Covid-19 et personnels de l’éducation : courrier intersyndical au ministre
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Covid-19 et personnels de l’éducation : courrier intersyndical au ministre
Communiqué de SUD éducation
https://www.sudeducation.org/Mepris-envers-les-enseignant-e-s-le-gouvernement-est-aux-fraises.html
Analyse de la loi 2020-290 du 23 mars 2020 d’urgence pour faire face à l’épidémie
Communiqué de SUD Éducation 61 le 27 mars 2020
Dans un contexte anxiogène, les membres du gouvernement multiplient les annonces contradictoires et précipitées, tant sur la nécessité du confinement suivi par une reprise du travail pour certains secteurs, que sur les mesures prises du jour pour le lendemain. BTP, Poste, marchés… pendant que les personnels soignants gèrent comme ils et elles peuvent, et ce au détriment de leur propre santé, une crise sanitaire accentuée par les mesures prises ces 30 dernières années contre l’hôpital public, auxquelles a largement contribué le gouvernement actuel( et les précédents), sourd aux appels lancés par le secteur des urgences en grève pendant un an). Les enseignant-es leur expriment leur solidarité, une solidarité qui, pour elles et eux, n’est pas un vain mot, mais se concrétise par des actes : en effet nous sommes nombreux-ses à nous êtes porté-es volontaires pour assurer la garde de leurs enfants.
Mais M. Blanquer n’est pas le dernier quant aux annonces tonitruantes. « Nation apprenante » (appréciez le terme) comme label d’émissions mises en ligne, appel systématique de toutes les familles une fois par semaine, prétendue continuité pédagogique via les outils numériques que tout le monde ne possède pas… Il ne pouvait visiblement en rester là. Après nous avoir précisé que la continuité pédagogique ce n’était pas les vacances, il nous explique qu’il sera peut-être question de retarder les vacances d’été. Il faut rappeler qu’en 2017 il parlait déjà de modifier le calendrier scolaire. M. Blanquer a montré ces derniers temps qu’il n’était pas à une incohérence près mais là ça touche à l’indécence. Passant d’un allongement de l’année scolaire le 14 mars, réfutant ses propres propos le 18 pour finalement dire qu’on serait fixé.es fin mars.
Pendant que les enseignant.es se démènent pour assurer un lien avec leurs élèves palliant en cela toute l’impréparation du ministère en ce domaine, pendant que ces mêmes enseignant-es se portent en masse volontaires pour garder les enfants des personnels soignants, au mépris de leur propre santé, le ministère se révélant incapable de leur fournir le moindre masque, le ministre les remercie en faisant planer au-dessus de leur tête la diminution d’un temps de repos qui sera plus que mérité. Déjà que les vacances de printemps se passeront en confinement, si on se réfère aux propos de ce même ministre qui prédit qu’il n’y aura pas de réouverture des écoles avant le 4 mai, il faudrait aussi se résigner à un allongement du temps de travail au mois de juillet. Nous devrions aller travailler dans des classes surchauffées, alors que les parents et leurs enfants eux-mêmes aspireront à une pause nécessaire ?
Il est plus que temps, M. le ministre, d’arrêter d’afficher votre mépris aux professionnel-les que vous administrez. Vos discours contradictoires et fluctuants ont pour seul effet de nous déstabiliser et de nous faire sentir ce dédain que vous avez pour nous. Il serait peut-être préférable que vous vous taisiez puisque de toutes façons, c’est nous qui réfléchissons, imaginons, concrétisons les moyens pour essayer de maintenir un lien pédagogique et relationnel avec nos élèves et leur famille. Nous n'avons d'ailleurs pas attendu vos "consignes" pour cela, agissant en fonctionnaires responsables malgré les outils défaillants (ENT et autres plateformes).
Puisqu’il est courant ces temps-ci d’utiliser un vocabulaire guerrier, nous ne sommes pas de « la chair à ministre ». Nous refusons que la situation actuelle soit un prétexte pour faire passer vos projets les plus funestes contre l’école publique.
Nous avons plus que jamais besoin de considération et de reconnaissance. Ne pas le faire serait vous exposer à une réaction à la hauteur de vos attaques.
Stop aux déplacements non-nécessaires dans l’Education nationale
Lettre de SUD éducation au ministre de l’Éducation nationale
vendredi 20 mars 2020
https://www.sudeducation.org/Stop-aux-deplacements-non-necessaires-dans-l-Education-nationale.html
Monsieur le ministre de l’Éducation nationale,
Depuis plusieurs jours, les recteurs et rectrices par le biais des DASEN et IEN demandent aux enseignant-e-s de se rendre régulièrement dans des écoles afin d’assurer des permanences et de rencontrer les parents d’élèves “éloigné-e-s de l’école et du numérique” pour leur fournir des documents papiers, voire même du matériel pédagogique en plastique dans certaines écoles maternelles. Certain-e-s chef-fe-s demandent même que les parents ramènent des documents remplis par les élèves afin d’être corrigés par les enseignant-e-s.
Ces injonctions non-réglementaires mettent en danger les enseignant-e-s tout comme les familles de nos élèves. Nous rappelons que des études montrent que ce virus pourrait rester présent de quelques heures à quelques jours sur les objets, selon le matériau. Nous ne pouvons avoir aucune certitude sur le fait que les documents rendus par les élèves ne sont pas contaminés et qu’ils et elles ont bien respecté les gestes barrière. Et de même, nous ne pouvons avoir aucune certitude sur le fait que les documents donnés aux élèves ne sont pas contaminés, alors-même que certain-e-s gardent les enfants de soignant-e-s parfois sur les mêmes lieux.
Les consignes du gouvernement ont pourtant été claires sur le fait que les personnels qui peuvent télé-travailler n’ont pas à se déplacer dans le cadre professionnel, et que la population doit éviter le plus possible tout déplacement. Les parents enfreignent d’ailleurs la réglementation car il n’y a pas de cas dérogatoire pour se rendre dans les écoles. De plus, certain-e-s DASEN, en totale opposition avec les annonces du ministre, éditent des attestations professionnelles afin que les enseignant-e-s puissent se rendre dans les écoles sans attestation sur l’honneur journalière.
Communiqué de la fédération SUD éducation
Lundi 16 mars suite à l’allocution du président de la République, le conseil des ministres a adopté le décret 2020-260 portant réglementation des déplacements dans le cadre de la lutte contre la propagation du virus COVID-19. Ce décret dit assez peu de choses, en dehors des restrictions de déplacements annoncées lors de l’allocution télévisée du chef de l’État.
En revanche, le gouvernement laisse les travailleur-euse-s sur leurs lieux de travail (article 1er) malgré le confinement, puisque les trajets domicile-travail font partie des exceptions au confinement. Alors que le gouvernement affiche une volonté de combattre la propagation du virus, il manifeste sa volonté de maintenir opérationnel l’appareil productif. Ce double discours ne peut que nous inquiéter, car les salarié-e-s qui se rendront sur leurs lieux de travail seront clairement exposé-e-s au risque de contamination et pourraient être un vecteur de contamination important. Cette exception est contraire à l’intérêt général de santé publique et donc des travailleurs-travailleuses. Le patronat va ainsi les exposer à des risques sanitaires au mépris du cadre légal fixé par le code du travail ainsi que la jurisprudence constante de la Cour de cassation qui rappelle que l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité de ses salarié-e-s sur leur lieu de travail, notamment en leur fournissant le matériel de protection nécessaire.
Dans l’éducation, nous sommes également concernés par les risques encourus et l’absence de volonté de la part du gouvernement de protéger les travailleuses et travailleurs, en particulier les plus précaires. Travaillent toujours ainsi dans les écoles et établissements les volontaires pour enseigner aux enfants des soignant-e-s, qui ne bénéficient toujours pas des conditions sanitaires indispensables. Y travaillent également les personnels administratifs jugés indispensables. Travaillent également un nombre important de personnels des collectivités territoriales, comme les ATSEM, les ATTEE ou les animateurs-animatrices. Enfin, des rectorats convoquent des enseignant-e-s pour des lubies irresponsables, comme dans l’académie de Nantes où des collègues se voient enjoindre de déposer du matériel et des documents dans les commerces ouverts.
SUD éducation invite les salarié-e-s qui se trouveraient inutilement exposé-e-s à se retirer de cette situation de danger en faisant usage de leur droit de retrait (voir Fiche Droit de retrait Covid 19 : modèle de dépôt) qui peut être renforcé par un droit d’alerte déposé par un membre du CHSCT dans la Fonction Publique ou par le CSE dans le privé.
De plus, l’article 2 est particulièrement inquiétant quant aux possibles restrictions des libertés publiques, le décret remet au préfet la possibilité de prendre des mesures plus restrictives qui ne sont pas définies mais qui peuvent se traduire notamment par des couvre-feux locaux.
Pour SUD éducation, ce n’est pas aux travailleurs-travailleuses de payer de leur santé et de leur vie l’irresponsabilité des capitalistes, causes de la crise sanitaire et de sa gestion catastrophique par le gouvernement.