1 octobre 2012 1 01 /10 /octobre /2012 18:44
Pour un vrai changement, d’autres mesures s’imposent maintenant !

Pour SUD éducation et Solidaires les mesures d’urgence restent insuffisantes, les annonces sont à préciser, et les premiers actes présagent mal de l’avenir du service public

La pire des rentrées, c’est ce que connaissent personnels et élèves avec 13 000 postes supprimés qui viennent s’ajouter aux 60 000 suppressions des 5 années précédentes, alors que la rentrée 2011 s’était déjà faite dans des conditions déplorables. Le gros millier d’enseignant-e-s dont votre nouveau gouvernement a annulé les suppressions ne peut le masquer. Des classes encore plus chargées, des options et des filières inaccessibles, des conditions de travail dégradées pour tou-te-s, élèves et personnels, c’est la réalité de cette rentrée. Et 2012 sera encore une année noire pour les nouvelles enseignantes et les nouveaux enseignants. Les stagiaires seront encore quasiment à plein temps en responsabilité devant les élèves, sans formation professionnelle.

La faute à Sarkozy… mais pas seulement Bien entendu, cette rentrée est d’abord celle qui a été voulue par le ministre Châtel. Mais le gouvernement a choisi de la laisser quasiment telle quelle, en ne proposant que des aménagements à la marge, là où un véritable plan d’urgence était nécessaire. Personne ne nous fera croire qu’il n’était pas possible de recréer immédiatement des milliers de postes, d’améliorer vraiment les conditions d’entrée dans le métier des stagiaires ; pour cela il fallait titulariser les précaires, ouvrir les listes complémentaires, organiser une cession de concours supplémentaire. C’est d’ailleurs ce que vous demande de faire en urgence une large intersyndicale du 1er degré en Seine-Saint-Denis.

Demain ça ira mieux ? C’est le message que le ministre essaye de faire passer. Bien sur nous prenons acte d’un changement de politique en matière d’emploi avec l’annonce de 40 000 postes en deux vagues de concours en 2013, dont 18 000 recréations, et l’abandon dans l’éducation du non remplacement d’un fonctionnaire sur deux. Mais nous ne pouvons accepter que cela se fasse par redéploiement au détriment des autres services publics qui risquent l’asphyxie. Enfin cette annonce risque de se heurter à la difficulté de pourvoir tous les postes. Cela sera impossible si les concours restent au niveau du master 2. Il faut revenir au recrutement au niveau licence, suivi d’une formation professionnelle en alternance de 2 ans sanctionnée par la délivrance du master. Il faut aussi profiter de cette vague de recrutement pour titulariser les précaires de l’éducation au lieu d’appliquer la loi Sauvadet qui en exclue la majorité.

Nous demandons avec les personnels d’autres signes d’un changement concret. Certains concernent en partie la fonction publique avec l’abrogation de la journée de carence que nous demandons avec une large intersyndicale. Mais au-delà, il faut en finir avec le gel des salaires. Certains agents techniques touchent à peine plus de 1500 euros nets et quand aux enseignants le rapport 2012 sur l’Education de la très libérale OCDE vient de rappeler qu’ils touchent moins que la moyenne des pays de l’Union Européenne, pays de l’Est compris ! SUD éducation et Solidaires revendiquent une augmentation de 400 euros pour tous !

D’autres mesures marqueraient clairement un changement de politique éducative. Ainsi en est-il de l’abandon des sanctions et des poursuites contre toutes celles tous ceux qui ont été sanctionné-e-s pour s’être mobilisé-e-s contre les politiques de régression sociale et éducative, notamment les désobeisseurs que M. Peillon a reçu mais sans entendre leurs revendications. Ainsi en est il aussi de l’abandon demandé à la quasi unanimité du dispositif Eclair, du GIP pour les GRETA, et dans le supérieur du pacte de recherche et de la loi LRU dont vous avez pourtant annoncé l’abrogation. Au contraire, le ministère maintient le concept du socle commun, le Livret Personnel de Compétences « simplifié », le Service Minimum d’Accueil, poursuit la réforme du lycée et du bac pro 3 ans. Il tente d’imposer par la force des redéfinitions de disciplines pour les enseignants de STI ; nous demandons l’abrogation de la circulaire à l’origine des changements de nomenclature Autant de sujets sur lesquels les personnels se sont déjà largement mobilisés pour exprimer leur désaccord ! Parmi les rares mesures prises celle concernant la mise en place des agents de prévention et de sécurité n’est que de la poudre aux yeux sécuritaire en lieu et place de personnels de vie scolaire statutaire et en nombre suffisant.

On nous répondra sans doute qu’il faut attendre le résultat de la grande concertation « pour la refondation de l’école » et la rédaction de la loi d’orientation. Pourtant, comme nous le craignions, l’essentiel des décisions semblaient largement engagées avant même que la consultation ait débuté, et aucune rupture avec le démantèlement libéral du service public d’éducation ne s’annonce… et au contraire les actes de décentralisation marquent la poursuite de ce démantèlement.

L’orientation et l’enseignement professionnel décentralisé dans le dos de la concertation Ainsi, alors que les ateliers sur l’orientation se tenaient, on apprenait par une dépêche de l’AEF que le 1er ministre venait de signer avec l’ARF un document confiant aux régions l’animation et la coordination du service public d’orientation et leur transférant le pilotage et l’animation de l’offre d’orientation tout au long de la vie incluant le public scolaire. Ce même accord Etat-Régions contient des mesures de décentralisation de l’enseignement professionnel. Le pilotage de l’évolution de la carte des formations est confié aux Régions, qui adapteront les formations aux besoins du marché local de l’emploi avec le risque de voir disparaître celles qui n’y ont pas de débouchés. Développer la mobilité dans le cadre de la réorganisation de la carte des formations, cela revient à diriger des élèves de plus en plus jeunes vers des établissements de plus en plus éloignés de leurs lieux de vie, avec le risque d’aggraver le décrochage et l’échec. Ceux qui ne voudraient pas s’y soumettre seront contraints d’accepter une place restée vacante dans une section non choisie.

SUD éducation et Solidaires continueront de défendre, notamment lors de la rédaction du projet de loi d’orientation, des revendications pour une école démocratique, critique et émancipatrice, avec des personnels titulaires en nombre suffisant. Mais pour le service public d’éducation comme pour l’ensemble des questions qui touchent au monde du travail, un véritable changement dépendra avant tout des mobilisations.

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28 septembre 2012 5 28 /09 /septembre /2012 06:05

Rythmes scolaires, contrats d’avenir professeurs, soutien numérique, prévention et sécurité… Tout l’été les annonces unilatérales du gouvernement sur le sujet de l’éducation nationale ont fait écho à la prétendue concertation sur « la refondation de l’école » lancée en grande pompe par Vincent Peillon.

Des semaines durant, parents d’élèves, organisations représentatives des personnels, responsables associatifs, mouvements d’éducation populaire, collectivités locales, milieux économiques ont été occupés à la recherche de la pierre philosophale pendant que, se succédant à la tribune, Ayrault et Peillon enchaînaient les engagements et déclarations politiques sans jamais considérer le travail de tout ce petit monde. Nous dénonçons d’ailleurs le fait que les personnels eux-mêmes aient été les grands absents de cette concertation.

Dernier exemple en date : l’Etat et l’ARF (Association des Régions de France) qui signent le 12 septembre une déclaration commune qui transfère aux Régions, avec d’autres prérogatives, la carte des formations de l’enseignement professionnel et qui engage la décentralisation du service public d’orientation – ce qui avait été une des rares contre-réformes bloquées par la grande lutte de 2003. Forts du bilan catastrophique de la décentralisation des personnels ouvriers, pour ces personnels et les établissements, nous dénonçons cet accord Etat Régions, et nous opposerons à une nouvelle étape dans le démantèlement du service public d’éducation. Sud éducation a d’ailleurs claqué la porte de l’atelier consacré à la formation et à l’orientation professionnelles.

Associés à un projet qui n’est pas le nôtre, mais prétendument placé sous la bonne étoile de la démocratie participative, nous constatons qu’emporté par sa logique libérale le gouvernement « frappe la monnaie » qui a cours : le démantèlement de l’école publique et la mise au pas de ses personnels ! Tout ceci se fait au nom d’une école de « l’égalité des chances »… A cela nous opposons une école de l’égalité des droits, une école émancipatrice.

Dans le cadre de la prétendue concertation et sur fond d’expulsions massives de roms et de sans-papiers, notamment de jeunes majeurs scolarisés, nous avons souvent constaté que la « refondation » n’avait pas permis de remettre en cause ou même de questionner des volets les plus contestés et les plus nuisibles des contre-réformes de ces dernières années. Dans ces conditions, nous ne nous faisons aucune illusion sur le contenu de la future loi de programmation scolaire, qui doit normalement traduire en acte cette concertation. Dans le même temps, les collègues effectuent la pire rentrée sur le plan des conditions de travail avec 13000 suppressions de postes supplémentaires par rapport à celle de 2011, et des stagiaires toujours placé-e-s dans des conditions impossibles.

Si le gouvernement a changé, ce n’est pas le cas de nos revendications. Elles restent les mêmes, elles sont publiques : en particulier, une véritable formation sous statut de fonctionnaire stagiaire, la résorption de la précarité par la titularisation sans condition, l’abandon de tout système de fichage…

La fédération SUD éducation ne se définit pas comme un « partenaire social », mais comme un outil de lutte au service des revendications des personnels. Toutefois, elle avait décidé d’être présente aux séances de la concertation nationale pour y porter ses revendications et pour informer les collègues.

A l’issue de cette concertation, après avoir entendu les propositions des un-e-s et les projets des autres, nous tenons à faire savoir sans ambiguïté qu’il n’y a pour nous ni « diagnostic partagé » avec le gouvernement et le patronat sur l’école, ni « consensus » sur la « refondation » du système éducatif.

Seule la construction d’un rapport de force permettra d’imposer des alternatives à l’école du tri social et à l’austérité.

Plus que jamais, dans ces conditions, notre énergie militante sera mobilisée dans les semaines et mois à venir pour construire les luttes pour une autre école, une autre société.


Texte adopté par le Conseil Fédéral le 27 septembre 2012

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26 septembre 2012 3 26 /09 /septembre /2012 07:03

 Un collectif ornais d’organisations opposées à la ratification du Traité Merkozy s’est réuni le vendredi 14 septembre.

A cette occasion, les personnes présentes se sont fixées un certain nombre d’objectifs :

. Populariser notre opposition à toute poursuite de l’austérité permanente qu’annonce le traité TSCG dit Pacte budgétaire ;

. Faire en sorte que les parlementaires locaux s’opposent par leurs votes à la ratification du TSCG (vote prévu début octobre) ;

. Concourir au succès de la manifestation nationale du 30 septembre prochain ;

. Profiter de l’occasion pour mettre en débat l’Union Européenne ;

Dans l’immédiat nous organisons un covoiturage vers la manifestation unitaire nationale calée à Paris pour le dimanche 30 septembre (départ Nation) ;

Rendez-vous le 30/9 à la gare d’Alençon à 10h 30.

Une lettre sera transmise sous peu aux parlementaires ornais, puis rendue publique.


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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 15:58

 

Appel de la fédération SUD éducation

Le gouvernement veut faire adopter en urgence le Pacte budgétaire négocié par Sarkozy et Merkel. Ce traité conduirait à des politiques d’austérité partout en Europe. Les conséquences seraient désastreuses pour les services publics, les solidarités, les droits sociaux et les salaires. Le service public d’éducation et ses personnels ne seront pas épargnés. Seule la lutte peut modifier le rapport de force. Un cadre unitaire large appelle à une manifestation nationale le 30/09. C’est l’occasion de lancer un processus de mobilisation pour refuser l’austérité et imposer des alternatives.

François Hollande veut faire croire que son engagement de renégocier le Pacte budgétaire européen a été respecté, alors que rien n’a été modifié. Officiellement appelé traité sur la stabilité, la coordination et la gouvernance (TSCG), il reste totalement inacceptable. Il institutionnalise les politiques d’austérité qui mènent tous les pays européens à la récession. Il impose de ne pas dépasser un déficit de 0,5 %, et des sanctions automatiques pour les États qui ne respecteraient pas cet impératif néolibéral.

Son adoption servirait de prétexte au gouvernement pour justifier des politiques d’austérité par des coupes massives dans les dépenses publiques (protection sociale, services publics), la destruction des droits sociaux et l’aggravation du chômage, de la pauvreté et des inégalités. Il serait utilisé comme alibi pour revenir sur les quelques promesses « sociales » du candidat Hollande. De toutes parts, on laisse déjà entendre que « la dégradation de la situation économique » pourrait amener à ne pas tenir l’engagement de recréer les 60000 postes annoncés dans l’Éducation Nationale, alors qu’il ne s’agit déjà que de redéploiement d’autres secteurs publics.

Imposés au nom du poids des dettes publiques, ce traité et ces politiques augmenteraient au bout du compte les déficits faute de recettes fiscales. Il faut stopper cette spirale dépressive qui ne peut que mener à une austérité et à des reculs sociaux sans fin, et faire le lit des forces d’extrême droite. Seule la mobilisation permettra de changer les rapports de force pour imposer des alternatives.


La fédération SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires et le collectif unitaire contre le Pacte budgétaire européen qui regroupe associations, syndicats et partis politiques de gauche, appelle les salarié-e-s, les retraité-e-s, les chômeurs/euses, à se mobiliser et à manifester.


La fédération SUD éducation :

 - refuse la ratification du pacte budgétaire européen et les politiques d’austérité ;

 - revendique l’annulation de la dette publique et une tout autre répartition des richesses ;

 - invite à renforcer les cadres unitaires de mobilisation ;

 - appelle à manifester à Paris le 30 septembre ;

lundi 24 septembre 2012

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 15:54

 

La concertation montre son vrai visage ! SUD éducation claque la porte de cet atelier

Alors que la concertation sur la refondation de l’école et sa thématique « orientation » est en cours on apprend par une dépêche de l’AEF que le 1er ministre vient de signer avec le président de l’Association des Régions de France un document présentant « 15 engagements pour la croissance et l’emploi » dont 2 concernent directement l’orientation (voir doc associé). L’engagement nº 8 confie aux régions l’animation et la coordination du service public d’orientation tandis que le nº 12 transfère le pilotage et l’animation territoriale de l’offre d’Orientation Tout au Long de la Vie qui, jusqu’à présent, se limitaient à un public non scolaire. Détournés de leur mission initiale, les CIO vont, par ces engagements, être associés au service de l’insertion professionnelle immédiate, aux besoins locaux de l’emploi.

Sans s’interroger sur les spécificités des professionnels de l’orientation (formation à Bac + 5 dans les domaines de la Psychologie et de la Sociologie) le gouvernement considère-t-il que l’autorité fonctionnelle des Régions est plus propice à la construction des élèves et que les problématiques propres à la jeunesse peuvent être traitées comme celles des adultes ?

On assiste ici à une grave dénaturation de l’orientation à l’école.

Si l’orientation « fonctionne mal » selon les propos du ministre de l’Éducation nationale, pas un instant il n’aborde les raisons historiques de cette dégradation :
-  suppression massive de postes de conseillers d’orientation psychologues (1 poste sur 6 remplacé depuis 5 ans) ; 
- précarisation du corps ;
- démantèlement du réseau des CIO par suppression et fusion des structures ;
- transfert aux enseignants des tâches d’orientation ;
- et, plus récemment, mise en place des procédures de labellisation dans les territoires en application de la loi OFPTLV dont SUD Éducation demande l’abrogation.

SUD Éducation refuse de participer à ce jeu de dupe. Nous mettrons tout en œuvre pour faire connaître les méthodes utilisées, les objectifs définis et les conséquences pour les élèves et les familles.

lundi 24 septembre 2012

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24 septembre 2012 1 24 /09 /septembre /2012 15:52

Ce matin, 20 septembre 2012, M.Peillon, invité sur France Culture, a déclaré qu’il ne reviendrait pas sur les sanctions prises à l’égard des enseignant-es « désobéisseurs. ». Il se coupe ainsi des enseignant-es qui luttent pour une éducation de qualité.

Pour rappel, le mouvement des « désobéisseurs », apparu en 2007-2008, regroupe des enseignant-es qui n’ont pas appliqué certaines directives officielles prises par le gouvernement Fillon et le ministre de l’éducation de l’époque Xavier Darcos. Ces directives, dénoncées par SUD éducation, renforcent un modèle éducatif tourné vers la concurrence entre élèves, (livret personnel de compétence, évaluations CE1, CM2), accentuent le fichage généralisé (Base élève) et sont un pas de plus vers une éducation à deux vitesses bien loin d’un service public de l’éducation pour toutes et tous. Ces enseignant-es ont fait acte de résistance pédagogique.

Après avoir reçu une délégation d’enseignant-es désobéisseurs le 26 juillet dernier, Vincent Peillon, qui dit les avoir écouté, ne les a donc pas entendu. Sous prétexte qu’un-e enseignant-e doit appliquer les lois en tant que fonctionnaire, M.Peillon ferme donc aujourd’hui la porte à la levée des sanctions. La Fédération SUD éducation réaffirme avec force que ces enseignant-es montrent au contraire leur attachement à un service public d’éducation de qualité, orienté vers la réussite de toutes et tous , basé sur des valeurs de solidarité et d’émancipation individuelle et collective.

La Fédération SUD éducation réaffirme son soutien aux enseignant-es en résistance pédagogique. Nous demandons au ministre de l’éducation nationale la levée de toutes les sanctions (disciplinaires, administratives et financières) infligées à nos collègues. Tous les enseignant-es sanctionné-es, y compris ceux qui sont à la retraite, doivent être réintégré-es dans leurs droits.

Saint-Denis, le 20 septembre 2012

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17 septembre 2012 1 17 /09 /septembre /2012 09:49

Depuis plus de 20 ans, le libéralisme mène l’offensive contre la retraite par répartition. Un salaire continué pour tous après le départ en retraite apparaît comme une injure au capitalisme financier. Ils appellent « charges sociales » ce que nous appelons « salaire indirect », et ne veulent plus le payer. La solidarité entre générations est pourtant à ce prix, quand le prix du travail des actifs finance les retraites de ceux qui eux-mêmes ont financé la retraite de la génération précédente.

 

Retraites à vendre

Dans le mouvement de marchandisation du monde, ils prétendent nous vendre aussi nos retraites. Pour imposer le recours à des fonds de pension, ils diminuent le montant des retraites par répartition. Pour cela plusieurs leviers : allonger la durée de cotisation, repousser l’âge de départ, appliquer de lourdes décotes à celles et ceux qui ne remplissent pas les conditions de trimestres cotisés au moment du départ.

 

20 ans de reculs

En 1993, le gouvernement Balladur porte de 37,5 à 40 années la durée de cotisation pour une retraite complète pour les salariés du privé.

 

En 2003 le gouvernement Raffarin-Fillon impose cet allongement aux fonctionnaires malgré des grèves importantes et reconduites en mai et juin notamment dans l’Éducation nationale. Une décote de 5% s’applique au montant de la pension pour chaque année de cotisation manquante. Cette mesure a fait chuter le montant de la retraite de nombreux salariés du privé dès son application en 1994. En 2008, Sarkozy s’attaque aux régimes spéciaux de retraite pour faire disparaître toute référence aux 37,5 annuités. En 2010, malgré des millions de manifestants et de grévistes, Sarkozy ne lâche rien, repousse l’âge de départ en retraite et allonge la durée de cotisation pour l’ensemble du monde du travail.

 

Des retraites à la baisse

Toutes ces mesures contribuent à diminuer le montant des retraites (travailler plus pour gagner moins) quand la durée réelle moyenne de cotisation est aujourd’hui de 37,5 annuités comme l’indique le Conseil d’Orientation des Retraites.

 

Dans l’Éducation nationale, les réformes de 2003 puis de 2010 ont multiplié les départs avec retraites incomplètes. Dans le premier degré où de nombreux collègues ont atteint l’âge de départ sans même avoir accédé au 11e échelon, la baisse des pensions est significative. Le droit réel de départ à 55 ans a été cassé pour celles et ceux qui avaient cette possibilité. Nombre d’enseignants retraités cherchent un complément de revenu… Dans les rangs des cadres B et C les retraites inférieures à 1 000 euros se multiplient. La non prise en compte des années d’étude rend impossible un départ à 61 ans avec une retraite complète pour un enseignant. L’allongement de la durée de cotisation, c’est en fait la décote pour tous ou la possibilité d’une retraite véritable à… 65 ans et plus.

 

Le temps de la contre offensive ?

En juin le gouvernement a rétabli le droit de partir à 60 ans pour quelques dizaines de milliers de salariés ayant commencé à travailler avant 20 ans. Avec l’Union syndicale SOLIDAIRES nous jugeons cela totalement insuffisant. Nous voulons l’abrogation des contre-réformes imposées depuis 1993. Nous voulons la retraite pour tous à 60 ans. Nous voulons travailler à relégitimer la revendication de 37,5 annuités pour tous pour une retraite à taux plein, non seulement parce que cette durée correspond à la réalité actuelle constatée mais aussi parce que nos sociétés sont suffisamment riches de la productivité du travail pour assurer à ce niveau la solidarité entre les générations.

 

Reprendre l’offensive, c’est dans l’immédiat imposer la suppression de tout le système de décotes, véritable double peine qui casse le montant des retraites de pratiquement toutes celles et tous ceux qui sont en âge de partir. Avec l’arrivée en retraite des générations du baby boom, un choix de société se dessine. À nous de mettre le partage des richesses et la solidarité entre les générations au centre des débats.

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14 septembre 2012 5 14 /09 /septembre /2012 13:05

Le gouvernement a lancé cet été une consultation « pour la refondation de l’école », dont l’objectif affiché est de préparer une loi d’orientation et de programmation scolaire.

Au niveau national,SUD éducation a décidé de participer à cette concertation pour y porter ses revendications et informer les personnels. Après les séances de l'été, nous constatons que les craintes que nous exprimions au lancement de cette concertation se voient confirmées :

Si cette concertation permet à beaucoup d’acteurs et d’actrices (syndicats, associations, collectivités, "experts", "personnalités") d’exprimer leur point de vue, elle s’inscrit dans un calendrier beaucoup trop serré pour traiter de façon suffisante l’ensemble des thèmes.

A l’évidence le champ des questions ouvertes à la consultation est limité et purement formel, l’essentiel des décisions semblent prises avant même que la consultation ait débuté. Par exemple, le ministre qui affirmait en juillet que « la reconstruction de la formation initiale […] comme la mise en place d’un pré-recrutement […] seront définies à l’issue de la concertation  »  a décidé unilatéralement de créer le dispositif « Emploi d’Avenir Professeur » entérinant au passage la "mastérisation" (passage de 3 ans à 5 ans de formation universitaire pour les enseignant-es, dispositif avec lequel SUD éducation est en désaccord, nous préférons trois ans de formation universitaire et deux ans de formation professionnelle).

Que ce soit pour les rythmes scolaires, l'orientation, l'enseignement professionnel, les dispositifs d'évaluations des élèves et des personnels, l'intérêt des élèves sera-t-il réellement pris en compte, quand on voit qu'une des premières mesures du nouveau ministre a été de recruter massivement des personnes sous contrats précaires !

Dans l'Académie de Caen, la "concertation" est une coquille vide : la semaine de la rentrée de septembre, les personnels étaient invités à déposer par écrit, AU PLUS TARD le 12 septembre, leurs contributions sur un site internet. Le moment est mal choisi, la rentrée constituant toujours un moment particulièrement difficile, ne laissant pas de temps à des activités annexes. Il aurait fallu banaliser une journée de classe et permettre aux personnels, parents, élus, associations complémentaires de se retrouver localement pour débattre et faire des propositions plutôt que de demander à chacun et chacune, individuellement, de déposer des contributions en un temps très limité..

Ensuite, le 14 septembre, 200 personnes triées sur le volet sont invitées à débattre autour de 6 tables rondes à Caen. Plus de 30 personnes par sujet, ce sera une juxtaposition de prises de parole successives où chacun-e exprime sa vision du sujet, sans réelle confrontation des points de vue..

Dans l'Orne ? Rien , rien, rien. A part l'affichage obligatoire dans les établissements scolaires de la lettre du Ministre sur la consultation !!!

Les attentes de nos collègues, les besoins des élèves, en particulier des plus fragiles, sont immenses. Mais la méthode choisie laisse imaginer que ce sont les convictions du Ministre qui vont finir par s'imposer, hors de toute écoute des personnels, parents, élus locaux...

Pourle service public d’éducation, un véritable changement dépend avant tout des mobilisations.

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 11:06

 

Hollande et Peillon multiplient les tentatives pour donner l’illusion du grand changement annoncé dans l’éducation et officiellement entamé avec la grande concertation nationale. Mais les quelques saupoudrages et effets d’annonces ne suffiront pas à compenser la politique de la terre brûlée des années précédentes. Dernier en date, voici que les APS (agents prévention et sécurité) s’installent dans les établissements sensibles. Promesse de campagne du candidat Hollande, ce sont 500 nouveaux postes précaires (un nombre dérisoire - 5 par département en moyenne) qui sont créés à la va vite ici et là sur le territoire avec pour mission de « prévenir les situations de violence ».

 

Entre vigiles et surveillants, ils sont recrutés à bac+2 directement par le chef d’établissement et selon les conditions d’emploi des assistants d’éducation pour une période minimale de trente-neuf semaines et maximale de quarante-cinq semaines. Les heureux élus doivent justifier d’une «expérience avec la jeunesse » et sont affectés dans des établissements choisis au regard du nombre de signalements d’incidents et de conseils de discipline, du taux d’absentéisme, et du nombre d’élèves exclus définitivement. Ces surveillants à part doivent notamment intervenir en cas de conflit et assurer le lien avec les forces de l’ordre en cas d’incident grave...

 

Alors même que les ateliers de concertation du ministère établissent l’urgence de recréer une « école bienveillante » par la pérennisation d’emplois stables, un travail en équipes, l’amélioration de l’accueil, une attention particulière portée au décrochage... le gouvernement impose sans concertation une orientation inverse, faisant une fois de plus basculer les établissements sensibles dans le sécuritaire au détriment de choix éducatifs émancipateurs. La mise en place des APS démontre une fois de plus la méconnaissance totale des raisons de la violence scolaire.

 

Ce « nouveau métier » s’inscrit dans une lignée déjà (trop) longue : portails électroniques, vidéosurveillance, débat récurent sur le port de l’uniforme, équipes mobiles de sécurité...

 

Entre dénaturation sécuritaire et restructuration libérale par la précarité et les suppressions massives de postes de surveillants et CPE, la Vie scolaire est en état d’urgence !

 

La violence n’a fait qu’augmenter au gré de la disparition des services publics de proximité. Toutes les expériences allant dans le sens du tout sécuritaire ont démontré leur inefficacité en ne faisant que jeter de l’huile sur le feu sans jamais se donner les moyens de prendre à bras le corps les problèmes sociétaux cristallisés dans les quartiers sensibles et qui stigmatisent une jeunesse laissée à l’abandon. Les choix d’affectation et la fonction des APS s’inscrivent en toute logique dans la constitution des zones de sécurité prioritaires annoncées par le ministre de l’Intérieur et apparaissent comme un nouveau signe de répression en direction de la jeunesse.

 

SUD éducation réaffirme l’importance fondamentale de créer massivement des emplois de vie scolaire pérennes et bénéficiant d’une réelle formation.

 

Refusons la précarité des personnels, les politiques sécuritaires et autoritaires de l’éducation. Plus que jamais réclamons une autre école pour une autre société… solidaire, égalitaire et démocratique.

 

fédération SUD éducation mardi 11 septembre 2012

 

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11 septembre 2012 2 11 /09 /septembre /2012 07:19

Un bref compte rendu a été envoyé hier soir aux écoles de l'Orne -nous en demander une copie- et un compte rendu détaillé aux adhérent-es de SUD éducation -envoi contre bulletin d'adhésion .

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