24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 22:24

1. La retraite : de la répartition à l’individualisation

La réforme des retraites prévue au vote en 2020 s’inscrit dans une série de contre-réformes (loi travail en 2016, loi Orientation et Réussite des Étudiants en 2018), qui accentuent les inégalités sociales dans un contexte de hausse de la pauvreté et du chômage. La transformation du système de retraites envisagée par le gouvernement promet de les renforcer à l’échelle de la fonction publique en général, et tout particulièrement des personnels de l’enseignement supérieur et de la recherche (ESR).

Le nouveau système proposé par le gouvernement annonce une transformation massive : il s’appliquerait à l’ensemble des agent-e-s du public. Pour ces 5,5 millions de personnes, dont un cinquième est contractuel (1,3 millions), c’est la fin de la solidarité collective garantie par le système par répartition. Le-la bénéficiaire cumulera des points avec un pourcentage de son salaire. Le montant de la pension sera le produit du nombre de points acquis par la valeur du point au moment de la liquidation, c’est à dire le moment où l’on fait valoir ses droits à la retraite afin de pouvoir percevoir celle-ci.

Le nouveau système rompt ainsi avec la solidarité collective (à l’origine de la Sécu) et favorisera des stratégies individualistes, laissant dans la misère celles et ceux n’ayant pas eu l’opportunité d’échapper à la précarité, au travail mal payé et aux accidents de la vie. Des points seront certes octroyés au titre des périodes de chômage, maladie, maternité, invalidité, ou de certaines périodes d’études ou de formation, mais sans compenser pleinement les inégalités du marché de l’emploi pour celles et ceux qui y sont déjà le plus discriminé-e-s. Le financement de nos retraites ne sera d’ailleurs pas garanti puisqu’il dépendra chaque année d’arbitrages budgétaires.

2. La Fonction publique particulièrement touchée

Actuellement : c’est simple, clair et lisible !

Pour les fonctionnaires, la retraite représente 75% du traitement brut hors primes : elle est calculée sur le traitement des 6 derniers mois. Actuellement, les périodes de chômage ou un nouvel emploi moins bien rémunéré ne modifient pas fortement le montant de la pension versée au final.

Pour les contractuel-le-s de droit public, le calcul de la retraite se fait sur la rémunération complète, primes incluses : 50% par la Caisse Nationale d’Assurance Vieillesse, et 25 % de retraite complémentaire à points via l’IRCANTEC (l’Institution de retraite complémentaire des agents non titulaires de l’État et des collectivités publiques).

La réforme : le brouillard

La valeur du point de service pour la liquidation de la pension ne serait connue que lors du départ en retraite. Elle est déterminée en fonction de l’espérance de vie (qui progresse), de la masse des retraites versées à la date de départ en retraite (à la hausse du fait de l’augmentation du nombre de retraité-e-s) et de la conjoncture économique. Le seul objectif clair du gouvernement c’est un plafond de 13,8% du PIB pour les dépenses de retraites, qui exerce une contrainte à la baisse sur le niveau des retraites.

Concrètement, cette réforme c’est :

> TRAVAILLER PLUS LONGTEMPS

Avec un nombre de retraité-e s en augmentation, le blocage à 13,8 % de la part de PIB consacrée aux retraites est prévu pour faire baisser les pensions et faire reculer l’âge de départ en retraite. Tous les salarié-e s et agent-e s du public seront renvoyé-e s à de l’épargne-retraite individuelle ou collective pour compléter une trop faible retraite.

> UNE BAISSE DES PENSIONS

Pour les fonctionnaires, la pension ne serait plus calculée sur les six derniers mois d’activité et les 75 % du dernier traitement mais sur l’ensemble de la carrière, primes comprises. Ce système tire mécaniquement les pensions vers le bas, puisqu’il prend en compte à la fois les débuts de carrière peu rémunérés et des primes trop faibles pour compenser l’écart entre les 6 derniers mois d’emploi et les aléas d’une carrière. Pour l’immense majorité des contractuel-le-s qui accèdent plus tard encore à un emploi stable et dont les rémunérations progressent plus lentement, ou restent au plancher, les conséquence négatives seront plus grandes encore. Dans le secteur de l’Enseignement supérieur et de la recherche, Il faut ajouter aux rémunérations généralement faibles la longueur de la durée des études qui conduit à une entrée tardive dans la carrière.

3. Dans l’ESR, précarisation de l’emploi et retraites à plusieurs vitesses

La situation de l’emploi dans l’ESR se dégrade : les recrutements de titulaires dans les universités diminuent, les postes qui sont créés sont de plus en plus précaires, quand les collègues ne sont pas soumis-es indéfiniment au régime brutal du paiement à la vacation. L’Association nationale des candidat-e s aux métiers de la science politique (ANCMSP) arrivait récemment au chiffre de 13 000 postes d’enseignant-e s chercheur-ses (EC) manquants, soit 20% du nombre actuel de titulaires. Le CNRS, de son côté, a connu en 2019 une diminution de 49 postes au concours des chargé-e s de recherche par rapport à l’année précédente. Sur 10 ans au CNRS, les effectifs des chercheurs et chercheuses titulaires du CNRS ont baissé de 3% des effectifs, ceux des techniciens et techniciennes fonctionnaires de 30%.

Les évolutions de la politique de la recherche et de l’enseignement supérieur voulues par le Ministère prévoient toujours moins de fonctionnaires et toujours plus de précarité de postes, qu’il s’agisse des ordonnances Vidal de décembre 2018 qui organisent la sortie des établissements du cadre du Code de l’Éducation, ou des rapports des groupes de travail en prévision de la prochaine loi de programmation pluri-annuelle de la recherche.

Dans ces conditions, non seulement l’obtention d’un poste de fonctionnaire dans l’enseignement supérieur et la recherche devient très difficile, mais les débuts de carrière se font particulièrement tard en raison de la longue durée de la formation requise pour se présenter au recrutement sur les postes. Il devient dès lors d’autant plus difficile dans ce secteur d’espérer avoir droit à une retraite décente.

De la rhétorique égalitaire du gouvernement aux réelles inégalités hommes/femmes dans l’ESR

Les rapports pour la loi pluriannuelle pour la recherche de 2020, la lettre du directeur du CNRS de juillet 2019, tout comme le projet de réforme des retraites se réclament de la lutte contre les inégalités hommes-femmes. Nous dénonçons cette récupération d’un vocabulaire émancipateur vidé de son contenu. En effet, la réforme des retraites dégradera le montant de la pension perçue par les femmes tant dans le régime général que pour les fonctionnaires.

Dans l’enseignement supérieur et la recherche comme dans les autres secteurs, les femmes prennent davantage de temps partiels. Or, le projet de réforme met fin à la compensation des temps partiels ou des interruptions de carrière qui suivent une naissance. De plus, les femmes reçoivent moins de primes et font moins d’heures supplémentaires : leur pension de retraite en baisserait d’autant.

Enfin, les bonifications pour enfants nés avant 2004 seraient remplacées par une majoration unique de 5 % par enfant partageable entre les parents, cependant que les droits supplémentaires accordés aux parents de trois enfants et plus seraient supprimés.

Et maintenant ?

Une autre retraite est possible ! Le financement de la retraite par répartition d’aujourd’hui peut se faire avec une autre répartition capital / travail. Les cotisations sociales doivent être établies, sans exonérations, à tous les revenus distribués par les entreprises : salaires, primes, intéressement, participations et dividendes !

En grève dès le 5 décembre !

Chacun-e sait qu’une journée de grève ne suffira pas à faire plier le gouvernement. Il s’agit dès à présent de construire un mouvement de grève reconductible et interprofessionnel d’ampleur.

SUD éducation appelle :

- Dès à présent, à déposer des heures d’information syndicale et multiplier les actions pour construire la mobilisation et nous préparer à reconduire la grève, de manière unitaire avec les différentes organisations syndicales

- Dès le 5 décembre, à organiser des assemblées générales massives qui votent la reconduction de la grève pour le 6 décembre et les jours suivants

SUD éducation a déposé un préavis de grève reconductible couvrant les personnels grévistes pour toute la période qui suit le 5 décembre

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 22:23

Grève mondiale pour le climat le 29 novembre : journée des gilets jeunes pour la justice sociale et climatique!

Le préavis de grève de SUD éducation :

À ce titre, la fédération SUD éducation, avec son Union syndicale Solidaires, revendique :

• La sortie des énergies fossiles.

• Un mode de développement en rupture avec la logique productiviste : arrêter la course irrationnelle à la croissance et partir de la satisfaction des besoins sociaux notamment en réduisant le consumérisme par la publicité et l’obsolescence programmée et en cessant le pillage des pays du Sud.

• La fin des grands projets inutiles imposés et climaticides (GPIIC), coûteux et néfastes pour notre environnement (projet de Center-Parc dans la forêt des Chambarans, site d’enfouissement de déchets nucléaires à Bure, ligne TGV Lyon-Turin…)

• La sortie et l’arrêt des négociations des traités de libre échange TAFTA, CETA, JEFTA, …

• L’arrêt de la mise en concurrence des barrages hydrauliques et de leur privatisation induite.

• Une relocalisation de la production et de la consommation, la création d’emplois non délocalisables et nécessaires pour satisfaire les nouveaux besoins liés à l’environnement (requalification énergétique du bâti ancien...) plan de formation et de reconversion des salarié-e-s...).

• Une véritable fiscalité écologique qui doit s’inscrire dans une politique publique globale favorable à l’environnement, basée sur le principe pollueur/payeur, qui réduise les inégalités, qui finance l’action publique à la hauteur des besoins sociaux et qui pour être légitime, doit comporter le moins d’exonérations possibles. Cela implique la taxation du transport aérien et du fret maritime (notamment des bateaux de croisière), des voitures de luxe ; la taxation du transport routier polluant par camions.

• Un programme de réduction du transport routier en accompagnement d’un plan de financement de développement du ferroutage par un réengagement de l’État dans le maillage ferroviaire du territoire.

• Un programme de développement du transport fluvial par voie de canaux (remarque : débat en France donc c’est un sujet polémique selon les territoires impactés).

• Une transition écologique qui doit accompagner les salarié-e- dans leur quotidien par une politique d’aménagement territorial au service de tous-tes.

• Le plafonnement des loyers et la lutte contre la spéculation immobilière : la hausse du coût du logement pousse les habitant-e-s loin des centre-villes et les contraint à utiliser des moyens de transports individuels.

• L’amélioration des transports collectifs publics, leur gratuité, la reconversion vers des modes de transport moins polluants et donc le développement de lignes ferroviaires secondaires est une véritable urgence sociale, sanitaire et environnementale.

Dans le secteur de l’éducation, SUD éducation demande :

• Réalisations de bilan énergétique et plan d’isolation des bâtiments,

• Programme concerté de réduction énergétique et de la consommation en eau,

• Des outils pour mettre en place le recyclage des déchets,

• Renforcement des filières locales et bio dans la restauration scolaire ; réduction de la consommation de viande et poisson,

• Des recrutements massifs de titulaires remplaçant-e-s dans les premier et second degrés afin de limiter leurs déplacements

• La prise en compte des risques environnementaux par les CHS et notamment une véritable campagne de désamiantage des établissements scolaires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 et une prise en charge des personnels exposés avant 2021,

• La mise en place des mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs-ses exposés-e au radon (visite médicale, information des personnels, mesures techniques telles que système de ventilation, ouverture des fenêtres...)

• Un vrai plan de formation professionnelle orienté vers les nouveaux métiers : inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à l’agriculture biologique, permaculture, etc, dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables etc.

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24 novembre 2019 7 24 /11 /novembre /2019 22:21

Tribune intersyndicale

Dans un discours prononcé le 25 novembre 2017, Emmanuel Macron prenait l’engagement solennel que son gouvernement ferait de la lutte contre les violences sexuelles et sexistes au travail la « grande cause de son quinquennat ». Plus de deux ans après, les faits démentent le discours. Les enseignantes seront dans la rue le 23 novembre à l’occasion de la journée de lutte contre les violences faites aux femmes.

Dans un collège de Villejuif en mai 2019, une enseignante demande au rectorat de la protéger suite à la plainte qu’elle dépose pour viol contre un collègue.

Dans un collège d’Épinay-sur-Seine, neuf enseignantes demandent en juin 2019 à leur hiérarchie de les protéger d’une situation de harcèlement sexuel qui perdure pour certaines d’entre elles depuis plusieurs années.

Dans un collège à Toulouse, à la fin du mois d’octobre 2019, une assistante d’éducation dénonce auprès du rectorat des viols perpétrés par des collégiens sur des collégiennes aux alentours de leur établissement.

Dans un grand lycée de Nancy, en octobre 2019, un enseignant a été placé en détention préventive pour des faits de harcèlement, d’agressions et de viol sur des élèves. Les faits, dont certains remontent à 2012, avaient alors été classés sans suite.

Dans l’Enseignement Supérieur et la Recherche, nous sommes régulièrement alerté-e-s sur des situations très alarmantes et inacceptables que vivent de trop nombreuses doctorantes et étudiantes, ainsi que des personnels.

Généralement, l’administration leur oppose un silence intolérable. Aucune mesure d’accompagnement des victimes n’est mise en place par l’administration. Pire encore, l’institution tente souvent d’étouffer les affaires qui la secouent : elle conseille aux personnels, et parfois même aux organisations syndicales, de garder le silence. Elle va jusqu’à enjoindre les victimes à accepter des mutations dans l’intérêt du service, comme si elles étaient la cause d’un dysfonctionnement. On se heurte également trop souvent au silence complice de l’administration lorsque ce sont des élèves qui sont victimes de violences sexuelles. Ce problème, bien qu’inacceptable, est invisibilisé dans les bilans sociaux produits par le ministère et les rectorats. Dans les faits, l’Éducation nationale garantit l’omerta et l’impunité aux agresseurs, qu’ils soient élèves ou personnels. L’administration se réfugie derrière le secret professionnel ou conditionne sa réponse à une éventuelle décision de justice.

Alors qu’une femme sur trois est victime de harcèlement sexuel au travail au cours de sa vie, les procédures prévues par la circulaire du 9 mars 2018 relative à la lutte contre les violences sexuelles et sexistes dans la Fonction Publique ne sont jamais appliquées dans l’Éducation nationale, ministère pourtant féminisé à plus de 68 %. Dans l’accord Égalité entre les femmes et les hommes dans la fonction publique, il est écrit explicitement que les employeurs publics ont un devoir d’exemplarité en matière de lutte contre les violences sexistes et sexuelles et qu’il leur est demandé un principe de tolérance 0. Or le ministère de l’Éducation nationale n’a toujours pas mis en place de négociations pour rendre ses mesures effectives dans des textes réglementaires.

Toutes les six minutes, une femme subit un viol ou une tentative de viol. Quand elles trouvent le courage de porter plainte, dans 70 % de cas elle est classée sans suites, et quand elle est instruite, les crimes sont souvent déqualifiés en agressions sexuelles. Le ministre de l’Éducation nationale est directement responsable de la santé et de la sécurité des personnels qui travaillent dans son administration et de celles des élèves. Il doit mettre en œuvre sans délai une véritable politique de lutte contre les violences faites aux femmes.

Nous n’acceptons de subir ni le sexisme ordinaire, ni les agressions, ni les viols dans la société comme au travail.

Nous exigeons une véritable campagne de prévention et de formation pour tous les personnels afin que plus jamais un supérieur hiérarchique ne se permette de demander à une femme qui dénonce une agression sexuelle quelle était sa tenue au moment des faits.

Nous exigeons que cesse cette culture du viol qui veut que les victimes, à défaut d’être secourues et assistées, soient rendues coupables.

Nous exigeons la mise en place de formations contre la culture du viol et sur le consentement, tant pour les personnels que pour les élèves et étudiant-e-s ; ainsi que la mise en place de cellules d’écoute et de cellules psychologiques pour soutenir les victimes.

Nous exigeons des mesures effectives de protection des victimes, aujourd’hui contraintes de choisir entre côtoyer quotidiennement leur agresseur ou quitter leur poste ou l’établissement dans lequel elles suivent leur scolarité ou font leurs études.

Nous exigeons que des procédures disciplinaires à l’encontre des agresseurs soient engagées indépendamment de plaintes pénales, comme le prévoit la loi et que les victimes soient protégées et puissent occuper leur poste ou poursuivre leur scolarité dans des conditions sereines.

Nous exigeons que des mesures conservatoires immédiates soient prises à l’encontre des membres de l’institution ayant laissé dégénérer cette situation, qu’ils appartiennent ou non à l’établissement.

Nous exigeons que les victimes ayant dénoncé cette situation ne subissent aucune forme de pression et bénéficient immédiatement de la protection fonctionnelle à laquelle elles ont droit.

Les femmes sont les premières victimes d’une administration sourde aux préoccupations et aux souffrances des personnels. Avec un médecin de prévention pour 20 000 agent-e-s et des suppressions de postes toujours plus importantes chez les personnels administratifs, techniques, sociaux et de santé, l’Éducation nationale comme l’Enseignement Supérieur et Recherche ne se donnent pas les moyens de lutter sérieusement contre les violences faites aux femmes.

À l’heure où la lutte contre les féminicides et le mouvement #metoo ont jeté une lumière crue sur l’ampleur des violences sexistes et sexuelles dans la société française, le ministère ne peut plus mener la politique de l’autruche.

Il est nécessaire et urgent, de créer les conditions dans lesquelles les victimes seront écoutées pour briser ce mécanisme d’oppression des femmes, qui sont toujours placées dans une situation d’inégalité au travail : salaires moins élevés que leurs collègues masculins, temps partiels imposés, pensions plus faibles…

Sophie Abraham (chargée des questions femmes au SNUipp-FSU), Sylvie Aebischer (CGT Éduc’action, représentante au CSE), Lisa Badet (vice-présidente de la FIDL), Cendrine Berger (secrétaire générale de la CGT FERC Sup, élue CTMESR), Marie Buisson (secrétaire générale de la FERC CGT), Louise Bihan (commission antipatriarcat de Solidaires étudiant-e-s syndicats de luttes), Luce Desseaux (chargée des questions femmes au SNUipp-FSU), Sigrid Gérardin (co-secrétaire générale SNUEP FSU), Janique Guiramand (secrétaire nationale de SUD Recherche EPST, élue CTMESR), Pauline Guittot (représentante SUD éducation en CAPN), Louise Gury (co-secrétaire fédérale SUD éducation, représentante au CSE), Armelle Mabon (SUD éducation, élue CNESER), Mélanie Luce, Présidente de l’UNEF, Francette POPINEAU (co-secrétaire générale SNUipp-Fsu), Héloïse Moreau (présidente de l’UNL), Emmanuelle Puissant (CGT FERC Sup, élue 5e section du Conseil National des Universités), Cécile Quantin (SUD éducation, élue CTU), Christele Rissel (secrétaire nationale de la CGT Educ’action, élue CAPN), Anne Roger (Co-secrétaire générale SNESUP-FSU), Frédérique Rolet (secrétaire générale SNES FSU), Aurélia Sarrasin (secrétaire nationale SNES FSU), Fatna Seghrouchni (co-secrétaire fédérale SUD éducation) Valérie Sipahimalani (secrétaire générale adjointe SNES FSU), Josiane Tack (secrétaire générale du SNTRS CGT, élue CTMESR), Maud Valegeas (représentante SUD éducation au CSE), Charlotte Vanbesien (secrétaire fédérale de la FERC CGT), Sophie Vénétitay (sécrétaire générale adjointe SNES FSU), Isabelle Vuillet (secrétaire nationale de la CGT Educ’action, élue CTMEN)

 

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:59
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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:47

4 pages de la fédération SUD éducation : violences sexistes et sexuelles : elles doivent cesser

https://www.sudeducation.org/Violences-sexistes-et-sexuelles-elles-doivent-cesser.html

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:46

Violences sexistes et sexuelles, elles doivent cesser !

Alors que Macron avait annoncé faire de la lutte contre les violences sexistes et sexuelles la « Grande cause de son quinquennat », SUD éducation constate qu’aucune mesure n’a été mise en place ni pour prévenir les violences sexistes et sexuelles au travail ni pour accompagner les victimes.
Chaque jour, en France, des femmes sont victimes de violences psychologiques, verbales, économiques, médicales, physiques ou sexuelles. Tous les deux jours, une femme est assassinée par son conjoint ou ex-conjoint : déjà
133 féminicides depuis le 1er janvier 2019 (en augmentation par rapport à 2018 où l’on avait recensé 121 féminicides )

Stop aux agressions sexuelles sur nos lieux de travail

Dans l’Éducation Nationale, les violences sexistes sont communes, courantes et impunies. Si 1 femme sur 5 affirme avoir vécu des situations de violences au travail, seulement 5 % portent plainte pour les dénoncer. Elles comprennent insultes, discriminations, harcèlement, menaces, chantage, mais aussi les agressions physiques et sexuelles. Les femmes les plus exposées au harcèlement sont celles qui subissent des discriminations liées à leur origine et à leur identité de genre et/ou leur orientation sexuelle. Dans le cadre du travail, ouvrières et salariées précaires et dans une moindre mesure les professions intermédiaires subissent une pression sexuelle plus intense que celle des autres catégories sociales.

La circulaire du 9 mars 2018, qui prévoit la protection des victimes de violences sexistes et/ou sexuelles, n’est pas appliquée : les collègues qui ont dénoncé les violences subies n’ont bénéficié ni de protection ni d’accompagnement convenables. Pourtant l’employeur est responsable de la santé et de la sécurité des agent-e-s sur leurs lieux de travail !

Assez d’inégalités salariales

De plus, les travailleuses de l’Éducation Nationale subissent aussi le sexisme de l’institution dans l’évolution de leur carrière. 12 % des femmes sont à temps partiel, contre 3 % des hommes, avec des conséquences sur la rémunération et sur l’avancement. Plus les élèves sont jeunes plus la profession est féminisée : en 2006, 80 % des enseignant-e-s du primaire sont des femmes alors qu’elles ne sont que 35% dans les universités. Chez les agents-e-s, la répartition du travail est sexuée : aux hommes les postes de techniciens et de chefs cuisine, aux femmes les tâches dites polyvalentes (nettoyage ou service des repas)

Ras-le-bol de l’éducation aux inégalités

Le système scolaire perpétue les violences de genre et contribue à les fabriquer auprès des élèves. Quel exemple la hiérarchie donne-t-elle aux élèves en ne protégeant pas les personnels victimes de violence et en octroyant l’impunité aux agresseurs sexuels ? Quel modèle social l’institution propose- t-elle aux élèves en n’agissant pas pour abolir le système patriarcal et la division sexuée du travail ?

L’éducation proposée aux élèves véhicule l’invisibilisation et l’infériorisation des femmes, et, les enferme dans des rôles binaires en fonction des genres stéréotypés filles/garçons qui entravent leur émancipation. D’ailleurs, les femmes, absentes ou très minoritaires dans les programmes scolaires ne sont pas érigées en modèles. Et pourtant, elles existent !

A l’école : une éducation nécessaire aux sexualités

Rappelons qu’à l’école, si les garçons sont plus exposés à la violence (insultes, bagarres…), les filles, subissent plus d’agressions sexuelles et sexistes (baisers imposés, jeux où on doit toucher leurs fesses dans la cour de récré, et surtout cyber harcèlement). Afin que cessent les violences, l’école doit éduquer aux sexualités, dans une perspective non hétéro-centrée, en insistant sur l’éducation au consentement.

Contre toutes les formes de violences sexistes et sexuelles, SUD éducation appelle à participer massivement à toutes les initiatives à l’occasion des journées de luttes du 23 au 25 novembre.
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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:41

Grève mondiale pour le climat le 29 novembre

Lors de la grève climat du 20 septembre 2019, le président Macron avait alors conseillé à la jeunesse française mobilisée, d’aller plutôt nettoyer les plages corses ou encore de manifester en Pologne.

Or, la réponse du président de la République et du gouvernement reste bien en-deçà de l’urgence environnementale et le charbon polonais n’est pas seul responsable du dérèglement climatique ! D’ailleurs, les élèves participent déjà aux opérations “Nettoyage nature” à maintes reprises au cours de leur scolarité et ils-elles savent bien que ces petites actions (bien que nécessaires) ne sauveront pas la planète et ne permettront pas d’enrayer la 6ème extinction de masse de la biodiversité.

Par ailleurs, la fédération SUD éducation rappelle le droit de grève des lycée-ne-s et étudiant-e-s et leur droit à choisir librement leur mode d’expression et continuera de soutenir les mobilisations de la jeunesse lors des grèves climat.
À ce titre, SUD éducation dépose pour la journée du 29 novembre un préavis de grève couvrant tous les personnels de la maternelle à l’université, et sera présent dans la rue aux côtés des élèves, des lycéen-ne-s et des étudiant-e-s, avec les personnels mobilisés. La mobilisation des lycéen-ne-s doit se poursuivre avec l’implication des parents d’élèves et de l’ensemble des personnels de l’Éducation nationale !
En tant que syndicat de transformation sociale et écologique, SUD éducation dans le cadre de l’Union syndicale Solidaires revendique une transition sociale et écologique fondée sur un juste partage des richesses et des ressources à l’échelle nationale et mondiale afin de garantir une vie digne pour tous et toutes.

Dans le secteur de l’éducation, SUD éducation revendique :

• réalisations de bilan énergétique et plan d’isolation des bâtiments
• réduction des consommations énergétiques et en eau,
• des outils pour mettre en place la diminution des déchets, et leur recyclage s’ils ne sont pas évitables.
• renforcement des filières locales et bio dans la restauration scolaire ; réduction de la consommation des produits animaux (les élevages ont plus d’impact que les cultures).
• Des recrutements massifs de titulaires remplaçant-e-s dans les premier et second degrés afin de limiter leurs déplacements.
• La prise en compte des risques environnementaux par les CHS et notamment une véritable campagne de désamiantage des établissements scolaires dans le cadre de l’application du Plan amiante relancé en 2016 et une prise en charge des personnels exposés avant 2021,
• La mise en place des mesures nécessaires pour assurer la sécurité et protéger la santé des travailleurs-ses notamment celles et ceux exposé-e-s au radon (visite médicale, information des personnels, mesures techniques telles que système de ventilation, ouverture des fenêtres…).
• Un vrai plan de formation professionnelle orienté vers les nouveaux métiers : inscription dans le cursus obligatoire en lycée agricole de la formation à une agriculture respectueuse de l’environnement et de la santé, dans les filières du bâtiment renforcer la formation à la rénovation énergétique, à l’isolation du bâti, matériaux écologiques, énergies renouvelables etc.

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:38

Annonces de Blanquer suite au suicide de Christine Renon : SUD éducation dénonce les manœuvres d’un ministre discrédité

Suite aux différents suicides ayant eu lieu depuis la rentrée dont celui de Christine Renon, directrice d’école, les personnels qui se sont mobilisés massivement ces dernières semaines ont mis en lumière la responsabilité du ministère et plus largement de l’administration de l’Éducation nationale dans la dégradation de leurs conditions de travail.

Le ministère a été contraint d’admettre la dégradation des conditions de travail des personnels, mais les réponses de l’administration aux revendications des personnels sont très largement en-deçà des enjeux.
Le ministre a été contraint par la mobilisation des personnels d’accepter le principe de diminution du nombre de tâches imposées aux chargé-e-s de direction d’école jusqu’à la fin de l’année scolaire. Le ministère a dû également annoncer qu’une journée de décharge supplémentaire serait attribuée aux personnels jusqu’à la fin de l’année scolaire, sans que les modalités ne soient davantage précisées.

Plutôt que de prendre la mesure du malaise qui traverse l’Éducation nationale, le ministre concentre ses annonces sur les chargé-e-s de direction, alors que c’est l’ensemble des personnels qui est concerné. Au-delà de Christine Renon, ce sont au moins 11 personnels, de l’aveu même du ministère, qui se sont suicidés, de toutes les catégories. C’est traiter par le mépris les revendications de l’ensemble des personnels qui se sont mobilisés à cette occasion pour revendiquer une diminution du nombre d’injonctions administratives et une amélioration des conditions de travail.
D’une manière scandaleusement cynique, le ministre, une fois de plus, tente d’instrumentaliser la dégradation des conditions de travail des personnels pour justifier son projet de statut de directeur ou directrice rejeté par les personnels au printemps dernier, alors même que le gouvernement met en œuvre le démantèlement des CHSCT et de la médecine de prévention.
Le ministre profite en effet de ces annonces pour diffuser un questionnaire aux directeurs et directrices d’école dans lesquelles les questions sont biaisées. On y trouve en effet des questions comme : “En tant que directeur/directrice d’école, souhaiteriez-vous ou non être associé à l’évaluation des professeurs de votre école : uniquement pour ce qui concerne leur coopération et contribution à l’action de la communauté éducative ? ou dans tous les domaines, dont la classe ?” On assiste donc à la mise en place d’un statut de supérieur hiérarchique en incitant à l’évaluation des collègues, instaurant toujours plus un climat managérial de suspicion et de délation au sein des collectifs de travail.
Pour SUD éducation, cette manœuvre est inacceptable. Les vraies réponses à la dégradation de travail des personnels réside dans des créations de postes massives dans les écoles et établissements ainsi que dans les services administratifs, et dans une augmentation des moyens alloués aux personnels pour exercer convenablement leurs missions.

SUD éducation revendique des directions d’école collégiales avec une répartition des tâches et une relation de travail horizontale, ainsi que de réels moyens pour une école publique égalitaire, autogérée et émancipatrice qui s’inscrit dans un projet de société solidaire et démocratique. De manière plus générale, SUD éducation refuse les logiques managériales et milite pour l’auto-organisation des équipes, que ce soit dans le primaire ou le secondaire.

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:33

Soutien aux enseignant-es en lutte en Irak

La Fédération SUD éducation exprime sa solidarité avec les enseignant.e.s des universités et établissements scolaires d’ Irak qui ,à l’appel de syndicats irakiens, ont participé à la grève nationale lancée fin octobre et aux manifestations du 13 novembre en défense des droits et soutien aux revendications de la population. Ils et elles luttent pour la justice, la liberté, l’emploi, contre la corruption des mafias et contre le sectarisme.

La Fédération SUD éducation condamne la répression et la persécution des manifestant.e.s dont de nombreu.x.ses syndicalistes, ainsi que les pressions exercées sur les enseignants et enseignantes pour les empêcher d’exercer leur droit de faire grève.

La Fédération SUD éducation soutient fermement la lutte des collègues en Irak jusqu’à la satisfaction des revendications de la population.

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20 novembre 2019 3 20 /11 /novembre /2019 08:33

CP IS LP enquête de rentrée

Les résultats de l’enquête menée par l’intersyndicale CGT, CNT, SNCL-FAEN, SNUEP-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation, SNALC et le collectif « touche pas à mon LP » confirment que la réforme Blanquer de la voie professionnelle a des impacts négatifs immédiats sur le travail des personnels et élèves de lycée professionnel et ce, dès cette rentrée alors même que seules les classes de seconde bac pro et première CAP sont concernées.

91 % déclarent que cette réforme dégrade leurs conditions de travail. Ils et elles sont d’ailleurs déjà nombreuses et nombreux à avoir travaillé davantage cet été sur leur temps de repos. En cause, les nouveaux programmes dans toutes les disciplines générales et les nouveaux dispositifs, notamment la co-intervention et le chef-d’œuvre qu’ils dénoncent fortement. Les personnels sont 93 % à estimer que la réforme va dégrader les parcours scolaire et professionnel des jeunes car elle risque de diminuer la qualité des diplômes et les acquis nécessaires à leur citoyenneté. De plus, ils et elles sont 88,7 % à estimer être insuffisamment rémunéré-es au regard du travail effectué.
Dans le contexte dramatique que l’on connait où les épuisements professionnels sont nombreux, où des filières entières, comme GA, subissent de plein fouet les conséquences de choix politiques irresponsables, où des collègues commettent des actes irréparables, il est urgent que le ministre apporte des réponses concrètes à cette souffrance des personnels et retire la réforme de la voie professionnelle.

Dans l’Éducation nationale, le projet de réforme des retraites implique inéluctablement une baisse drastique des pensions. Pour contenir cette baisse, la seule piste évoquée par le ministère est de lier une évolution indemnitaire à une évolution des métiers et de nouvelles missions qui conduiraient à un allongement du temps annuel de travail. C’est un chantage que nous ne pouvons accepter alors même que la réforme en cours alourdit déjà la charge de travail des enseignant-es.

Pour nos organisations syndicales, c’est non ! Nos salaires doivent être augmentés sans condition par une revalorisation du point d’indice et de nos grilles salariales. Ce projet de réforme des retraites doit être abandonné.
C’est ensemble que nous devons nous mobiliser pour mettre un coup d’arrêt aux attaques que nous subissons !
C’est pourquoi, nos organisations syndicales CGT, CNT, FA-EN, SNUEP-FSU, SNEP-FSU, SUD Éducation, SNALC et le collectif « touche pas à mon LP » appellent les personnels à préparer et réussir la grève interprofessionnelle du 5 décembre et à construire ses suites.

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Published by SUD 61