10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 13:12

Réunions d’information syndicale

Les textes changent, évoluent ; il n’est pas toujours facile de s’y retrouver. Vous avez des droits, il est essentiel de les connaitre.  Inutile de compter sur l’administration, elle ne vous les rappellera pas. Alors, si vous voulez être mieux informé-e, participez aux RIS qui vous seront proposées par SUD éducation (une dans chaque circonscription).

 

 

AED et AESH, l’Education Nationale vous doit 14heures, exigez-les !

Le décret n°84-972 du 26 octobre 1984 relatif aux congés annuels des fonctionnaires de l’État indique dans son article 1 qu’ « un jour de congé supplémentaire est attribué à l’agent dont le nombre de jours de congé pris en dehors de la période du 1er mai au 31 octobre est de cinq, six ou sept jours ; il est attribué un deuxième jour de congé supplémentaire lorsque ce nombre est au moins égal à huit jours ». Les contrats d’AED et d’AESH étant régis par le droit public et les jours de congé obligatoirement pris pendant les vacances scolaires, les personnels sous contrat de droit public se trouvent concerné-es par ces dispositions.
Le Ministère de l’Éducation Nationale a publié une note aux rectorats (note DGRH n°2018-0275) qui confirme l’attribution d’un congé annuel dans des conditions identiques à celles des personnels titulaires.

Il faut calculer ses droits aux jours de fractionnement au prorata de la quotité de service :
—  pour un temps plein (100 %) → 14 heures pour l’année.
—  pour un mi-temps (50 %) → 7 heures pour l’année.

La lutte continue : toujours pas de véritable statut pour les AESH

Le recrutement en CDD 6 ans avant d’obtenir un CDI est toujours la règle, sans prendre en considération les années de CUI, alors que la loi permettrait un recrutement direct en CDI. En effet la loi Le Pors prévoit pourtant le recrutement en CDI pour pourvoir des emplois permanents correspondant à des missions pour lesquelles il n’existe pas de corps de fonctionnaires.
Aucune amélioration en termes de formation : pas de formation initiale avant la prise de poste, toujours les mêmes 60h d’« daptation à l’emploi », pas de cadre réglementaire sur le contenu de la formation continue.
Aucune revalorisation des salaires, la grille indiciaire reste plafonnée à un taux ridiculement bas.

SUD éducation revendique la titularisation des AESH, la reconnaissance de leur rôle éducatif, avec une véritable formation et une revalorisation du SMIC à 1700 euros.

 

Non à la loi Blanquer : aggravation des conditions de travail des AESH

L’organisation en PIALs (pôle inclusif d’accompagnement localisé) accentuera la mutualisation à outrance, et multipliera les lieux de travail, notamment sur les PIALs interdegré. Les élèves seront accompagné-es par plusieurs AESH. Les emplois du temps seront susceptibles de changer à tout moment. La relation hiérarchique à l’autorité administrative est renforcée. Outre l’IEN ou le/la chef-fe d’établissement, des niveaux intermédiaires de hiérarchie sont créés : directeur/trice d’école, chargé-e de mission, AESH référent-e.
Les contrats de travail posant une plage de 41 (voire 45) semaines travaillées a pour objectif d’imposer des formations durant les congés scolaires.
SUD éducation revendique qu’un-e AESH ne suive pas plus de deux élèves simultanément, l’abandon de l’annualisation du temps de travail, et le maintien de la formation sur le temps de travail.

Violences faites aux femmes

118ème féminicide cette semaine ! Il a aussi tué la fille de 8 ans de cette pauvre femme ! Combien de mortes, de mutilées, de brisées faudra-t-il encore avant que de vraies dispositions soient prises pour protéger les femmes dans notre pays dit "civilisé et évolué" ?

 

Se syndiquer pour mieux lutter

Pour vous défendre, pour combattre la politique éducative du gouvernement, pour obtenir de nouveaux droits, choisissez un syndicat au service des luttes et des droits de tous les personnels. Syndiquez-vous !

 

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 12:28
La majorité prépare le retour des EPEP

Le suicide de C. Renon va t-il être utilisé par le ministre pour ramener les établissements publics de l'enseignement primaire (EPEP) ? Selon Les Echos, la députée LREM Cécile Rilhac prépare un projet de loi en ce sens. Celui-ci est déjà annoncé par G Attal, secrétaire d'Etat auprès de JM Blanquer, à l'Assemblée le 1er octobre. Lancés par F Fillon et l'Institut Montaigne, poussés sous de Robien et Luc Chatel, les EPEP sont un vieux projet qui permet d'accélérer le regroupement des écoles primaires et de mettre à leur tête un chef d'établissement supérieur hiérarchique des enseignants. Un projet qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux EPSF, proposés par C Rilhac, avec le soutien de JM Blanquer, dans le cadre de la loi Blanquer. Alors que les enseignants marquent leur solidarité avec la directrice de Pantin, ce projet là est-il ce qu'elle aurait souhaité pour l'école ? A l’évidence, non ! Et pourtant, ils ont le culot d’utiliser cet acte tragique et militant pour justifier leur projet. Quelle honte !

Retour des EPSF

La manœuvre qui se joue en ce moment est assez simple. En s'appuyant sur le suicide de C Renon, le ministre va accueillir positivement une nouvelle proposition de loi de C Rilhac sur les EPEP. Elle pourrait permettre le passage des directeurs vers le poste de chef d'établissement du primaire, ce qui n'était pas prévu avec les EPSF. Mais ces EPEP présentent les mêmes caractéristiques que les EPSF retirés de la loi Blanquer.

D'une part les EPEP vont accélérer le regroupement des écoles primaires, permettant ainsi des économies d'échelle importantes. D'autre part elles vont instaurer dans l'école primaire un chef d'établissement, supérieur hiérarchique des enseignants en mettant fin à ces petites républiques que les fondateurs de la grande (République) ont installé dans les écoles. L'argument donné est celui de l'autonomie et de l'adaptabilité des écoles en dotant les chefs d'établissement de pouvoirs importants. La réalité c'est le dirigisme renforcé dans les écoles en instituant l'échelon hiérarchique qui fait défaut. Ces deux objectifs étaient ceux des EPSF. Et c'est bien la vision poursuivie avec constance par JM Blanquer depuis 2007.

 

 

Projet de réforme des retraites :

Macron annonce la couleur pour les enseignant-es

 

Le 3 octobre dernier, devant un parterre de lecteurs-trices du Midi libre réuni-e-s à Rodez, Emmanuel Macron a formulé plusieurs déclarations sur les retraites des enseignant-e-s, chacune plus inquiétante que la précédente. Macron a tout d’abord montré l’étendue de son ignorance du terrain en affirmant qu’une retraite d’un-e enseignant-e en fin de carrière est actuellement de 1 100-1 200 euros, alors qu’elle est en réalité actuellement de 2 380 euros en moyenne. Le plus inquiétant dans cette affirmation, c’est qu’il considère qu’une pension de 1 200 euros constituerait une retraite acceptable. Le coût social à venir de la baisse des pensions est donc parfaitement assumé par ce gouvernement au service des capitalistes. Macron déclarait ensuite que s’il voulait maintenir le niveau de pensions actuel dans le nouveau système de retraite, il faudrait augmenter le niveau des rémunérations de 10 milliards par an. Il annonce clairement que c’est inenvisageable. Ces 10 milliards d’euros de revalorisation salariale sont à mettre en regard de ces quelques chiffres : le CAC 40 prévoit de verser 50 milliards d’euros de dividendes en 2019 ;
Solidaires Finances Publiques, repris par la presse économique, chiffre la fraude sociale et fiscale patronale à au moins 80 milliards d’euros ; La subvention de l’État à l’enseignement privé s’élève à 10 milliards d’euros. Bien évidemment, la réforme des retraites est à combattre dans son ensemble, et ne saurait être compensée par des promesses de revalorisation mais cette fin de non-recevoir sur les revendications salariales montre le mépris que porte le gouvernement aux conditions de vie des personnels.

De plus, Macron déclare : “Vous avez des vacances, et vous partez à la retraite avec un système qui est mieux calculé que chez beaucoup d’autres”. Comme tant d’autres hommes et femmes politiques, le président ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier. Cette surenchère démagogique trouve sa justification dans la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui prétend rémunérer les enseignant-e-s au mérite, et augmenter leur temps de travail.

SUD éducation revendique des augmentations de salaire et refuse de projet de réforme des retraites du gouvernement. SUD éducation dénonce la mise en place de retraites individuelles par points mettant fin au système de retraites solidaire, et revendique un régime de retraite par répartition intégrale à prestation définie pour limiter les inégalités à la retraite.

SUD éducation revendique : un taux de remplacement à 75 % des dix meilleures années ou du dernier indice, une durée de cotisation de 37 ans et demi, pas de pension inférieure au smic, l’égalité entre les hommes et les femmes au travail comme dans la retraite, départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, pas de recul sur les droits acquis.

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, appelle d’ores et déjà à construire la grève reconductible à partir du 5 décembre pour construire un affrontement victorieux avec ce gouvernement au service du patronat et des capitalistes.

Violences faites aux femmes

117ème féminicide cette semaine ! Il a aussi tué la fille de 8 ans de cette pauvre femme ! Combien de mortes, de mutilées, de brisées faudra-t-il encore avant que de vraies dispositions soient prises pour protéger les femmes dans notre pays dit "civilisé et évolué" ?

 

Se syndiquer pour mieux lutter

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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 12:18

En tant que syndicat de transformation sociale et écologique, Sud éducation dans le cadre de l’Union syndicale Solidaires revendique une transition sociale et écologique fondée sur un véritable partage des richesses et des ressources à l’échelle nationale et mondiale afin de garantir une vie digne pour tous et toutes.

L’exploitation intensive des matières premières nécessaires à nos sociétés industrielles (notamment fossiles et minerais ) pose le problème de leur épuisement. Les réserves disponibles ne nous laissent que quelques décennies de sursis. Or, leur raréfaction favorise la multiplication des tensions et des conflits pour leur appropriation et un très probable effondrement à venir.

Ainsi la lutte pour la justice sociale et écologique s’impose comme une urgence et elle doit passer par la réduction ou reconversion de l’industrie, une relocalisation des activités, une politique d’aménagement territorial qui réponde aux enjeux environnementaux, sociaux et sanitaires, et une véritable fiscalité écologique.

Cela implique :
  •  La sortie des énergies fossiles et du nucléaire.
  • La rupture avec la logique productiviste : arrêter la course irrationnelle à la croissance et partir de la satisfaction des besoins sociaux notamment en sortant du consumérisme par la publicité et l’obsolescence programmée et en cessant le pillage et l’exploitation des populations des pays des « Suds ».
  • La fin des grands projets imposés, coûteux et néfastes pour l’environnement (dangers nucléaires et chimiques, déforestation, bétonisation, ...)
  • la sortie et l’arrêt des négociations des traités de libre échange TAFTA, CETA, JEFTA, …
  • La socialisation des productions d’énergie, la transparence dans leur gestion et la mise en sécurité des équipements (actualité de la mise en concurrence des barrages hydrauliques et de leur privatisation )
  • une relocalisation de la production et de la consommation, la création d’activités non délocalisables et nécessaires pour satisfaire les besoins liés à l’environnement (requalification énergétique du bâti ancien, plan de formation et de reconversion des salarié-es...).
  • Une véritable fiscalité écologique, qui doit s’inscrire dans une politique publique globale dissuasive pour les pollueurs (sans exonérations possibles), qui réduise les inégalités, qui finance l’action publique à la hauteur des besoins sociaux. Cela implique la taxation des transports polluants que sont l’aérien, le fret maritime et par camion, pour aller vers leur réduction drastique, ainsi que la taxation élevée des produits de luxe avant la suppression de cette industrie nuisible matériellement et symboliquement.
  • La réduction drastique du transport routier accompagnée d’un plan de développement du ferroutage avec un meilleur maillage ferroviaire du territoire et un re-déploiement du transport fluvial.
  • une politique d’aménagement territorial qui arrête le grignotage des espaces, cesse de pousser les habitant-e-s loin des centre-villes et de les contraindre à utiliser des moyens de transports individuels. Notamment, il faut plafonner les loyers, lutter contre la spéculation immobilière, réquisitionner les logements vides, et à terme socialiser ce bien commun qu’est le logement.
  • L’amélioration des transports collectifs publics, leur gratuité, la reconversion vers des modes de transport moins polluants et donc le développement de lignes ferroviaires secondaires est une véritable urgence sociale, sanitaire et environnementale.

En tant que syndicat pour la justice sociale et écologique, ces raisons et perspectives nous obligent à penser notre syndicalisme dans une perspective de réduction des inégalités à l’intérieur du pays, mais aussi entre les pays riches et pauvres, ce qui inclut de s’interroger sur le niveau de vie possible pour tous-tes, et pas seulement pour les pays dits « développés ».

Dans le secteur de l’éducation, SUD éducation demande :
  • réalisations de bilan énergétique et plan d’isolation des bâtiments (mutualisation des connaissances avec SUD CT)
  • réduction des consommations énergétiques et en eau,
  • des outils pour mettre en place la diminution des déchets, et leur recyclage s’ils ne sont pas évitables.
  • renforcement des filières locales et bio dans la restauration scolaire ; réduction de la consommation des produits animaux (les élevages ont plus d’impact que les cultures).
  • Des recrutements massifs de titulaires remplaçantES dans les premier et second degrés afin de limiter leurs déplacements.
  • La prise en compte des risques environnementaux par les CHS et notamment une véritable campagne de désamiantage des établissements scolaires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 et une prise en charge des personnels exposés avant 2021,
  • La mise en place des mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs-ses (notamment celleux exposé-es au radon) : visite médicale, information des personnels, mesures techniques telles que système de ventilation, ouverture des fenêtres...
  • Un vrai plan de formation professionnelle orienté vers les nouveaux métiers : inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé, dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables etc.
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10 octobre 2019 4 10 /10 /octobre /2019 12:16

Monsieur le Ministre, 
 
Par des rassemblements, des grèves et plus 120 000 signatures à la pétition « Plus Jamais ça », une Marche Blanche, les personnels, avec l’ensemble de la communauté éducative, ont témoigné de leur forte émotion après que Christine Renon, directrice d’école à Pantin, ait mis fin à ses jours sur son lieu de travail.
 
Au-delà de la grande peine que suscite son acte désespéré, cette mobilisation pose nombre de questions sur les conditions de travail des directeurs et directrices d’école, des enseignant-es et de tous les personnels qui font vivre les écoles, les établissements et les services, l’insuffisante reconnaissance de leurs professionnalités et le manque de moyens, conduisent à la perte de sens des métiers de toutes et tous.

Tous les personnels de l’Education nationale sont impactés. Monsieur le Ministre, votre première réponse ne suffit pas pour être aujourd’hui à la hauteur de leurs attentes. Nous vous demandons d’apporter des réponses permettant de garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail. 
 
Depuis de nombreuses années, tous les acteurs du système éducatif subissent une pression qui va croissant et les mène à l’épuisement. 

En première urgence, nos organisations syndicales exigent l’amélioration des conditions de travail, une organisation moins verticale et moins injonctive des écoles, établissements et services, l’organisation d’un travail plus collectif et à des rythmes plus respectueux de la qualité de vie au travail, le développement des services de médecine de prévention.

Nous revendiquons également les créations d’emplois nécessaires pour l’ensemble des personnels.

Par ailleurs, la suppression programmée des CHSCT aggravera la prise en charge de celles et ceux qui sont en souffrance. Nous redisons notre profond désaccord avec cette nouvelle dégradation de la capacité à agir pour la prévention, la protection et la défense de nos collègues.
 
Monsieur le Ministre nous attendons des actes. Faute de quoi, nos organisations syndicales prendront leurs responsabilités.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Marie Buisson
Secrétaire Générale
de la FERC-CGT

Bernadette Groison
Secrétaire Générale
de la FSU

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire Générale
du SGEN-CFDT

Frédéric Marchand
Secrétaire Général
de l’UNSA Education

Jules Siran – Fatna Seghrouchni
Co-Secrétaires fédéraux
de SUD Education

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:44

Le suicide de C. Renon va t-il être utilisé par le ministre pour ramener les établissements publics de l'enseignement primaire (EPEP) ? Selon Les Echos, la députée LREM Cécile Rilhac prépare un projet de loi en ce sens. Celui-ci est déjà annoncé par G Attal, secrétaire d'Etat auprès de JM Blanquer, à l'Assemblée le 1er octobre. Lancés par F Fillon et l'Institut Montaigne, poussés sous de Robien et Luc Chatel, les EPEP sont un vieux projet qui permet d'accélérer le regroupement des écoles primaires et de mettre à leur tête un chef d'établissement supérieur hiérarchique des enseignants. Un projet qui ressemble comme deux gouttes d'eau aux EPSF, proposés par C Rilhac, avec le soutien de JM Blanquer, dans le cadre de la loi Blanquer.

Alors que les enseignants marquent leur solidarité avec la directrice de Pantin, ce projet là est-il ce qu'elle aurait souhaité pour l'école ? A l’évidence, non ! Et pourtant, ils ont le culot d’utiliser cet acte tragique et militant pour justifier leur projet. Quelle honte !

 

"Nous savons que, contrairement aux collèges et aux lycées, les écoles ne sont pas des établissements publics et que leurs directeurs n’ont pas les mêmes prérogatives, pas de statut particulier, pas les mêmes possibilités que les personnels de direction des collèges et des lycées. Il y a donc un vrai travail à faire pour simplifier leur quotidien et renforcer leurs missions. Ce travail a été mené par certaines de vos collègues – je pense à Cécile Rilhac et Valérie Bazin-Malgras, qui ont rédigé un rapport sur le sujet. Nous travaillons avec elles à des mesures qui pourraient être présentées à la suite de ces travaux. Je pense que nous pouvons nous accorder sur le fait que ce drame va nous inviter tous, communauté éducative et élus, à avancer sur cette question sans tabous – en tout cas, Jean-Michel Blanquer y est prêt". Le 1er octobre , répondant à une question du député LFI Bastien Lachaud sur le suicide de C. Renon, Gabriel Attal, secrétaire d'Etat auprès de JM Blanquer, indique clairement la volonté ministérielle de transformer les écoles en établissements publics à travers un projet de loi qui sera déposé par Cécile Rilhac. Cécile Rilhac est la députée LREM qui avait déposé un amendement créant les établissements publics des savoirs fondamentaux (EPSF) dans la loi Blanquer. Un texte immédiatement défendu par le ministre avant d'être retiré de la loi par le Sénat sous la pression des enseignants et des maires.

 Dans Les Echos, Cécile Rilhac confirme les propos de G Attal. Elle évoque " la possibilité au ministre de créer cette nouvelle fonction (chef d'établissement du premier degré) pour « bien encadrer les missions du directeur d'école et avoir une revalorisation indemnitaire beaucoup plus importante par un système de primes ». Ces futurs chefs d'établissement pourraient ne faire que « piloter l'école primaire » à partir d'un certain seuil - qui serait fixé par le ministre". Selon elle le seuil serait un établissement de 12 classes. Pour elle, c'est la réponse adaptée à la crise des directions d'école.

 

 Un vieux débat

L'idée de transformer les écoles en établissements publics de l'enseignement primaire (EPEP)est un vieux projet hérité de François Fillon. Ministre de l'éducation nationale, il insère cette réforme dans la loi du 13 août 2004. Elle prévoit que "les établissements publics de coopération intercommunale ou plusieurs communes d'un commun accord, ou une commune, peuvent, après avis des conseils des écoles concernées et accord de l'autorité académique, mener, pour une durée maximum de cinq ans, une expérimentation tendant à créer des établissements publics d'enseignement primaire". F Fillon est remplacé par G de Robien qui tente de faire passer le décret d'application dans les années 2006-2007. Finalement le décret n'est pas publié. C'est l'époque où tous les syndicats d'enseignants s'opposent à la mesure avec l'aide du parti socialiste.

En 2010, l'Institut Montaigne relance le débat sur l'EPEP et une seconde tentative de glisser l'EPEP dans une loi  échoue à son tour en 2011. Pourtant il n'y a déjà plus d'unanimité syndicale sur la question. La même année, un sondage publié par le Snuipp montre un net rejet des Epep par les enseignants avec la crainte de voir un échelon hiérarchique et très présent peser sur les enseignants. Mais un an plus tard le Se Unsa publie un autre sondage qui montre une majorité de directeurs en faveur de l'Epep.

En 2015 le rapport Leloup et Caraglia, deux inspectrices générales, évoque l'EPEP comme solution aux dysfonctionnements des circonscriptions du 1er degré. Mais début mars 2017, la ministre publie des "engagements" en faveur des directeurs pour alléger leurs taches administratives qui enterrent les Epep. Engagements annulés de facto par JM Blanquer quelques mois plus tard quand il supprime les emplois aidés administratifs dans les écoles. Il génère ainsi une nouvelle crise des directions avec les conséquences que l'on connait.

Mais la question des EPEP agite la campagne électorale des présidentielles de 2017. Plusieurs candidats se montrent favorables aux EPEP ou à l'intégration des écoles dans un réseau piloté par un collège.  Jean-Michel Blanquer, dans son livre "L'école de demain", prend encore une fois position en faveur des EPEP et de directeurs qui soient de véritables chefs d'établissement. Ce n'est pas une surprise : rappelons qu'il était membre de l'Institut Montaigne, directeur adjoint de de Robien et Dgesco sous Luc Chatel. Autrement dit, il est à l'oeuvre dans chaque tentative pour faire passer cette idée. En novembre 2018, il annonce sur LCI une loi sur le statut des directeurs.

Deux autres acteurs n'ont cessé de défendre l'idée de réduire fortement le nombre d'écoles et de mettre de vrais chefs d'établissement. D'abord, la Cour des Comptes. Depuis 2010 elle a multiplié les recommandations en ce sens avec une grande  constance. Ainsi en 2017, la Cour demande : " Dans le premier degré, associer les directeurs d’école à l’évaluation des enseignants par l’IEN ; donner aux directeurs d’école et aux chefs d’établissement la responsabilité, dans certaines limites, de moduler la répartition annuelle des heures de service devant la classe en fonction des postes occupés et des besoins des élèves". La Cour a aussi plaidé pour le regroupement des écoles.

 L'autre grand acteur à l'oeuvre c'est l'OCDE. En septembre 2018, commentant les Regards sur l'Education, le secrétaire général de l'OCDE, Angel Gurria, plaide pour de vrais chefs d'établissement dans le premier degré. " Il sera impératif de conforter le statut et le rôle des directeurs d’école et des enseignants pour favoriser la réussite scolaire de tous les élèves", dit-il.

 

Une question de taille

 Si la France a une organisation si particulière de ses écoles cela tient à son histoire. La République des Jules avait compris qu'elle devait se matérialiser dans chaque village pour exister. Et sa première matérialisation a été l'école. La Poste est venue plus tard. Lors d'un colloque du Sgen Cfdt, JP Delahaye a remarqué que les pères fondateurs ont aussi voulu faire des écoles des petites démocraties. "La première condition de l'autonomie c'est qu'il faut un vrai collectif  dans les établissements. "Sans démocratie pas d'autonomie", dit-il. "Ainsi en 1883 Octave Gréard crée un "conseil de professeurs" dans les lycées qui sont "l'âme de la maison".  Il faut donc des enseignants formés à l'autonomie et à exercer des délégations de pouvoir. "Il n'y a pas d'autonomie sans pédagogie de l'autonomie". Il faut aussi un chef d'établissement proche des enseignants. JP Delahaye rappelle une instruction de 1902 qui fixe comme chef d'établissement des professeurs délégués et qui leur demande d'être "ménager du temps des professeurs"... Enfin JP Delahaye pose aussi la question du seuil permettant l'autonomie. "Il y a une masse critique à avoir".

 Or on sait bien que les écoles sont souvent très petites. 90% des écoles ont moins de 10 classes et 35 000 sur 55 000 moins de six. Des échelles trop petites pour avoir une réelle autonomie. En 2018, le rapport parlementaire de Valérie Bazin Malgras (LR) et Cécile Rilhac (LREM) propose de mettre un directeur dans les grandes écoles (plus de 10 classes) et de confier la gestion des autres au principal du collège le plus proche. Cela aurait aussi l'avantage de remettre totalement dans les classes 90% des directeurs actuels... Mais rien n'empêche aussi de créer un établissement en regroupant des écoles. Car c'est bien à terme le moteur de cette réforme : réaliser des économies d'échelle en regroupant dans une même entité administrative des petites structures. La Cour des comptes a été fort explicite sur ce point. Le rapport de C Rilhac demande d'ailleurs la fusion immédiate des écoles maternelles et élémentaires.

 

Le retour des EPSF

La manœuvre qui se joue en ce moment est assez simple. En s'appuyant sur le suicide de C Renon, le ministre va accueillir positivement une nouvelle proposition de loi de C Rilhac sur les EPEP. Elle pourrait permettre le passage des directeurs vers le poste de chef d'établissement du primaire, ce qui n'était pas prévu avec les EPSF. Mais ces EPEP présentent les mêmes caractéristiques que les EPSF retirés de la loi Blanquer.

D'une part les EPEP vont accélérer le regroupement des écoles primaires, permettant ainsi des économies d'échelle importantes. D'autre part elles vont instaurer dans l'école primaire un chef d'établissement, supérieur hiérarchique des enseignants en mettant fin à ces petites républiques que les fondateurs de la grande (République) ont installé dans les écoles. L'argument donné est celui de l'autonomie et de l'adaptabilité des écoles en dotant les chefs d'établissement de pouvoirs importants. La réalité c'est le dirigisme renforcé dans les écoles en instituant l'échelon hiérarchique qui fait défaut. Ces deux objectifs étaient ceux des EPSF. Et c'est bien la vision poursuivie avec constance par JM Blanquer depuis 2007.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 07:31

117ème féminicide cette semaine ! Il a aussi tué la fille de 8 ans de cette pauvre femme ! Combien de mortes, de mutilées, de brisées faudra-t-il encore avant que de vraies dispositions soient prises pour protéger les femmes dans notre pays dit "civilisé et évolué" ?

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:49
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

Le 3 octobre dernier, devant un parterre de lecteurs-trices du Midi libre réuni-e-s à Rodez, Emmanuel Macron a formulé plusieurs déclarations sur les retraites des enseignant-e-s, chacune plus inquiétante que la précédente.

Macron a tout d’abord montré l’étendue de son ignorance du terrain en affirmant qu’une retraite d’un-e enseignant-e en fin de carrière est actuellement de 1 100-1 200 euros, alors qu’elle est en réalité actuellement de 2 380 euros en moyenne. Le plus inquiétant dans cette affirmation, c’est qu’il considère qu’une pension de 1 200 euros constituerait une retraite acceptable. Le coût social à venir de la baisse des pensions est donc parfaitement assumé par ce gouvernement au service des capitalistes.

Macron déclarait ensuite que s’il voulait maintenir le niveau de pensions actuel dans le nouveau système de retraite, il faudrait augmenter le niveau des rémunérations de 10 milliards par an. Il annonce clairement que c’est inenvisageable. Ces 10 milliards d’euros de revalorisation salariale sont à mettre en regard de ces quelques chiffres :
• le CAC 40 prévoit de verser 50 milliards d’euros de dividendes en 2019 ;
• Solidaires Finances Publiques, repris par la presse économique, chiffre la fraude sociale et fiscale patronale à au moins 80 milliards d’euros ;
• La subvention de l’État à l’enseignement privé s’élève à… 10 milliards d’euros.
Bien évidemment, la réforme des retraites est à combattre dans son ensemble, et ne saurait être compensée par des promesses de revalorisation… mais cette fin de non-recevoir sur les revendications salariales montre le mépris que porte le gouvernement aux conditions de vie des personnels.

De plus, Macron déclare : “Vous avez des vacances, et vous partez à la retraite avec un système qui est mieux calculé que chez beaucoup d’autres”. Comme tant d’autres hommes et femmes politiques, le président ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier. Cette surenchère démagogique trouve sa justification dans la suite des propos d’Emmanuel Macron, qui prétend rémunérer les enseignant-e-s au mérite, et augmenter leur temps de travail.

SUD éducation revendique des augmentations de salaire et refuse de projet de réforme des retraites du gouvernement. SUD éducation dénonce la mise en place de retraites individuelles par points mettant fin au système de retraites solidaire, et revendique un régime de retraite par répartition intégrale à prestation définie pour limiter les inégalités à la retraite.

SUD éducation revendique :
un taux de remplacement à 75 % des dix meilleures années ou du dernier indice,
une durée de cotisation de 37 ans et demi,
pas de pension inférieure au smic,
l’égalité entre les hommes et les femmes au travail comme dans la retraite,
départ à 60 ans, à 55 ans pour les métiers pénibles, pas de recul sur les droits acquis.

SUD éducation, avec l’Union syndicale Solidaires, appelle d’ores et déjà à construire la grève reconductible à partir du 5 décembre pour construire un affrontement victorieux avec ce gouvernement au service du patronat et des capitalistes.

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:49
Déclaration de SUD éducation au CSE

 

Ce CSE est l’occasion pour SUD éducation de rappeler en premier lieu que la réforme des retraites annoncée par le Gouvernement aura des conséquences évidentes sur les personnels de l’Éducation nationale. Les premières simulations sur la base du rapport Delevoye qui constitue le cœur du projet de réforme des pensions montrent sans ambiguïté une perte de revenu de plus de 600 euros bruts mensuels en moyenne pour une carrière sans heurt ni interruption. Dans ce contexte d’annonce d’une réforme anti-sociale, les récentes déclarations du Président de la République à Rodez qui ne trouve rien de mieux que d’insister sur les prétendus “privilèges” des fonctionnaires en général et des enseignant-e-s en particulier revêt un caractère scandaleux. En toile de fond, l’objectif est d’augmenter encore le temps de travail des personnels. Une telle surenchère démagogique est au service d’un projet idéologique de démantèlement du service public d’éducation, qui trouve certaines de ses déclinaisons dans les textes qui nous sont soumis aujourd’hui.

Ce CSE se déroule en effet dans un contexte particulier. Les personnels sont en effet endeuillés par plusieurs suicides. Le même jour, Christine Renon, directrice d’école à Pantin, et Frédéric Boulé, professeur de sciences et vie de la Terre à Valbonne, ont mis fin à leurs jours en raison de leurs conditions de travail. Le 9 septembre dernier, Laurent Gatier, professeur de service et commercialisation du lycée professionnel de Chamalières (Puy-de-Dôme) a mis fin à ses jours. Lui aussi a laissé une lettre dans laquelle il mettait clairement en cause les pressions que lui infligeait sa hiérarchie et l’organisation du travail. Les suicides sont nombreux. Ils sont trop nombreux. Pourtant le ministère refuse de publier les chiffres. La dernière édition du bilan social ne fait pas une mention du terme « suicide ».
Les personnels de l’éducation sont épuisés. Les politiques menées ont conduit à isoler chaque personnel sur son poste de travail, à le culpabiliser, à lui faire perdre le sens qu’il trouve au travail, à réduire ses marges de manœuvre, à le charger de tâches qui ne sont pas son cœur de métier, à l’exposer à des relations hiérarchiques pressantes et pathogènes, à atomiser les espaces collectifs, à l’isoler de ses collègues, à l’obliger à rendre des arbitrages quotidiens et surtout à le rendre seul responsable des dysfonctionnements du système.

En dernière analyse, le ministre de l’Éducation nationale est responsable, suivant les dispositions des textes réglementaires en vigueur, de la santé et de la sécurité au travail des personnels. Les réformes de système éducatif imposées aux personnels avec autoritarisme, dans un contexte de suppressions de postes, pèsent lourdement sur leurs conditions de travail.

SUD éducation revendique l’abrogation de la loi de transformation de la fonction publique promulguée cet été qui programme la disparition des comités d’hygiène, de sécurité et des conditions de travail d’une part, et ouvre la voie à une gestion des personnels inspirée du new management dans ce qu’il a de plus brutal d’autre part.
C’est dans ce contexte que le projet de décret relatif à l’organisation des services déconcentrée dans l’Éducation nationale est soumis à notre examen. Il confirme un nouvel empilement administratif, avec des régions pluri-académiques qui produiront une gestion des personnels encore plus anonyme et massifiée. SUD éducation dénonce cette orientation managériale. Le projet de décret relatif aux recherches et expérimentations dans les écoles et les établissements entre en cohérence avec ce premier texte. Il consacre en effet l’organisation d’expérimentations qui n’ont rien de pédagogique, et donc de dérogations au cadre général et commun de l’enseignement scolaire, sous l’égide des recteurs. C’est un nouveau coup porté à un service public national d’enseignement, d’autant plus que les personnels sont privés de la faculté de proposer une expérimentation. Pourtant, ce sont bien les personnels du terrain qui sont les experts et les expertes de leur travail.

Cette séance du CSE est consacrée à l’étude de textes relatifs à l’enseignement professionnel. Vous ne pouvez ignorer que la réforme du lycée professionnel porte en elle une organisation pathogène du travail des enseignant-e-s de lycée professionnel. Le “chef d’œuvre” imposé par la réforme est qualifié par le CHSCT ministériel de typique d’un conflit de valeurs entre les principes d’une éducation offerte à toutes et tous défendue par les personnels, et une production issue de la tradition élitiste du compagnonnage. Ce texte, comme plusieurs qui sont soumis à notre examen aujourd’hui, organisent le travail d’une façon intenable pour les personnels autant qu’ils dégradent la qualité du service public.

SUD éducation dénonce cette orientation libérale et réactionnaire. Pour SUD éducation, il est impératif d’adopter une autre politique éducative, de donner des moyens à l’école pour baisser le nombre d’élèves par classe, de recruter des personnels à hauteur des besoins et donner une vraie place aux acteurs et aux actrices de la communauté éducative dans la définition du système éducatif. SUD éducation appelle à et soutient toutes les mobilisations des personnels qui iront en ce sens.

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Published by SUD 61
9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:48
courrier intersyndical au ministère

 

Lettre des fédé au ministre

Monsieur le Ministre, 
 
Par des rassemblements, des grèves et plus 120 000 signatures à la pétition « Plus Jamais ça », une Marche Blanche, les personnels, avec l’ensemble de la communauté éducative, ont témoigné de leur forte émotion après que Christine Renon, directrice d’école à Pantin, ait mis fin à ses jours sur son lieu de travail.
 
Au-delà de la grande peine que suscite son acte désespéré, cette mobilisation pose nombre de questions sur les conditions de travail des directeurs et directrices d’école, des enseignant-es et de tous les personnels qui font vivre les écoles, les établissements et les services, l’insuffisante reconnaissance de leurs professionnalités et le manque de moyens, conduisent à la perte de sens des métiers de toutes et tous.

Tous les personnels de l’Education nationale sont impactés. Monsieur le Ministre, votre première réponse ne suffit pas pour être aujourd’hui à la hauteur de leurs attentes. Nous vous demandons d’apporter des réponses permettant de garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail. 
 
Depuis de nombreuses années, tous les acteurs du système éducatif subissent une pression qui va croissant et les mène à l’épuisement. 

En première urgence, nos organisations syndicales exigent l’amélioration des conditions de travail, une organisation moins verticale et moins injonctive des écoles, établissements et services, l’organisation d’un travail plus collectif et à des rythmes plus respectueux de la qualité de vie au travail, le développement des services de médecine de prévention.

Nous revendiquons également les créations d’emplois nécessaires pour l’ensemble des personnels.

Par ailleurs, la suppression programmée des CHSCT aggravera la prise en charge de celles et ceux qui sont en souffrance. Nous redisons notre profond désaccord avec cette nouvelle dégradation de la capacité à agir pour la prévention, la protection et la défense de nos collègues.
 
Monsieur le Ministre nous attendons des actes. Faute de quoi, nos organisations syndicales prendront leurs responsabilités.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Marie Buisson
Secrétaire Générale
de la FERC-CGT

Bernadette Groison
Secrétaire Générale
de la FSU

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire Générale
du SGEN-CFDT

Frédéric Marchand
Secrétaire Général
de l’UNSA Education

Jules Siran – Fatna Seghrouchni
Co-Secrétaires fédéraux
de SUD Education

PDF - 704.1 ko
Courrier fédé educ
Texte lu au CTMEN jeudi 3 octobre 2019

Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans était directrice d’école à Pantin, et aimait son travail. Depuis 30 ans au service de l’Éducation nationale elle s’est engagée, a donné son énergie, son temps jusqu’à l’épuisement. Elle a mis fin à ses jours, un samedi, dans son école, en laissant une lettre bouleversante, qui ne souffre d’aucune ambiguïté, dénonçant ses conditions de travail. Christine Renon était en souffrance professionnelle. Elle raconte fort bien les injonctions contradictoires, les tâches parcellaires, dénuées de sens qui détournent de la mission première de la direction d’école : animer et coordonner une équipe. Elle décrit un quotidien fait de tracas, du manque d’outils, et surtout d’isolement.

Ce n’est hélas ni le premier, ni le dernier suicide d’un personnel de l’Éducation nationale. Il a eu lieu dans l’enceinte scolaire, il est indéniablement lié au travail, aux conditions d’exercice des missions, au climat scolaire.

Le suicide et le courrier de Christine Renon suscite un émoi bien au-delà de Pantin, de la Seine-Saint-Denis, et des directeurs et directrices d’école. Alors que la pétition « plus jamais ça » frôle les 100 000 signatures, ce sont en réalité toutes les catégories professionnelles de notre ministère qui se sentent concernées. Des collègues nombreux et nombreuses, de tous nos métiers, nous racontent la fatigue, voire l’épuisement professionnel résultant de l’augmentation de la charge de travail, de la difficulté des conditions d’exercice, d’un sentiment de dépossession de son métier, d’être contraint et contrainte à mal faire son travail.

La FSU, l’UNSA-Education, le Sgen-CFDT, la CGT et Solidaires demandent des actes forts, des décisions rapides et concrètes non seulement pour la direction d’école et pour le premier degré, mais aussi pour tous les personnels :

directeurs et directrices ont besoin de temps pour assurer leurs missions auprès du public et de l’équipe dans les écoles, il faut davantage de décharge de direction, un remplacement effectif des directeurs et directrices sans décharge pour que les jours de direction ne soient plus un leurre, il faut limiter drastiquement les sollicitations faites aux directeurs et directrices pour que cesse la taylorisation de leur travail ;

enseignant.es sont expert.es de leurs métiers, il faut sortir d’un pilotage injonctif ;

les remplacements doivent être assurés ;

des postes doivent être créés et pourvus par des titulaires pour que l’intensification du travail cesse et que le travail reprenne sens pour toutes et tous ;

une réelle médecine du travail et de prévention doit se déployer ;

l’analyse des suicides déjà réclamée collectivement en CHS-CT MEN doit enfin voir le jour : l’analyse de la prévalence des suicides et des congés maladies au prisme des conditions de travail doit servir à construire une réelle politique de prévention des risques psychosociaux pour tous les personnels.

Monsieur le ministre, Monsieur le DGRH, Madame la secrétaire générale, nous attendons, les personnels attendent des décisions à la hauteur des enjeux afin que la confiance n’apparaisse pas comme un vain mot. Nous souhaitons aussi vous remettre le texte intersyndicale élaboré par les militantes et militants de Seine-Saint-Denis

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9 octobre 2019 3 09 /10 /octobre /2019 06:48
courrier intersyndical au ministère

 

Lettre des fédé au ministre

Monsieur le Ministre, 
 
Par des rassemblements, des grèves et plus 120 000 signatures à la pétition « Plus Jamais ça », une Marche Blanche, les personnels, avec l’ensemble de la communauté éducative, ont témoigné de leur forte émotion après que Christine Renon, directrice d’école à Pantin, ait mis fin à ses jours sur son lieu de travail.
 
Au-delà de la grande peine que suscite son acte désespéré, cette mobilisation pose nombre de questions sur les conditions de travail des directeurs et directrices d’école, des enseignant-es et de tous les personnels qui font vivre les écoles, les établissements et les services, l’insuffisante reconnaissance de leurs professionnalités et le manque de moyens, conduisent à la perte de sens des métiers de toutes et tous.

Tous les personnels de l’Education nationale sont impactés. Monsieur le Ministre, votre première réponse ne suffit pas pour être aujourd’hui à la hauteur de leurs attentes. Nous vous demandons d’apporter des réponses permettant de garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail. 
 
Depuis de nombreuses années, tous les acteurs du système éducatif subissent une pression qui va croissant et les mène à l’épuisement. 

En première urgence, nos organisations syndicales exigent l’amélioration des conditions de travail, une organisation moins verticale et moins injonctive des écoles, établissements et services, l’organisation d’un travail plus collectif et à des rythmes plus respectueux de la qualité de vie au travail, le développement des services de médecine de prévention.

Nous revendiquons également les créations d’emplois nécessaires pour l’ensemble des personnels.

Par ailleurs, la suppression programmée des CHSCT aggravera la prise en charge de celles et ceux qui sont en souffrance. Nous redisons notre profond désaccord avec cette nouvelle dégradation de la capacité à agir pour la prévention, la protection et la défense de nos collègues.
 
Monsieur le Ministre nous attendons des actes. Faute de quoi, nos organisations syndicales prendront leurs responsabilités.

Nous vous prions de croire, Monsieur le Ministre, en l’expression de nos salutations respectueuses.

Marie Buisson
Secrétaire Générale
de la FERC-CGT

Bernadette Groison
Secrétaire Générale
de la FSU

Catherine Nave-Bekhti
Secrétaire Générale
du SGEN-CFDT

Frédéric Marchand
Secrétaire Général
de l’UNSA Education

Jules Siran – Fatna Seghrouchni
Co-Secrétaires fédéraux
de SUD Education

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Courrier fédé educ
Texte lu au CTMEN jeudi 3 octobre 2019

Elle s’appelait Christine Renon, elle avait 58 ans était directrice d’école à Pantin, et aimait son travail. Depuis 30 ans au service de l’Éducation nationale elle s’est engagée, a donné son énergie, son temps jusqu’à l’épuisement. Elle a mis fin à ses jours, un samedi, dans son école, en laissant une lettre bouleversante, qui ne souffre d’aucune ambiguïté, dénonçant ses conditions de travail. Christine Renon était en souffrance professionnelle. Elle raconte fort bien les injonctions contradictoires, les tâches parcellaires, dénuées de sens qui détournent de la mission première de la direction d’école : animer et coordonner une équipe. Elle décrit un quotidien fait de tracas, du manque d’outils, et surtout d’isolement.

Ce n’est hélas ni le premier, ni le dernier suicide d’un personnel de l’Éducation nationale. Il a eu lieu dans l’enceinte scolaire, il est indéniablement lié au travail, aux conditions d’exercice des missions, au climat scolaire.

Le suicide et le courrier de Christine Renon suscite un émoi bien au-delà de Pantin, de la Seine-Saint-Denis, et des directeurs et directrices d’école. Alors que la pétition « plus jamais ça » frôle les 100 000 signatures, ce sont en réalité toutes les catégories professionnelles de notre ministère qui se sentent concernées. Des collègues nombreux et nombreuses, de tous nos métiers, nous racontent la fatigue, voire l’épuisement professionnel résultant de l’augmentation de la charge de travail, de la difficulté des conditions d’exercice, d’un sentiment de dépossession de son métier, d’être contraint et contrainte à mal faire son travail.

La FSU, l’UNSA-Education, le Sgen-CFDT, la CGT et Solidaires demandent des actes forts, des décisions rapides et concrètes non seulement pour la direction d’école et pour le premier degré, mais aussi pour tous les personnels :

directeurs et directrices ont besoin de temps pour assurer leurs missions auprès du public et de l’équipe dans les écoles, il faut davantage de décharge de direction, un remplacement effectif des directeurs et directrices sans décharge pour que les jours de direction ne soient plus un leurre, il faut limiter drastiquement les sollicitations faites aux directeurs et directrices pour que cesse la taylorisation de leur travail ;

enseignant.es sont expert.es de leurs métiers, il faut sortir d’un pilotage injonctif ;

les remplacements doivent être assurés ;

des postes doivent être créés et pourvus par des titulaires pour que l’intensification du travail cesse et que le travail reprenne sens pour toutes et tous ;

une réelle médecine du travail et de prévention doit se déployer ;

l’analyse des suicides déjà réclamée collectivement en CHS-CT MEN doit enfin voir le jour : l’analyse de la prévalence des suicides et des congés maladies au prisme des conditions de travail doit servir à construire une réelle politique de prévention des risques psychosociaux pour tous les personnels.

Monsieur le ministre, Monsieur le DGRH, Madame la secrétaire générale, nous attendons, les personnels attendent des décisions à la hauteur des enjeux afin que la confiance n’apparaisse pas comme un vain mot. Nous souhaitons aussi vous remettre le texte intersyndicale élaboré par les militantes et militants de Seine-Saint-Denis

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