’aval de la direction de l’établissement. Comme dans d’autres établissements par la suite, les E3C ont été annulées.

Cette mobilisation s’est déroulée dans le calme, dans le cadre du répertoire normal du mouvement social. Or, la réponse a été une répression anti-syndicale immédiate. Le ministre Blanquer a immédiatement appelé à la fermeté contre la mobilisation naissante contre les E3C. Quelques jours plus tard, des responsables syndicaux départementaux de SUD éducation, SNES-FSU, CGT éduc’action et UNEF, ainsi qu’un lycéen d’un autre établissement en lutte, étaient convoqué-e-s au commissariat suite à une plainte du rectorat. Par ailleurs, les responsables SNES-FSU, CGT éduc'action, ainsi qu’un responsable SN-FO-LC, ont reçu de la part du rectorat un courrier de “mise en garde”.

Ce 27 avril 2021, les syndicalistes convoqué-e-s au commissariat ont reçu une amende de 400 euros, ainsi qu’une inscription au casier judiciaire B2 pour "intrusion non autorisée dans l’enceinte d’un établissement d’enseignement scolaire dans le but de troubler la tranquillité ou le bon ordre de l’établissement".

Il s’agit donc d’une entreprise de répression anti-syndicale, sur le plan pénal, ce qui est inédit. La méthode du rectorat, qui consiste à cibler des responsables syndicaux identifiés, est claire : il s’agit d’attaquer les organisations syndicales elles-mêmes. Elle s’inscrit dans une série de répression contre des équipes mobilisées contre les E3C à Melle, Carcassonne, Dôle, Strasbourg ou Bordeaux.

Pour SUD éducation, la réponse doit être à la hauteur de l’enjeu. Un rassemblement est organisée par l’intersyndicale devant le rectorat de Clermont-Ferrand le 16 juin à 15h. 

SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à y participer, pour faire de ce rassemblement une mobilisation d’ampleur contre la répression anti-syndicale et la politique de Blanquer. 

SUD éducation appelle les personnels à écrire des motions de soutien (de réunions syndicales, de Conseils d’administration ou de Conseils d’école) et de diffuser sur les réseaux sociaux des messages de soutien.

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