24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 16:40

Mercredi 29 janvier 17h à Alençon devant la mairie.

Publié le vendredi 24 janvier 2020 sur https://www.sudeducation.org/Pour-nos-retraites-on-continue-jusqu-au-retrait.html

Le mouvement contre la réforme des retraites connaît de multiples rebondissements, avec de nouvelles actions menées chaque jour. Dans notre secteur, les mobilisations contre les E3C et la LPPR dans le supérieur apportent leurs nouveaux lots de grévistes. Construisons chaque jour la grève jusqu’au retrait !

La fin de l’âge pivot ? Un sacré enfumage

Que les choses soient claires : l’âge pivot provisoirement suspendu (article 56) ne concerne que les générations nées entre 1960 et 1975. Et encore, même celui-ci pourra être soit inscrit dans la loi (si les partenaires sociaux ne trouvent pas de solution satisfaisante pour le gouvernement d’ici avril), soit rétabli ultérieurement par simple ordonnance. Pour tou-te-s les autres, l’âge pivot à plus de 64 ans, c’est-à-dire un recul pur et simple de l’âge de départ à la retraite, est bel et bien maintenu. La CFDT et l’UNSA font donc croire à tout le monde qu’une avancée significative a été obtenue : ce petit jeu médiatique, qui oublie tout le reste, est objectivement dans l’intérêt du patronat. Ne nous laissons pas enfumer : c’est bien le retrait du projet de loi qu’il faut revendiquer.

Les femmes grandes perdantes

Le gouvernement tente un tour de force majeur : faire croire que les femmes bénéficieraient de la réforme des retraites. Il est insupportable d’être ainsi manipulées : les femmes seront au contraire les grandes perdantes, tout le monde le sait. En effet, dans la fonction publique, le passage d’un mode de calcul sur les 6 derniers mois à une prise en compte de l’ensemble de la carrière va inévitablement entraîner une baisse des pensions : en effet, les femmes connaissent beaucoup plus de périodes à faibles revenus (temps partiels, congés parentaux). Les autres dispositions de la réforme (points supplémentaires accordés pour les enfants, pensions de reversion) vont dans le même sens : le projet de réforme aggravera encore plus les inégalités hommes-femmes entre pensionnées !

En grève, en manif et en AG le 29 janvier !
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24 janvier 2020 5 24 /01 /janvier /2020 16:37
Mercredi 29 janvier 17h à Alençon devant la mairie.

Edouard Philippe a de nouveau affirmé éhontément mercredi 11 décembre que les femmes seraient les grandes « gagnantes » de la contre-réforme des retraites projetée par le gouvernement. Blanquer a répété le discours de son Premier ministre.
Il n’en est rien : bien au contraire les femmes seront les grandes perdantes. Dans l’Éducation nationale féminisée à plus de 60%, les emplois les moins rémunérés et les moins qualifiés sont occupés très majoritairement par des femmes, tout comme dans l’Enseignement supérieur et la Recherche. Il est urgent d’obtenir l’abandon de ce projet délétère pour les femmes : en grève le 29 janvier, avant, après, jusqu’au retrait du projet de loi ! 

 

Les salaires et calcul de pension

À l’heure actuelle, les pensions des femmes sont à l’image des rémunérations salariales (en moyenne, le salaire des femmes est 25 % de moins que celui les hommes) : inférieures de 42% à celles des hommes. La contre-réforme des retraites creusera encore plus ces inégalités.

Le projet de contre-réforme repose sur un changement majeur : le calcul de la pension sur l’intégralité de la carrière au lieu des 6 derniers mois pour le public et des 25 meilleures années pour le privé actuellement. Cela imposerait un taux de remplacement inférieur à 60% sur le salaire moyen de l’intégralité de la carrière ; c’est très inférieur aux 75% du dernier traitement dans la Fonction Publique ou des 25 meilleures années dans le privé. Ce changement de calculs a pour effets principaux de diminuer globalement les pensions et de pénaliser les carrières heurtées.
C’est en particulier le cas des femmes, conduites à arrêter momentanément de travailler ou à se mettre à temps partiel pour assumer l’éducation des enfants.

La prise en compte des primes dans le calcul des pensions n’aura qu’un effet marginal sur les pensions. Elles sont en effet faibles dans l’Éducation nationale, elles correspondent en effet à 9% de la rémunération et sont déjà source d’inégalité salariale entre les hommes et les femmes. En effet, ce sont les hommes qui effectuent très majoritairement des heures supplémentaires dans le 2d degré (ce qui contribue fortement à l’écart de rémunération entre hommes et femmes chez les enseignant-e-s).

La durée de cotisation

Depuis la réforme sur les retraites de 2003, qui a augmenté la durée de cotisation, 20 % des personnels partent avec une décote. La carrière commençant en général vers 25 ans, les personnels partant à 62 ans subissent des décotes importantes.
Le gouvernement a pour projet d’ajouter un prétendu âge d‘équilibre fixé initialement à 64 ans, amené à reculer encore pour les générations suivantes (jusqu’à 66 ans pour la génération 1987). Il faudra donc travailler encore
plus tard pour ne pas subir de décote.

Les enfants

Aujourd’hui les femmes bénéficient d’une bonification sous forme de trimestres supplémentaires :
- quatre trimestres par enfant né avant 2004, deux trimestres par enfant né après 2004 dans le public ;
- quatre trimestres par enfant dans le privé ;
- dans le privé, quatre trimestres supplémentaires sont accordés à l’un ou l’autre des parents au choix.

À cela s’ajoute une bonification de 10 % pour le 3e enfant et 5 % supplémentaires pour chaque naissance à suivre.

Ce système, pour inégalitaire qu’il soit entre fonction publique et secteur privé, permet à tout le moins aux femmes de partir plus tôt en réduisant, voir supprimant la décote, et améliorant ainsi la pension. C’est donc un mécanisme qui quoiqu’imparfait tend à réduire à la retraite les inégalités de revenus subies par
les femmes dans la vie active.
À la place, le projet Macron-Philippe prévoit que 5% de points supplémentaires seront accordés pour chaque enfant, mais... à prendre par le père ou la mère ou à
répartir pour moitié. La tentation sera grande de donner le bonus au salaire le plus élevé, qui est souvent celui du père. Ce mécanisme ne permettrait plus de réduire la durée de cotisation pour les femmes : il s’agit d’une régression profonde.

La pension de réversion

Le système des pensions de réversion sera conservé (70 % du revenu du couple garanti) mais elles ne seront versées qu’à partir de 62 ans . Dans le régime actuel dans le privé, il est possible d’en bénéficier à partir de 55 ans et il n’y a pas d’âge limite dans le public. Cela entraînera donc des années de précarité financières pour pouvoir bénéficier de cette pension.
De plus, la réforme précarise les femmes divorcées ou remariées car elles ne bénéficieront plus de la pension de réversion : c’est un coup porté à l’indépendance financière des femmes mais aussi à leur sécurité. Elles risquent en effet de ne plus divorcer pour éviter une précarité financière et de rester avec un conjoint violent, alors même qu’un féminicide sur quatre est commis alors que la victime est à la retraite.

SUD éducation revendique :
- le retrait du projet Macron/Delevoye L’égalité au cœur du système et la compensation des discriminations de carrières :
- une retraite égale dans les faits pour les hommes et les femmes. Cela implique une réelle égalité salariale mais aussi une répartition égalitaire ou a minima totalement compensée des charges éducatives et domestiques.
- en ne prenant en compte que les meilleures années de la carrière ou la dernière rémunération ;
- en permettant à tous et toutes un départ à 60 ans, au plus tard, et en prenant en compte la spécificité des pénibilités ou des situations professionnelles ;
- en partant avec une retraite équivalente (ou équivalant) à 75 % des meilleures années, ou du dernier salaire, et rien en dessous du Smic.
Le 29 janvier, en grève jusqu’au retrait ! 
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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 10:41

Vœux de l’intersyndicale Enseignement Supérieur et de la Recherche

Au moment où Mme Vidal, ministre de l’Enseignement supérieur, de la Recherche et de l’Innovation adresse ses vœux, nous, organisations syndicales de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) -engagées dans la lutte pour le retrait du projet de loi sur les retraites- adressons nos vœux pour 2020 à l’ensemble du personnel et des étudiants de l’ESR. Nous souhaitons que nos luttes soient couronnées de succès pour obtenir :

1. le retrait de la réforme des retraites par points, et le maintien du calcul des pensions sur la base des 6 derniers mois ;

2. une loi de programmation pluriannuelle pour la recherche soutenant un véritable service public de recherche et qui s’appuierait sur :

  • la revalorisation des rémunérations ;
  • un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires, enseignants-chercheurs, chercheurs, ingénieurs, personnels techniques de bibliothèques et administratifs à hauteur de 6 000 créations par an pendant 10 ans ;
  • dès à présent, le dégel de tous les emplois vacants ;
  • la fin de la politique de précarisation, en particulier du recours massif aux vacataires, l’ouverture aux vacataires des droits sociaux, et la mise en place d’un plan de titularisation des contractuel·les ;
  • une réelle augmentation du financement public de l’ESR : 3 milliards d’€/an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1 % du PIB pour la recherche publique et 2 % du PIB pour l’enseignement supérieur ;
  • une augmentation significative des dotations de base des laboratoires de recherche ;

3. la garantie d’un libre accès à l’Enseignement Supérieur pour l’ensemble des bacheliers et bachelières et les mêmes droits pour toutes et tous les étudiant·es, sans discrimination de nationalité et d’âge ;

4. la résorption de la précarité étudiante par une réforme en profondeur et l’augmentation importante immédiate d’au moins 20 % des bourses étudiantes, l’augmentation du nombre de logements en cité universitaire gérés par les CROUS, la baisse du prix des loyers et le gel du prix du ticket restaurant universitaire ;

5. des moyens financiers et humains pour les services de santé universitaires et les CROUS.

Ensemble, par la mobilisation et la grève, faisons de l’année 2020, une année de progrès social avec un enseignement supérieur et une recherche publique au service de toutes et tous.

Signataires : Alternatives, CGT-FERCsup, CGT-INRA, SNTRS-CGT, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, SNESUPFSU, SNEP-FSU, Solidaires étudiant-e-s, SUD EDUCATION, SUD RECHERCHE EPST, UNEF

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23 janvier 2020 4 23 /01 /janvier /2020 10:34

E3C : Solidarité avec les 13 de Beauregard judiciarisé-es pour l’exemple

Communiqué de SUD éducation


Une plainte en justice absurde et scandaleuse

Lundi 20 janvier, comme un peu partout, les personnels du lycée Beauregard de Montbrison avaient décidé d’agir pour dénoncer les nouvelles épreuves communes de contrôle continu (E3C).

Leur choix collectif a été de faire passer les épreuves et de retenir symboliquement quelques heures les copies dans un placard fermé à clef de l’établissement, afin de convoquer la presse pour sensibiliser le public aux inégalités de traitement que ces nouvelles modalités d’examen génèrent. À 16h00, la proviseure du lycée leur a demandé de rendre les copies faute de quoi elle devrait porter plainte. Les enseignant•e•s ont alors restitué les copies sans délai. Mais à 17h30 ils et elles apprenaient qu’une plainte avait bel et bien été déposée à l’encontre des 13 enseignant•e•s chargé•e•s de surveillance des épreuves.

Le ministère joue les gros bras

Le mardi 21 les enseignant•e•s du lycée étaient massivement en grève. Lors de l’audience que les collègues ont obtenu avec une intersyndicale, l’Inspecteur d’académie a expliqué que la plainte ne serait pas retirée et que la décision de porter plainte avait été prise personnellement par le Recteur d’académie en lien direct avec le ministère. Autrement dit, M. Blanquer a décidé de se saisir de la moindre occasion pour essayer d’intimider les personnels, dans une vaine tentative de casser les résistances alors que ses tentatives de les minimiser ne trompent personne. Il ne fait aucun doute que le Procureur classera sans suite cette plainte absurde, qui n’a pas d’autre objet que d’être un coup de communication sur la fermeté du ministère.

SUD éducation Loire et la fédération SUD éducation au niveau national apportent leur soutien total aux personnels du lycée Beauregard de Montbrison.
Nous exigeons le retrait de la plainte et l’abandon de toute sanction.

Le ministère veut la grève ? Faisons-lui plaisir !

Une action purement symbolique débouche sur une plainte en justice ? Le ministère aura gagné une grève massive des personnels le lendemain et la grève des surveillances des prochaines épreuves d’E3C les jours qui viennent. Rappelons que partout où les collègues ont décidé de faire grève aucune sanction n’a pu être envisagée par l’administration. La grève délie de toute obligation envers son employeur. Des mobilisations ont ainsi conduit dès le premier jour à l’annulation pure et simple des épreuves dans de nombreux territoires : à Clermont-Ferrand, à Rennes, à Bordeaux, à Nîmes, la Loire-Atlantique, le Val-de-Marne, la Seine-et-Marne. Dans le département de la Loire où se situe Montbrison, deux lycées ont vu les épreuves annulées lundi, Généralisons la grève !


SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à se mobiliser contre la tenue des E3C, par la grève et la tenue de piquets sur les centres d’examen. SUD éducation appelle à poursuivre la mobilisation contre la politique de casse des droits menée par le ministère et son gouvernement, avec une grève générale massivement suivie le 24 janvier.

Pour signer la pétition de soutien, cliquez ici.

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Communiqué les 13 de Beauregard

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Lettres des personnels du lycée au recteur de l’académie

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 18:31

https://www.sudeducation.org/Projet-de-reforme-des-retraites-ne-rien-lacher-jusqu-au-retrait.html

Multiplier les actions, étendre les grèves

Après plus de 45 jours d’une grève débutée le 5 décembre 2019, il est normal que beaucoup de grévistes de la RATP et de la SNCF reprennent le travail. Cependant, rien n’est fini. Le mouvement de grève contre la réforme des retraites s’est étendu à de nouveaux secteurs. Ports & docks, centre de traitements des déchets, bibliothèques, musées, opéras, avocats... Les secteurs qui contestent activement cette réforme sont nombreux. Dans les cortèges du 16 janvier on voyait également des délégations de nombreuses entreprises du privé (de la grande distribution, du BTP, de l’agro-alimentaire...).

Cette réforme nous concerne toutes et tous !

Il faut donc continuer le travail de conviction pour étendre encore la grève. En parallèle, de nombreuses actions contribuent à rendre visible la colère : jet d’outils de travail, actions « coup de poings », chorégraphies pour mettre en avant les conséquences sur les femmes, manifs aux flambeaux... les grévistes ne manquent pas d’imagination pour rendre visible une mobilisation qui reste majoritaire : encore 52% « d’opinions favorables » le 17 janvier (JDD-IFOP) et un front syndical lui aussi majoritaire (l’intersyndicale CGT-FSU-FO-Solidaires qui demande le retrait est largement majoritaire selon les dernières mesures de représentativités).
SUD éducation appelle donc à poursuivre les actions de tous types au cours de la semaine et tout particulièrement les 22 et 23 janvier.

Le 24 janvier, on arrête tout !

Le gouvernement ne cesse de répéter partout que la mobilisation est terminée et qu’il a su trouver un compromis en retirant l’âge pivot. C’est complètement faux : un âge d’équilibre est toujours présent dans le projet de loi et le retrait n’est présenté que comme provisoire. Sitôt la loi votée, le texte sera modifiée en ce sens, c’est le gouvernement lui-même qui l’annonce. Nous avons une réponse à apporter : la grève la plus massive possible le 24 janvier, des cortèges fleuves dans toutes les villes. Vendredi, soyons toutes et tous en grève. Le taux de gréviste va remonter de manière spectaculaire le 24 janvier à la SNCF et à la RATP comme dans de nombreuses entreprises et de nombreuses administrations. Le 5 décembre, nous étions plus de 70% de grévistes sur le ministère de l’Éducation nationale. C’est énorme ! Le refus de cette réforme est majoritaire. Nous pouvons gagner le retrait. Pour cela, il faut continuer à se mobiliser. Nous sommes dans une course de fond et le gouvernement a épuisé une bonne partie de ses forces dans la première moitié du parcours. Déposons partout nos DII pour le 1er degré, réunissons-nous dans les établissements, dans les services, dans les Universités.

Le 24 janvier, on arrête tout !

Toutes et tous en grève le 24/01
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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 08:44

L'AG Education de Caen a prévu un rassemblement aujourd’hui au  rectorat à 15h . Les stylos rouges appellent à tous se mobiliser cet après-midi.

Le combat n’est pas perdu, on peut encore gagner.

 Soyons nombreux-ses cet après midi à Caen et vendredi à Alençon !

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22 janvier 2020 3 22 /01 /janvier /2020 08:33

Retrouvons-nous à partir de 9h30 salle Baudelaire, pour confection de banderole, pancartes et répétition de danse

Manif 13h Préfecture

Et après la manif, AG salle Baudelaire
Pour discuter et décider de la suite du mouvement, de nouvelles initiatives

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 22:15

FAQ de SUD éducation

Les personnels se mobilisent massivement contre les E3C dans les lycées. SUD éducation vous informe sur vos droits.

Dois-je recevoir une convocation de la division des examens pour les E3C ?

Non, car la gestion des épreuves est déléguée aux établissements. Vous devez en revanche recevoir une convocation signée de votre chef-fe d’établissement.

Puis-je faire grève pendant les E3C ?

Bien sûr ! Des préavis de grèves sont déposés par SUD éducation jusqu’à la fin de l’année scolaire. Les personnels désirant se mettre en grève pour la période des E3C peuvent le faire.

Quelles conséquences si je suis gréviste durant les E3C ?

Vous serez considéré comme gréviste. À ce titre l’administration pourra procéder au retrait d’un trentième de votre salaire par journée de grève.

Puis-je faire la grève des corrections ?

Oui, l’administration vous comptabilisera comme gréviste sur la période de correction de façon continue et retirera autant de trentièmes (y compris les week end).

L’administration peut-elle me réquisitionner pour faire passer les E3C ?

Certainement pas ! La réquisition ne peut être ordonnée que par le préfet en application d’un décret pris en conseil des ministres. La réquisition ne s’adresse qu’à des fonctionnaires dont les fonctions sont vitales au maintien de l’ordre public, donc pas aux enseignant-e-s.

Que se passe-t-il si je reçois l’ordre du/de la chef-fe d’établissement de surveiller et corriger les E3C ?

Si vous êtes gréviste, l’ordre devient sans objet. La loi interdit toute sanction à votre encontre pour fait de grève.

Puis-je faire de la rétention de copies/notes des épreuves des E3C en guise de protestation ?

La correction des copies est une « charge normale d’emploi ». Par conséquent, retenir les copies papiers (si elles sont numérisées, il n’y aura pas de rétention possible) est susceptible d’être qualifié de faute, ou a minima d’un service non-fait. Il est donc préférable d’être gréviste durant la période de rétention.

J’ai d’autres questions

Je contacte mon syndicat SUD éducation

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 22:11

Contre la casse du service public de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche !

SUD éducation apporte son soutien à l’organisation des États généraux des facs et des labos en lutte, reproduit ci-dessous.

Après Parcoursup et la hausse des frais d’inscription pour les étudiant-e-s étranger-e-s, le gouvernement accélère la destruction du service public de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR) avec la préparation de la loi de programmation pluriannuelle pour la recherche (LPPR).

Mobilisons-nous ! Non à la LPPR ! Non à la dégradation des services publics ! Oui à un service public de l’ESR de qualité pour toutes et tous. Non à cette réforme des retraites inéquitable !

La LPPR : une remise en question profonde de l’université publique

Fin janvier 2020, sera discutée la Loi de Programmation Pluriannuelle de la Recherche. Les rapports préparatoires annoncent notamment, pour les enseignant-e-s et chercheurs-euses :

- la modulation de service obligatoire,

- le non-paiement des heures complémentaires,

- l’évaluation des services d’enseignement en crédits ECTS (European Credits Tranfer System) et non plus

en volume horaire (fin des 192h de service),

- l’instauration d’un système de régulation collectif des charges d’enseignement au niveau de la composante

(UFR, faculté, département) en y intégrant les laboratoires (les « excellents » en recherche ayant moins de

charges d’enseignement au détriment des soit-disant « moins excellents »),

- le recrutement de personnels via des CDI-chantier (un CDI prenant fin avec le financement du projet de

recherche) et des titularisations encore plus rares et tardives (« tenure track »)

- le renforcement de la logique managériale avec des dotations aux unités en fonction de l’évaluation

HCERES et la multiplication des primes variables.

Ces rapports sont consultables ici : http://www.sauvonsluniversite.com/spip.php?article8548, ainsi qu’une analyse critique de leur contenu : http://blog.educpros.fr/julien-gossa/author/julien-gossa/

L’accentuation des financements par projets, de la concentration des ressources dans certains pôles et de la multiplication de contrats à durée déterminée vont accroître d’autant plus la pression au travail des personnels administratifs et techniques, dans les universités et les établissements de recherche. Cette loi

renforcera encore la précarisation et la surcharge de travail pour l’ensemble du monde académique. Dans un courrier du 22 novembre 2019, la Cour des comptes a explicitement demandé que la LPPR permette d’augmenter de 9% le temps de travail des BIATSS dans les universités (sans augmentation des salaires !) et de contrôler davantage les congés et le temps de travail effectif.

La LPPR est aussi une nouvelle étape dans la mise en place d’une Université à deux vitesses, pénalisant la plupart des étudiant-e-s. Quelques universités d’excellence seront encore mieux financées, avec des statuts dérogatoires (recrutement hors CNU en particulier), des primes au rendement et attireront des étudiant-e-s d’origine favorisée. Mais la majorité des étudiant-e-s, notamment celles et ceux issus des classes populaires n’auront accès qu’à un système universitaire délaissé, limité au niveau licence pour l’essentiel, avec des personnels toujours plus précaires, sans moyens pour mener à bien leurs recherches.

La LPPR dégradera donc les conditions de travail et d’études pour toutes et tous, et elle favorisera les inégalités et les discriminations, à l’Université et au-delà.

Cette loi s’inscrit dans les transformations de l’université enclenchées par la Loi de responsabilité des Universités (LRU) de 2007 et poursuivies par la loi Fioraso de l’enseignement supérieur et de la recherche de 2013. Ce qui se dessine pour tous les personnels (enseignant-e-s, BIATSS, ITA, chercheurs-euses), c’est la remise en cause du statut de fonctionnaire, qui seul protège la liberté d’exercice des missions

d’enseignement et/ou de recherche et la réduction drastique du nombre de postes. Le gouvernement a d’ailleurs publié un décret le 1 er janvier 2020 autorisant le licenciement des fonctionnaires par rupture conventionnelle ! Et pour les étudiant-e-s, une sélection accrue (loi ORE) et l’extension de l’augmentation des frais d’inscriptions des étudiant-e-s.

Au nom d’une supposée excellence, qui signifie en réalité la marchandisation de l’université, on continue donc de détruire le principe d’un enseignement et d’une recherche ouverte à et au service de toutes et tous.

Contre la précarité pour toutes et tous : construire une mobilisation d’ampleur

Au fond, les contre-réformes proposées pour l’université ne sont pas différentes de celles qui détruisent petit à petit l’ensemble des services publics. Elles s’accompagnent d’une accentuation de la précarité des étudiant-e-s comme des salarié-e-s, contractuel-le-s et vacataires de l’université, et de la réduction du nombre de fonctionnaires – comme le prévoit la loi de l’École de la confiance de 2019 où une part beaucoup plus importante de la formation sur le terrain des futur-e-s enseignant-e-s servira à combler le manque d’enseignant-e-s titulaires. D’autres réformes s’inscrivent dans cette logique et visent spécifiquement notre secteur :

- La fin des ESPE et la réforme des concours d’enseignements qui vont accroître la précarité des professeur-e-s des 1er et 2d degrés,

- L’obligation de la certification en anglais pour les licences, qui annonce la mort des enseignements d’autres langues, la technicisation de l’enseignement de l’anglais et l’externalisation au privé de cette partie des études,

- La réforme des IUT qui annonce la fin des DUT.

Au-delà, la logique néolibérale qui préside à ces politiques est la même que celle de la contre-réforme des retraites (système par capitalisation au profit des fonds d’investissement) ou encore celle de l’assurance chômage. Or, ces deux réformes affectent également notre secteur :

- Dans un secteur où l’entrée en poste se fait entre 30 et 35 ans au minimum, avec des carrières en pointillées avant cette tranche d’âge, la réforme des retraites nous va directement nous toucher en nous faisant perdre un millier d’euros par mois environ à l’âge de la retraite.

- Dans un secteur où de nombreux précaires comptent sur l’assurance-chômage pour assurer les mois de non-paiement des heures d’enseignement, pour finir une thèse ou une recherche que l’on a pas eu le temps de terminer pendant la durée d’un contrat, la réforme de l’assurance-chômage va rendre encore plus difficiles les conditions de vie de nombreux-euses travailleurs et travailleuses de l’ESR.

Concernant l’université, ces contre-réformes sont combattues partout dans le monde, que ce soit au Chili ou au Québec pour ne citer que deux exemples récents. En France, de nombreuses mobilisations locales ont déjà lieu, pour des recrutements pérennes de postes de BIATSS ou d’ITA et contre l’augmentation de

leur temps de travail sans contrepartie par exemple, et les mouvements lycéens et étudiants contre Parcoursup en 2018 et celle des carrés rouges (contre la hausse des frais pour les étudiant-e-s non européen-ne-s) en 2019 ont dénoncé l’ensemble de ces contre-réformes.

Pour ce faire, nous proposons de réunir en région parisienne les 1er et 2 février 2020 des

ÉTATS GENERAUX DES FACS ET DES LABOS EN LUTTE.

Ces États généraux, qui se dérouleront en plusieurs étapes à partir de ces dates, constitueront un point d’appui pour décider ensemble de l’avenir de nos milieux de travail et d’étude, alors que le projet de loi sera discuté à l’Assemblée Nationale. Ils visent à construire (avec les salarié-e-s, les vacataires, les étudiant-e-s, les syndicats, les collectifs, les sociétés savantes...) une mobilisation durable dans le secteur

de l’enseignement et de la recherche - et à tisser des liens entre les revendications, luttes et mobilisations spécifiques à l’université, et celles d’autres services publics et qui traversent l’ensemble de la société.

Organisons des Assemblées générales locales en janvier 2020 dans nos labos, nos universités, avec l’ensemble des personnels et des étudiant-e-s pour les préparer, débattre de ces projets de loi qui nous concernent, faire voter des motions dans les instances qui nous représentent, afin d’interrompre le processus de destruction en cours et poser les bases de la reconstruction d’une Université ouverte.

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19 janvier 2020 7 19 /01 /janvier /2020 22:06

Dans un contexte de crise sociale et climatique, les réponses du gouvernement sont largement en deçà des enjeux. Pire : elles contribuent à aggraver ces crises.

Le épreuves communes de contrôle continu en sont un exemple criant.

La correction numérique des copies E3C présente un coût écologique très important. Elle suppose en effet l’équipement massif en scanners de haute qualité, alors même que chaque salle de classe ne dispose toujours pas d’un poste informatique fonctionnel. Le ministère n’a évidemment pas envisagé le coût écologique de la numérisation, l’envoi par courriel, le téléchargement, la consultation, le stockage de ces données sur des serveurs.

La procédure de correction numérique pour les évaluations E3C constitue une surcharge de travail importante pour tous les personnels. Les personnels qui devront corriger les copies verront leur charge de travail s’alourdir. Chacun-e sait en effet que corriger des dizaines de copies sur écran ne permet pas une correction efficace. Les personnels administratifs quant à eux se verront contraints de numériser les centaines de copies, alors que ces agent-e-s croulent déjà sous la charge de travail. Ce sont ces mêmes catégories de personnels qui devront ensuite se charger de conserver les copies dans des locaux qui n’existent pas encore.

Les conditions de transmission, de stockage et de transmission des données numériques posent évidemment problème, quand on sait que le ministère est capable de faire héberger ses données chez Amazon dans le cas des évaluations nationales.

Cette nouvelle injonction au numérique est une aberration environnementale, dans un contexte où la jeunesse s’est mobilisée lors des différentes grèves climat internationales et lors des semaines d’action pour exiger la fin des politiques au profit des capitalistes qui produisent le dérèglement climatique. Le ministre Blanquer et son gouvernement, au lieu de répondre à l’urgence climatique, multiplient les mesures qui renvoient à la responsabilité individuelle, comme le dispositif des écodélégués dans les établissements scolaires.

Sud éducation revendique :

- l’annulation des E3C, polluantes, pénibles, sources de stress et de dégradation des conditions de travail et d’étude ;

- Une véritable prise en compte de la question écologique dans les programmes scolaires afin que ceux-ci permettent d’étudier l’impact du capitalisme et de ses structures sociales, et ne se contentent pas d’injonctions au changement des comportements individuels.

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