17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:35

Article publié le 17 octobre 2019

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Le 3 octobre des milliers de collègues se sont rassemblés à Bobigny le jour du CHSCT départemental qui faisait suite au suicide de notre collègue Christine Renon, un drame qui a mis en colère toute la profession. Cela ne peut plus durer ! Il est urgent de satisfaire les revendications ! Le ministredoit protéger le personnel de l’éducation nationale et les élèves.

Jour du CHSCT Ministériel concernant les actes suicidaires dans l’éducation nationalel’intersyndicale 93 a déposé un préavis de grève et appelle tou.te.s les collègues à se mobiliser.

Rassemblement
MERCREDI 6 NOVEMBRE 2019
de 13 h à 15 h
72 rue Regnault
(angle rue des terres au curé)
PARIS 13ème

L’institution est responsable !

Les collègues sont victimes des réformes à marche forcée, rejetées par l’ensemble de la profession du 1er comme du 2nd degré dans la rue comme dans les instances paritaires ministérielles, académiques ou départementales. Ils sont victimes de la mise en oeuvre de ces réformes sous la pression de la hiérarchie, au mépris parfois de nos valeurs professionnelles, notre éthique. Ils sont victimes des méthodes de management issues du privé.

Le recours massif aux contractuel.le.s, renforcé par la nouvelle loi sur la fonction publique dont nous demandons le retrait, entraine une précarité inacceptable. Dans notre académie, 1640 collègues contractuels ont reçu des courriers de licenciement pendant l’été.

La standardisation de nos pratiques professionnelles les injonctions permanentes qui nous transforment en de simples exécutant.es, la surcharge de travail que cela génère et qui pèse sur chaque collègue, le manque criant de matériel pédagogique et informatique dans nos écoles et l’absence de protection de la hiérarchie face aux agressions, menaces dégradent considérablement nos conditions de travail. Il faut que cela cesse !

Nous refusons l’instrumentalisation du décès de notre collègue de Pantin. Le statut de directeur d’école ne répond pas à ces revendications et va même aggraver la situation.

Par contre nous revendiquons la création de postes d’aide à la direction pour toutes les écoles et du temps de décharges supplémentaires pour les enseignant-es en charge de direction !

Nous exigeons l’abrogation des réformes néfastes pour nos droits, nos conditions de travail, pour l’écolerépublicaine (loi dite de la Confiance, réformes du Bac et du lycée).

Dans le 93, depuis de nombreuses années, tous les acteurs du système éducatif subissent une pression qui va croissant, une violence et des conditions de travail qui les mènent à l’épuisement. Nous refusons que l’État instrumentalise le décès d’un lycéen pour déplacer les vraies questions !

Nous exigeons en urgence un plan de développement des services publics d’éducation dans le 93 qui réponde aux besoins réels des personnels et des usagers.

Pour l’Education, nous exigeons la création de postes d’enseignant.es, de CPE, d’AED, d’infi rmières, de médecins, d’assistant.e.s sociaux.ales, d’aide à la direction, préalable incontournable à l’amélioration de nos conditions de travail. Nous exigeons le réemploi de tous les collègues contractuel.les sur des contrats d’un an ! Nous exigeons la construction d’écoles, de collèges, de lycées.

Adultes comme enfants, nous souffrons de l’abandon des politiques publiques dans le 93. Depuis le début de l’année trop de situations dramatiques : suicide, agressions, assassinat d’élève... Cela doit cesser et l’État doit prendre ses responsabilités. En mai 2018, un rapport parlementaire concluait à des « défaillances » de l’État en Seine-Saint-Denis dans ses missions régaliennes (éducation, santé, police, justice) et faisait état d’une République « en échec ». À ce jour, aucune leçon n’en a été tirée.
 

Chaque jour, en Seine-Saint-Denis, nous continuons de mesurer l’échec des pouvoirs publics.

Agissons ! Mobilisons-nous !

 

Dans le même temps, de toute urgence, il faut aussi revaloriser les salaires dans l’éducation nationale. C’est donc bien la politique salariale menée aujourd’hui qui est en cause : faible niveau des salaires, absence de reconnaissance des qualifi cations, du travail et de l’engagement des enseignant•es comme de l’ensemble des personnels de l’Éducation alors que trop souvent les conditions de travail sont dégradées et le malaise profond. Pour les retraites : le système individuel à points du projet de réforme rend aléatoire le montant des pensions et vise à repousser l’âge de départ à la retraite, c’est NON !

L’intersyndicale 93 appelle tou.te.s les collègues à se mobiliser :

TOU-TES en GREVE à PARTIR du 5 DECEMBRE
pour nos RETRAITES, SALAIRES,
CONDITIONS DE TRAVAIL

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:33

Communiqué de la fédération SUD éducation

Publié le jeudi 17 octobre 2019 sur https://www.sudeducation.org/Agression-d-une-femme-portant-de-le-voile-par-un-elu-RN-une-nouvelle.html

Pour faire contre-feu aux critiques et mobilisations contre sa politique, le ministre Blanquer multiplie depuis le début de l’année scolaire les sorties scandaleuses et polémiques stigmatisant les personnes musulmanes ou supposées telles. Après avoir menti sur le prétendu défaut de scolarisation des petites filles musulmanes, après avoir attaqué la FCPE à propos d’une affiche de campagne montrant une femme portant le voile, le ministre a récidivé ce dimanche 14 octobre.

« Le voile n’est pas souhaitable dans notre société »

Interrogé sur l’attitude d’un responsable du Rassemblement National qui a agressé une mère d’élèves portant le voile accompagnant une sortie scolaire au Conseil régional de Bourgogne Franche-Comté, Blanquer a répondu que « le voile n’est pas souhaitable dans notre société » et que « nous ne souhaitons pas encourager le phénomène » de l’accompagnement des sorties scolaires par des mères portant le voile. Ce refus de condamner fermement l’agression par l’élu RN éclaire encore davantage, s’il en était besoin, sur la proximité idéologique du ministre avec les franges les plus réactionnaires de la société.

Une atteinte aux droits

Soulignons qu’en faisant cela, le ministre va délibérément plus loin que la réglementation : il affirme que la présence de femmes portant le voile lors des sorties scolaires n’est “pas souhaitable”, ce qui est une attaque directe contre leur droit. Blanquer a de nouveau versé dans la surenchère réactionnaire, au point que même son premier ministre s’est senti obligé de préciser qu’il n’y aurait pas de modification de la réglementation. SUD éducation s’oppose à toute nouvelle disposition réglementaire ou légale visant à restreindre le droit des femmes portant le voile à participer aux sorties scolaires.

Le droit est clair

SUD éducation tient à rappeler que le droit est clair sur ce point : l’interdiction faite aux femmes portant le voile d’accompagner les sorties scolaires posée dans une circulaire de 2012 a été déclarée illégale par le Conseil d’État de 2013 suite à la saisine du Défenseur des droits. Les propos polémiques du ministre ne sauraient faire office de note de service pour les personnels.
En 2019, les Républicains ont fait adopter un amendement au Sénat interdisant les signes religieux pour les accompagnateurs-trices. Le ministère ne l’a pas soutenu et il a été retiré de la loi.

Le privé toujours financé par l’État

SUD éducation rappelle également que cette loi dite « pour l’école de la confiance » a permis le financement des écoles maternelles privées par l’État à travers les communes (estimé entre 100 et 150 millions). SUD éducation rappelle que ce sont 10 milliards d’euros qui sont versés chaque année à l’enseignement privé, majoritairement confessionnel.

Des propos sexistes

Blanquer ne cesse de multiplier les remarques sexistes, stigmatisantes et humiliantes à l’égard des femmes musulmanes ou supposées telles. Nous soulignons que de nouveau, c’est le corps des femmes qui est instrumentalisé à des fins réactionnaires et nauséabondes. Les commentaires de Blanquer sur les tenues vestimentaires des femmes constituent une nouvelle attaque sexiste inacceptable.

SUD éducation dénonce l’instrumentalisation de la laïcité par le ministre de l’Éducation.
  • SUD éducation considère que le principe universel qu’est la laïcité n’a pas à être transformé en sujet de communication politicienne visant à flatter les instincts les plus réactionnaires et discriminatoires.
  • SUD éducation condamne une nouvelle fois fermement les propos nauséabonds, réactionnaires, racistes et sexistes du ministre.
  • SUD éducation appelle l’ensemble des personnels à combattre cette vision réactionnaire de l’école et de la société. Pour cela, une pétition initiée sur change.org, d’ores et déjà signée par plus de 150 000 personnes, peut fournir un point d’appui intéressant. Différents rassemblements s’organisent dans différentes villes : SUD éducation appelle à y participer.
  • À l’opposé de cette vision de l’école et de la société, SUD éducation défend une école publique, mixte, gratuite, laïque, égalitaire et émancipatrice.
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:29
121ème féminicide. Elle a été tuée lundi à Issoudun (36). Elle avait 73 ans. Que fait le gouvernement !!!
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:25
NON A L’INVASION DU NORD DE LA SYRIE PAR LA TURQUIE
vendredi 11 octobre 2019

 

Depuis le 9 octobre la Turquie, avec la bénédiction de Washington, a mis en œuvre ses menaces en lançant une opération à la frontière accompagnée de frappes aériennes et des tirs d’artillerie visant les territoires sous contrôle de l’Administration Autonome du Nord et de l’Est de la Syrie (Rojava) et où on comptabilise déjà 60 000 déplacé.e.s, plusieurs dizaines de mort.e.s et de blessé.e.s.

Qamishlo, Kobane, Sere Kanye, Derîk et d’autres villes actuellement bombardées par l’armée turque ne se caractérisent pas seulement par leur défense populaire armée mais sont conjointement des espaces d’expérimentation d’une éducation plurilingue, égalitaire, mixte, aux dimensions interculturelles, là où du temps du régime Assad toute autre langue que l’arabe était bannie de l’espace public.

Les habitant-e-s ont partagé et refondé des manuels scolaires à destination des enfants de la région, dans les langues présentes, kurde, arabe, syriaque...Des académies ont été fondées sur des ruines, inventant une communauté universitaire ouverte et aux propositions nombreuses. Des campagnes de dons de livres, auxquelles Solidaires étudiant.e.s et la Fédération SUD éducation ont participé, ont permis la création de bibliothèques multilingues sur un territoire sous embargo,
Des initiatives nombreuses de coopératives économiques autogérées et d’espaces permettant l’expression culturelle de toutes les composantes de la population ont fleuri

Ces expériences éducatives sont mises en péril par l’invasion armée d’un régime turc aux abois qui pour se racheter une crédibilité auprès de son opinion publique cherche à écraser sous les bombes une alternative politique à l’opposé de ses dérives totalitaires.

Avec une pensée particulière pour nos camarades enseignant.e.s et personnels de l’éducation là-bas, et aux enfants pris.e.s dans la tourmente d’un conflit meurtrier qu’elles et ils n’ont pas voulu, la Fédération SUD éducation appelle à soutenir les peuples du Nord-Est de la Syrie en participant aux nombreux rassemblements organisés par le mouvement kurde .

RDV samedi 12 octobre à Paris 14h Place de la république, Marseille 13h Canebière, Lyon 15H30 place Bellecour, Nantes, 16h, Place du Commerce, Bordeaux, 14h, Place de la Bourse, Tours, 15h, Place Jean Jaurès

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:16

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Actualités

  • 23 septembre : plainte pour inaction climatique déposée par Greta Thunberg et 15 autres jeunes contre cinq Etats, dont la France
    après l’affaire du siècle c’est la seconde plainte qui vise l’État français pour inaction climatique. ici 
  • Lors des grève scolaires internationales pour le climat, Macron appelle la jeunesse à se mobiliser sur les plages corses et dans les mines polonaises !  

Lors du Sommet ONU action climat 2019 dans l’avion, Macron a invité la jeunesse à aller nettoyer les plages ou aller en Pologne « « Je préfère que tous les vendredis on fasse de grandes opérations de ramassage sur les rivières ou les plages corses. » Cela peut faire le lien avec la campagne étatique autour du bénévolat de la jeunesse. « Qu’ils aillent manifester en Pologne ! Qu’on vienne m’aider à faire bouger ceux que je n’arrive pas à faire évoluer ! » La Pologne est visée puisque le nouvel ennemi de Macron au vu du discours prononcé est le charbon.
Macron appelle à l’aide il faut donc renforcer la mobilisation pour l’aider ! Source : Le Parisien

  • -LGV Paca 2019 :participez à la consultation publique avant fin octobre  : ici
  • -Vidéo démantèlement d’EDF et le service public de l’énergie par Sud énergie ici
    dossier de Sud énergie sur l’Ouverture à la concurrence des concessions hydrauliques : surcoûts, risques et mise à mal de la transition énergétique ici
  • -Syndicalisme et écologie les syndicats allemands opèrent un tournant écologique ? ici
  • -Lyon : les décrocheurs-ses de portrait présidentiel relaxé-es, l’inaction climatique du gouvernement reconnue : ici
  • -catastrophe sanitaire et environnementale Rouen 2019. Communiqué Solidairesici communiqué fédéral Sud éducation ici et site de SUD éducation Rouen

Dans l’éducation 

La question des programmes et de la prise en compte de la question écologique est au coeur des débats.

  • -Appel à la mobilisation des acteurs-trices de la jeunesse et de l’éducation pour la grève climat du 20/09 co signé par Sud éducation ici
  • kit pédagogique climat ! ici
  • - Communiqué du Collectif enseignants pour la planète sur les programmes et la prise en en compte des enjeux climatiques et environnementaux ici
  • proposition de loi déposée jeudi 19 septembre sur les programmes scolaires et l’écologie . 80 député-es, emmené-es par Delphine Batho, Matthieu Orphelin et Cédric Villani proposent de renforcer l’enseignement sur le climat et l’environnement à l’Université.ici
  • -Appel des étudiantES sur les programmes scolaires 31 000 étudiant-es ont signé cet appel ici
  • -la réponse du ministère sur la question des programmes scolaires : ici
  • -* -7-12 octobre semaine "écologie" dans les écoles

Agenda

  • -À partir du 7 octobre 2 semaines de mobilisation internationale Extinction rebellion ici
  • -11 au 19 octobre, à l’initiative d’ATTAC, actions de désobéissance, contre l’impunité des multinationales dans le cadre de la campagne Stop impunité dont l’Union syndicale Solidaires est partie prenante ! ici
  • -12 octobre journée de mobilisation Attac Mettre les multinationales “hors service” du matériel à commander gratuitement. Des actions organisées localement. Toutes les info ici  : 
  • -29 novembre : dans le cadre de la journée d’action contre le Black Friday et les surconsommations inutiles, la campagne Stop-Impunité propose un « vendredi noir pour Amazon ».
  • 29 novembre : grève scolaire internationale pour le climat
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:13

 

Le ministère de l’Éducation nationale doit appliquer la loi !

dimanche 13 octobre 2019

 

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Alors que Macron avait annoncé faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles la « Grande cause de son quinquennat », SUD éducation remarque qu’aucune mesure n’a été mise en place ni pour prévenir les violences sexistes et sexuelles au travail ni pour accompagner les victimes.

Pire, le premier ministre a décidé de supprimer l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales (ONDRP), organisme qui mesure les violences sexistes et sexuels en France. Plutôt que de faire disparaître les violences, le gouvernement supprime l’organisme qui les mesure. Aujourd’hui dans l’Éducation nationale, on peut harceler ou agresser sexuellement en toute impunité. Pourtant une circulaire relative à la lutte contre les violences sexistes et sexuelles dans la fonction publique existe ; elle dégage trois axes : la prévention, le traitement des violences et enfin les sanctions pour leurs auteurs (il s’agit de façon écrasante d’hommes qui sont incriminés). SUD éducation revendique l’application de cette circulaire.

Violences sexistes et sexuelles : des chiffres inquiétants !

Les violences à l’encontre des femmes ne se bornent pas à la sphère privée comme le montre le Défenseur des droits : 1 femme sur 5 affirme avoir vécu des situations de violences au travail et seulement 5 % des femmes portent plainte pour dénoncer des violences qui ont lieu dans la sphère professionnelle. Ces violences qui comprennent les insultes, les discriminations, le harcèlement, les menaces, le chantage, mais aussi les agressions physiques et sexuelles, doivent cesser. Parmi les victimes de ces violences, les femmes célibataires, bisexuelles, lesbiennes et trans sont plus exposées au harcèlement. Dans le cadre du travail, les ouvrières et les salariées précaires et dans une moindre mesure les professions intermédiaires subissent une pression sexuelle plus intense que celle des autres catégories sociales.

SUD éducation a été sollicité dans plusieurs départements par des collègues qui souhaitaient dénoncer auprès du rectorat des violences sexistes et sexuelles dont elles avaient été victimes. Elles demandaient surtout une protection de leur employeur face à leurs agresseurs qu’elles étaient obligées de côtoyer quotidiennement.
La circulaire du 9 mars 2018 prévoit un accompagnement pour ces victimes de violence, or il n’a jamais lieu. Une victime qui demande la protection fonctionnelle après avoir déposé plainte pour viol à l’encontre d’un agresseur, doit attendre un mois pour obtenir une simple réponse de l’employeur. De même, quand des collègues dénoncent du harcèlement sexuel, l’employeur préfère leur propose de changer d’établissement.
L’impunité dont bénéficient les auteurs des violences sexistes ou sexuelles au travail encourage la normalisation de ces violences.
L’Éducation nationale se cache derrière l’inaction de la justice en matière de lutte contre les violences sexuelles pour ne pas agir. Pourtant 16 % des femmes subissent des viols ou des tentatives de viol. 93 000 femmes ont été violées en 2017, parmi elles seules 10 % ont porté plainte et seulement 10 % de ces plaintes ont abouti en cour d’assise. Une part importante des plaintes pour viols ne sont pas instruites aux assises comme les autres crimes mais en correctionnelle comme un simple délit.
La circulaire du 9 mars 2018 rappelle aussi que « L’obligation de protection des agents s’impose à tout employeur public ». Ainsi, les agent-e-s des collèges et lycées relevant des collectivités territoriales doivent aussi pouvoir bénéficier d’un accompagnement et de protection.

Harcèlement sexuel : comment le repérer ?

Le harcèlement sexuel peut se manifester par des propos ou gestes à connotation sexuelle, par une attitude particulièrement insistante malgré des refus répétés ou encore par des propositions de nature sexuelle. Deux types de harcèlement sexuel sont distingués : celui qui repose sur la répétition d’actes de harcèlement et celui qui résulte de la commission d’un seul acte.

Quelques exemples de harcèlement sexuel au travail :

• Il me touche sans cesse lorsqu’il me parle,
• Il m’envoie des messages où il mélange des informations professionnelles et des propos sur mon physique ou des propos qui concernent mon intimité,
• Il pose des questions intimes sur ma vie privée,
• Il me fait sans cesse des "blagues" du type : "Quand est-ce qu’on couche ensemble ?"
• Il a des gestes ou des propos déplacés à mon encontre.

Revendications : SUD éducation revendique l’application de la circulaire du 9 mars 2018 qui prévoit :

- une campagne de prévention des violences sexistes et sexuelles dans la fonction publique  : des formations pour tous les personnels notamment pour les représentan-t-e-s du personnel, ainsi que pour les personnels d’encadrement qui ont tendance à oublier leurs obligations

- des dispositifs d’information, de communication et de sensibilisation auprès de l’ensemble des personnels avec la diffusion d’un numéro vert, le rappel de la loi, l’organisation de réunions de sensibilisation

 

- la définition et la mise en œuvre d’un dispositif de signalement et de traitement des violences sexistes et sexuelles : ce dispositif est aujourd’hui inexistant ! Les signalements des personnels restent sans réponse de l’administration.

- la protection et l’accompagnement des victimes : l’employeur a la responsabilité de protéger les personnels :
« une fois informée des agissements répréhensibles, l’administration doit mettre en œuvre toute action appropriée pour éviter ou faire cesser les violences auxquelles l’agent victime est exposé, même lorsqu’aucune procédure judiciaire n’est enclenchée ». Elle peut prendre une « mesure interne de changement d’affectation voire suspension de la personne présumée agresseur dans l’attente du conseil de discipline ».
Circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la fonction publique

- de sanctionner les auteurs des violences : aujourd’hui, bien souvent l’administration se contente de déplacer soit la victime soit l’auteur des violences ou attribue une sanction parmi les plus basses aux auteurs de violences sexistes ou sexuelles. Pourtant la circulaire indique que « les employeurs se doivent d’être exemplaires dans la sanction des violences sexuelles et sexistes. »
« les actes constitutifs de violences sexuelles ou sexistes doivent être sanctionnés par le biais de la procédure disciplinaire et/ou par le juge pénal. Ils peuvent également donner lieu à une indemnisation par le juge civil. Les procédures disciplinaires, administratives et pénales sont indépendantes les unes des autres. »

 

 

 
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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 09:07

Cette rentrée est marquée par des changements d’organisation du travail pour de nombreux-ses accompagnant-es d’élèves en situation de handicap (AESH) : la mise en place de Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL). Instaurés par les circulaires du 5 juin 2019 portant sur l’école inclusive et le statut des AESH, il s’agit d’une mutualisation des moyens humains sur un ou plusieurs établissements. Les premières remontées des collègues en poste sur des PIAL montrent qu’il s’agit bien pour le gouvernement de rentabiliser les moyens humains au prix d’une dégradation des conditions de travail et d’accueil des élèves en situation de handicap.

Cette rentrée est marquée par des changements d’organisation du travail pour de nombreux-ses accompagnant-es d’élèves en situation de handicap (AESH) : la mise en place de Pôles inclusifs d’accompagnement localisés (PIAL). Instaurés par les circulaires du 5 juin 2019 portant sur l’école inclusive et le statut des AESH, il s’agit d’une mutualisation des moyens humains sur un ou plusieurs établissements. Les premières remontées des collègues en poste sur des PIAL montrent qu’il s’agit bien pour le gouvernement de rentabiliser les moyens humains au prix d’une dégradation des conditions de travail et d’accueil des élèves en situation de handicap.
La flexibilité mise en place par le ministère a des répercussions néfastes sur le terrain : des emplois du temps qui changent régulièrement, quand ils ne sont pas clairement inexistants avec des bricolages quotidiens ; une mutualisation à l’excès des AESH, obligé-e-s de suivre jusqu’à 6 élèves par semaine (ce qui fait 6h30 par élève, assez loin des 8-10h minimum préconisées et souvent au mépris des décisions d’équipes éducatives en amont).
Pour les élèves, la flexibilité est aussi de mise : un-e même élève est très souvent accompagné-e par des AESH différent-e-s, quels que soient ses troubles et ses besoins. Cela nuit à la progression et à l’apprentissage des élèves.
Le gouvernement veut masquer le manque de personnels AESH par cette gestion des ressources humaines au sein des PIAL pour faire croire aux familles et associations que « tout va bien ». Les zones de flou ou les préconisations non-obligatoires laissées dans la circulaire ont été clairement exploitées par les administrations locales pour optimiser les moyens, au détriment des conditions de travail. C’est le cas de la prise en charge des frais de déplacement pour se rendre d’un établissement à l’autre au sein de PIAL parfois bien étendus (une vingtaine de km pour certains). Certain-e-s AESH se sont vu opposer un refus de leur prise en charge pour leurs frais de déplacements.

La mise en place des PIAL s’est accompagnée d’un redécoupage de la hiérarchie interne avec la généralisation de postes d’AESH référent-e ou coordinateur-trice. Cette charge de travail supplémentaire ne donne pas droit à une rémunération supplémentaire, mais à des décharges horaires variables. Ailleurs, la fonction de coordinateur-trice PIAL a pu être proposée à des enseignant-e-s référent-e-s, coordonnateur-trice ULIS ou des enseignant-e-s spécialisé-e-s ou non.
Les AESH référent-e-s se retrouvent à devoir exercer des fonctions d’organisation des services comme un-e supérieur-e hiérarchique, coincé-e-s entre les chef-fe-s d’établissement ou IEN, les pilotes des PIAL, et leurs collègues AESH qui subissent de fortes pressions.

Enfin, cette rentrée est marquée par une disparité et des incohérences dans les contrats de travail et notamment les quotités horaires. Et même, de nombreux départements n’ont pas versé aux aesh leur salaire de septembre, ni établi leur contrat. Ce qui n’a pas empêché certains de commencer à convoquer des AESH pour des formations sur les petites vacances.

La circulaire ministérielle prévoit un service sur 41 semaines. Les hiérarchies locales, en essayant de concentrer les services sur les 36 semaines de classe, privent les AESH de la rémunération de leur temps de préparation, de réunion, et de formation. Cela se traduit par une baisse de salaire effective pour la plupart des AESH.

Pour en finir avec cette gestion désastreuse et enfin améliorer les conditions de travail des AESH, SUD éducation revendique :

– un vrai statut intégré à la fonction publique de l’état avec la titularisation sans conditions de diplôme ou de nationalité ;
– l’arrêt du recrutement de personnels non-titulaires ;
– une augmentation des salaires avec une entrée dans le métier à 1700 € nets et de véritables évolutions salariales tout au long de la carrière ;
– la fin des temps incomplets imposés et la reconnaissance des « tâches invisibles » des AESH (formation, coordination…) qui permettent de construire un temps complet ;
– l’accès aux mêmes primes (éducation prioritaire), indemnités et pondérations (éducation prioritaire et affectation multiple) que les titulaires qu’importe la durée du contrat ;
– des moyens pour une véritable formation initiale et continue ;
– de meilleurs conditions d’affectation : création de commissions paritaires pour les affectations des AESH pour garantir leur droit à la mobilité, constitution d’une brigade de remplacement AESH ;
– l’étude en commission consultatives paritaire de tous les cas de non-renouvellements de contrats.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 08:51

L’actualité nous rappelle tristement que nombre de nos collègues dans l’Éducation nationale mettent fin à leurs jours ou tentent de le faire.

Pour SUD éducation, chaque suicide est un drame humain, duquel, malheureusement, le travail ne peut bien souvent pas être évacué. Il est à cet égard insupportable de voir l’administration de l’Éducation nationale réduire systématiquement et strictement les suicides de ses salarié-e-s à des « problèmes personnels ».

Comme tout employeur, l’Éducation nationale a des responsabilités, comme le prévoit le Code du travail, qui oblige ce dernier à « prendre les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale des travailleurs ».

SUD éducation demande la réunion urgente des CHSCT départementaux, académiques et ministériel afin qu’une enquête ait lieu chaque fois qu’un personnel se suicide ou tente de le faire.

Les derniers communiqués et tracts de Sud éducation :

Les actions en intersyndicale :


Le guide "Et voilà le travail !" de Sud éducation, au sommaire :

  • C’est quoi ce travail (avant-propos)
  • Le CHSCT : un contre-pouvoir syndical ?
  • La Commission hygiène et sécurité (CHS) d’EPLE
  • Visites médicales et registres obligatoires : comment les utiliser ?
  • Obtenir la reconnaissance en accident de service
  • Que faire en cas de suicide ou tentative de suicide ?
  • Chez les agent⋅e⋅s relevant des collectivités territoriales
  • Les revendications de SUD éducation
  • Une engagement de Solidaires

Informez-vous, consultez régulièrement le site de SUD éducation orne

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16 octobre 2019 3 16 /10 /octobre /2019 07:15
Guide de la fédération SUD éducation

 

Cette année encore, nous avons été contactés par de nombreux collègues faisant part de leur mécontentement à propos du déroulement des « rendez-vous de carrière » et des compte-rendus reçus.
Parallèlement le ministère a pris un nouvel arrêté publié au JO le 6 juillet qui modifie la procédure du rendez-vous de carrière pour la rentrée 2019, notamment concernant les questions de délais et de forme. Ces modifications concernent également les agent-e-s qui ont passé leur évaluation PPCR en 2018-2019. Ce guide pratique tient compte de ces nouvelles règles.

PDF - 988 ko
8 pages PPCR

Le déroulement du RDV de carrière (1er degré)

Au début de l’été vous recevez un mail sur votre boîte professionnelle, vous informant que vous êtes éligible dans le cadre du PPCR, au « rendez-vous » de carrière.

Chaque collègue PE sera reçu-e dans le cadre de ce que le ministère nomme les « rendez-vous de carrière ». Ces rendez-vous auront lieu 4 fois à des instants fixes de nos parcours professionnels mais seuls les trois premiers donneront lieu à des évaluations contrairement au système précédent dans lequel les inspections pouvaient intervenir de manière très aléatoire d’un-e collègue à l’autre, d’une circonscription à l’autre.
> Premier rendez-vous : passage de l’échelon 6 à l’échelon 7
> Second rendez-vous : passage de l’échelon 8 à l’échelon 9
> Troisième rendez-vous : au moment du passage à la hors-classe
Enfin un quatrième rendez-vous, qui ne donnera pas lieu à une évaluation permettra, à 10 % des collègues d’accéder à une « classe exceptionnelle » nouvellement créée.

Chacun de ces moments d’évaluation se déroulera de la même façon : 
- Une inspection suivie d’un entretien avec l’IEN de circonscription comme dans le système précédent. Le rendez-vous de carrière doit être annoncé quinze jours (vacances scolaires incluses) à l’avance à l’agent-e.

L’IEN de circonscription évalue à partir d’une grille nationale établie sur la base du référentiel de compétence de 2013 et comportant 11 items aux intitulés plus ou moins vagues. Pour chacun de ces items, il est attribué un niveau de maîtrise, parmi 4 possibilités, allant de la mention « à consolider », en passant par « satisfaisant » et « très satisfaisant » à celle d’« excellent ». Le tout sera regroupé dans un compte-rendu d’évaluation qui comportera une appréciation littérale de 10 lignes de la part de l’IEN.

- Ce compte-rendu d’évaluation sera communiqué à l’agent-e via son adresse mail professionnelle en fin d’année scolaire. A ce stade, l’agent-e dispose de quinze jours pour indiquer qu’il ou elle a pris connaissance du compte-rendu et formuler des observations.

- A la rentrée suivante, entre le 15 septembre et le 15 octobre selon votre situation, l’appréciation finale délivrée par le Dasen du rendez-vous de carrière est communiquée à l’agent-e. C’est à partir de cet instant que peut être engagée la procédure de recours (voir la section « Contester son appréciation finale »).

En fonction des résultats de votre évaluation, vous pourrez bénéficier d’un avancement accéléré... mais dans la limite des places disponibles ! En effet seulement 30 % des personnels évalués pourront prétendre à bénéficier de cette mesure. Les 70 % restants avanceront au même rythme. Contrairement à la précédente version il n’existe désormais plus que deux rythmes d’avancement. Mais, dans le principe, le système reste identique avec un avancement couplé à l’évaluation sur la base de quotas. Il demeure foncièrement injuste. Les 30 % les mieux notés avanceront à l’échelon suivant (7 ou 9) un an avant les autres.

Le déroulement du RDV de carrière (2nd degré)

Au début de l’été vous recevez un mail sur votre boîte professionnelle, vous informant que vous êtes éligible dans le cadre du PPCR au « rendez-vous » de carrière.
Désormais, chaque professeur-e du second degré sera reçu-e dans le cadre de ce que le ministère nomme les « rendez-vous de carrière ». Ces rendez-vous auront lieu 4 fois à des instants fixes de nos parcours professionnels mais seuls les trois premiers donneront lieu à des évaluations contrairement au système précédent dans lequel les inspections pouvaient intervenir de manière très aléatoire d’un collègue à l’autre, d’une discipline à l’autre.
> Premier rendez-vous : passage de l’échelon 6 à l’échelon 7
> Second rendez-vous : passage de l’échelon 8 à l’échelon 9
> Troisième rendez-vous : au moment du passage à la hors-classe
Enfin un quatrième rendez-vous, qui ne donnera pas lieu à une évaluation permettra, à 10 % des collègues d’accéder à une « classe exceptionnelle » nouvellement créée.
Chacun de ces moments d’évaluation se déroulera de la même façon : 
- Une inspection suivie d’un entretien avec l’IPR comme dans le système précédent. 
- Un entretien avec le chef d’établissement.

Le rendez-vous de carrière doit être annoncé annoncé quinze jours (vacances scolaires incluses).
L’entretien avec le chef d’établissement pourra intervenir dans une période de 6 semaines après votre inspection. IPR et chef-fe-s d’établissements évaluent à partir d’une grille nationale établie sur la base du référentiel de compétence de 2013 et comportant 11 items aux intitulés plus ou moins vagues (5 items pour l’IPR, 3 pour le ou la chef-fe d’établissement et 3 autres évalués conjointement). Pour chacun de ces items, il est alors attribué un niveau de maîtrise, parmi 4 possibilités, allant de la mention « à consolider », en passant par « satisfaisant » et « très satisfaisant » à celle d’« excellent ». Le tout sera regroupé dans un compte rendu d’évaluation qui comportera également deux appréciations littérales de 10 lignes pour chacun des évaluateurs. 
- Ce compte-rendu d’évaluation sera communiqué à l’agent-e via son adresse mail professionnelle en fin d’année scolaire. A ce stade l’agent-e dispose de quinze jours pour indiquer qu’il a pris connaissance du compte rendu et formuler des observations. 
- A la rentrée suivante, entre le 15 septembre et le 15 octobre selon votre situation, l’appréciation finale (délivrée par le Recteur pour les certifié-e-s/PLP et par le Ministre pour les agrégé-e-s) du rendez-vous de carrière est communiquée à l’agent-e. C’est à partir de cet instant que peut être engagée la procédure de recours (voir la section « Contester son appréciation finale »).

En fonction des résultats de votre évaluation, vous pourrez bénéficier d’un avancement accéléré... mais dans la limite des places disponibles ! En effet seulement 30 % des personnels évalués pourront prétendre à bénéficier de cette mesure. Les 70 % restants avanceront au même rythme. Contrairement à la précédente version il n’existe désormais plus que deux rythmes d’avancement. Mais, dans le principe, le système reste identique avec un avancement couplé à l’évaluation sur la base de quotas. Il demeure foncièrement injuste. Les 30 % les mieux notés avanceront à l’échelon suivant (7 ou 9) un an avant les autres.

Le plus gros problème de cette nouvelle évaluation réside dans le pouvoir accru confié aux chef-fe-s d’établissements sur l’avancement de carrière et les pratiques professionnelles. Ils et elles évaluent désormais des compétences aux contours flous mais qui s’immiscent sournoisement dans la sphère pédagogique. Auparavant, à travers la note administrative, le chef d’établissement évaluait majoritairement des aspects plutôt « objectifs » comme l’assiduité ou la ponctualité. Seule l’évaluation du « rayonnement » (sic) lui donnait une marge de manœuvre. Aujourd’hui celui-ci va pouvoir évaluer si les enseignants sont capables de « travailler en équipe », d’« installer et de maintenir un climat propice aux apprentissages » ou encore s’ils contribuent à « l’action de la communauté éducative ». À cela devra s’ajouter la co-évaluation de 3 autres items avec l’inspecteur.

Au delà du fait que les chef-fe-s d’établissement sont parfaitement incompétent-e-s en matière d’évaluation de la pédagogie des enseignant-e-s ou de leur manière de travailler, cette disposition renforce les équipes de direction dans le rôle de « premiers pédagogues » des établissements scolaires comme le réclament d’ailleurs leurs organisations syndicales. La conséquence était attendue : nombreux sont les chef-fe-s à abuser de leurs nouveaux kits de petits managers pour imposer leurs vues sur les pratiques pédagogiques et professionnelles et diviser les équipes enseignantes. Ces dispositions infantilisantes amenuisent un peu plus nos capacités d’actions individuelles et collectives alors que dans de nombreux établissements les équipes éducatives et les directions sont en conflit. Il faudra donc que les personnels soient toutes et tous très vigilant-e-s quant à cette nouvelle forme d’évaluation, et qu’ils construisent collectivement des stratégies pour y résister et élaborer ensemble des alternatives.

Grille d’évaluation du RDV de carrière (1er et 2d degré)

Voir brochure en pièce jointe

Contester son appréciation finale : voie de recours

Lors de la réception de votre compte-rendu de RDV de carrière en fin d’année scolaire il est possible de formuler des observations. Nous vous invitons à le faire si nécessaire. A partir de la réception de l’appréciation finale, entre le 15 septembre et le 15 octobre selon votre situation, il est possible de faire un recours. SUD éducation se tient à la disposition des collègues qui souhaiteraient contester leur appréciation finale.

1) En cas de désaccord il faut, dans un premier temps, formuler un recours gracieux par écrit en vue de demander la révision de l’appréciation finale du DASEN (pour le premier degré), du recteur (pour le second degré), ou du ministre (pour les agrégés). Ce recours doit être transmis par voie hiérarchique dans un délai de 30 jours francs suivant la notification de l’appréciation finale du rendez-vous de carrière. L’autorité hiérarchique compétente dispose de 30 jours francs pour répondre.

2) En cas de réponse défavorable, ou d’absence de réponse à expiration du délai de 30 jours francs, il est possible dans un second temps de saisir la CAPD (premier degré) ou la CAPA (second degré). Cette requête doit être transmise par écrit, par voie hiérarchique, dans un délai de 30 jours francs. Toute requête doit être argumentée : contestation de la régularité de la procédure, avis illogiques ou contradictoires, non prise en compte de certaines activités ou missions, mention d’activités syndicales, mention d’absences pour raison médicale, anciennes notations et rapports d’inspection…

N’hésitez pas à contacter SUD éducation afin d’être accompagné-e dans cette démarche.

Peut-on refuser le RDV de carrière ?

Si l’administration présente toujours les inspections comme obligatoires légalement, il n’existe aucun texte qui oblige à les accepter. Il est donc tout à fait possible de les refuser. Le refus d’inspection est d’ailleurs reconnu par la circulaire du ministre de l’éducation Alain Savary publiée au BO du 20 décembre 1983. Dans l’ancien système, des collègues refusaient déjà l’inspection pour différentes raisons dans le premier et le second degré. Seuls quelques documents peuvent vous être demandés. Dans le premier degré, il s’agit du registre d’appel renseigné et complété, de l’emploi du temps de la classe affiché ainsi que des livrets scolaires. Dans le second degré, il faut présenter le cahier de texte (électronique ou non), les bulletins et le cahier d’appel (électronique ou non). Pour signaler son refus, il suffit de faire un courrier à l’inspection, par voie hiérarchique (voir exemple de courrier ci-dessous) et/ou en recommandé avec accusé de réception et/ou par mail pour garder des traces.

En principe, l’administration pourrait prendre des mesures de rétorsion même si celles-ci ne sont pas systématiques. Ces mesures sont très variables en fonction des académies, des inspecteurs-trices, des DASEN. Les sanctions peuvent être un rappel à l’ordre écrit, une convocation à un entretien hiérarchique accompagné d’un-e représentant-e syndical-e pour un « recadrage », une baisse de la note pédagogique et/ou administrative, ou encore un blâme. Le blâme étant une sanction du premier groupe, il n’est pas nécessaire de réunir une commission disciplinaire pour l’infliger à un-e enseignant-e, au bout de trois ans il doit être expurgé du dossier administratif. Dans beaucoup de cas, les collègues ayant refusé l’inspection n’ont comme seule sanction que d’avancer à l’ancienneté, comme c’est le cas pour 70 % des professeur-e-s (même ceux et celles acceptant l’inspection). De plus, chaque sanction peut être contestée. Quoiqu’il en soit, il est clair que plus nous serons en capacité de construire un rapport de force et de solidarité avec les collègues en refus d’inspection, moins l’administration sera encline à sanctionner.

Nous rappelons que le refus d’inspection s’inscrit dans dans un combat plus large, de refuser l’évaluation, de s’opposer aux chef-fe-s de service, de marquer notre opposition au poids grandissant des chefs d’établissement qui sont invité-e-s désormais à nous évaluer sur des aspects pédagogiques et de lutter contre toutes formes de pressions hiérarchiques.

Avant d’entreprendre cette démarche, nous vous conseillons de vous rapprocher de notre syndicat pour bénéficier de conseils, appréhender les différentes situations qui peuvent se poser et pour connaître vos droits. Il est nécessaire de ne pas rester isolé-e- face à la hiérarchie.

Modèle de lettre de refus

M./Mme l’Inspecteur-trice d’académie, s/C de M./Mme l’IEN.
OU M./Mme l’Inspecteur-trice Pédagogique Régional, s/C de M./Mme le/la Proviseur-e/Principal-e

Partisan d’une réforme profonde du système éducatif, avec le soutien de mon organisation syndicale et conformément à la note de service du 13 décembre 1983, je vous informe de mon refus de participer à ce rendez-vous de carrière, qu’il s’agisse de l’inspection ou de l’entretien prévu, pour les motifs suivants :
parce que les interventions d’un-e inspecteur-inspectrice ne sauraient remplacer la formation continue ;
parce que l’inspection n’apporte aucune réponse aux difficultés de mon métier ;
parce qu’un-e inspecteur-inspectrice ne peut être à la fois supérieur hiérarchique et conseiller formateur-conseillère formatrice ;
parce que je ne conçois pas d’évaluation de l’action éducative par quelqu’un qui n’enseigne plus ;
parce qu’il ne saurait y avoir de collaboration pédagogique en dehors du cadre collectif et égalitaire d’une équipe d’enseignants et de collègues ;
parce que l’évaluation d’un enseignant par un-e inspecteur-inspectrice est forcément soumise à sa subjectivité ;
parce que l’inspection est une institution rétrograde qui entraîne la soumission, l’infantilisation, la division des personnels, renforce leur isolement et cautionne l’immobilisme.

Cette nouvelle mouture de l’évaluation avait été refusée par des organisations syndicales représentant plus de 50% des personnels concernés. Si je ne considérais pas l’ancien système d’évaluation satisfaisant, je ne peux considérer que le protocole PPCR permettra aux enseignants de progresser dans leur pratique .

Au contraire, il accentuera l’individualisation et la mise en concurrence des personnes dans une logique managériale d’auto-évaluation et de promotion de ses compétences.

Je vous prie d’agréer, Monsieur/madame l’Inspecteur-trice, l’expression de mes sincères salutations et mon attachement au service public de l’Éducation National

PPCR, RDV de carrière : les positions de SUD éducation

1 ) Un management agressif

SUD éducation et Solidaires n’ont pas signé la mise en place du PPCR (protocole parcours carrière et rémunération). Dès le départ, nous avons dénoncé les dérives de ce protocole.

Pour autant, SUD éducation ne défendait pas l’ancien système d’évaluation basé sur l’inspection-notation, qui était par ailleurs totalement décrédibilisé aux yeux des collègues. Mais nous disions que celui que projetait le ministère, basé sur l’instrumentalisation managériale de l’autoévaluation et l’entretien professionnel, était encore pire. Notamment en raison du pouvoir accru alloué à la hiérarchie.

Le déroulement des deux premières campagnes de rendez-vous de carrière tend malheureusement à démontrer que nous avions raison... Le PPCR comportait en un seul paquet : des augmentations de salaires (insuffisantes et injustes dans leur répartition et gelées depuis par le gouvernement !), une réforme des carrières et de l’évaluation des agent-e-s via les fameux « rendez-vous de carrière » et la création de la classe exceptionnelle, une mobilité contrainte accrue et un renforcement des logiques contractuelles.

Dans l’éducation, après la phase de la carotte, avec les annonces sur les augmentations des salaires que nous n’avons jamais perçues, est venu le temps du bâton, avec la réforme de l’évaluation des enseignant-es.

En effet, les avis du Recteur ou du Dasen rendus suite aux « rendez- vous de carrière » sont pour de nombreux collègues en décalage avec la réalité de leur pratique professionnelle et injustes. Pourtant, c’est cet avis qui permettra ou non d’accéder plus vite à l’échelon supérieur ou à la hors-classe. Comment expliquer que des collègues découvrent, par exemple, un avis très satisfaisant alors que les comptes-rendus d’entretien ne comportent que des items excellents ? Ou encore que des collègues qui avaient de très bonnes évaluations avec l’ancien système se retrouvent aujourd’hui avec des « à consolider » ?

2) Inégalitaire et arbitraire

La raison : le nombre de « méritant-e-s » est déjà fixé à l’avance par un quota. Les critères d’évaluation sont fixés à l’avance par l’administration pour remplir ce quota défini par décret. L’avis du ou de la supérieure hiérarchique n’ayant pas besoin d’être motivé, il peut tout à fait choisir de mettre seulement 30% d’avis « excellents », par exemple pour les passages accélérés au septième et neuvième échelons, puisque le quota de promu-e-s sera de 30 %. On peut également s’interroger sur l’harmonisation des promu-e-s. Si 30% des personnels au 8e échelon doivent passer au neuvième échelon au bout de deux ans, comment se fait cette répartition entre les différents corps et les différentes disciplines ?

Il faut bien « choisir » les plus « méritant-e-s ». Le critère décisif n’est pas le nombre d’items excellents dans son champ professionnel, il se situe au-delà de l’enseignement stricto sensu : être formateur-ice, faire de l’animation de bassin, référent-e ou d’autres tâches que d’enseigner.
C’est un moyen de pousser les personnes à faire des tâches annexes, chronophages et lourdes sans décharge de service ni indemnités. Ce bénévolat mérite une carrière accélérée ! On peut s’attendre à ce que les femmes soient à nouveau pénalisées, puisqu’elles prennent plus que les hommes des congés parentaux, elles sont de fait moins susceptibles d’accepter toutes ces fonctions tellement plus « méritoires » que le « simple » enseignement !

Outre que la mise en place de la classe exceptionnelle, réservée à seulement 10% des enseignant-e-s, augmente l’écart de rémunération maximal en fin de carrière, ce nouveau grade renforce les inégalités salariales entre les hommes et les femmes. Alors que (dans le premier degré surtout) les femmes sont sur-représentées dans l’enseignement, lorsqu’il s’agit de la classe exceptionnelle cette féminisation disparaît. Les enseignantes seraient-elles moins méritantes, moins investies que leurs homologues masculins ?
Au final, c’est la même logique que le système de notation précédent, mais en plus opaque, injuste et inégalitaire. Le travail des élu-e-s dans les commissions paritaires est d’autant plus complexe. De plus cela crée de la concurrence et des ambiances de travail délétères entre les personnels qui se demanderont pourquoi untel est plus « méritant » que telle autre. L’accès à la classe exceptionnelle va dans le même sens ,en divisant les personnels qui se sentent tous aussi exceptionnels que les promus ! En définitive, cela laisse le pouvoir au chef de service (IEN, chef d’établissement…) de décider de qui a une promotion… ou pas, renforçant ainsi les logiques clientélistes.

SUD éducation revendique l’égalité salariale et des augmentations générales des salaires, une évaluation coopérative et purement formative déconnectée de l’évolution des rémunérations. Plutôt qu’une mise en concurrence des collègues, une réduction du temps de service permettrait concertation et échanges pédagogiques.

SUD éducation revendique la suppression de la classe exceptionnelle et une fin de carrière, pour tou-te-s, à l’indice du dernier échelon de l’actuelle hors classe.

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Published by SUD 61
14 octobre 2019 1 14 /10 /octobre /2019 10:42

En mars 2019, un enseignant de l’école Flammarion à Eaubonne dans le 95, en avril 2019, une CPE du lycée Jean-Moulin de Béziers dans le 34, en mai 2019, un instituteur de l’école Victor Hugo de Barrême dans le 04, le 21 septembre, la directrice de l’école Mehul de Pantin dans le 93 et le 23 septembre un professeur de SVT à nice. En moins d’un an, tout-e-s se sont suicidé-e-s suite à leurs mauvaises conditions de travail et aux pressions exercées par la hiérarchie.

À la souffrance des personnels, l’administration répond par le silence. Pire, en février 2019 la Directrice des ressources humaines du rectorat de Montpellier va jusqu’à conseiller à des enseignant-e-s de « penser à l’euthanasie » quand ils et elles confient leur inquiétude sur l’avenir de leur métier. La pression hiérarchique augmente : les directeurs et directrices d’école doivent remplir des charges de plus en plus lourdes sans bénéficier de temps supplémentaire ; dans le cadre du PPCR, les carrières sont dictées par des appréciations arbitraires des chef-fe-s d’établissement ; la liste des missions s’allonge alors que le métier de professeur-e est de moins en moins reconnu, poussant beaucoup de collègues à démissionner. Parallèlement, l’administration a recours a de plus en plus de contractuel-le-s dont l’avenir professionnel dépend de l’appréciation des chef-fe-s. Avec la loi Blanquer, la hiérarchie sera à même de museler les personnels, notamment les syndiqué-e-s qui voudraient dénoncer les agissements d’un-e chef-fe.
SUD éducation tient à rappeler que l’employeur a l’obligation de protéger son personnel. D’après l’article L.4121-1 du Code du travail, l’employeur est tenu par la loi de prendre toutes les mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé physique et mentale de ses salarié-e-s. Il ne doit pas se contenter de diminuer le risque mais bien de l’empêcher. Il est de notre devoir de le leur rappeler régulièrement. Dans cette logique, il est nécessaire de construire et d’imposer un rapport de force, de ne pas rester isolé-e-s, de ne pas se rendre seul-e à un entretien avec sa hiérarchie, d’organiser des heures d’informations syndicales pour libérer la parole des collègues en souffrance, de solliciter le CHSCT, etc. Toutes et tous ensemble, nous serons plus fort-e-s contre la hiérarchie. Il n’est pas rare qu’une cellule de crise se mette en place quand les chef-fe-s sont défaillant-e-s et que certain-e-s soient alors déplacé-e-s.

SUD éducation revendique : la création d’une médecine de prévention digne de ce nom, par des recrutements massifs de médecins la mise en place et un réel suivi des risques de santé et de sécurité au travail le maintien des CHSCT et la création de CHSCT de circonscriptions dans le 1er degré et dans les services de plus de 50 agent-e-s le bénéfice de l’accident de service ou de la maladie professionnelle accordé par la Sécurité sociale et non l’administration, juge et partie
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