19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:25

Au cours des derniers jours, dans le cadre de "l'affaire de Sciences Po Grenoble", le nom de Samuel Paty a été fréquemment invoqué par l'un des protagonistes de l'affaire invité dans plusieurs médias, ainsi que par de nombreux éditorialistes. Ce faisant, le nom de Samuel Paty se retrouve honteusement associé à une affaire à laquelle il est étranger, et instrumentalisé à des fins politiques réactionnaires. Ces basses instrumentalisations interpellent tous les personnels, de la maternelle au supérieur, personnel enseignant ou administratif.

 

Les enquêtes en cours à l'IEP de Grenoble devront faire la lumière sur les faits et les responsabilités, et il n'est pas du rôle de notre fédération d'intervenir dans ce cadre. Toutefois, l'écho national que rencontre cette affaire n'est rendu possible que par les campagnes de dénigrement de la recherche en sciences sociales auxquelles se livrent les ministres Blanquer et Vidal depuis plusieurs mois. Il et elle portent une responsabilité dans cette affaire, en participant à la confusion des registres entre le débat d'opinion d'une part, et le débat scientifique et fondé sur une méthode d'autre part. En construisant l'épouvantail de "l'islamo-gauchisme", il et elle portent une responsabilité morale dans les campagnes haineuses à l'encontre de chercheur-e-s et d'étudiant-e-s. Il et elle rendent également possible la radicalisation d'organisations d'extrêmes droites qui, aujourd'hui, dans l'affaire de Grenoble comme dans l'affaire nationale des "600", jettent en pâture les noms d'enseignant-e-s, de chercheur-e-s et de membres du personnel administratif. SUD éducation apporte son soutien et sa solidarité à ceux et celles qui sont aujourd'hui l'objet de ces campagnes haineuses.

Les attaques ministérielles contre les sciences sociales, et l'instrumentalisation du nom de Samuel Paty par des éditorialistes, nous concernent tous et toutes. En électrisant le débat public, en s'attaquant au SHS, et en détruisant le service public de l'éducation, les ministres Blanquer et Vidal trahissent, chaque jour un peu plus, la volonté de construire un savoir émancipateur dans un service public d'éducation laïque.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:25

Aujourd’hui, la presse indique que le ministre Blanquer prévoit que les tests salivaires seront payants pour les personnels et les élèves majeur-e-s. Un reste à charge d’un euro leur sera en effet appliqué pour chaque test.

Le ministre Blanquer, qui n’est pas capable d’assurer le respect du protocole dans les établissements scolaires et les écoles, et qui est également incapable de mettre en œuvre massivement les tests salivaires, rend encore plus difficile l’acceptation des tests de dépistage pour les personnels et les élèves concerné-e-s.

L’administration, responsable de la santé et de la sécurité des personnels, doit prendre à sa charge les coûts des tests réalisés dans le cadre professionnel, au lieu de demander aux agent-e-s de participer aux campagnes de dépistage à leurs frais.

Pour SUD éducation, la question ne souffre aucune discussion : les tests salivaires pratiqués dans les écoles et établissements doivent être entièrement gratuits, tant pour les élèves que les personnels, et être délivrés sans aucune condition d’affiliation au régime de sécurité sociale notamment pour les élèves sans-papiers.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:24

 

Paris, le 18 mars 2021

M. le Président du Conseil scientifique,

Mmes et MM les membres du Conseil scientifique,

 

Objet : contexte épidémique et garanties pour les personnels éducatifs.

 

Monsieur le Président du Conseil scientifique,

Dans votre dernier avis daté du 11 mars 2021, vous écriviez ceci :

Compte tenu de la situation épidémiologique dans et autour de l’école et de l’impact très négatif de la déscolarisation sur l’apprentissage, et même peut-être irrattrapable pour les enfants issus de familles défavorisées ou en situation précaire, la fermeture d’écoles apparaît comme une mesure sanitaire extrême de dernier recours, dès lors que des protocoles sanitaires efficaces existent.

SUD éducation souscrit pleinement à ce souhait d’une fermeture la plus tardive et limitée possible des écoles et des établissements au regard des conséquences sociales qu’elle emporterait, et communique clairement en ce sens depuis près d’une année.

Cependant, votre avis relève qu’il faut en effet un protocole sanitaire efficace. Or les mesures prises par le ministre de l’Éducation nationale sont pour le moins inadaptées et insuffisantes, et conduisent déjà des établissements et des écoles de plus en plus nombreux à fermer en raison de la recrudescence de cas qui y sont détectés.

Alors que les personnels ont dû se mobiliser par la grève pour imposer les dédoublements en lycée, le ministre Blanquer se refuse encore à mettre en œuvre les moyens nécessaires pour assurer la continuité de l’enseignement en collège, notamment en prévoyant les dédoublements lorsque la situation le requiert comme dans les départements de la couronne parisienne les plus touchés par la propagation de l’épidémie.

Les campagnes de tests salivaires ciblés qui peuvent permettre de circonscrire les fermetures de classes, d’écoles et d’établissement ne sont pas mises en œuvre. Nous avons également appris aujourd’hui de source médiatique que les tests salivaires seront partiellement à la charge des assurés sociaux majeurs, élèves majeur-e-s ou personnels. Une telle disposition nous semble de nature à vouer par avance à l’échec toute tentative de faire adhérer massivement la communauté éducative à la pratiques des dépistages.

Les expérimentations concernant les purificateurs d’air qui semblent donner des résultats positifs dans la région Aura ne sont pas prises en compte par le ministère.

Enfin, la littérature scientifique récente pointe un risque de contamination particulièrement accru pour les personnels au contact des élèves puisqu’il semble doubler1. De telles informations sont inquiétantes au regard du refus du ministre de l’Éducation nationale et du gouvernement de considérer une vaccination rapide et massive des personnels d’éducation après celle des personnels soignants.

Nous souhaitons donc que dans ses prochains avis, le Conseil se penche notamment sur ces questions :

  1.  comment sont évalués les risques de contamination des personnels éducatifs (plus de 800 000 d’enseignant-e-s, des dizaines de milliers d’AED et plus de 110 000 AESH) ?

  2. Pour quelles raisons, considérant le risque accru de contamination les personnels d’éducation et de vie scolaire ne sont-ils pas considérés comme prioritaires ?

  3. Le protocole sanitaire mis en œuvre est-il suffisamment efficace pour garantir la poursuite de l’ouverture des écoles et des établissements même en cas de nouvelle dégradation de la situation sanitaire ?

  4. Quelle politique de test et de dépistage doit être menée dans les établissements scolaires ?

Veuillez croire, M. le Président, en notre profond attachement au service public d’éducation.

Brendan CHABANNES, co-secrétaire
de la fédération SUD éducation

1Jonas Vlachos, Edvin Hertegård, Helena B. Svaleryd, The effects of school closures on SARS-CoV-2 among parents and teachers, Proceedings of the National Academy of Sciences 2021/03, 118 (9). DOI : 10.1073/pnas.2020834118

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:23

Ce CSE s’ouvre dans une grande incertitude quant à l’évolution de la crise sanitaire et des mesures qui seront prises. La situation sanitaire a considérablement fragilisé des générations d’élèves et d’étudiant-e-s pour qui le lien scolaire s’est largement distendu.

Nous faisons le constat d’une administration dépassée, aveuglée par sa volonté de faire passer à tout prix ses réformes et incapable de voir la situation dramatique dans laquelle se trouvent aujourd’hui les jeunes. Cet abandon de la jeunesse et l’aggravation de l’échec scolaire auront des conséquences durables pour l’ensemble de notre société dans les années à venir. Les personnels et les élèves retiendront de cette crise sanitaire les insuffisances de l’Éducation nationale qui n’est même pas capable de produire une information sur l’évolution des conditions sanitaires à destination des personnels.

SUD éducation est particulièrement inquiète du cap pris par le ministère de l’Éducation nationale. Alors que le ministre Blanquer fait des centaines de millions d’euros d’économie, les conditions de travail des personnels ne cessent de se dégrader : entre 2007 et 2018, 36 186 postes ont été supprimés dans le second degré, soit près d’un poste sur 10. Pourtant, les collèges et lycées accueillaient 244 089 élèves de plus. Les suppressions de postes, l’augmentation du nombre d’élèves par classe, en particulier en éducation prioritaire, l’application catastrophique de la réforme du bac et des lycées, la pénurie de remplaçant-e-s dans le 1er degré, sont autant de sujets alarmants pour les personnels. Le ministère persévère néanmoins dans sa politique éducative et salariale désastreuse.

Le projet de loi Rilhac et la réforme de la formation des enseignant-e-s en sont des exemples saillants. Le ministère construit une école de la sélection et du tri social, dans laquelle les personnels se sentent méprisé-e-s. Les personnels et leurs organisations syndicales portent des revendications qui permettraient de mettre en œuvre un service public d’éducation à la hauteur des enjeux de la période et de notre société.

SUD éducation revendique :

  • le retrait de la proposition de loi Rilhac ;

  • des créations de poste massives pour baisser significativement le nombre d’élèves par classe,

  • l’abandon de la politique de casse de l’école public au profit du privé sous contrat comme en témoignent les postes ouverts aux concours du 1er degré : 100 postes de moins dans le public et 100 postes de plus dans le privé,

  • le recrutement massif de personnels médico-sociaux et l’amélioration de leurs conditions salariales pour rendre le métier attractif,

  • un vrai statut pour les AESH et l’abandon des politiques de mutualisation qui viennent dégrader l’inclusion scolaire.

  • la titularisation de tous les personnels contractuels pour lutter contre la précarité grandissante,

  • l’abandon des réformes des lycées et du bac.

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19 mars 2021 5 19 /03 /mars /2021 15:23

Le décret 2021-275 du 12 mars 2021 et l’arrêté du 12 mars 2021 portent l’indemnité forfaitaire versée aux CPE à 1 450 euros. Cela se traduit par une augmentation mensuelle de 120 euros bruts, ce qui demeure bien insuffisant.

Cette annonce est également inquiétante, car elle est corrélée à la désindexation de cette prime du point d’indice : c’est un signe de plus que le ministère de l’Éducation nationale vise à détruire le cadrage national des rémunérations des CPE.

Pour SUD éducation, ces avancées sont bien faibles et n’assurent toujours pas l’équité entre les personnels enseignants. Mais elles montrent que la mobilisation des personnels paie, notamment suite au succès de la grève du 26 janvier dernier au cours de laquelle 40% de la profession était en grève pour revendiquer des augmentations de salaire.

Pour SUD éducation, les ISAE/ISOE et la prime d’indemnité des CPE doivent être hissées au même niveau, et les CPE doivent bénéficier également du versement de la prime d’équipement. Plus largement, SUD éducation revendique une augmentation générale des salaires et l’intégration de toutes les primes au salaire.

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 17:21

Face aux propos et échanges par mails, et suite aux différentes réactions autour du groupe de travail de l’atelier « Racisme, islamophobie, antisémitisme » prévu pour la Semaine pour l’Égalité de Sciences-Po Grenoble, nous tenons à affirmer notre soutien plein et entier à une collègue enseignante-chercheuse de Science-Po Grenoble attaquée personnellement dans l’exercice de sa liberté académique.

En effet, non seulement sa légitimité et les travaux scientifiques qu’elle mobilisait pour l’organisation de l’atelier ont été déniés au nom d’opinions personnelles par deux enseignants, mais elle s’est retrouvée empêchée, suite aux pressions exercées par ces deux enseignants, d’organiser cet atelier comme initialement prévu. La violence morale et symbolique subie par notre collègue et l’absence de protection par la direction sont inacceptables.

Nous voulons ici réaffirmer l’indépendance des recherches de l’ensemble des universitaires comme une nécessité absolue. Le débat contradictoire doit se faire dans le respect de l’autre et dans la sérénité. Les échanges d’arguments et la méthode scientifique doivent toujours être le socle nécessaire à tout échange permettant ainsi les controverses scientifiques, nécessaires au progrès des connaissances dans tous les domaines. Nous apportons à ce sujet notre soutien à la direction du laboratoire PACTE, et affirmons notre accord complet avec leur communiqué.

Par ailleurs, nous souhaitons ici réaffirmer que le racisme et l’islamophobie n’ont pas leur place, ni dans les établissements d’enseignement supérieur, ni dans la société, et qu’il est donc nécessaire de les étudier pour les déconstruire. Censurer ou laisser censurer de tels champs de recherche n’est pas acceptable.

Enfin, nous apportons notre soutien aux étudiant·e·s et aux syndicats étudiants. Un enseignant de Sciences Po a tenté d’exclure de ses cours les étudiant·e·s syndiqué·e·s à l’Union Syndicale. Il s’agit purement et simplement de discrimination syndicale. La liberté syndicale, pour les personnels comme pour les étudiant·e·s, n’est pas négociable.

Depuis des collages nominatifs sur les façades de Sciences Po le 4 mars, l’emballement médiatique présente les deux collègues comme des victimes. Si nous ne cautionnons pas les collages nominatifs, nous souhaitons réaffirmer que la mise en danger de l’ensemble des collègues ayant pris part à cette affaire résulte non pas d’affiches localisées, mais bien essentiellement du recours irraisonné aux médias : ce sont bien certains de ces médias, et ceux qui les ont prévenus et qui y ont témoigné, qui ont aussi fait le choix d’afficher publiquement les noms des personnes impliquées.
Nous demandons à la direction de Sciences Po Grenoble de condamner publiquement ces propos et faits et de prendre les mesures qui s’imposent pour que le débat académique puisse se tenir dans un cadre serein et respectueux.

CGT Université de Grenoble, CNT Jeunes 38, RER-A, Solidaires étudiant-e-s Grenoble, Sud éducation Grenoble, Union des Étudiant·es de Grenoble, UNEF Grenoble, Union Syndicale Sciences Po Grenoble

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 17:20

 

Nous soutenons la jeunesse mobilisée pour son avenir

Depuis le début de l’année scolaire, les difficultés rencontrées par les lycéens et les lycéennes ne cessent de s’accentuer. Alors que la crise sanitaire accroît les inégalités sociales, le choix a été fait de supprimer 1 800 postes de professeurs dans l’enseignement secondaire public. Il est inacceptable que des économies soient faites au détriment de la qualité des enseignements. Par la casse du service public d’éducation, c’est une génération entière qu’on prive de droit à l’avenir.

Plutôt que de recruter des enseignants en nombre suffisant comme le demandent nos organisations, le ministre a mis en place un protocole sanitaire insuffisant, qui ne répond aucunement à nos attentes envers l’éducation nationale. De surcroît, le refus du ministre de l’éducation d’alléger les programmes scolaires empêche les professeurs de revenir avec les élèves sur les notions vues à la maison par manque de temps, ce qui augmente le décrochage scolaire. En outre, les personnels (AED, CPE, PsyEN...) supplémentaires nécessaires pour faire face aux effets multiples de la crise n’ont pas été donnés aux établissements.

La mise en place du contrôle continu qui enlève au baccalauréat sa valeur nationale accroît les inégalités et soumet les élèves à une pression évaluative constante pénalise tous les élèves, notamment les plus en difficulté. De nombreux lycéens sont la moitié du temps en distanciel, d’autres non. Il est urgent de revenir sur la réforme et rétablir le cadre national des enseignements, un baccalauréat avec des épreuves nationales et terminales.

De nombreuses interrogations persistent à ce jour. En fin d’année doit se dérouler, pour les élèves de terminale, un “grand oral”. Épreuve annoncée par le ministre depuis plusieurs années, nous n’en avons pas les modalités exactes alors que cette dernière doit se tenir dans quelques semaines. Le manque d’information couplé avec l’absence d’heure prévue pour préparer cette épreuve ne peut qu’attiser nos craintes. Cette épreuve doit être neutralisée.

A cette peur de l’échec scolaire s’ajoute une peur de l’avenir : les constats faits par les personnels accompagnant les lycéens et lycéennes dans les vœux de la procédure Parcoursup sont ceux d’un grand désarroi et d’une forte inquiétude. Alors que ces jeunes auront connu une scolarité perturbée, que alors que de plus en plus d’étudiant.e.s risquent de décrocher ou pensent à redoubler leur année universitaire abandonnent les bancs déserts des Universités. Les facs non plus ne disposent pas de davantage de moyens pour accueillir tous les élèves. La sélection à l’entrée de la fac’ s’annonce dès lors encore plus rude qu'auparavant. Il faut que l’enseignement supérieur soit accessible à tou.te.s. C’est pourquoi il est urgent que les établissements de l’enseignement supérieur réouvrent et que la ministre assure à tous un droit à la sécurité sanitaire, afin de permettre aux étudiants de recouvrer leur droit d’étudier dans de bonnes conditions, de vivre dignement, de se loger, de se nourrir, mais aussi de se retrouver dans une vie sociale.

Les enjeux liés à l’emploi sont eux-aussi centraux concernant les difficultés que rencontrent les élèves. La crise du covid réduit fortement les possibilités de trouver un stage en entreprise. Par conséquent, beaucoup d’élèves se retrouvent sur le carreau, sans aucun moyen de travailler. Pourtant, cela est essentiel aux élèves de la voie professionnelle pour valider leur année scolaire. Il faut garantir à tous ces élèves des conditions de travail décentes et la garantie de ne pas être pénaliser en cas d’absence d'opportunité de stage.

Il est urgent que l'éducation soit véritablement une priorité nationale et que cela trouve une traduction concrète. En refusant d’augmenter significativement le salaire des fonctionnaires de l’éducation nationale ou en ne proposant pas aux jeunes les mesures suffisantes pour vivre dignement, le gouvernement refuse de prendre ses responsabilités. Il faut que des mesures soient prises non seulement pour lutter contre la dégradation de nos conditions d’étude, de travail et de vie, mais aussi qu’un investissement massif dans les services publics d’enseignement et de santé soit opéré pour ne pas revenir dans la situation antérieure à la crise.

Nous, organisations représentatives des personnels de l'éducation, sommes aux côtés et investies pleinement par les préoccupations de la jeunesse. Nous soutenons leur appel à manifester le 16 Mars.

à Paris, le 13 mars 2021

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 17:20

Aujourd’hui nous alertons les personnels sur les dangers de ce que le ministère essaie de mettre en place dans les Académies d’Aquitaine et de Toulouse par le fléchage  des postes de CP/CE1 à 12. 

 

A Toulouse, informé-e-s le 09 mars, les enseignant-e-s en poste dans ces classes vont devoir choisir avant le 31 mars : être titularisé-e-s sur un poste à profil cantonné-e-s à un seul niveau en signant un nouvel arrêté de nomination ou bien participer au mouvement. Les  enseignant-e-s titulaires devront accepter des nouvelles missions dont ils n’ont actuellement pas connaissance. En Aquitaine, les collègues en poste vont devoir passer un entretien pour rester sur leur propre poste, sachant que d’autres pourront postuler.

Les DASEN ont décidé en urgence et sans consultation du CTSD et du CDEN cette  mesure de profilage des postes qui aura de graves incidences sur le fonctionnement pédagogique de l’école. En nette contradiction avec le Décret n° 89-122 du 24 février 1989 relatif à la répartition des élèves entre les classes et les groupes, elle dessaisit le conseil des maîtresses et maîtres  du libre choix de l'organisation pédagogique et introduit la mise en concurrence  entre les collègues.

 

C'est une atteinte grave, non seulement à la liberté pédagogique, mais également une remise en cause profonde de toute l'organisation des écoles ! En effet, une véritable double gestion des écoles va se mettre en place : cycle 2 d’un côté et cycle 3 de l’autre, y compris pour le mouvement.

 

Par cette mesure Blanquer veut introduire une logique de contrat avec les établissements classées en éducation prioritaire, contrôler et choisir les enseignant-e-s y exerçant et  conditionner les moyens accordés à la satisfaction de certains objectifs. Contractualiser c’est introduire la logique de l’entreprise privée dans l’école publique

 

SUD éducation demande l'abandon immédiat du profilage des postes de CP et CE1 dédoublés.

 

L’école n’est pas une entreprise , l’éducation n’est pas une marchandise !

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 15:05

Depuis le début de l’année se déroulent partout en France de nombreuses grèves, manifestations, rassemblements sur la question des postes. Les personnels se mobilisent, souvent avec les parents d’élèves, contre les fermetures de classes, pour les ouvertures nécessaires, contre les pertes d’heures dans les établissements. Nombre des organisations syndicales soutiennent toutes ces mobilisations. Elles exigent du ministre l’arrêt des suppressions de postes dans le 2d degré. Après la mobilisation des trois établissements de L'Aigle le jeudi 18 février, les deux collèges ont bien reçu une invitation de la part de la DSDEN, mais le lycée, lui, n'a aucune nouvelle du rectorat alors même que 5 postes sont supprimés.

Dans le 1er degré, les décisions de fermetures de classes et d’écoles, aux conséquences graves notamment dans les zones rurales sous couvert du Contrat de Ruralité, ne doivent plus servir de variable d’ajustement budgétaire. Il faut des créations de postes en nombre suffisant pour répondre à tous les besoins.

Par ailleurs, si le manque de remplaçant-e-s existe depuis des années, il est aggravé par les conséquences de la crise sanitaire que nous traversons. Ainsi, il est plus que jamais nécessaire de recruter les candidat-e-s aux concours inscrit-e-s sur les listes complémentaires. Il est en particulier inacceptable que les contractuel-l-es professeurs des écoles et AED « Covid » recruté-e-s il y a quelques mois ne soient pas réemployé-e-s jusqu’à la fin de l’année scolaire et qu’une perspective d’intégration dans la Fonction publique ne leur soit pas offerte.

Dans les mobilisations, s’exprime aussi la colère des personnels les plus précaires de l’Education Nationale, les AESH et les AED qui, plus que jamais exigent une amélioration de leurs conditions de travail et de rémunération, exigence également portée depuis toujours par SUD éducation. Le système des PIALs participe à la dégradation de ces conditions de travail, puisque les AESH sont déplacé.e.s, parfois du jour au lendemain et sans aucune considération pour les relations pédagogiques qu'ils ou elles ont pu développer avec les élèves accompagné.e.s.

L'année dernière, il a été décidé par l'administration de fermer de nombreux postes de brigades. Nous vous avions alertée Mme Moncada quant au risque de manque de remplaçant-es, surtout en pleine crise du COVID. Nous ne pouvons pas dire que nous ne savions pas. Cette année, nous ne pouvons que constater que les postes de brigades manquent. Alors, il est prévu de fermer des classes pour récupérer des poste de brigades, tant pis si les classes seront plus chargées avec plus d'élèves handicapé-es et/ou en difficultés scolaires.

On a le sentiment qu'il s'agit d'une gestion purement comptable. Comment comprendre sinon des fermetures à Boucé, à Trun, à Vimoutiers qui sont reconnues comme des écoles accueillant des publics fragiles voire extrêmement fragiles. Ce matin, lors du CTSD, vous nous dites que 82 élèves sont prévus à Boucé l'année prochaine. Or une copie d'écran de Onde m'indique que 94 élèves sont prévus dont 3 TPS. Ça fait un e/c supérieur à la moyenne départementale alors que le public accueilli y est plus fragile qu'ailleurs. Que penser aussi de la fermeture à ST Langis avec 32 élèves annoncés et une classe unique ? Mesdames, messieurs les élu-es, les représentants du personnels ou des associations partenaires, pouvez-vous valider ce genre de choix. Nous savons que Mme Moncada souhaite fermer cette école depuis longtemps. Les arguments annoncés ce matin ne tiennent pas debout. Nous en reparlerons dans le débat sur la carte scolaire.

Les fiches SST peuvent pleuvoir, les unes et les autres peuvent demander plus de moyens, ils-elles ne sont jamais entendu-es. La liste des fermetures s'allonge, et les changements de poste qui en découlent constituent une pression de plus pesant sur les enseignant-e-s et les équipes. 

Pour éviter la propagation des maladies, l'allégement des effectifs serait bienvenu. Pouvoir faire classe quelque soit la situation sanitaire permettrait de ne pas laisser des élèves sur le carreau. Quand on est collégien-ne la 1ère motivation pour venir en cours c'est de voir ses camarades, d'autres personnes que sa famille qui a tendance à exaspérer à l'adolescence. Et le 1er confinement de 2020 a montré combien l'enseignement par écran interposé ne répondait pas aux besoins des jeunes. Alors oui, en moyenne, aucun collège a des divisions de plus de 26, 2 sont tout juste en-dessous de 20. Mais, les rares études qui ont été menées sur la relation des effectifs et la réussite dans les apprentissages à long terme montrent qu'il faut viser entre 17 et 20. En 6ème et 3ème à Longny effectifs 28, en 4ème à Athis 30, Ferrrière aux Etangs 28/29 en 4ème, Jacques Brel 27/28 en 5ème, Dolto L'Aigle 27/28 en 5ème, Rémalard 30/29 en 5ème, Val Au Perche 28/29 en 4ème et 3ème. Ce sont les constats de l'année 2020/2021. Il y aura donc de pus en plus de classes avec ces effectifs qui font étouffer les élèves et l'ouverture des fenêtres n'y changera rien.

Dans ces conditions, SUD éducation appellera les personnels à renforcer les mobilisations en cours, à multiplier les réunions syndicales, les prises de position et les motions en conseil d’école, en conseil d’administration, en faveur d’une politique ambitieuse pour le service public d’Education. L'éducation nationale a besoin d'un véritable plan d'urgence.

Enfin, l’actualité a mis au grand jour la situation de jeunes étrangers présents depuis des années en France, arrivés soit mineurs isolés, soit avec leur famille, en cours d’études, d’apprentissage, accédant à l’emploi souvent dans des secteurs en pénurie de main-d’œuvre et soudain victimes de refus de séjour avec obligation de quitter le territoire dès lors qu’ils arrivent à leur majorité. Nous nous réjouissons évidemment que plusieurs de ces jeunes aient trouvé une solution heureuse avec l’obtention d’un titre de séjour grâce à la solidarité que leur situation a suscitée.

Mais, au-delà de ces cas emblématiques, les jeunes en détresse sont nombreux. Depuis des années, associations, enseignants, éducateurs, chefs d’entreprise, maîtres d’apprentissage, élus sonnent l’alarme et ne sont pas entendus. Nous sommes quotidiennement témoins d’un terrible gâchis humain et social : voir des jeunes être menacés d’expulsion, réduits à vivre dans la peur, l’errance et la clandestinité, alors que la France est devenue leur pays, celui de leurs liens, de leurs amitiés, de leurs amours, et qu’ils sont prêts à rendre à la société ce qu’elle a investi dans leur formation.

Il faut faire cesser la suspicion généralisée qui pèse sur de nombreux jeunes dont les actes d’état-civil sont régulièrement contestés, alors que leur identité a été confirmée par un juge ou par les services consulaires de leurs pays ;

Il faut cesser d’exiger des documents impossibles à présenter pour obtenir un titre de séjour (comme des passeports guinéens, par exemple), à plus forte raison lorsque la réglementation prévoit que leur présentation n’est pas obligatoire ;

Il faut en finir avec le blocage absurde des demandes de rendez-vous en préfecture, qui, sous prétexte de dématérialisation, revient à fermer des voies de régularisation. Ainsi, des jeunes, que la loi oblige à demander un titre de séjour avant 19 ans, sont mis dans l’impossibilité de le faire ;

Il faut que ces jeunes puissent avoir accès à des formations ou contrats d’apprentissage, en fonction de leurs niveaux de compétences, qu’ils puissent poursuivre les parcours engagés, et plus largement poursuivre la vie qu’ils ont entamée en obtenant aisément un titre de séjour protecteur et stable.

Pour finir, le nombre d'élèves concernés par l'école inclusive baisse dans l'Orne ; moins d'orientation ou moins de handicap ou du handicap compensé ? N'aurait-on pas fini par casser le thermomètre à force d'inciter à ne pas réorienter et/ou à culpabiliser les équipes qui faisaient trop d'équipes éducatives allant vers des PPS ? Serait-ce une sorte de politique de la négation des problèmes rencontrés ?

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17 mars 2021 3 17 /03 /mars /2021 15:02

Déclarations préalables : FSU / SUD / UNSA / Ligue de l'enseignement qui s'indigne à raison que les élu-es n'aient pas soutenu la demande de la ligue et des syndicats d'organiser un CDEN de rentrée.
 

Réponses de la préfète

  • L'état fait beaucoup d''efforts, elle souligne notamment les nombreux investissements.

  • Il faut fermer les petites classes pour faire progresser les élèves(même si l'état ne les ferme pas « de gaieté de cœur »). Comment peut-on dire une chose pareille !

  • Pour ce qui est des mineurs isolés : pas de différence entre les étrangers et les Français. Lorsqu'on s'intéresse d'un peu plus près au sujet, on sait que ces propos sont des mensonges.

     

Motion pour qu'un CDEN de rentrée se tienne entre octobre et novembre

Vote : 14 pour, 3 abstentions

 

La DASEN fait le bilan :

  • Le E/C s'améliore dans le département.

  • Présentation du plan bibliothèque + école numérique innovante.

  • Bilan 2nd degré :

    • Pas de baisse du nombre d'élèves cette année mais baisse des moyens. La DASEN fait un bilan sur plusieurs années et peut ainsi conclure qu'il n'y a pas de baisse de moyens.

    • Année 2019/2020 : 9021 élèves pour 381 divisions / en SEGPA, 398 élèves pour 30 divisions / en ULIS, 192 élèves pour 17 ULIS (2 dispositifs ont ouvert en 2020). Les ULIS sont moins surchargées cette année mais nombre d'entre elles comptent beaucoup plus d'élèves que ce qui est recommandé.

    • Lutte contre le décrochage scolaire : 4 dispositifs.

    • Elèves allophones : 6 dispositifs UPE2A dont 1 ouvert en 2020. En 2019/2020, il y avait 92 élèves EANA.

    • PIALs : 11 PIALS pour 1300 élèves / 241 AESH i, 617AESH mut, 436 AESH en ULIS. La dotation est de 0 cette année, un.e AESH suit en moyenne plus de 3 enfants. D'après la DASEN, aucun élève serait en attente d'AESH. Le problème est qu'il y a un très gros retard de traitement de dossiers à la MDPH et que l'attente peut être très longue. Les personnels ont mal vécu la création des PIALs car ils.elles sont maintenant baladé.e.s de classe en classe, d'établissement en établissement et même de ville en ville au sein d'une même semaine. Pour le ministre, il faut 1 AESH pour 5 élèves. La DASEN s'est fixé 1 pour 4.


 

Préparation de la rentrée 2nd degré

9218 élèves (-28 divisions). Même effectif que l'année dernière, - 7 ETP

SEGPA 362 élèves (-2 divisions). Nous sommes le seul département à perdre des élèves en SEGPA. Pourquoi ? Dissuasion ? négation du problème de la difficulté scolaire ? L'administration fait tout pour qu'il y ait moins d'élèves en SEGPA dans l'Orne.

Nouveaux critères de répartition des dotations :

Disparition du forfait social car il repose sur du déclaratif. Considéré par la DASEN comme peu fiable et équitable. Il reposait pourtant sur les catégories socio-professionnelles et sur les boursiers.

Critères pris en compte :

  • éducation prioritaire

  • taille établissement (- ou + 8 classes)

  • sections sportives

  • projets particuliers Les projets restent financés grâce à l'autonomie des établissements.

  • horaires aménagés

26h + 3h par division

Les divisions ont été calculées en comptant les dispositifs ULIS.

12231 HP / 1046 HSA / 172,25 IMP

Réserve : 110 HP / 94,5 HSA / 6 IMP

Suppressions d'emplois : 7 ETP secs supprimés et 4 convertis en HSA.

Intervention du conseil départemental sur l'arrivée de nouvelles familles dans l'Orne (la démétropolisation). Le CD rappelle les investissements faits pour la rénovation ou la construction des collèges. Pour le CD, il faut prévoir ces nouveaux effectifs, ils.elles sont donc en désaccord avec la baisse des moyens alloués pour la rentrée 2021. Dans le second degré, on n'alloue pas les moyens avec les chiffres de l'année concernée mais avec ceux de la précédente, c'est d'autant plus regrettable dans un département où les effectifs augmentent.

Votes pour le 2nd degré : 11 contre, 2 pour, 3 abstentions

 

Mouvement de grève du 18 février à L'Aigle. Des enseignant.e.s des deux collèges vont être reçu.e.s par la DASEN mais aucunes nouvelles du rectorat pour le lycée. La DASEN promet une audience pour le lycée au rectorat.

 

Préparation de la rentrée 1er degré

8 ETP en moins. e/c non dégradé selon la DASEN.
Confirmation de la levée de mesures sur L'Aigle (voir CR CTSD repli)

Situations incompréhensibles à St-Langis et à Boucé. La DASEN s'engage à vérifier les chiffres et éventuellement rouvrir une classe. Incompréhension aussi pour la fermeture des ULIS de la Ferté Macé et Flers ainsi que celle des dispositifs TPS à Vimoutiers et Sées. Les chiffres que les syndicats ont sont très éloignés de ceux de l'administration. Une vérification des effectifs a déjà été demandé par les syndicats au CTSD et CTSD de repli mais toujours rien.

 

La préfète a du partir au bout de 3 heures de réunion et n'a donc pas assisté aux débats pour la carte scolaire ni entendu les nombreux sujets qu'il restait à traiter. SUD éducation déplore que l'ordre du jour soit si important faute d'avoir organisé un CDEN de rentrée. Nous avons fini le CDEN avec moins de la moitié des votants.

 

Les RASED n'interviennent plus que sur 14 écoles dans l'Orne mais l'administration refuse toujours de créer des postes.

 

Votes : 10 contre, 3 abstentions

 

Infos diverses

Il y a eu 2 fois plus d'élèves scolarisés à domicile cette année, ils sont maintenant 200.
Une visite 3 mois après la décision de scolarisation à domicile par l'inspecteur.trice, éventuellement accompagné.e d'un conseiller pédagogique ou psychologue scolaire, puis une par an. Un rapport est rédigé et porté à la connaissance de la DASEN.

 

Les classes découvertes ne sont pas autorisées.

 

 

Informations du Conseil départemental

Nouvelle sectorisation pour le collège de Longny.

 

Harmonisation du tarif des transport sur l'académie.

A la rentrée 2021, devait avoir lieu la 3ème étape d’harmonisation des tarifs. Elle est repoussée à 2022 afin de « dédommager » les familles pour les deux mois de transport non effectué pendant le confinement.

SUD éducation rappelle que le transport scolaire devrait être gratuit au même titre que la scolarité et regrette le non-remboursement des familles.

En septembre prochain : 120 euros par an pour les collègien.ne.s et lyécéen.ne.s et 60 euros par an pour les primaires et internes.

Vote : 5 contre / 1 pour / 2 abstentions(il n'y avait presque plus personne pour voter. Est-ce bien sérieux?)

 

MDPH : délais de traitement des dossiers toujours trop longs. Nous n'avons pas eu le détail car la plateforme a mis fin à la réunion au bout de 5 heures, l'ordre du jour était vraiment très long !

 

Pas de réponse non plus aux questions diverses restantes !

 

Pour le détail des mesures, merci de bien vouloir vous reporter au CR du CTSD de repli.

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Published by SUD 61