30 octobre 2019 3 30 /10 /octobre /2019 15:49

Sans surprise, les personnels de l’Éducation nationale y perdraient ; et beaucoup. C’est ce qui ressort clairement du simulateur que SUD éducation a mis à disposition des personnels ce vendredi 18 octobre à l’adresse retraites.sudeducation.org. L’algorithme développé par la fédération SUD éducation permet de comparer les pensions entre le système actuel et ce qui est projeté sur la base du rapport Delevoye/Macron.

Voici la méthodologie utilisée : ce qui est comparé, ce sont deux carrières non-heurtées d’un personnel progressant à l’ancienneté, se déroulant intégralement dans le système actuel ou dans le cadre du projet Delevoye. Les périodes de transition ne sont pas prises en compte, pour une raison simple : le gouvernement s’abrite derrière des déclarations fumeuses sans apporter aucun chiffre concret. L’enjeu est de comprendre l’importance des pertes entre les deux systèmes.

Les primes et indemnités sont prises en compte, sur la base de 5 années passées en REP, ainsi qu’un nombre moyen d’heures supplémentaires pour les professeur-e-s de collège, lycée général et technologique et lycée professionnel.
Dans la très grande majorité des cas de figure envisagés, les pensions baissent de plusieurs centaines d’euros bruts mensuels.
La volonté de Macron et de son gouvernement d’organiser la baisse des pensions généralisée et l’augmentation de la période d’activité des salarié-e-s trouve sa concrétisation aussi dans l’Éducation nationale.

Face au gouvernement au service du capital, pour reprendre notre avenir en main, SUD éducation appelle avec son union syndicale Solidaires les personnels à se mettre en grève dès le 5 décembre et à mettre en débat dans les assemblées générales sa reconduction, dans l’objectif de construire un vaste mouvement interprofessionnel.

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29 octobre 2019 2 29 /10 /octobre /2019 18:06
Appel de l’intersyndicale ESR

 

Pour stopper le projet Macron-Delevoye sur les retraites :
mobilisons-nous à partir du 5 décembre pour défendre nos régimes de retraite,
la solidarité entre les générations et pour obtenir de nouveaux droits !

Sous couvert d’uniformiser les systèmes de retraite, le projet Macron-Delevoye est construit sur un principe central : la part des dépenses de retraite du pays ne doit pas dépasser 14% du PIB quels que soient les besoins et la démographie.

Ce projet est en accord avec les recommandations de la Commission Européenne et le Conseil de l’Union Européenne qui préconisent pour la France que les dépenses de retraite "devraient en représenter 13,8 % en 2022, avant d’évoluer dans une fourchette comprise entre 11,8 % et 13,8 % à l’horizon 2070, suivant le taux de croissance retenu pour l’évolution dans le temps du PIB et de l’emploi". Or, avec la croissance du nombre des plus de 60 ans, si on veut préserver le niveau de prestations actuel, le financement des retraites devrait représenter 16,5% du PIB en 2050. Pour nous, le montant de la richesse consacré au financement des retraites ne peut pas être enfermé dans un % du PIB prédéfini et déconnecté des besoins car, en plafonnant au mieux à 14%, c’est la part de chacun qu’on va diminuer, que ce soit avec la mise en place de « l’âge pivot » du rapport Delevoye ou de la « durée de cotisation » du Président de la République. Pour tenter de préserver une partie de leur niveau de pension, les salarié·e·s seront obligé·e·s d’essayer de partir de plus en plus tard à la retraite.
Actuellement, avec un système de prestations et de cotisations définies, chacun·e sait ce qu’elle/il cotise et ce qu’elle/il doit obtenir comme pension. Avec le nouveau système, chacun·e saurait ce qu’elle/il cotise mais non ce qu’elle/il percevrait une fois à la retraite, car la valeur future du point sera fixée de manière unilatérale par les gouvernements à venir. Que l’on soit aujourd’hui retraité·e, salarié·e en début ou en fin de carrière ou futur·e salarié·e, le plafonnement des dépenses à 14% du PIB se traduira mécaniquement par une baisse des retraites pour tou·te·s.
A sa mise en place, notre système de retraite avait pour objectif de préserver le niveau de vie des retraité·e·s du public et du privé, par un taux de remplacement de 75% du dernier salaire pour une carrière complète. Les différentes réformes mises en place depuis 25 ans ont obligé les salarié·e·s à reculer l’âge de départ pour tenter de préserver leur niveau de pension. Aujourd’hui les salarié·e·s doivent travailler jusqu’à 64 ans pour avoir un taux de remplacement arrivant péniblement à 70% pour une carrière complète. Le nouveau système serait un recul historique : il abandonne l’idée que les pensions doivent préserver le niveau de vie des retraité·e·s. Toutes les projections faites avec les données disponibles montrent que les retraites de l’ensemble des salarié·e·s baisseront, et, pour la grande majorité d’entre elles et eux, de façon dramatique.
Cette réforme touchera encore plus durement le personnel de l’enseignement supérieur et de la recherche. En effet, sous prétexte d’atténuer la chute du montant des pensions, le projet de réforme prévoit une prise en compte des primes et indemnités des fonctionnaires dans le calcul des retraites. Or, les primes des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche sont parmi les plus basses de la fonction publique, atteignant le ridicule pour les chercheurs, avec pour conséquence des pertes du montant de la pension de l’ordre de 20% à 40% selon les catégories (ordres de grandeur estimés à partir des éléments chiffrés contenus dans le rapport Delevoye).
Les organisations signataires de cet appel, revendiquent :
• Le maintien du code des pensions civiles et militaires ; maintien du calcul du montant de la pension basé sur les 6 derniers mois d’activité.
• Une pension d’au moins 75% du revenu net d’activité (pour une carrière complète) sans que celle-ci ne puisse être inférieure au SMIC.
• La ré-indexation des retraites sur le salaire annuel moyen et non sur l’inflation, facteur de décrochage de pouvoir d’achat entre les actifs et les retraités.
• La revalorisation de la rémunération des agents de la Fonction publique.
• La suppression des décotes et des surcotes.
• La prise en compte des années travaillées à l’étranger.
• La prise en compte de l’ensemble des années d’études et de formation.

Nous appelons les personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche et les étudiant e s
à assister aux assemblées générales pour préparer la mobilisation
contre le projet de réforme des retraites
PARTICIPONS MASSIVEMENT A LA PREMIERE JOURNEE DE GREVE INTERPROFESSIONNELLE
DES SALARIES DU PUBLIC ET DU PRIVE LE 5 DECEMBRE
SNTRS-CGT, CGT FERC-SUP, CGT-INRA, SNESUP-FSU, SNEP-FSU, SNASUB-FSU, SNCS-FSU, FO ESR, SNPTES, SUD RECHERCHE EPST-SOLIDAIRES, SUD EDUCATION, UNEF, SOLIDAIRES ETUDIANT-E-S
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27 octobre 2019 7 27 /10 /octobre /2019 20:18

SUD éducation s’est rendue à une réunion le mercredi 23 octobre « dans le cadre de la préparation de la réforme des retraites ». Il s’agissait bel et bien d’une mascarade, le gouvernement par la voix de M. Delevoye nous indiquant d’emblée que l’objet de la réunion était d’expliquer aux organisations syndicales son projet de réforme des retraites.

Après un tour de table où SUD a confirmé qu’il serait bien dans la rue le 5 décembre, Delevoye a commencé par préciser qu’il s’agissait de mettre en place « un système universel de retraites » et non d’« une réforme ». Puis il a indiqué que la loi serait votée en 2020 mais ne rentrerait en vigueur qu’en 2025, ce qui traduit bien la fébrilité du gouvernement sur ce sujet. Une « longue et douce transition est prévue sur 15 ou 20 ans ».

Delevoye n’a absolument pas répondu aux inquiétudes de SUD éducation. Le ministre s’est montré en effet encore plus flou que dans son rapport. Pour rassurer les syndicats, son discours s’est réduit à demander de lui faire confiance et indiquer qu’après le vote de la loi, tout s’éclairera. En d’autres termes, il s’inquiète du processus de mobilisation. Il a également affirmé qu’il y aurait des ajustements.

Pour Delevoye, le point ne peut pas baisser car il est lié au salaire qui ne peut pas baisser.

Il y aurait une possibilité de correction après le vote de la loi avec la mise en place d’un système de médiation pour rectifier les éventuelles injustices. Cette réponse ne règle rien : en cas de crise, les capitalistes n’hésiteront pas un instant à faire baisser les salaires. Qui plus est, si les salaires augmentent moins vite que l’inflation, les pensionné-e-s y perdront beaucoup. Enfin, une simple loi permettrait de faire baisser la valeur du point.

Le Haut-commissaire aux Retraites a enfin indiqué qu’il ne maîtrise aucun des contours de son projet : il a confirmé qu’il est incapable de produire des simulations individuelles, les renvoyant à un an après le vote de la loi. Il a ajouté que les impacts négatifs de la loi ne seraient visibles que dans 10 ans (c’est-à-dire à l’application pleine et entière du dispositif).

Il s’agit bel et bien d’un projet au service des capitalistes et des fonds de pension, qui vise à nous faire travailler plus longtemps pour des pensions plus faibles. C’est inacceptable, et les manœuvres d’enfumage du gouvernement sont vaines.

Nous revendiquons :

• une augmentation générale des salaires et des pensions ;

• une pension calculée sur les 75 % du dernier meilleur indice dans la fonction publique ;

• un âge de départ à la retraite après 37,5 annuités au maximum, et la prise en compte effective des conditions de travail dans l’âge de départ ;

• une retraite égale dans les faits pour les hommes et les femmes.

POUR GAGNER, CONSTRUISONS L’AFFRONTEMENT

Chacun-e sait qu’une journée de grève ne suffira pas à faire plier le gouvernement. Il s’agit dès à présent de construire un mouvement de grève reconductible et interprofessionnel d’ampleur.

Pour cela :

• dès à présent déposons des heures d’informations syndicales et des RIS, multiplions les tournées pour construire la mobilisation et nous préparer à reconduire, de manière unitaire avec les différentes organisations syndicales ;

• dès le 5 décembre, dans les écoles et établissements, dans les villes et les départements, organisons des assemblées générales massives qui votent la reconduction de la grève pour le 6 décembre et les jours suivants ;

• Dans le premier degré, nous appelons les personnels à déposer des déclarations d’intention de grève sur plusieurs jours ;

SUD éducation a déposé un préavis de grève reconductible couvrant les personnels grévistes pour toute la période qui suit le 5 décembre.

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19 octobre 2019 6 19 /10 /octobre /2019 09:06

Courrier de SUD éducation

 

Vos services ont récemment publié deux guides non datés qui portent atteinte au droit de grève des Assistant-e-s aux élèves en situation de handicap (AESH) :

— l’un intitulé Accueillir un AESH dans l’école ;

— l’autre intitulé Accueillir un AESH dans un établissement du second degré.

On lit en effet dans le guide Accueillir un AESH dans l’école, rédigé à l’intention des directeurs et directrices d’école et consacré à l’application de la circulaire n°2019-088 du 6 juin 2019, page 6, qu’« en cas de grève », l’agent :

"doit prévenir son employeur ou son responsable direct.

Si l’école est fermée : [l’AESH] informe son employeur de la fermeture de l’école et il demande des consignes".

On lit également dans le guide Accueillir un AESH dans un établissement du second degré consacré à l’application de la même circulaire, à la page 6, qu’ "en cas de grève", l’agent

"doit prévenir son employeur ou son responsable direct, en fonction des consignes du chef d’établissement".

Vous ne pouvez ignorer que la Constitution prévoit dans le préambule de la Constitution de 1946 que le "droit de grève s’exerce dans le cadre des lois qui le réglementent". Les restrictions au droit de grève que vos services imposent implicitement dans ces deux guides ne s’appuient sur une aucune disposition légale. Il s’agit donc manifestement d’un abus qui ne peut être qualifié de simple erreur matérielle.

Le droit de grève des AESH ne connaît pas de restriction spécifique de nature légale. Il vous appartient de faire respecter l’exercice de ce droit fondamental des personnels placés sous votre autorité.

La rédaction de ces guides constitue donc une atteinte inacceptable au droit de grève des personnels AESH. Ce guide, rédigé sous votre autorité, doit être retiré immédiatement et les passages litigieux réécrits dans un sens conforme à l’esprit de la Constitution, de la loi.

Veuillez agréer, M. le ministre, l’expression de notre attachement au service public d’éducation, à la défense de tous ses personnels ainsi qu’au droit syndical.

 

Brendan CHABANNES,

co-secrétaire de la fédération SUD éducation

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 15:17

Après 15 jours d’intense mobilisation, l’OQTF prononcée à l’encontre de Moustapha Gueye est enfin levée. Reçue le 14 septembre, cette obligation de quitter le territoire arrivait à son terme ce 14 octobre. Les personnels des collèges Gérard Philipe et Arthur Rimbaud où travaille actuellement Moustapha, ainsi que le collège de Pérols où il travaillait l’année dernière, se sont massivement mis·es en grève, rejoints par des parents et des élèves.

Après s’être réunis dès 8h devant les collèges, les soutiens de Moustapha se sont retrouvés devant la Préfecture. Un rassemblement de plus de 200 personnes a soutenu la délégation reçue par le sous-préfet.
• Premier soulagement : l’abrogation de l’OQTF permet d’éliminer la menace d’un placement en rétention administrative.
• Seconde victoire : la demande de naturalisation de Moustapha poursuit son cours. La préfecture de l’Hérault assure qu’elle a été envoyée, avec avis favorable, au ministère de l’Intérieur.

En attendant, le rectorat de Montpellier a fourni à Moustapha un contrat de travail allant jusqu’au 31 décembre 2020. Un titre de séjour de travailleur salarié de 1 an lui est attribué.
Malgré ces bonnes nouvelles, des doutes persistent :
• un retrait et non une abrogation de l’OQTF aurait permis à Moustapha de conserver son titre de séjour pluriannuel de 4 ans délivré le 21 décembre 2016 et valable jusqu’au 20 décembre 2020 et lui aurait évité d’avoir à débourser 269 Euros de timbre fiscal pour l’édition d’un nouveau titre de séjour.
• dans le cas où la demande de naturalisation n’aboutirait pas, Moustapha sera tributaire de la signature d’un nouveau contrat et de la durée de celui-ci. Sachant que, par principe, le rectorat limite cette dernière à 1 an maximum !
Sans naturalisation, la situation précaire et incertaine perdure. Nous devons rester mobilisé·e·s aux côtés de Moustapha.

SUD Éducation 34 revendique toujours :
• Titularisation de tous les contractuel.le.s sans condition de concours ni de nationalité.
• Carte de résident à tou.te.s les contractuel.le.s.

Cette lutte a mis en lumière dans notre académie la double précarisation des contractuels ressortissants étrangers : incertitude permanente concernant le renouvellement de leurs contrats de travail, mais aussi de leurs titres de séjour. Seule la lutte collective paie ! Organisons-nous !

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 15:08

Madame la Présidente du CHSCT-A,

En juin dernier, nous vous faisions part de la perte de confiance de l'ensemble des agents au regard des incessantes injonctions ministérielle dégradant les conditions de travail des divers services. Aujourd’hui nous n'avons plus aucun doute. Pour Sud Education, l’Institution est responsable de la souffrance de ses agents et la dégradation des conditions de travail ! Responsable :

• Par des réformes à marche forcée, rejetées par l’ensemble de la profession dans la rue comme dans les instances paritaires ministérielles, académiques ou départementales.

• Par la mise en œuvre de ces réformes sous la pression de la hiérarchie, au mépris parfois de nos valeurs professionnelles, au mépris de notre éthique.

• Par des méthodes de management aliénantes.

• Par une instabilité des équipes sur le terrain créé et entretenue par des décisions ministérielles prises sans concertation avec les représentants des personnels.

• Par une gestion centralisée et défaillante des remplacements.

• Par le recours massif aux contractuels.

• Par une standardisation de nos pratiques professionnelles.

• Par des injonctions permanentes qui transforment les personnes en de simples exécutant.es.

• Par la surcharge de travail que cela génère et qui pèse sur chaque collègue.

• Par une dématérialisation des procédures qui démultiplient les tâches administratives et déshumanisent nos relations au travail pourtant au cœur de nos métiers.

• Par le manque criant de matériel pédagogique et informatique dans nos écoles et nos établissements rendant le quotidien invivable.

• Par une absence totale de soutien et de protection de l’Institution.

• Par une médecine préventive quasi-inexistante (1 seul poste pour plus de 21 000 agents.

• Par une médecine scolaire très insuffisante.

Ce sont toutes ces souffrances quotidiennes qu’endurent, jusqu’à l'épuisement, de nombreux et de nombreuses collègues. Certains et certaines peuvent ne pas s’en relever.

Ce constat alarmant n'est pas uniquement dénoncé par les représentant-es du personnel mais aussi par d'autres acteurs et actrices tel-les que :

• une députée de la majorité qui a profité du débat de la Fondation Jean Jaurès pour assurer que "la souffrance au travail est très clairement perçue par le gouvernement ». Elle poursuit en affirmant que « Nous avons bien entendu les cris d’alerte. On mesure bien la gravité de la situation".

Ou encore :

• le sociologue Vincent de Gaulejac qui dit: "Les conditions objectives se dégradent, donc subjectivement les gens ne vont pas bien, alors on met en place tout un discours sur le care, la bienveillance, l’attention à l’autre qui est en effet d’autant plus nécessaire qu’objectivement on n’a plus les moyens de la bienveillance comme on le voit par exemple dans les services d’urgence à l’hôpital. Cette contradiction devient tellement aiguë qu’elle participe au mal-être de professionnels qui ne demandent pas mieux que de bien travailler. On leur renvoie que si ça ne marche pas, c’est parce qu’ils résistent au changement, alors que s’ils résistent au changement c’est parce que les modalités de celui-ci les empêchent de bien travailler. On est dans une organisation que j'appelle "paradoxante" : les outils mis en place pour améliorer l’efficience sont en fait des outils qui mettent les agents dans des injonctions paradoxales."

Madame la Présidente, nous terminerons cette déclaration comme la précédente, « nous, membres représentant-es des personnels, attendons, les personnels attendent, des décisions à la hauteur des enjeux afin que les agent-es qui sont passé-es à l’acte comme Christine Renon ne tombent pas dans l’oubli et que les alertes ne restent pas lettre morte ! » comme les avis ministériels et académiques laissés sans réponse. Sommes sans voix !

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 15:02

Déclaration des représentants des personnels au CHSCT  Académique de Caen du11 octobre 2019

Madame la Présidente du CHSCT-A,

Elle s’appelait Christine Renon, avait 58 ans, était directrice d’école à Pantin, et aimait son travail. Depuis 30 ans au service de l’Éducation nationale elle s’est engagée, elle a donné son énergie, son temps jusqu’à l’épuisement. Dans son école, elle a mis fin à ses jours, un samedi, en laissant une lettre bouleversante, qui  ne souffre d’aucune ambiguïté, dénonçant ses conditions de travail. Christine Renon était en souffrance professionnelle. Elle raconte fort bien les injonctions contradictoires, les tâches parcellaires, dénuées de sens qui la détournaient de ses missions premières : animer et coordonner une équipe. Elle décrit un quotidien fait de tracas, de manque d’outils, et surtout d’isolement. Ce n’est hélas ni le premier, ni le dernier suicide d’un personnel de l’Éducation Nationale. Il a eu lieu dans l’enceinte de l’école, il est indéniab lement lié au travail, aux conditions d’exercice des missions, au climat scolaire. Le suicide et le courrier de Christine Renon suscitent un émoi bien au-delà de Pantin, de la Seine-Saint-Denis, et des directeurs et directrices d’école. Alors que la pétition « plus jamais ça » frôle les 100 000 signatures, ce sont en réalité toutes les catégories professionnelles du ministère de l’Éducation Nationale qui se sentent concernées. Des collègues nombreux et nombreuses, de tous nos métiers, nous racontent la fatigue, voire l’épuisement professionnel résultant de l’augmentation de la charge de travail, de la difficulté des conditions d’exercice, d’un sentiment de dépossession de leur métier, d’être contraint et contrainte à mal faire son travail.

La FSU, le SE-UNSA, le Sgen-CFDT, et Sud Education Basse-Normandie demandent des actes forts, des décisions rapides et concrètes pour garantir les meilleures conditions de travail de tous les personnels et auraient souhaités l’expression d’un soutien plus fort de l’institution.

Madame la Présidente, les membres représentants des personnels, les personnels attendent, des décisions à la hauteur des enjeux afin que les agent-es qui sont passé-es à l’acte comme Christine Renon ne tombent pas dans l'oubli et que les alertes ne restent pas lettre morte.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:47

Communiqué commun des organisations
FSU, UNSA-Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT, SUD-Education

Nos organisations syndicales, FSU, UNSA-Education, SGEN-CFDT, FERC-CGT et SUD-Education ont adressé, le 8 octobre dernier, un courrier au Ministre de l’Education nationale à ce jour sans réponse. Elles lui demandaient des actes suite au malaise, à l’émotion et à la colère exprimés par les personnels après l’acte dramatique de Christine Renon.

C’est pour exprimer fortement nombre de revendications que ces organisations syndicales appellent à faire du 6 novembre prochain une journée de mobilisation (rassemblements, conférences de presse, demandes d’audience...).

Elles demandent :

  • une réelle amélioration des conditions de travail des directeurs et directrices d’école, des enseignant-es et de tous les personnels qui font vivre les écoles, les établissements et les services ;
  • une meilleure reconnaissance de leurs professionnalités ;
  • des mesures pour garantir la santé, la sécurité et le bien-être au travail et le développement des services de médecine de prévention ;
  • une organisation moins verticale et moins injonctive des écoles, établissements et services. L’organisation d’un travail plus collectif et à des rythmes plus respectueux de la qualité de vie au travail ;
  • les moyens utiles indispensables au bon fonctionnement des écoles, des établissements et des services ainsi que les créations d’emplois nécessaires pour l’ensemble des personnels.

Enfin, ces organisations syndicales dénoncent, une nouvelle fois, la suppression programmée des CHSCT qui aggravera la prise en charge de celles et ceux qui sont en souffrance.

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:44

Vous ne faites qu’ouvrir la porte des classes pour ensuite la refermer, et ne vous préoccupez pas de ce qui s’y passe. Alors de qui se moque-t-on ? • Des AVS (auxiliaire de vie scolaire et AESH accompagnant.e d'élèves en situation de handicap : Rappelons que ces postes ont été créés à la va-vite en 2005 suite à la mobilisation des enseignant.es qui s’inquiétaient, non pas de l’arrivée d’élèves en situation de handicap, mais de l’absence de moyens humains et de formation pour les accueillir comme il se devait. À ce jour les AVS et AESH sont toujours sous-payé.es, sous-formé.es, exploité. e.s et non reconnu.e.s pour le travail qu’elles/ils font. Ils et elles voient leur emploi du temps remanié, morcelé. La précarité de leur statut est à l’image de l’inclusion mise en place dans les écoles. • Des élèves : L’instauration des PIAL (pôles inclusifs d'accompagnement localisés) et la mutualisation sont en train de mener à une aggravation de la situation et à une baisse de l’accompagnement. De plus en plus d’élèves sont parachuté.es dans les classes sans aide particulière. On assiste à du saupoudrage. Cela contribue aussi à déshumaniser la gestion du handicap tout en lui faisant perdre en efficacité, contrairement à ce qui est annoncé. Des chefs d’établissements doivent en effet assurer cette gestion, sans connaître la situation de tous les enfants. De plus, les Rased (Réseaux d’aide aux enfants en difficulté) ont été réduits à peau de chagrin, il n’en reste souvent plus que le nom. Les dispositifs UPE2A (Unité pédagogique pour élèves allophones arrivants) sont quasi inexistants et ne peuvent donc répondre aux besoins et aux droits de ces élèves. • Des parents : On leur promet un accompagnement et un nombre d’heures de prise en charge via la notification de la MDPH(Maison départementale des personnes handicapées). Mais au final cette notification n’est pas forcément respectée. Dans les faits, leur enfant bénéficie parfois de moins d’heures car l’AVS ou l’AESH doit se partager sur plusieurs classes, ou d’une moins bonne prise en charge car l’AVS ou l’AESH doit s’occuper de plusieurs enfants, au profil parfois très différent, au sein d’une même classe. • Des enseignant.es : Qui se retrouvent à gérer des situations inextricables et qui ont l’impression de ne plus pouvoir répondre aux besoins des élèves. Pendant que vous claironnez sur votre école soi-disant inclusive, vous fermez les structures complémentaires extérieures aux classes ordinaires comme les SEGPA (section d'enseignement général et professionnel adapté), les ITEP(Institut thérapeutique, éducatif et pédagogique), les IME(institut médico-éducatif). Il est à noter qu’on ne parle plus de structures mais de dispositifs, terme flou et fluctuant. De plus, ces élèves ne comptent pas dans les effectifs, ni en tant qu’élèves, ni en tant que classe. Alors, il ne suffit pas d’ouvrir la porte d’une classe pour faire de l’inclusion. L’inclusion c’est répondre aux besoins d’un.e élève en particulier autour d’un projet élaborant un emploi du temps à l’école et au dehors. Conditions de travail dégradées, accueil des élèves déplorable, votre école n’est pas inclusive, elle est génératrice de souffrances. Face aux élèves et à leurs parents, face aux personnels de l’Éducation, vous faites preuve de maltraitance institutionnelle. Votre école n’est pas celle de la confiance ni de l’inclusion, elle est celle de la logique comptable. Pour les AESH, SUD éducation revendique : - Un vrai statut intégré à la Fonction publique de l’État avec la titularisation sans conditions de diplôme ou de nationalité. - L’arrêt du recrutement de personnels non-titulaires - Une augmentation des salaires avec une entrée dans le métier à 1700€ nets et de véritables évolutions salariales tout au long de la carrière. - La fin des temps incomplets imposés et la reconnaissance des « tâches invisibles » des AESH (formation – coordination…) qui permettent de constituer un temps complet. - L’accès aux mêmes primes (éducation prioritaire), indemnités et pondérations (éducation prioritaire et affectation multiple) que les titulaires qu’importe la durée du contrat - Des moyens pour une véritable formation initiale et continue - De meilleures conditions d’affectation : - La création de commissions paritaires pour les affectations des AESH pour garantir le droit à la mobilité - L’affectation sur 2 établissements au maximum - La constitution d’une brigade de remplacement AESH - l’étude en CCP de tous les cas de non-renouvellement

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17 octobre 2019 4 17 /10 /octobre /2019 14:41

Le 24 septembre 2019 le Ministre de l’éducation nationale et de la jeunesse Jean Michel Blanquer a fait la déclaration suivante concernant l’interdiction aux femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires : « La situation est claire, nous souhaitons au maximum que ce soit évité, même si ça n’est pas interdit par la loi ». Nous savions déjà que le ministre n’accordait que peu de valeur aux lois... mais concédons lui au moins que la situation est claire.

https://www.sudeducalsace.info/IMG/jpg/intersectionnalite-3.jpg

D’un point de vue juridique, tout d’abord. En 2012, une circulaire émanant du ministre de l’éducation Luc Chatel interdisait aux mères d’élèves portant le foulard d’accompagner leurs enfants lors des sorties scolaires. Saisie par le défenseur des droits le Conseil d’Etat, dans une étude adoptée le 19 décembre 2013, précise que les parents accompagnateurs ne sont pas soumis au principe de neutralité. Depuis, les jugements des tribunaux administratifs sont tous allés dans le même sens. Cependant, en 2019, ce sont déjà 3 propositions qui ont visé les femmes voilées : tout d’abord le député Eric Ciotti avait proposé d’inclure cette interdiction lors des débats à l’Assemblée nationale sur le projet de loi Blanquer en février 2019 ; En mai 2019, un amendement défendu par les sénateurs LR lors de l’examen du même projet de loi avait été finalement rejeté ; le 14 octobre, le groupe de sénateurs LR a soumis une nouvelle proposition de loi dont le texte sera examiné fin octobre. Gageons que cette dernière tentative, si elle échoue, ne sera pas la dernière.

D’un point de vue politique, la situation n’est déjà que trop claire ! Ces tentatives de criminalisation s’inscrivent dans une longue série de « débats » sur le voile à l’école (2003) et dans les universités (2013), ou encore sur la « mode islamique » dans l’espace public (2010 puis 2016). Les gouvernements se succèdent et ne varient pas. De nouveau interrogé sur ce sujet le dimanche 13 octobre, Jean-Michel Blanquer porte son argumentation bien au-delà du milieu scolaire puisqu’il déclare que « le voile n’est pas souhaitable dans notre société ».

Cette déferlante de propos racistes et islamophobes, au plus haut niveau de l’état, ne constitue pas, loin s’en faut, une tentative de « diversion » eu égard à la situation sociale et politique actuelle. Les effets discriminatoires de cette politique, déjà largement visibles, ne cessent de s’amplifier !

Ainsi, l’universitaire Laurent Bouvet, fondateur de l’association « Printemps républicain », nommé l’an dernier par le ministre de l’Éducation au conseil des sages de la laïcité, assimilait il y a quelques semaines les femmes voilées à des terroristes.

Il y a quelques jours, à Dijon, en pleine assemblée plénière du conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté, Julien Odoul, président du groupe Rassemblement National, prenait à partie une des accompagnatrices scolaires présente dans l’hémicycle en exigeant qu’elle retire son voile. La mère de famille accompagnait la classe de CM2 de son fils.

Enfin, le ministre de l’éducation, en pointant du doigt certains enfants au nom de l’égalité femmes - hommes, insinue qu’ils sont les principaux acteurs des violences sexistes. Il y a danger à relayer un tel mensonge raciste qui ne peut de toute façon que nuire à la lutte contre les violences sexistes.

A l’heure où le gouvernement appelle l’ensemble de nos concitoyens à « la société de vigilance » afin de détecter « les signes de radicalisation », le monde de l’éducation rentre lui aussi en ordre de marche. La faculté de Cergy-Pontoise a demandé à ses personnels de « signaler des événements qui pourraient avoir des conséquences graves » en remplissant une « fiche de remontée de signaux faible ». Il s’agit par exemple de rapporter « l’absentéisme récurrent aux heures de prière » , le « refus de l’autorité des femmes » qui ne concernerait que les islamistes, la « remise en cause du programme ou du contenu des enseignements », le « port de la barbe sans moustache » etc. Toutes ces mesures auraient pour but de repérer les terroristes en puissance. Ses « signaux » ne permettent en rien de détecter une quelconque radicalisation : il s’agit purement et simplement de la mise en cause d’une pratique religieuse qui s’inscrit dans le cadre des libertés garanties constitutionnellement. Le ministère de l’Enseignement supérieur assure quant à lui qu’il ne s’agit pas « d’une application des directives de l’Etat », quand bien même ces éléments ne sont pas sans évoquer une « liste d’indices » dressée par Christophe Castaner devant l’Assemblée nationale la semaine dernière...

SUD Education s’oppose à l’interdiction pour les femmes voilées d’accompagner les sorties scolaires et soutient celles et ceux qui subissent dans leur vie quotidienne les conséquences directes des propos racistes, tenus au plus haut sommet de l’Etat.

SUD Education appelle à une mobilisation forte de la communauté éducative contre l’islamophobie et le racisme !

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Published by SUD 61