28 août 2019 3 28 /08 /août /2019 10:45
Préparons la rentrée : SUD éducation appelle à reprendre la mobilisation
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

L’année scolaire 2018-2019 s’est achevée sur une mobilisation d’une ampleur inédite dans l’éducation, autour de la grève des examens et de la rétention de notes. Elle a été le point d’orgue d’une mobilisation tout au long de l’année scolaire : contre la réforme du lycée professionnel en septembre, contre les réformes des lycées et Parcoursup en hiver, et bien sûr la mobilisation massive, en particulier dans le premier degré, contre la loi Blanquer au printemps. 

Ces mobilisations n’ont certes pas obtenu satisfaction sur toutes les revendications portées par les personnels, loin de là. Cependant, elles ont permis d’obtenir l’abandon, du moins pour l’heure, du projet d’Écoles publiques des savoirs fondamentaux, qui auraient fait des principaux-ales de collèges les supérieur-e-s hiérarchiques des professeur-e-s des écoles, en plus de l’inspection de l’Éducation nationale. Elles ont également obtenu le retrait des dispositions nauséabondes introduites par le Sénat concernant l’interdiction faite aux mères voilées d’accompagner des sorties scolaires ou la suppression des allocations familiales pour les élèves en décrochage scolaire.

Au-delà de ces victoires, c’est un rapport de force massif entre les personnels et le ministère qui se construit. Ce rapport de force ne doit pas s’arrêter là : les revendications d’abrogation des contre-réformes sont toujours d’actualité, comme l’ensemble des revendications pour les droits des personnels et pour une école publique, gratuite, laïque et émancipatrice. Au-delà de l’école, de nouveaux mauvais coups vont pleuvoir, même si certains ont été retardés par l’ampleur du mouvement des gilets jaunes : réforme de la fonction publique, de l’assurance-chômage, et bien sûr des retraites.

L’heure est donc à la mobilisation. Des AG sont dores et déjà prévues lors des journées de pré-rentrée, ce qui doit être l’occasion de débattre de la grève et de sa reconduction, dans l’ensemble des secteurs de l’éducation. Et avant cela, l’université d’été des enseignant-e-s et de l’éducation organisée à Vincennes (94) les 26, 27 et 28 août, doit être une réussite, et lancer dans les meilleures conditions cette rentrée de mobilisation, de la maternelle à l’université. 

SUD éducation appelle donc l’ensemble des personnels à : 

  • participer à l’université d’été des enseignant-e-s et de l’éducation organisée à Vincennes (94) les 26, 27 et 28 août, et en particulier le 28 au matin à la coordination nationale de pré-rentrée des AG et collectifs contre les réformes Blanquer ;
  • organiser partout des assemblées générales à l’occasion des pré-rentrées le vendredi 30 août, et mettre en débat la reprise du mouvement de grève et sa reconduction, dans l’ensemble des secteurs de l’éducation.
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:57
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

SUD éducation a appris par voie de presse que le ministre prévoit la fermeture de 400 écoles rurales. 150 seront la conséquence d’une décision du ministre. Les 250 autres fermetures correspondent à des projets de fusions et de regroupement d’écoles décidés par des collectivités locales avec l’accord du ministère. La majorité de ses écoles supprimées seront regroupées dans des Regroupements d’écoles concentrées, sortes de gigantesques complexes scolaires.

Une fois de plus, le ministre de l’Éducation nationale est pris en flagrant délit de mensonge ! En avril, il déclarait “nous ne fermerons pas d’écoles primaires à la rentrée”, qualifiant cette annonce “d’énorme”. Il reprenait ainsi une déclaration de Macron annoncée en pleine crise des gilets jaunes.
Cette déclaration n’avait alors trompé personne : le ministre essayait simplement de persuader les personnels du premier degré de ne pas se mobiliser contre les réformes et la loi Blanquer. Aujourd’hui, il est confirmé que le ministre de l’Éducation nationale ment éhontément, une fois de plus.

SUD éducation dénonce cette nouvelle étape de démantèlement du service public d’éducation qui conduit à la désertification des campagnes et qui oblige les personnels et les élèves à de longs déplacements.

SUD éducation revendique au contraire de cette orientation libérale portée par le ministre : 
- la fin immédiate des fermetures d’école et de classe. 
- une implantation équilibrée sur tout le territoire d’un service public d’éducation laïque, gratuit, et émancipateur, en particulier d’écoles élémentaires et maternelles. 
- des créations massives de postes, à la hauteur des besoins.
SUD éducation appelle les personnels à se mobiliser contre ces destructions de classes et d’écoles, au côté des parents d’élèves et de leurs associations.

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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:56
Communiqué de SUD éducation

 

Hier soir à la télévision, le ministre Blanquer a adopté un ton martial pour menacer les personnels engagés dans la grève des corrections du brevet et les rétentions de notes du baccalauréat. Il tente par tous les moyens de minimiser l’impact de la grève, et se trouve confronté à son efficacité.

Fidèle à son habitude, le ministre continue de croire que des déclarations à la presse vaudraient une instruction officielle. C’est ainsi que les consignes qu’il donne ont été relayées parfois oralement par des chef-fe-s de centre, parfois sur des feuilles sans en-tête ni signature sans aucun caractère officiel.

Les personnels convoqués dans les jurys sont
– soit en grève ;
– soit siègent mais adoptent des motions indiquant qu’il leur est impossible de délibérer au vu des manques de notes pour les candidates et les candidats ;
– soit acceptent de délibérer uniquement pour les candidat-e-s qui auraient toutes leurs notes.
Les motions en ce sens adoptées par les jurys se multiplient.
Les personnels sont solidaires des grévistes qui retiennent les copies, et en tant que membres d’un jury souverain aux termes du code de l’éducation leur refus de se conformer au caprice d’un ministre est légitime et légal.
Les dysfonctionnements se multiplient : certains rectorats procèdent à une saisie de notes fantaisistes, les chef-fe-s de centre exercent des pressions inadmissibles sur les membres des jurys.
Il est d’ores et déjà certain que le ministère ne sera pas en mesure de publier ce soir les résultats comme escompté.

SUD éducation soutient pleinement les grévistes engagé-e-s dans les rétentions des notes, et les membres des jurys qui refusent de se livrer à la farce ministérielle.
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:52
COMMUNIQUÉ DE PRESSE INTERSYNDICAL

 

Depuis des mois l’opposition aux réformes des lycées et la demande d’une revalorisation significative mobilisent un nombre croissant d’enseignants. 
À aucun moment, le ministre n’a envisagé de remettre en cause les fondements de ces réformes, écartant de fait toute possibilité de dialogue.
Cette obstination a suscité l’appel de l’intersyndicale à la grève le premier jour du baccalauréat, cette décision exceptionnelle n’a pas suffi à infléchir la position du ministre.

Aujourd’hui, il s’engage dans une escalade supplémentaire : dans de nombreuses académies des Recteurs annoncent leur volonté de retirer jusqu’à 15 jours de salaire aux professeurs ayant collectivement décidé une rétention des notes et menacent nos collègues de sanctions pour non remise des notes du baccalauréat. 
Nous demandons au ministre de mettre fin à ces pressions inacceptables et d’engager un véritable dialogue indispensable au bon fonctionnement du service public d’Éducation pour permettre la communication des résultats du baccalauréat.

Les organisations CGT Éduc’action, FNEC FP-FO, SNALC, SNEP FSU, SNES FSU et SUD Éducation soutiennent tous les collègues mobilisés sur le baccalauréat ou sur le brevet des collèges qui seraient menacés et, en cas de sanction, les assisteront dans leur recours et appelleront toute la profession à soutenir financièrement les grévistes.
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:47
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

Le ministre de l’Éducation nationale impose par la force ses projets réactionnaires et libéraux. Les personnels mobilisés massivement qui luttent depuis plusieurs mois sont victimes de la répression qu’il met en œuvre.

Le ministre, par son obstination irresponsable, porte l’entière responsabilité de la grève des examens, en particulier du baccalauréat et du brevet.

Dernièrement, le ministre a multiplié les menaces de retraits de salaires contre les personnels. Les recteurs et rectrices lui emboîtent le pas dans une surenchère aussi fantaisiste que ridicule, en appelant à une invraisemblable intervention des “forces de l’ordre”. Les mails demandant de rendre les copies jeudi à 8h avant les jury n’ont aucune valeur juridique : il suffit d’être en grève.

Pourtant il est démenti par son propre service juridique, qui écrivait dans sa lettre d’information juridique n°129 en 2008 que les retraits de salaires ne peuvent s’opérer qu’à compter du moment où les notes ne sont pas saisies, et uniquement pour les jours de retards dans la saisie des notes et le rendu des copies.

Les mensonges du ministre traduisent sa fébrilité.

SUD éducation soutient toutes les modalités d’action décidées par les personnels en Assemblée générale. SUD éducation appelle à étendre collectivement le mouvement de grève des examens : rétentions de notes, grève des corrections sur site, solidarité avec les convoqué-e-s…
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5 juillet 2019 5 05 /07 /juillet /2019 05:45

Continuer la lutte contre la réforme et pour l’avenir des LP
Ces dernières semaines les PLP ont continué la mobilisation engagée depuis septembre. Par la grève des surveillances du bac et la grève des corrections du BEP ou du Bac de nombreux-ses collègues ont participé aux actions contre cette réforme qui s’appliquera dès la rentrée prochaine avec un nombre d’heures de cours en forte baisse et des programmes vidés de leur contenu. 
SUD éducation s’est engagé dans ces actions et appelle à poursuivre la lutte contre les réformes des lycées et la loi Blanquer et pour la revalorisation de nos salaires !
Une épreuve de rattrapage dénaturée !
De plus, si nous ne sommes pas opposé•e•s au principe d’une épreuve de rattrapage pour les candidat•e•s des baccalauréats professionnels, les conditions dans lesquelles celle-ci est mise en place sont toujours inacceptables et SUD éducation les dénonce de longue date.
Pour y accéder, un-e élève doit avoir une moyenne globale située entre 8/20 et 10/20 et un minimum de 10/20 sur la partie pro.
L’oral noté sur 20 est divisé en deux épreuves de 15 minutes notées sur 10 : 
- Une en maths ou sciences en industriel ou une en maths ou spécialité en tertiaire. 
- Une en français ou histoire géographie.
Est reçu tout-e élève ayant au moins 10, après calcul de la moyenne des deux notes obtenues à l’oral et aux épreuves terminales.
Le coefficient attribué à cette épreuve (50 % de l’examen) conduit à rendre négligeables les enseignements généraux voire les enseignements professionnels théoriques dans l’obtention du baccalauréat. Pourtant la bienveillance institutionnelle, l’incitation à surnoter et la partialité de l’évaluation en CCF devraient permettre à une majorité de candidat-e-s d’obtenir ce diplôme.
De ce fait, le Bac Pro est de plus en plus dévalorisé et de moins en moins reconnu sur le marché du travail, ce que la réforme ne fera qu’aggraver. 
SUD Education revendique la mise en place de modalités semblables à celles en vigueur pour l’enseignement général et technologique.

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Grève oraux de controle BAC PRO
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30 juin 2019 7 30 /06 /juin /2019 12:52

« Pensez à l’euthanasie si les reconversions ne vous conviennent pas »

Ces propos sont tenus par la DRH de l’académie de Montpellier, devant une cinquantaine de professeurs de gestion-administration dont les postes devraient disparaître dans la nouvelle réforme. Cette scène s’est déroulée au lycée Jean Moulin à Béziers où il y a eu plusieurs suicides en l’espace de quelques années. Ces propos illustrent le niveau de mépris atteint par la hiérarchie.

Les conditions de travail dans l’Éducation nationale se dégradent : pressions hiérarchiques, dénigrement, injonctions contradictoires et absurdes, augmentation de la charge de travail, changements de référentiels, suppressions de postes, hausse des effectifs d’élèves… La liste est longue, les conséquences sont connues : épuisement, augmentation du stress, temps partiels pour tenir le coup, démissions de personnels en augmentation significative de titulaires comme de stagiaires. Les mots employés par cette DRH nous rappelle surtout que l’Éducation nationale connaît son lot de personnels qui se suicident ou tentent de le faire.

Derrière les provocations, les fautes /manquements de l’administration face aux suicides

L’administration refuse de communiquer des chiffres sur les suicides et les tentatives de suicide, alors qu’elle les connaît. Ce déni est inacceptable au regard des obligations légales qui reviennent à l’employeur, responsable de la protection de la santé physique et mentale des personnels.

Sur le terrain, les collègues, les proches et des organisations syndicales, dont SUD éducation, médiatisent les suicides dont ils ont connaissance, comme celui d’un professeur des écoles à Eaubonne (95), celui d’une enseignante en Seine-Saint-Denis (93), ou celui d’un professeur des écoles à Barrême dans les Alpes de Haute Provence. Ce ne sont malheureusement pas des actes isolés. Ils sont révélateurs de situations de souffrance au travail, générées par un management néolibéral qui déshumanise les relations professionnelles.

Pour SUD éducation, c’est l’organisation du travail qui est en cause.

"Je ferai les départs, par la porte ou par la fenêtre" (Didier Lombard, PDG de France-Télécom/Orange)

Du 6 mai au 12 juillet se tient le « Procès Lombard ». C’est le procès d’anciens hauts dirigeants de la multinationale France Télécom, devenue Orange, accusés de harcèlement moral par une centaine de parties civiles dont SUD PTT et Solidaires. Les réorganisations d’ampleur sont mises en cause, accompagnées de méthodes de management pathogènes. Elles ont créé une vague de suicides et bien d’autres atteintes à la santé des travailleur·se·s.

France Télécom ne fait pas figure d’exception. Une cinquantaine d’agent⋅e⋅s de la SNCF se suicident chaque année. La faute aux réorganisations du travail et aux dirigeant⋅e⋅s qui les imposent. Elles externalisent nombre d’activités de l’entreprise et ferment des services. Les agent⋅e⋅s souffrent de conflits éthiques dans leur travail et sont reclassé⋅e⋅s par le biais "d’espace initiative et mobilité", les EIM, solution trouvée par la direction à la marginalisation des agents. « Certains cheminots disent qu’ils sont "déportés en EIM" » rapporte un psychologue du travail de la SNCF.

L’entreprise concède quelques actions sur les effets mais pas sur les causes, c’est-à-dire l’organisation du travail, les réorganisations permanentes liées à la recherche de profit.

Des « espaces d’écoute et d’accompagnement » de France-Télécom aux « Espaces Initiative et Mobilité » de la SNCF, en passant par le dispositif mobilité de l’Education nationale, ce sont les mêmes logiques à l’œuvre, hier comme aujourd’hui. Le projet de loi de transformation de la Fonction Publique avec l’ajout de l’article 14 quater aux statuts de la fonction publique (Loi 83-634) ouvre la porte à des possibilités de mobilité forcée pour les fonctionnaires1.

Derrière la violence des mots, la logique de management est la même. Faudra-t-il une tragédie similaire pour réagir ?

Perte de sens du métier, mobilité forcée ou empêchée et pressions hiérarchiques sont autant de causes pointées comme responsables de la catastrophe à France Télécom. Ce sont autant de risques auxquels sont déjà exposés les personnels. Les contre-réformes telles que CAP 22 dans la Fonction publique et les lois Blanquer, délétères et dévastatrices, aggraveront la situation.

Ne perdons plus notre vie à la gagner !

SUD éducation revendique :

le droit pour les collègues de s’absenter pour assister aux obsèques

que chaque cas de suicide soit porté sans délai à la connaissance des CHSCT et des organisations syndicales

la reconnaissance des suicides liés au travail en accident de service

que le travail soit adapté à l’homme et non l’inverse afin d’éviter ces événements tragiques : ce qui nécessite que l’employeur renonce au management pathogène et prenne des mesures de prévention en terme d’organisation du travail.

que les personnels bénéficient de la visite médicale annuelle de droit avec la médecine de prévention (médecine du travail dans la Fonction publique).

note 1 : Passage d’office en CDI en cas de privatisation d’un service public, ou « externalisation » d’une mission.

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29 juin 2019 6 29 /06 /juin /2019 15:41

Communiqué de la fédération SUD éducation 

Publié le samedi 29 juin 2019 sur https://www.sudeducation.org/Education-Nationale-le-travail-tue-aussi-Degradations-des-conditions-de-travail.html 

« Pensez à l’euthanasie si les reconversions ne vous conviennent pas » 


Ces propos sont tenus par la DRH de l’académie de Montpellier, devant une cinquantaine de professeurs de gestion-administration dont les postes devraient disparaître dans la nouvelle réforme. Cette scène s’est déroulée au lycée Jean Moulin à Béziers où il y a eu plusieurs suicides en l’espace de quelques années. Ces propos illustrent le niveau de mépris atteint par la hiérarchie. 
Les conditions de travail dans l’Éducation nationale se dégradent : pressions hiérarchiques, dénigrement, injonctions contradictoires et absurdes, augmentation de la charge de travail, changements de référentiels, suppressions de postes, hausse des effectifs d’élèves… La liste est longue, les conséquences sont connues : épuisement, augmentation du stress, temps partiels pour tenir le coup, démissions de personnels en augmentation significative de titulaires comme de stagiaires. Les mots employés par cette DRH nous rappelle surtout que l’Éducation nationale connaît son lot de personnels qui se suicident ou tentent de le faire. Derrière les provocations, les fautes /manquements de l’administration face aux suicides 


L’administration refuse de communiquer des chiffres sur les suicides et les tentatives de suicide, alors qu’elle les connaît. Ce déni est inacceptable au regard des obligations légales qui reviennent à l’employeur, responsable de la protection de la santé physique et mentale des personnels. 
Sur le terrain, les collègues, les proches et des organisations syndicales, dont SUD éducation, médiatisent les suicides dont ils ont connaissance, comme celui d’un professeur des écoles à Eaubonne (95), celui d’une enseignante en Seine-Saint-Denis (93), ou celui d’un professeur des écoles à Barrême dans les Alpes de Haute Provence. Ce ne sont malheureusement pas des actes isolés. Ils sont révélateurs de situations de souffrance au travail, générées par un management néolibéral qui déshumanise les relations professionnelles. 

Pour SUD éducation, c’est l’organisation du travail qui est en cause. "Je ferai les départs, par la porte ou par la fenêtre" (Didier Lombard, PDG de France-Télécom/Orange) 


Du 6 mai au 12 juillet se tient le « Procès Lombard ». C’est le procès d’anciens hauts dirigeants de la multinationale France Télécom, devenue Orange, accusés de harcèlement moral par une centaine de parties civiles dont SUD PTT et Solidaires. Les réorganisations d’ampleur sont mises en cause, accompagnées de méthodes de management pathogènes. Elles ont créé une vague de suicides et bien d’autres atteintes à la santé des travailleur·se·s. 

France Télécom ne fait pas figure d’exception. Une cinquantaine d’agent⋅e⋅s de la SNCF se suicident chaque année. La faute aux réorganisations du travail et aux dirigeant⋅e⋅s qui les imposent. Elles externalisent nombre d’activités de l’entreprise et ferment des services. Les agent⋅e⋅s souffrent de conflits éthiques dans leur travail et sont reclassé⋅e⋅s par le biais "d’espace initiative et mobilité", les EIM, solution trouvée par la direction à la marginalisation des agents. « Certains cheminots disent qu’ils sont "déportés en EIM" » rapporte un psychologue du travail de la SNCF. 

L’entreprise concède quelques actions sur les effets mais pas sur les causes, c’est-à-dire l’organisation du travail, les réorganisations permanentes liées à la recherche de profit. 
Des « espaces d’écoute et d’accompagnement » de France-Télécom aux « Espaces Initiative et Mobilité » de la SNCF, en passant par le dispositif mobilité de l’Education nationale, ce sont les mêmes logiques à l’œuvre, hier comme aujourd’hui. Le projet de loi de transformation de la Fonction Publique avec l’ajout de l’article 14 quater aux statuts de la fonction publique (Loi 83-634) ouvre la porte à des possibilités de mobilité forcée pour les fonctionnaires1. Derrière la violence des mots, la logique de management est la même. Faudra-t-il une tragédie similaire pour réagir ? 


Perte de sens du métier, mobilité forcée ou empêchée et pressions hiérarchiques sont autant de causes pointées comme responsables de la catastrophe à France Télécom. Ce sont autant de risques auxquels sont déjà exposés les personnels. Les contre-réformes telles que CAP 22 dans la Fonction publique et les lois Blanquer, délétères et dévastatrices, aggraveront la situation. Ne perdons plus notre vie à la gagner ! 


SUD éducation revendique : 

    * le droit pour les collègues de s’absenter pour assister aux obsèques 
    * que chaque cas de suicide soit porté sans délai à la connaissance des CHSCT et des organisations syndicales 
    * la reconnaissance des suicides liés au travail en accident de service 
    * que le travail soit adapté à l’homme et non l’inverse afin d’éviter ces événements tragiques : ce qui nécessite que l’employeur renonce au management pathogène et prenne des mesures de prévention en terme d’organisation du travail. 
    * que les personnels bénéficient de la visite médicale annuelle de droit avec la médecine de prévention (médecine du travail dans la Fonction publique). 


note 1 : Passage d’office en CDI en cas de privatisation d’un service public, ou « externalisation » d’une mission. 


 

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28 juin 2019 5 28 /06 /juin /2019 12:41
Communiqué de SUD éducation

 

À l’approche d’une grève des corrections du DNB et de la rétention des notes des épreuves écrites du baccalauréat, des rumeurs circulent sur un arrêt du Conseil d’État qui permettrait à l’administration de prélever le salaire des grévistes durant toutes les vacances scolaires.

Il s’agit de l’arrêt du 7 juillet 1978, dit arrêt “Omont”. Cette décision de justice indique simplement que l’administration a la possibilité de prélever un trentième chaque journée durant laquelle un personnel n’a pas de service à accomplir entre deux jours durant lesquels il fait grève.

Est-ce que cela signifie que l’administration peut retirer quatre trentièmes de mon salaire si je fais grève vendredi et lundi ?

→ Oui. L’administration a cette possibilité, ce qui ne signifie pas qu’elle est obligée de procéder à un tel retrait.

Est-ce que cela signifie que si je suis en grève jusqu’aux vacances, l’administration prélèvera un trentième de mon salaire chaque jour jusqu’à la rentrée ?

→ Évidemment pas ! Pour cela, il faudrait être en grève le premier jour de la reprise (durant la prérentrée). Et de toute façon, le Conseil d’État lui-même l’indique dans un arrêt du 27 juin 2008 que “que l’application des règles de décompte des retenues sur le traitement mensuel de l’agent en grève ne saurait porter atteinte à son droit au congé annuel lorsque cet agent a été au préalable autorisé par le chef de service à prendre ses congés au cours d’une période déterminée”. Par conséquent, il ne saurait être question d’un retrait de salaire durant les vacances d’été.

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27 juin 2019 4 27 /06 /juin /2019 19:36

Le monde éducatif connaît actuellement une mobilisation d’une ampleur particulièrement importante. Depuis le 19 mars, les personnels sont très fortement mobilisés contre le projet de loi Blanquer. Dans le second degré, les réformes des lycées, du bac et Parcoursup suscitent toujours autant de colère, et les initiatives de mobilisation sont très fortes. Le ministère s’acharne à réprimer les mobilisations par les menaces, intimidations et sanctions contre les personnels. En effet le gouvernement a franchi successivement plusieurs crans dans la répression du mouvement social. Le ministère instrumentalise le débat sur l’article 1 de son projet de loi pour essayer de persuader les personnels qu’ils ne disposent pas de la liberté d’expression. Il multiplie ainsi les convocations, pressions et mesures d’intimidation contre les personnels qui s’expriment contre sa politique. Mais il ne s’arrête pas là. La répression antisyndicale s’intensifie, les militant-e-s sont désormais directement visé-e-s. Enfin, le gouvernement utilise sa police pour s’attaquer physiquement aux enseignant-e-s en lutte, qu’ils et elles participent au mouvement des gilets jaunes ou bien à des manifestations de personnels de l’éducation. Resté sourd jusqu’ici, le ministre ne nous laisse d’autre perspective que de continuer à construire le rapport de force. Face à cette surdité et à l’ampleur du désastre et des conséquences des réformes pour les générations à venir et le devenir des diplômes, la grève des examens et des notes s’impose. 

En guise de circulaire pour la rentrée 2019, le ministre délivre ses instructions et les complète avec des recommandations pédagogiques très précises, transformant les enseignant·e·s de maternelle en simple exécutant·e·s. Il s’agit d’une véritable remise en cause de notre professionnalisme et de notre liberté pédagogique. Par ailleurs, l’année prochaine encore, l’ensemble de la formation continue sera consacrée aux mathématiques et au français en s’appuyant sur les seuls documents ministériels... Le ministre, tout en adoptant une posture pseudo scientifique et en invoquant la recherche, ne s’appuie que sur des rapports qu’il a commandités. À contrario, une réelle démarche scientifique de recherche demande de confronter les idées et de se nourrir des débats dans tous les champs disciplinaires : sociologie, sciences de l’éducation, sciences cognitives et pas seulement une branche des neurosciences. Le ministre en appelle à la "mobilisation des cadres" pour faire appliquer ses injonctions pédagogiques et piloter les enseignant·e·s en fonction des résultats de leurs élèves aux évaluations nationales. Une nouvelle fois, il fait preuve d’autoritarisme en imposant des évaluations conçues comme un instrument de propagande pour justifier l’idéologie réactionnaire qu’il défend en matière de pédagogie. Il continue à tourner le dos aux innovations portées par les différents mouvements de pédagogies coopératives. Pour asseoir son œuvre réactionnaire, le ministre tourne le dos aux cycles en imposant des « attendus » pour chaque année d’école élémentaire. Cela illustre bien là, la vision étriquée et le modèle transmissif qui sous-tendent toutes ces injonctions. Outre le cadeau aux écoles privées sous contrat par le biais de l’obligation d’instruction à 3 ans, Blanquer déplace la pression scolaire dès le plus jeune âge. Ainsi, la course aux savoirs fondamentaux doit commencer dès la petite section pour préparer au CP. Cela aura pour conséquence d’anticiper les réussites ou les échecs scolaires en confrontant de manière précoce les enfants à des attendus, des normes renforçant la logique de tri social de l’école. Les normes scolaires font office de « police » du développement des enfants, hiérarchisent les compétences qui sont attendues d’eux selon les domaines les plus spécialement rentables pour leur avenir scolaire et pour le monde de l’entreprise. L’école maternelle n’est plus une école à part entière avec ses objectifs propres mais devient une école pré-élémentaire. Il y a là la certitude de nourrir bien des échecs scolaires.

SUD éducation rappelle à cette occasion que la circulaire de rentrée ne contient en ce qui concerne les pratiques pédagogiques que des « recommandations » qui par définition ne constituent pas des instructions, appelle en conséquence les personnels à continuer à exercer le plein usage de leur liberté pédagogique, continuera de s’opposer frontalement aux tentatives de mises au pas des personnels et revendique la suppression des évaluations nationales imposées aux élèves et aux personnels.

Le territoire connaît toute cette semaine et sans doute la suivante un épisode caniculaire. La chaleur très importante pèsera lourdement sur les conditions de travail des personnels et les conditions d’études des élèves dans le contexte des examens de fin d’année. Ce ne sont pas seulement les conditions d’étude ou de travail, mais tout simplement la santé des enfants, et notamment des plus jeunes, qui est mise en péril. Les locaux ne sont la plupart du temps pas du tout adaptés à de telles conditions climatiques. Le ministère a donné des consignes mais rien sur la santé et la sécurité au travail des personnels. Certes, le ministre a annoncé le report des épreuves du Diplôme national du brevet, ce qui relève du bon sens : mais ce n’est pas suffisant. Notre hiérarchie est directement responsable de notre santé et de nos conditions de travail. Alors que nombre d’écoles et d’établissements sont passablement dégradés et mal isolés, le ministre se contente de rappeler des évidences, sans s’interroger sur le bien-fondé de persister à faire venir des élèves en classe dans des établissements où la température excédera 30°C dès la matinée. SUD éducation dénonce l’hypocrisie de ces consignes. SUD éducation appelle les personnels à faire respecter leurs droits et celui des élèves : en remplissant les Registres de Santé et Sécurité au Travail (RSST) obligatoires dans les établissements et écoles ; en saisissant par écrit collectivement les CHSCT départementaux et académiques ; en refusant de se mettre en danger lorsque la température est manifestement excessive, et en faisant collectivement exercice de leur droit de retrait (en veillant à la sécurité des élèves), pour mettre l’administration face à ses responsabilités. SUD éducation revendique à long terme : l’instauration de températures minimales et maximales de travail ; le contrôle effectif des températures dans les bâtiments par les CHSCT ; un plan d’investissement massif dans les bâtiments, et leur isolation. Dans l’immédiat, SUD éducation revendique la fermeture des écoles, collèges et lycées partout où cela semble nécessaire aux personnels et aux parents.

Par ailleurs, le DNB n’est pas le seul examen qui se déroule pendant cette canicule : les épreuves anticipées de français le sont également. SUD éducation revendique le report des passations prévues durant cette période de forte chaleur partout où cela s’avérerait nécessaire.

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