12 janvier 2018 5 12 /01 /janvier /2018 14:12

Dorénavant nous serons, dans la mesure du possible, le vendredi à notre local de SUD / Solidaires à Argentan. Ce local se situe à la maison des associations 12 rue des Flandres, au 2ème étage. 

Nous y serons de 9h30 à 16H30. Toutefois, nous sommes régulièrement appelés à passer dans des écoles, c'est pourquoi il est préférable de nous prévenir de votre venue. 

Vous pouvez aussi nous y joindre par téléphone au : 09 73 20 39 72

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17 décembre 2017 7 17 /12 /décembre /2017 15:44

Le ministre s’attaque à la liberté syndicale !

Aujourd’hui, 14 décembre, la fédération SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires apportent leur soutien à notre camarade de SUD Travail Affaire Social traduite devant une commission disciplinaire après sa suspension pour avoir dénoncé lors d’une expression syndicale les réductions de postes dans son ministère de tutelle. Le gouvernement prétend museler les libertés syndicales et s’immiscer dans l’organisation des syndicats alors même que l’article 2 du décret 82-447 reconnaît notre liberté d’organisation indépendamment de toute pression politique et gouvernementale.

Manifestement ce gouvernement préfère ostensiblement bafouer ce droit.

Sur la base de calomnies colportées par l’extrême droite, le Ministre de l’éducation nationale mène une campagne inepte et a annoncé avoir porté plainte contre le syndicat départemental SUD éducation 93, qui organise un stage de formation syndicale ouvert à tous les personnels, intitulé : « Au croisement des oppressions - Où en est-on de l’antiracisme à l’école ? ».

Nous souhaitons rappeler que le fonctionnement de la fédération des syndicats SUD éducation laisse entière l’autonomie de chaque syndicat, en particulier en matière de pratiques syndicales et de politique d’action, notamment sur le contenu des formations locales.

Les approches de l’antiracisme sont diverses et peuvent faire débat. Mais nous ne pouvons pas laisser dire que le stage organisé par SUD éducation 93 serait autre chose qu’un stage antiraciste visant à combattre les discriminations.

Nous affirmons notre solidarité avec nos camarades de SUD éducation 93 qui subissent des intimidations, insultes, des menaces, et des attaques physiques contre des locaux syndicaux.

Si le ministre vient de découvrir la discrimination raciale, il semble aussi avoir découvert les discriminations et stéréotypes de genres, en alignant clichés et lieux communs qui ont du mal à masquer l’indigence de la politique antisexiste qu’il compte mener au sein de ce ministère envers les élèves et les personnels.

La cause nationale des femmes : un ministère contre les discriminations, chiche ?

Il préfère même plutôt donner des gages aux parents réactionnaires sympathisant-e-s de « La Manif Pour Tous » en discréditant le dispositif des ABCD de l’égalité, mis en place par sa prédécesseure, et qu’il a qualifié d’échec. Pourtant ce dispositif expérimenté dans certaines écoles primaires permettait de traiter spécifiquement, et avec des outils adéquats, la question des stéréotypes de genre.

Il n’hésite pas non plus à instrumentaliser ces luttes pour glorifier pour la énième fois la mise en place des CP à 12 , en faisant des liens hasardeux entre l’illettrisme et les violences sexistes, insinuant ainsi que le manque d’instruction serait constitutif de comportements violents et sexistes. Il ignore sans doute que les violences conjugales et sexistes existent dans toutes les classes sociales et que leur invisibilité dans certains milieux ne signifie pas leur absence. En dehors de représentations sociales erronées et d’un mépris de classe affiché envers les populations les plus fragilisées dans leur rapport au savoir et à l’instruction, nous ne voyons pas la pertinence de telles affirmations que nous contestons.

SUD éducation défend le développement de pédagogies antisexistes déconstruisant les stéréotypes et exige de vrais moyens alloués aux établissements et aux équipes pédagogiques, pour combattre sans relâche celles et ceux qui voudraient, par leur lobbying réactionnaire nocif, nuire à l’égalité et l’émancipation de toutes et tous.

Il va falloir plus que des « CP à 12 » et une « mallette aux parents » en guise de politique éducative, pour lutter contre les discriminations sexistes et les stéréotypes de genre. Si le ministère veut réellement lutter contre les discriminations en milieu scolaire, nous disons chiche, mais il va falloir y mettre les moyens et ce à tous les niveaux ! Ce n’est pourtant pas vraiment ce qui est prévu.

Baisse drastique des moyens !

Au contraire, avec la suppression de 2580 postes aux concours du 2nd degré, ce gouvernement baisse de près de 20 % en moyenne le nombre de postes. Cette baisse du nombre de postes ne concerne pas simplement les disciplines déficitaires mais bien l’intégralité des concours (CAPES, CAPEPS, CAPLP, CAPET, Agrégation), pour atteindre dans certaines discipline comme les arts plastiques 37,5 % ou 28 % en documentation.

Cette baisse ne permettra ni de répondre à la hausse du nombre d’élèves attendue pour la rentrée 2018 ni à leurs besoins en matière d’apprentissage. Dès lors, trois choix s’offrent au gouvernement : soit surcharger toujours plus le nombre d’élèves par classe, soit avoir recours à des professeur-e-s contractuel-le-s de façon encore plus massive ou bien encore imposer une plus grande flexibilité aux enseignant-e-s.

Si l’essentiel des ouvertures de postes se concentre dans le premier degré pour abonder la mesure « CP à 12 » en REP+ et REP, cela reste largement insuffisant tant les besoins sont importants et nécessaires à tous les niveaux.

La généralisation, à une échelle encore inédite dans le premier degré, du recours aux personnels contractuel-le-s pour compenser le nombre insuffisant de postes atteste de ce manque de moyens chronique qui ne peut être compensé par le recours de plus en plus massif à la précarité avec des personnels sans formation et sous payé-e-s.

Offensive réactionnaire sur l’école primaire

Par ailleurs, les annonces triomphantes du ministre sur la généralisation rapide de cette mesure en CP et en CE1 en REP ont été contredites par les annonces du président de la République qui en fait un objectif pour le quinquennat.

Des CP à 12 qui semblent être devenus l’unique ressort de la politique éducative du ministre et un fer de lance pour la restriction des libertés pédagogiques des enseignant-e-s. En effet, le ministre a profité des résultats de l’enquête PIRLS pour relancer son offensive idéologique sur la lecture et contre la liberté pédagogique. Les réponses du ministre aux résultats de cette enquête sont ineptes et inquiétantes :

Programmes et formation confié-e-s à un comité scientifique centré sur les sciences cognitives, au détriment de toutes les approches pédagogiques complexes et collectives des apprentissages,

Labellisation des manuels scolaires,

Méthode d’apprentissage de la lecture imposée.

Nous dénonçons cette offensive réactionnaire du Ministre de l’éducation nationale via des annonces qui sont autant de gages donnés aux pourfendeur-se-s de la pédagogie et aux nostalgiques d’une école d’antan idéalisée et fantasmée qui n’a en l’occurrence été rien d’autre qu’une école de classe qui n’a jamais réussi à résoudre les inégalités face à la lecture et aux apprentissages en général – une école du tri social, que les orientations politiques de ce gouvernement va maintenir et accroître avec le plan étudiant et la réforme du baccalauréat.

Réforme du bac : non !

Le Plan étudiants est une remise en cause du libre accès à l’enseignement supérieur. Il introduit purement et simplement la sélection à l’entrée à l’université.

Individualiser les parcours c’est établir une concurrence entre les élèves, mettre en place des pré-requis, et donc accentuer encore la sélection sociale et les inégalités.Les conséquences de cette réforme vont être une accentuation du processus de tri social et l’exclusion des classes populaires de l’enseignement supérieur.

Cette sélection va de pair avec les annonces du ministre sur le bac, qui de fait vont créer des bacs à plusieurs vitesses qui n’auront pas la même valeur d’un territoire à l’autre. Cela remettra en cause ce diplôme qui ne sera plus un premier niveau de qualification ouvrant des droits dans le monde du travail mais simplement une porte d’entrée vers la sélection dans le supérieur.

SUD éducation appelle les personnels à se réunir afin de discuter des modalités d’actions contre ce Plan étudiants qui constitue un recul sans précédents du droit aux études supérieures.

La Seine-Saint-Denis dans la rue aujourd’hui !

Un tri social et des discriminations que connaissent bien la population et les enseignant-e-s de Seine-Saint-Denis qui sont en grève aujourd’hui pour exiger un plan d’urgence pour leur département, avec notamment des moyens à la hauteur des besoins dans un territoire où tous les services publics sont déficitaires et sinistrés depuis de nombreuses années.

La fédération SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires soutiennent leurs revendications et la campagne « 4 milliards d’euros pour le 93 ».

De la maternelle à l’université, SUD éducation et l’Union syndicale Solidaires continueront à porter en toute autonomie leurs revendications pour les personnels et le service public.

Contre le libéralisme, contre toutes les discriminations, contre toutes les inégalités. Pour une autre société, une autre école : publique, gratuite, laïque, égalitaire et émancipatrice.

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15 décembre 2017 5 15 /12 /décembre /2017 08:02

La sélection est mise en marche avant d’avoir été votée au parlement !

Le mardi 12 décembre, jour de présentation du projet de loi relatif à l’orientation et à la réussite des étudiants à l’Assemblée, le gouvernement a également publié le cadrage des « attendus » de chaque Licence, qui seront publiés sur Parcoursup, la nouvelle plateforme d’orientation post-bac. Si les dossiers des candidat-e-s ne remplissent pas ces conditions, les formations pourront leur refuser l’inscription aussitôt leur capacité d’accueil atteinte. Autrement dit, ces attendus mettent en place la sélection à l’entrée de l’université. Leur formulation et les conditions de leur publication confirment l’analyse de SUD éducation concernant la régression sociale que constitue cette réforme :

-  La publication du cadrage des attendus avant le vote de la loi fait apparaître le peu de respect que le gouvernement accorde au débat contradictoire. L’ensemble de son Plan Étudiants est en train d’être mis en place à marche forcée dans les lycées (mise en place du second professeur principal en Terminale, examen des vœux d’orientation lors des conseils de classe du premier trimestre) et les universités (qui doivent décliner ce cadrage national en attendus locaux avant l’ouverture de la plateforme en janvier). Et cela dans le flou le plus total pour les élèves, leurs parents et les personnels, en l’absence de tout cadre légal voté par la parlement encadrant le processus.

Article complet sur le site de Sud éducation, lien ci-dessous

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 15:59

Il est prévu une baisse d’effectifs d’environ 550 élèves. La dotation académique n’est pas encore arrivée, il est donc difficile de savoir ce qui nous attend.

Objectifs pour la rentrée prochaine :

  • CP dédoublés en REP et REP+
  • CE1 dédoublés en REP+ (en REP pour la rentrée 2019). Mme Moncada, DASEN, aimerait que ce soit effectif dès cette année.
  • Renforcer le nombre de remplaçants afin de favoriser la formation
  • Accorder une attention particulière à la grande ruralité en proposant éventuellement un dédoublement en CP.
  • Repérer les écoles avec baisse d’effectifs qu’il faut aider afin que la situation ne s’aggrave pas.

Carte scolaire :

  • Les IEN ont rencontré les élus des écoles « fragilisées ».
  • Une réflexion va être engagées pour les directeurs-trices d’école. Un groupe de travail va réfléchir à comment simplifier leur travail et mieux les former. Des directeurs-trices de petites, moyennes et grandes écoles, de ville et de campagne, vont être réunis pour en discuter. Un travail va être engagé aussi avec les syndicats, nous avons fixé au 23 janvier notre première rencontre. Les syndicats ont demandé une réflexion sur les quotités de décharge.
  • L’administration annonce qu’il n’y aura pas, au niveau national, une baisse du nombre de postes dans le 1er degré malgré la baisse démographique. Cependant, si on tient compte des annonces gouvernementales, on peut craindre les conséquences dans le second degré.
  • PMQC : il n’y aura aucun nouveau dispositif. Ceux en place seront évalués afin de décider ou non de leur maintien. Les syndicats à l’unanimité s’inquiètent de voir une mesure qui parait efficace dans de nombreuses écoles remise en cause. En REP, il n’y aura plus de dispositif PMQC. Mme Moncada veut que les interventions ne soient que sur le cycle 2 donc elle estime qu’ils ne sont plus nécessaires en REP puisque les CP et CE1 sont dédoublés. SUD éducation s’est opposé à ce raisonnement car les élèves sortis du CE1 avec de grosses difficultés n’auront plus aucune aide.
  • Dispositif moins de 3 ans : ouverture que si grande nécessité et en fonction de la dotation.
  • Idem pour les ULIS.

Le prochain CTSD aura lieu le 5 février. Les mesures proposées par l’administration seront étudiées à ce moment là.

Divers : 50 personnes en service civique ont été recrutées soit pour des activités éducatives et pédagogiques, soit pour lutter contre le décrochage scolaire. Nous devons veiller à ne pas voir s’installer une nouvelle forme de précarité. Une partie de ces personnes demandent à accompagner les élèves en situation de handicap, SUD éducation a rappelé la nécessité de créer des postes de titulaires et de former les personnels pour effectuer cet accompagnement car il d’agit d’une mission pérenne.

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 13:18

10 millions d’euros. C’est le montant que le gouvernement vient de subtiliser à l’enseignement public dans un petit arrêté publié en catimini au journal officiel le 6 décembre dernier [1]. Ces 10 millions d’euros sont offerts dans un même mouvement sur un plateau d’argent à l’enseignement privé, largement confessionnel. Dans ces écoles gavées de subventions, se perpétue l’entre-soi des classes dominantes.

Cet argent manquera dans nos écoles, nos collèges, nos lycées, nos universités. Bâtiments vétustes, sureffectifs en classe, personnels à bout… mais le gouvernement estime manifestement que ce n’est pas encore assez puisqu’il supprime des postes et réduit les budgets.

SUD éducation continue de condamner le dualisme scolaire qui prévaut en France. Avec l’Union syndicale Solidaires, nous revendiquons la nationalisation de l’enseignement privé.

 

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13 décembre 2017 3 13 /12 /décembre /2017 08:27
Expression de la fédération SUD éducation

 

M. Blanquer, Ministre de l’éducation nationale, a réagi le 5 décembre aux résultats de l’évaluation internationale PIRLS. Le ministre tire prétexte de cette publication pour relancer son offensive idéologique sur la lecture et contre la liberté pédagogique. Les réponses du ministre sont ineptes et inquiétantes.

Cette enquête cherche à évaluer « l’aptitude à comprendre et à utiliser les formes du langage écrit que requiert la société ». Le ministre y répond par les mêmes vieilles recettes des programmes de 2008 : une réaffirmation de la nécessité d’une dictée quotidienne, le renforcement de l’étude de la grammaire, la récitation quotidienne en élémentaire, le vocabulaire en maternelle… Pourtant l’enquête affirme que les élèves des écoles françaises déchiffrent plutôt bien et qu’ils et elles sont capables de retrouver des informations dans un texte. Ce sont les capacités de compréhension, de décontextualisation, d’application au monde réel qui font défaut. La réponse du ministre est donc complètement décalée et purement idéologique.

L’enquête propose plusieurs pistes d’explication, dont le rapport à la lecture dans la société et les familles et le type d’exercices proposés aux élèves, trop peu axés vers la compréhension. Le rapport pointe surtout le manque de formation continue des enseignant-e-s en France, ce que SUD éducation ne cesse de dénoncer. À cela le ministre répond par les 18 heures annuelles, ce qui est quantitativement ridicule et qualitativement le plus souvent extrêmement pauvre. Et quand on sait que le ministère voudrait que la moitié de ces heures soient effectuées en distanciel devant un ordinateur, on mesure l’inanité de la réponse.

Puisque c’est désormais sa solution à tous les problèmes de l’école, Blanquer met en avant le dédoublement des CP et CE1 en Rep et Rep+ dès l’an prochain. Macron a pourtant rappelé que les dédoublements ne seront effectifs que “dans le quinquennat”. Le Projet de Loi de Finances 2018 en atteste. Du reste, cette promesse prête à sourire au vu des coupes budgétaires qui touchent tous les services publics. Mais surtout, cette mesure ne saurait masquer le reste des politiques de réduction des postes et de suppression des dispositifs existant comme les « Plus de maîtres que de classes ». En se focalisant sur les CP et CE1 en Rep et Rep+, toutes les autres classes sont négligées. Les capacités de compréhension en lecture ne sont pourtant pas acquises en deux ans, loin s’en faut.

Le ministre, qui avait promis qu’il ne réformerait pas les programmes, annonce désormais que finalement, oui, il va les changer. Quand on sait que les programmes qu’ont suivi les élèves évalué-e-s par cette enquête sont ceux de 2008 – sans doute les pires depuis des décennies – que le même Blanquer a mis en oeuvre alors qu’il était directeur de la Dgesco, on peut être inquiet-e-s pour l’école publique et pour les élèves.

Surtout que le ministre veut confier les programmes et la formation à un comité scientifique centré sur les sciences cognitives, au détriment de toutes les approches pédagogiques complexes et collectives des apprentissages. Le principal objectif de ce comité sera de produire des évaluations nationale à foison : en début de CP, au milieu du CP, en fin de CP, au début de CE1, en 6ème… SUD éducation a déjà expliqué pourquoi nous refusons ces évaluations nationales, incompatibles avec les valeurs et les pratiques d’une école égalitaire, émancipatrice et autogestionnaire que nous promouvons.

Enfin, le tour autoritaire de la politique du ministère se manifeste en toute clarté dans son projet de contrôle des manuels scolaires. Le conseil scientifique à la botte du ministère donnera un label aux manuels scolaires. Ce label sera réservé aux manuels qui respecteront la nouvelle doctrine d’État en matière d’enseignement, en premier lieu sur la lecture, cherchant ainsi à imposer la méthode syllabique. Car notre ministre l’affirme : « notre institution doit indiquer le cap. La liberté pédagogique ce n’est pas l’anarchisme pédagogique ».

SUD éducation dénonce cette offensive réactionnaire du Ministre de l’éducation nationale sur l’école primaire. Nous appelons à constituer un vaste front de lutte en défense de l’école publique et de la liberté pédagogique.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 21:27

Contre la répression des universitaires qui ont signé une pétition pour la paix !

En Turquie, ce mardi 5 décembre 2017, le procès de 150 universitaires accusé-e-s de « propagande terroriste » a commencé et durera plusieurs mois. Ce que l’État turc leur reproche ? Avoir signé une pétition dénonçant le massacre de civils par les forces de sécurité turques dans les villes du Kurdistan nord et demandant la reprise des discussions pour la paix entre le gouvernement et les Kurdes. Ce qu’ils encourent ? Jusqu’à 7 ans et demi de prison.

La fédération sud éducation réitère sa solidarité avec tou-te-s les enseignant-e-s, syndicalistes, journalistes, militant-e-s ou simples citoyen-ne-s en lutte pour leurs droits dans une Turquie où la dérive dictatoriale de l’État n’est plus à démontrer. Nous appelons également le gouvernement français à prendre ses responsabilités et à dénoncer tout partenariat avec la Turquie, ainsi qu’à prendre des sanctions contre l’État turc et ses représentant-e-s tant que ceux-ci continueront à bafouer impunément les droits humains.

Une première victoire pour Nuriye Gülmen et Semih Özakça

La fédération Sud éducation adresse toutes ses félicitations et son soutien à Nuriye Gülmen et à Semih Özakça. Les deux enseignant-e-s, licencié-e-s lors des purges après le coup d’État en Turquie, ont fait 270 jours de grève de la faim, après avoir épuisé tous les recours légaux pour récupérer leur travail. Après avoir manifesté pacifiquement plusieurs semaines, ils ont été incarcéré-e-s au motif de faire partie d’une organisation terroriste. Après 6 mois de détention dans des conditions éprouvantes, le tribunal a finalement rendu son verdict. Semih Özakça est acquitté. Nuriye Gülmen est condamnée à 6 ans et 3 mois de prison mais libérée sous contrôle judiciaire en attendant le verdict de la Cour d’Appel.

Les deux enseignant-e-s considèrent que c’est une première victoire, même si leur revendication de réintégration dans la fonction publique n’a pas été satisfaite et nécessitera de poursuivre leur combat.

La fédération Sud éducation soutient les initiatives suivantes :

Partager l’appel à solidarité : des informations sont disponibles sur le site de l’association Solidarité UP ! (Solidarité avec les Universitaires pour la Paix et Défense des Droits Humains en Turquie) : http://solidarite-up.org/

Signer la pétition pour soutenir le boycott des universités complices de la répression en Turquie : https://academicboycottofturkey.wordpress.com/petition/

Informer les organisations professionnelles ou le conseil d’administration de votre université pour qu’elles agissent contre les institutions complices telle le Scientific and Technological Research Council of Turkey (TUBITAK : www.tubitak.gov.tr/en).

Soutenir financièrement les enseignant-e-s-chercheur-euse-s démis-e-s de leurs fonctions en faisant un don au syndicat qui les soutient, ici https://www.youcaring.com/

Participer aux actions de solidarité organisées en Europe. Retrouvez l’agenda des manifestations de soutien publié par l’association Solidarité UP !

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 21:11

Des super-bénévoles pour faire tourner les établissements scolaires ?

Dans l’Éducation Nationale, un personnel sur cinq travaille sous contrat précaire, renouvelable d’année en année, sans bénéficier des mêmes droits que leurs collègues fonctionnaires. Ces personnels effectuent des missions d’enseignement, de surveillance en Vie Scolaire, d’accompagnement des élèves en situation de handicap, d’orientation…et leur nombre va continuer d’augmenter avec l’annonce du gouvernement de la suppression de 120 000 postes de fonctionnaires d’ici la fin du quinquennat Macron. Dans un même temps, le ministre de l’Éducation Nationale a annoncé à la rentrée 2017 le développement d’un nouveau « statut » encore plus précaire, celui des Services Civiques, dont le nombre devrait être porté à 350 000 d’ici 2018.

Le recours au Service Civique est un moyen pour l’Éducation Nationale de contourner les contraintes déjà maigres qui existent dans le droit public et dans le Code du Travail pour l’employeur. Avec un salaire d’un peu plus de 500 euros par mois pour 24 à 48 heures de travail réparties sur 6 jours, sans accès aux droits fondamentaux des travailleur-euse-s, tels que les droits syndicaux et les droits sociaux, le Service Civique, c’est l’esclavage !

Les offres d’emploi publiées sur les sites des académies et sur www.service-civique.gouv.fr montrent bien que les Services Civiques effectuent des missions de service public pérennes, d’enseignement et d’éducation. Un collège cherche par exemple deux personnels en Service Civique pour accompagner des projets d’éducation à la citoyenneté et pour participer à la lutte contre le décrochage scolaire avec un temps de travail hebdomadaire de 30h de travail pour 580 euros pendant 7 mois. Une école maternelle recrute un personnel en Service Civique pour contribuer à l’inclusion des élèves en situation de handicap. On assiste donc à une précarisation aggravée des métiers de l’Éducation Nationale alors que l’accompagnement des élèves en situation de handicap et toutes les missions d’éducation nécessitent de vraies formations dans le cadre d’un emploi statutaire.

La Fédération des syndicats SUD éducation appelle tous les personnels de l’Éducation Nationale à :

Se mobiliser pour réclamer les créations de poste nécessaires dans nos établissements scolaires ;

Lutter pour la titularisation de tou-te-s les précaires ;

Refuser le recours aux Services Civiques.

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10 décembre 2017 7 10 /12 /décembre /2017 17:08
Plan étudiant : qu’est-ce qui va changer ?

- Chaque lycéen-ne pourra faire jusqu’à dix vœux d’orientation non-hiérarchisés. Deux semaines seront consacrées au projet d’orientation en Terminale. Compilés, ces vœux seront ensuite étudiés par le conseil de classe du second trimestre et le/la chef-fe d’établissement rendra un avis sur chacun d’entre eux pour ensuite le transmettre aux établissements de l’enseignement supérieur via une « fiche Avenir ».

- Le nombre de places dans chaque formation sera fixé par le recteur. Le tirage au sort et l’algorithme d’affectation automatique sont supprimés, les dossiers des lycéen-ne-s sont consultés par les équipes pédagogiques des établissements où ils souhaitent étudier.

- Leur sélection se fera sur la base des « attendus » fixés pour chacune des formations avec des critères de type : filière de bac, notes dans certaines matières, cinq derniers bulletins de note, lettre de motivation, notes au bac de français, investissement associatif, ou encore suivi d’un MOOC présentant la filière.

- Dans les formations sélectives (CPGE, DUT, BTS, écoles…) les réponses possibles aux élèves demeurent les mêmes : Oui, Non, En attente (liste d’attente).

- Dans les formations « non-sélectives », les universités vont choisir des élèves qui remplissent ces « attendus ». S’il leur reste des places, elles doivent accepter d’autres élèves, mais en conditionnant leur inscription à l’acceptation d’un parcours pédagogique spécifique, par exemple une année de mise à niveau. L’étudiant-e devra donc faire une espèce « d’année zéro » allongeant la durée de son cursus universitaire.

- Pour les élèves qui n’auront eu aucune place car leurs attendus n’auront pas été jugés bon par les universités demandées, une commission rectorale d’accès au supérieur se réunira chaque semaine pour leur proposer des affectations dès les résultats du bac.

- Les universités pourront proposer aux étudiant-e-s des parcours à la carte via les « contrats de réussite pédagogique » : remise à niveau, cursus pluridisciplinaire, accéléré ou accompagné, de durées variables… le tout supervisé par un « directeur des études » par grand champ disciplinaire qui pourra faire évoluer ce contrat de réussite pédagogique.

Ce plan étudiant est une remise en cause du libre accès à l’enseignement supérieur. Il introduit purement et simplement la sélection à l’entrée à l’université.

Individualiser les parcours c’est établir une concurrence entre les élèves, mettre en place des pré-requis, et donc accentuer encore la sélection sociale et les inégalités.

Non au tri dès le lycée !

Afin de guider les élèves dans leurs choix d’orientation, le projet de loi prévoit la nomination dès décembre d’un second-e professeur-e principal-e dans chaque classe de Terminale. Leur mission est de conseiller les élèves en matière d’orientation, de choix de filières et de compiler leurs vœux pour étude approfondie lors du conseil de classe du second trimestre.

Une partie du travail d’orientation et de sélection reviendrait aux enseignant-e-s des lycées : accompagnement des élèves dans le choix des filières, avis lors des conseils de classe devenant des conseils d’orientation, etc.

Cela impliquerait encore une surcharge de travail. De plus, alors que les PSY-EN donnent des conseils aux élèves, les enseignant-e-s auraient de fait un poids décisionnel dans l’orientation des élèves. Le rôle des enseignant-e‑s n’est pas de se transformer en auxiliaire de la sélection sociale : nous refusons ce travail de tri !

Les conséquences de cette réforme vont être une accentuation du processus de tri social et l’exclusion des classes populaires de l’enseignement supérieur.

Pour un vrai service public d’orientation

Le conseil et l’accompagnement à l’orientation nécessite des qualifications spécifiques : c’est le rôle des conseiller-e-s d’orientation (devenu-e-s Psy-EN). 
Pourtant aujourd’hui cette mission est de plus en plus deléguée aux enseignant-e-s tandis que les conditions de travail des collègues Psy-EN se dégradent : augmentation des missions, baisse du nombre de postes, regroupement et fermeture des CIO et multiplication du nombre d’établissements couverts par un-e même Psy-EN. D’autre part, le projet de loi prévoit la mise en place d’un tutorat des lycéen-ne-s par… des services civiques !

SUD éducation revendique des moyens pour un service public d’orientation : réouverture des CIO, embauche de personnels titulaires et formés pour assurer ce travail auprès des élèves.

Des universités sous pression

L’annonce d’un investissement d’un milliard d’euros à destination de l’enseignement supérieur et de la recherche est un leurre. Y figurent 450 millions d’euros déjà budgétisés sous forme d’appels à projet : toutes les universités n’en bénéficieront pas, n’y auront droit que celles dont les projets sont en adéquation avec les volontés gouvernementales.

Il reste donc 550 millions d’euros budgétisés sur 5 ans pour accueillir près de 3 millions d’étudiant-e-s d’ici à 2025 !

C’est totalement insuffisant, d’autant qu’aucune garantie n’existe sur les recrutements de personnels titulaires. Bien au contraire, les contrats précaires, contractuels ou vacataires, se multiplient à tous les étages : enseignant‑e‑s, personnels techniques, administratifs et des bibliothèques. Les conditions de travail et d’étude des personnels et des usager-e‑s des universités se sont fortement dégradées ces dernières années.

Ces quinze dernières années, les choix gouvernementaux en matière d’enseignement supérieur et de recherche sont clairs : l’université doit s’adapter au marché.

Les collègues enseignant-e-s/chercheurs-euses à l’université accompliraient le reste du travail de sélection en examinant un nombre de dossiers incalculables (tous les choix non hiérarchisés devant a priori être examinés !).

La réforme du Bac, c’est l’adaptation du Bac à une université sélective

Ce projet de loi s’articule enfin aux annonces faites par Blanquer au sujet du Bac. D’une part, le contrôle continu serait renforcé, le contrôle terminal étant réduit à quatre disciplines.

Or, nous savons très bien avec le précédent des lycées professionnels que cela créerait des bacs « territoriaux », et donnerait donc une valeur différente aux bacs de centre-ville et aux bacs estampillés « ZEP ».

D’autre part, le Bac ne serait plus la conclusion des études secondaires, et ainsi le premier niveau de qualification ouvrant à des droits dans le monde du travail, mais il serait la porte d’entrée vers la sélection dans le supérieur. Un bac modulaire qui ouvrirait les portes de telle ou telle filière en fonction des modules validés.

SUD éducation appelle les personnels à se réunir afin de discuter des modalités d’actions contre ce Plan étudiant qui constitue un recul sans précédents du droit aux études supérieures.

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8 décembre 2017 5 08 /12 /décembre /2017 13:19

5 833 postes sont proposés aux concours externes de l’enseignement secondaire 2018, contre 7 315 en 2017 (dont 1602 n’ont pas été pourvus). Le gouvernement supprime donc 2580 postes aux concours du 2nd degré, soit une baisse de près de 20 % en moyenne. Cette baisse atteint 37,5 % en Arts plastiques et 28 % en documentation. La baisse du nombre de poste ne concerne pas simplement les disciplines déficitaires mais bien l’intégralité des concours (CAPES, CAPEPS, CAPLP, CAPET, Agrégation).

La multiplication des missions des personnels enseignants, notamment avec la mise en place de la sélection à l’entrée de l’université, s’accompagne donc d’une baisse des recrutements, ce qui ne fera qu’augmenter la charge de travail des personnels en poste.

Le gouvernement justifie cette réduction par une volonté d’augmenter le niveau de recrutement. Sauf que les besoins existent et que le nombre de collègues contractuel-le-s ne fait qu’augmenter. Ils et elles sont actuellement 8,9 % dans le secondaire et le recours à la précarité enseignante est désormais en train de se développer dans le primaire.

Cette baisse ne permettra pas de répondre à la hausse du nombre d’élèves attendue pour la rentrée 2018. Dès lors, deux choix s’offrent au gouvernement : soit surcharger toujours plus le nombre d’élèves par classe, soit avoir recours à des professeur-e-s contractuel-le-s de façon encore plus massive.

La réduction du nombre de postes aux concours réduit d’autant les débouchés professionnels pour un nombre conséquent d’étudiant-e-s. La mise en place de la sélection à l’entrée de l’université ainsi que la baisse drastique des postes ouverts dans tous les concours de la fonction publique précarisent un peu plus une génération dans un contexte de chômage de masse et de destruction du droit du travail.

Nous exigeons que le gouvernement ouvre un nombre de postes permettant de subvenir aux besoins de l’enseignement secondaire. Nous souhaitons également que des mesures soient prises pour améliorer la formation des futur-e-s enseignant-e-s comme des personnels en poste.

Les fédération SUD éducation et Solidaires étudiant-e-s revendiquent :

  • la titularisation sans conditions de tout-e-s les précaires de l’éducation nationale et l’arrêt du recrutement de personnels précaires ;
  • l’ouverture d’un nombre de postes aux concours permettant de subvenir aux besoins réels de l’enseignement et la réduction des effectifs par classe
  • une transformation de la formation des enseignant-e-s, avec deux années de formation rémunérées, une entrée progressive dans le métier (avec 1/3 temps maximum de service pour les stagiaires, un tiers temps de formation la première année d’exercice en titulaire, et 3 semaines de formation par an sur le temps de travail après les premières années d’entrée dans le métier).
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Published by SUD 61