8 novembre 2018 4 08 /11 /novembre /2018 15:17
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

Le 24 octobre 2018, la Fédération SUD éducation a été reçue par Mme Cluzel, secrétaire d’État chargée des personnes handicapées. Cette audience advient alors que le gouvernement a lancé une grande concertation sur l’école inclusive. L’école inclusive que défend SUD éducation ne peut se construire sans les personnels et encore moins sans les AESH (Accompagnant-e-s d’Elèves en Situation de Handicap), c’est pourquoi SUD éducation a tenu à porter les revendications des AESH en termes de titularisation et de création d’un véritable statut.

Les contrats sous lesquels travaillent les AESH dans l’Education nationale sont particulièrement précaires : renouvellement d’année en année, faible salaire, temps incomplet imposé, manque de formation… Il est temps de créer un véritable statut protecteur pour les personnes qui effectuent ce métier d’AESH, à la hauteur des compétences spécialisées qu’il nécessite.

Si la secrétaire d’État indique partager le constat des inégalités territoriales flagrantes, en termes de moyens comme de formation des personnels, les réponses qui sont étudiées nous paraissent bien minces puisque sans moyens supplémentaires et sans une véritable amélioration des conditions de travail, l’école ne pourra pas relever le défi de l’inclusion.

Nous ne pouvons que nous féliciter de la volonté du gouvernement de développer les formations dans les académies, de faciliter les démarches administratives aujourd’hui compliquées par l’engorgement des MDPH et de faire entrer le médico-social dans les établissements. Encore faudrait-il que cette formation soit publique et financée par l’Education nationale ? Alors les postes de médecins, d’infirmier-ère-s scolaires et de psychologues de l’Éducation nationale sont détruits, il est impossible de croire que des équipes spécialisées seront mises en place dans les établissements scolaires. La création des Pial (Pôle inclusif d’accompagnement localisé) est une manière de déléguer aux chef-fe-s d’établissement la gestion des AESH en la déconnectant des préconisations de la Maison du Handicap.

Enfin, si contrairement à nos revendications, le gouvernement ne prévoit pas de titularisation des AESH, ni d’augmentations de salaire, il envisage cependant une extension des missions des AESH sur le temps périscolaire par exemple. Cela constituerait un net recul pour les AESH qui réclament d’être plutôt inclus-e-s dans le domaine scolaire, disciplinaire, éducatif et qui se retrouveraient à assumer une grande diversité de missions, sans formation, au service de plusieurs employeurs, à salaire constant.

SUD éducation continue de revendiquer des droits pour les AESH : une augmentation salariale, une véritable formation, et surtout la reconnaissance de leur métier par un statut protecteur de personnel titulaire.

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7 novembre 2018 3 07 /11 /novembre /2018 08:59
courrier intersyndical au ministère

Publié le mardi 6 novembre 2018 sur https://www.sudeducation.org/Le-projet-de-note-de-service-mobilite-des-enseignant-es.html

A Monsieur le Ministre de l’Education nationale

Monsieur le Ministre,

Le projet de note de service mobilité des enseignant-es du 1er degré a été présenté lors de groupe de travail les 8 et 18 octobre. Réunions au cours desquelles les organisations syndicales ont fait part de leur désaccord sur les orientations poursuivies par votre ministère concernant le mouvement intradépartemental.

La première de ces orientations c’est un mouvement en une seule phase : une seule saisie de vœux, une seule opération d’affectation et éventuellement, à la marge, des affectations complémentaires. Penser que cela peut fonctionner est le signe d’une méconnaissance complète du 1er degré. De nombreux départements, qui en 2008 avaient suivi les instructions de la note de service en organisant une seule phase de mouvement, sont depuis revenus à un mouvement en plusieurs phases en raison des difficultés de mise en œuvre et de la grande insatisfaction des enseignant-es.

La seconde orientation, liée à la première, c’est l’affectation à titre définitif. Si vous êtes revenu sur l’affectation à titre définitif de tous les collègues (hors détention de titre), cette orientation n’a pas disparu. L’obligation de saisir des vœux « larges » pour les enseignant-es sans poste devant participer au mouvement va engendrer, mécontentement, insatisfaction voire souffrance au travail pour celles et ceux qui pourraient ainsi se retrouver « prisonniers » pendant plusieurs années d’un poste obtenu sur un vœux large forcé.

De plus nous contestons la double peine des enseignant-es ayant subi une fermeture de classe, qui en plus de la perte de leur affectation, pourraient être nommés à titre définitif à partir d’un vœux large forcé sans maintien des points de priorité pour participer au mouvement de l’année suivante et obtenir une affectation choisie. 
La création en nombre de postes de titulaires de secteur, pour toujours plus d’affectation à titre définitif, ne doit pas se faire au détriment des enseignant-es. Nous nous opposons à la mise en place de coquilles vides rattachées à une circonscription dont les enseignant-es ne connaitraient la composition pour l’année à venir qu’après y avoir été affecté. Les postes de titulaire de secteur doivent correspondre à des postes fractionnés définis et être rattachés à une école.

A ces orientations, les organisations syndicales SNUipp-FSU, SE-UNSA, SNUDI-FO, CGT Educ’action, le SGEN-CFDT et SUD Education opposent :

  • Le maintien, de façon claire et explicite dans la note de service, de l’AGS comme élément essentiel du barème pour tous les postes
  • Nous renouvelons notre demande que les notes de service soient, en tout état de cause, étudiées dans le cadre des CAPD . Si le CTSD devait être consulté cela ne pourrait être que sur les éléments de barème. 
  • Le maintien de l’affectation uniquement sur des postes précis et non sur des postes zones géographiques, formulation ambigüe qui doit être retirée de la note de service,
  • La suppression des postes profilés au profit de postes à exigences particulières,
  • Le maintien de la seconde phase du mouvement dans les départements où elle existait et leur rétablissement dans les autres,
  • Le respect du caractère non obligatoire des vœux géographiques,
  • L’affectations à titre provisoire des collègues actuellement sans poste à titre définitif et qui n’obtiendraient aucun poste précisément demandé au mouvement,
  • L’augmentation du nombre de vœux.

De plus pour les organisations syndicales signataires, les mesures que vous proposez vont encore dégrader les conditions de travail des personnels administratifs. Personnels qui ont appris la suppression de 400 postes après avoir déjà subi de nombreuses suppressions de postes et de restructuration.

Sans réponse positive de votre part sur ces revendications, les organisations syndicales SNUipp-FSU, SE-UNSA, SNUDI-FO, CGT Educ’action, SGEN-CFDT et SUD Education prendront alors toutes leurs responsabilités pour mobiliser les personnels.

Veuillez agréer, Monsieur le Ministre l’expression de notre parfaite considération.

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 11:45

La loi n° 2018-727 du 10 août 2018 « pour un État au service d’une société de confiance », d’abord présentée comme loi sur le « droit à l’erreur », est au final un fourre-tout législatif autorisant, entre autre, le Gouvernement à prendre une série d’ordonnances dans le domaine de la loi concernant divers secteurs. Pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR), c’est l’article 52, glissé discrètement dans un chapitre II intitulé : « Une administration moins complexe » qui autorise cela.

Projet d’ordonnance largement rejeté

Le projet d’ordonnance rédigé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a été présenté au Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) le 16 octobre, qui l’a largement rejeté, et sera soumis à l’avis du Comité Technique Ministériel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CTMESR) le 6 novembre. Cette ordonnance, par une série de dérogations au cadre national, permettrait aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dont des organismes de recherche, publics et privés de se rapprocher, se regrouper ou fusionner en prenant la forme d’un « établissement expérimental » pour les 10 ans à venir. « Cet établissement expérimente(rait) de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement […] afin de réaliser un projet partagé d’enseignement supérieur et de recherche défini par les établissements qu’il regroupe ».

Ainsi, l’ordonnance répond aux attendus des projets d’ « universités cibles », partagés et portés par une minorité d’initié-e-s, qui ont fleuri dans tout l’hexagone depuis plus d’un an comme, par exemple, à Paris Saclay, Paris Sciences et Lettres ou encore Lyon-Saint-Etienne. Ces projets dont l’unique ambition est d’atteindre la lumière des classements internationaux dans l’espoir d’attirer, par leur visibilité accrue, les « meilleur-e-s » étudiant-e-s, les « meilleur-e-s » enseignant-e-s-chercheur/euses. Pour cela, tous les moyens sont bons : gouvernance resserrée, liens étroits avec le monde de l’entreprise et le tissu industriel, plus grande autonomie dans la gestion des ressources humaines, capacité de pouvoir choisir leurs étudiant·e·s et de leur proposer une offre de formation à deux vitesses…

L’ordonnance apporte donc à ces projets, en réponses à leurs appels du pied, et par là-même à tous les établissements de l’ESR, une série de possibilités de dérogations au cadre national pourtant déjà bien mis à mal par les précédentes réformes (LRU, RCE, Fioraso).

Des « statuts expérimentaux » s’ouvrant à toutes les dérives

L’établissement expérimental devra ainsi, en dehors de tout cadre, se doter de statuts expérimentaux définissant notamment :

le titre, les modalités de désignation et les compétences de la personne qui exerce la fonction de chef-fe d’établissement, autorisant l’accès à la fonction aux personnalités extérieures ou issues de la sphère privée pour une durée indéterminée, potentiellement à vie (pas de limite dans la possibilité de renouvellement du mandat, dérogation à la limite d’âge fixée à 68 ans) ;

la composition du conseil d’administration, ou de l’organe en tenant lieu, et des autres organes décisionnels de l’établissement, ne prévoyant qu’un minimum de 40 % de représentant-e-s élu-e-s des personnels et des usager-e-s et faisant la part belle aux extérieurs et aux apparatchiks ;

les compétences de ces organes et celles qui peuvent être délégué-e-s au-à la chef-fe d’établissement, qui pourra ainsi concentrer tous les pouvoirs entre ses mains ;

les modalités d’inscription des étudiant-e-s, permettant la mise en place généralisée d’un enseignement supérieur à deux vitesses : d’une part, des filières d’« excellence » sélectives et onéreuses accaparant le plus gros des ressources et, par ailleurs, des collèges universitaires sans réelles perspectives pour répondre à l’objectif d’amener 50 % d’une tranche d’âge au niveau bac+3.

La liste des possibilités de dérives ouvertes par cette ordonnance ne s’arrête pas là, elle est longue et lourde de conséquences. La création d’un marché de l’enseignement supérieur et de la recherche est en marche ! Portée par la vague des réformes libérales, elle éloigne toujours plus l’Université et la Recherche publique de ce qui fait leur fondement : la liberté académique et l’indépendance.

A l’opposé de la régression profonde que représente cette ordonnance, à l’opposé de ces expérimentations brutales imposées à des établissements soumis à un flot continu de contre-réformes destructrices, à l’opposé du renforcement d’une gouvernance universitaire de plus en plus autoritaire, SUD éducation revendique un service public d’enseignement supérieur et de recherche :

ouvert et accessible à toutes et tous, y compris aux personnes en reprise d’études ;

permettant la liberté et l’indépendance d’une recherche publique au service de l’intérêt général ;

favorisant la création et la diffusion des savoirs ainsi que leur critique ;

pratiquant l’expérimentation lorsqu’elle est pensée et menée par nous-même, personnels et usager-e-s.

 

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 11:42

Ce mercredi 30 octobre, le ministre Blanquer a annoncé une série de mesures pour lutter contre la violence à l’école suite à l’agression d’une enseignante à Créteil et à la vague d’indignation suivie sur twitter. SUD éducation a dénoncé immédiatement la récupération par la droite et l’extrême-droite du mouvement #pasdevague. Aujourd’hui, c’est le ministère qui donne dans la surenchère sécuritaire et réactionnaire. Ces annonces démagogiques s’adressent à la frange la plus réactionnaire de l’opinion publique, plus qu’aux collègues qui ne se reconnaîtront pas dans les annonces ministérielles, qui oscillent entre le plus inquiétant et le plus ridicule.

Pour commencer par le ridicule, le ministre annonce la mise en place de mécanismes qui existent déjà. Le ministre prétend offrir la possibilité aux enseignant-e-s de notifier les incidents dans un registre. Ce registre existe déjà : il s’agit du registre santé et sécurité au travail (RSST), et force est de constater qu’en réalité, l’administration, lorsqu’elle daigne le rendre visible et accessible, ne prend que trop rarement la peine de répondre à ce qui est consigné dedans*. De même, le ministre insiste sur la protection fonctionnelle : celle-ci existe également déjà, mais en obtenir le bénéfice relève pour les personnels d’un véritable parcours du combattant. Il est scandaleux de voir le ministère brandir des possibilités qui relèvent de la santé et des conditions de travail des personnels alors que dans le même temps le gouvernement supprime les CHSCT.

Les autres annonces, plus inquiétantes, versent dans la surenchère sécuritaire. La présence de policiers dans les écoles et établissements est sérieusement envisagée. SUD éducation s’oppose catégoriquement à cette possibilité : nous combattrons cette vision punitive et carcérale de l’école, à l’opposé de la nôtre. Le ministre envisage aussi la simplification du conseil de discipline : SUD éducation dénonce la perspective d’une justice expéditive dans les établissements scolaires, dans laquelle notamment le nombre de sièges en Conseil de discipline serait divisé par deux. Enfin, le ministère envisage de créer un nouveau type d’établissement pour prendre en charge les élèves exclus à plusieurs reprise de leur établissement : l’expérience désastreuse des ERS (établissements de réinsertion scolaire), mis en place durant le mandat Sarkozy, est en passe d’être renouvelée.

SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades. Le ministère exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. La solution ne viendra certainement pas d’une approche sécuritaire et répressive mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse généralisée du nombre d’élèves par classe et la fin de la précarité.

À l’heure de #pasdevague, SUD éducation porte haut et fort ses revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignant-e-s et d’études des élèves et pour une école égalitaire et émancipatrice.

*sur le RSST :https://www.sudeducation.org/Registre-de-sante-et-securite-au-travail-un-outil-de-lutte-pour-nos-conditions.html

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 11:40

La diffusion samedi 20 octobre d’une vidéo montrant une collègue de l’académie de Créteil braquée avec une arme factice a été suivie par la multiplication, sur twitter, de messages accompagnés du hashtag #pasdevague, jusqu’à atteindre 35 000 messages. Vous trouverez ci-dessous le tract de la fédération SUD éducation qui fait le point sur nos analyses et revendications.

L’expression d’une souffrance au travail

La diffusion samedi 20 octobre d’une vidéo montrant une collègue de l’académie de Créteil braquée avec une arme factice a été suivie par la multiplication, sur twitter, de messages accompagnés du hashtag #pasdevague, jusqu’à atteindre 35 000 messages. La teneur de ces messages est régulièrement la même : les enseignant-e-s y racontent des incidents vécus avec des élèves, et l’inaction, le déni voire la culpabilisation de la hiérarchie face à leur souffrance. Cette expression de la souffrance au travail a immédiatement trouvé une caisse de résonnance médiatique très forte. Et force est de constater que, malheureusement, les soutiens auto-proclamés à #pasdevague se trouvent largement du côté des forces les plus réactionnaires. La droite et l’extrême-droite s’en sont aussitôt emparé. Le ministère a également aussitôt récupéré la souffrance au travail des collègues pour sombrer dans la surenchère sécuritaire et réactionnaire.

La réponse : une surenchère sécuritaire

La réponse du ministère, dans le cadre des mesures de lutte contre la violence à l’école présentées le 30 octobre, est exclusivement du côté de la surenchère sécuritaire et réactionnaire :

-présence de policier-e-s dans les écoles : nous dénonçons cette vision carcérale et punitive de l’école.

-simplification des conseils de discipline : nous refusons la mise en place d’une justice expéditive qui ne résoudra en rien la gestion inepte des incidents par les chef-fe-s d’établissement

-création d’un nouveau type d’établissement pour poly-exclus : cette mauvaise idée a déjà existé durant le mandat Sarkozy

-mise en place d’un registre pour les incidents : en réalité le registre santé et sécurité au travail (RSST) existe déjà. Sauf que l’administration, lorsqu’elle daigne le mettre en place dans les écoles et établissements, n’y apporte pas de réponse satisfaisante.

Notre analyse : une réponse scandaleuse et inacceptable

SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades. Le ministère exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. La solution ne viendra certainement pas d’une approche sécuritaire et répressive mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse généralisée du nombre d’élèves par classe et la fin de la précarité. À l’heure de #pasdevague, SUD éducation porte haut et fort ses revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignant-e-s et d’études des élèves et pour une école égalitaire et émancipatrice.

Les revendications de SUD éducation

1 -la titularisation immédiate et sans condition des précaires

2 - la création de tous les postes nécessaires

3 - La diminution des effectifs par classe

4 - une formation initiale et continue adaptée pour tous les personnels

5 - un RASED complet par groupe scolaire et un-e enseignant-e supplémentaire pour cinq classes dans le 1er degré

6 - la création d’une médecine de prévention digne de ce nom

7 - la mise en place et un réel suivi des registres de santé et de sécurité au travail

8 - la transformation des Commissions d’hygiène et sécurité dans les EPLE en véritables CHSCT et la création de CHSCT de circonscriptions dans le 1er degré et dans les services de 50 agent-e-s.

Toutes et tous en grève le 12 novembre !

 

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6 novembre 2018 2 06 /11 /novembre /2018 11:35

Le gouvernement a annoncé dans le cadre de la réforme CAP 2022 la montée en puissance de la contractualisation dans la Fonction Publique. Dans l’Éducation Nationale, 1 personnel sur 4, soit 300 000 personnels, travaillent déjà de manière contractuelle. La multiplication des contrats et les attaques envers le statut de fonctionnaire ont déjà largement dégradé les conditions de travail de tous les personnels. SUD éducation défend les droits des non-titulaires, œuvre à l’obtention de nouveaux droits alignés sur ceux des titulaires en vue d’instituer un statut unique pour tous les personnels. Même travail, même statut !

1- Titularisation de tous les personnels précaires sans condition de concours ni de nationalité.

Les enseignant-e-s non-titulaires font déjà le même métier que leurs collègues, rien ne justifie qu’ils et elles n’aient pas les mêmes droits.

De même, la condition de nationalité permet la relégation d’une partie des travailleur-euse-s à un statut moins protecteur en raison de leur nationalité : la Fédération Sud éducation s’oppose à cette discrimination qui vise principalement à

précariser les personnels originaires de pays hors UE.

2- Arrêt du recrutement de personnels non-titulaires

Le gouvernement baisse le nombre de postes aux concours de l’enseignement afin de remplacer progressivement les fonctionnaires par des personnels contractuels, plus précaires et bénéficiant de moins de droits. La précarité d’une partie des personnels permet le nivellement des droits de tous et toutes par le bas.

En attendant de gagner sur ces revendications qui sont primordiales, nous revendiquons de nouveaux droits pour les personnels non-titulaires, afin de combler les écarts qui existent entre les droits des non-titulaires et ceux des personnels titulaires.

3- L’égalité salariale

Les salaires des personnels non-titulaires varient selon les académies. Nous revendiquons des salaires calqués sur ceux des titulaires.

Nous revendiquons l’accès aux mêmes primes, indemnités et pondérations que les titulaires qu’importe la durée ducontrat. Selon les académies, les personnels non-titulaires n’ont quasiment pas droit aux frais de route hors transports en commun, ni à la pondération pour affectation multiple. Les AED ou AESH n’ont pas le droit à la prime REP.

4- Des moyens pour une véritable formation

L’administration envoie les personnels non-titulaires devant les élèves sans leur avoir fourni une véritable formation. SUD éducation revendique une formation rémunérée et adaptée aux besoins des personnels non-titulaires.

5- Le droit à la représentation syndicale dans les affectations

Les enseignant-e-s non-titulaires élisent leurs représentant-e-s pour la CCP (Commission Consultative Paritaire), cette commission peut être consultée au moment des affectations ou des procédures disciplinaires, mais elle reste consulta-

tive, lorsqu’elle est réunie. SUD éducation revendique de véritables commissions paritaires qui permettraient d’assurer aux non-titulaires d’être affecté-e-s de manière plus transparente sous le contrôle des syndicats élus.

6- L’étude en CCP de tous les cas de non-renouvellements

Le non-renouvellement des contrats s’opère dans l’opacité la plus totale au bon vouloir des chef-fe-s d’établissement et des rectorats. Les collègues devraient avoir droit à une défense paritaire face à l’arbitraire de l’institution.

7- La généralisation des contrats de 3 ans pour tous les personnels qui le souhaitent

La loi encourage le recrutement des personnels non-titulaires avec des contrats de 3 ans. Néanmoins, les académies préfèrent faire signer des contrats d’un an au mépris des conditions de vie et de travail des personnels.

8- La fin des temps partiels imposés

Recruter les personnels à temps plein, c’est lutter contre la précarité pour de meilleurs salaires et de meilleures retraites.

SUD éducation revendique la diminution du temps de travail pour tous les personnels. Entre le 29 novembre et le 6 décembre, les personnels non-titulaires voteront pour choisir leurs représentant-e-s syndicaux au CTMEN (Comité Technique du Ministère de l’Éducation Nationale), au CTA (Comité Technique de leur Académie) et en CCP (Commission Consultative Paritaire, académique).

Voter pour SUD éducation, c’est œuvrer pour gagner de nouveaux droits et porter le projet d’une école égalitaire et émancipatrice.

De la maternelle à l’université, pour une autre école, une autre société,

PRIORITÉ À L’ÉGALITÉ

 

 

 

 

 

 

Enseignement Supérieur et Recherche : l’expérimentation à dose létale sur Ordonnance Vidal !

La loi n° 2018-727 du 10 août 2018 « pour un État au service d’une société de confiance », d’abord présentée comme loi sur le « droit à l’erreur », est au final un fourre-tout législatif autorisant, entre autre, le Gouvernement à prendre une série d’ordonnances dans le domaine de la loi concernant divers secteurs. Pour l’Enseignement Supérieur et la Recherche (ESR), c’est l’article 52, glissé discrètement dans un chapitre II intitulé : « Une administration moins complexe » qui autorise cela.

Projet d’ordonnance largement rejeté

Le projet d’ordonnance rédigé par le Ministère de l’Enseignement Supérieur, de la Recherche et de l’Innovation (MESRI) a été présenté au Conseil National de l’Enseignement Supérieur Et de la Recherche (CNESER) le 16 octobre, qui l’a largement rejeté, et sera soumis à l’avis du Comité Technique Ministériel de l’Enseignement Supérieur et de la Recherche (CTMESR) le 6 novembre. Cette ordonnance, par une série de dérogations au cadre national, permettrait aux établissements d’enseignement supérieur et de recherche, dont des organismes de recherche, publics et privés de se rapprocher, se regrouper ou fusionner en prenant la forme d’un « établissement expérimental » pour les 10 ans à venir. « Cet établissement expérimente(rait) de nouveaux modes d’organisation et de fonctionnement […] afin de réaliser un projet partagé d’enseignement supérieur et de recherche défini par les établissements qu’il regroupe ».

Ainsi, l’ordonnance répond aux attendus des projets d’ « universités cibles », partagés et portés par une minorité d’initié-e-s, qui ont fleuri dans tout l’hexagone depuis plus d’un an comme, par exemple, à Paris Saclay, Paris Sciences et Lettres ou encore Lyon-Saint-Etienne. Ces projets dont l’unique ambition est d’atteindre la lumière des classements internationaux dans l’espoir d’attirer, par leur visibilité accrue, les « meilleur-e-s » étudiant-e-s, les « meilleur-e-s » enseignant-e-s-chercheur/euses. Pour cela, tous les moyens sont bons : gouvernance resserrée, liens étroits avec le monde de l’entreprise et le tissu industriel, plus grande autonomie dans la gestion des ressources humaines, capacité de pouvoir choisir leurs étudiant·e·s et de leur proposer une offre de formation à deux vitesses…

L’ordonnance apporte donc à ces projets, en réponses à leurs appels du pied, et par là-même à tous les établissements de l’ESR, une série de possibilités de dérogations au cadre national pourtant déjà bien mis à mal par les précédentes réformes (LRU, RCE, Fioraso).

Des « statuts expérimentaux » s’ouvrant à toutes les dérives

L’établissement expérimental devra ainsi, en dehors de tout cadre, se doter de statuts expérimentaux définissant notamment :

le titre, les modalités de désignation et les compétences de la personne qui exerce la fonction de chef-fe d’établissement, autorisant l’accès à la fonction aux personnalités extérieures ou issues de la sphère privée pour une durée indéterminée, potentiellement à vie (pas de limite dans la possibilité de renouvellement du mandat, dérogation à la limite d’âge fixée à 68 ans) ;

la composition du conseil d’administration, ou de l’organe en tenant lieu, et des autres organes décisionnels de l’établissement, ne prévoyant qu’un minimum de 40 % de représentant-e-s élu-e-s des personnels et des usager-e-s et faisant la part belle aux extérieurs et aux apparatchiks ;

les compétences de ces organes et celles qui peuvent être délégué-e-s au-à la chef-fe d’établissement, qui pourra ainsi concentrer tous les pouvoirs entre ses mains ;

les modalités d’inscription des étudiant-e-s, permettant la mise en place généralisée d’un enseignement supérieur à deux vitesses : d’une part, des filières d’« excellence » sélectives et onéreuses accaparant le plus gros des ressources et, par ailleurs, des collèges universitaires sans réelles perspectives pour répondre à l’objectif d’amener 50 % d’une tranche d’âge au niveau bac+3.

La liste des possibilités de dérives ouvertes par cette ordonnance ne s’arrête pas là, elle est longue et lourde de conséquences. La création d’un marché de l’enseignement supérieur et de la recherche est en marche ! Portée par la vague des réformes libérales, elle éloigne toujours plus l’Université et la Recherche publique de ce qui fait leur fondement : la liberté académique et l’indépendance.

A l’opposé de la régression profonde que représente cette ordonnance, à l’opposé de ces expérimentations brutales imposées à des établissements soumis à un flot continu de contre-réformes destructrices, à l’opposé du renforcement d’une gouvernance universitaire de plus en plus autoritaire, SUD éducation revendique un service public d’enseignement supérieur et de recherche :

ouvert et accessible à toutes et tous, y compris aux personnes en reprise d’études ;

permettant la liberté et l’indépendance d’une recherche publique au service de l’intérêt général ;

favorisant la création et la diffusion des savoirs ainsi que leur critique ;

pratiquant l’expérimentation lorsqu’elle est pensée et menée par nous-même, personnels et usager-e-s.

 

 

#pasdevague : contre la surenchère sécuritaire, nos revendications

La diffusion samedi 20 octobre d’une vidéo montrant une collègue de l’académie de Créteil braquée avec une arme factice a été suivie par la multiplication, sur twitter, de messages accompagnés du hashtag #pasdevague, jusqu’à atteindre 35 000 messages. Vous trouverez ci-dessous le tract de la fédération SUD éducation qui fait le point sur nos analyses et revendications.

L’expression d’une souffrance au travail

La diffusion samedi 20 octobre d’une vidéo montrant une collègue de l’académie de Créteil braquée avec une arme factice a été suivie par la multiplication, sur twitter, de messages accompagnés du hashtag #pasdevague, jusqu’à atteindre 35 000 messages. La teneur de ces messages est régulièrement la même : les enseignant-e-s y racontent des incidents vécus avec des élèves, et l’inaction, le déni voire la culpabilisation de la hiérarchie face à leur souffrance. Cette expression de la souffrance au travail a immédiatement trouvé une caisse de résonnance médiatique très forte. Et force est de constater que, malheureusement, les soutiens auto-proclamés à #pasdevague se trouvent largement du côté des forces les plus réactionnaires. La droite et l’extrême-droite s’en sont aussitôt emparé. Le ministère a également aussitôt récupéré la souffrance au travail des collègues pour sombrer dans la surenchère sécuritaire et réactionnaire.

La réponse : une surenchère sécuritaire

La réponse du ministère, dans le cadre des mesures de lutte contre la violence à l’école présentées le 30 octobre, est exclusivement du côté de la surenchère sécuritaire et réactionnaire :

-présence de policier-e-s dans les écoles : nous dénonçons cette vision carcérale et punitive de l’école.

-simplification des conseils de discipline : nous refusons la mise en place d’une justice expéditive qui ne résoudra en rien la gestion inepte des incidents par les chef-fe-s d’établissement

-création d’un nouveau type d’établissement pour poly-exclus : cette mauvaise idée a déjà existé durant le mandat Sarkozy

-mise en place d’un registre pour les incidents : en réalité le registre santé et sécurité au travail (RSST) existe déjà. Sauf que l’administration, lorsqu’elle daigne le mettre en place dans les écoles et établissements, n’y apporte pas de réponse satisfaisante.

Notre analyse : une réponse scandaleuse et inacceptable

SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades. Le ministère exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. La solution ne viendra certainement pas d’une approche sécuritaire et répressive mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse généralisée du nombre d’élèves par classe et la fin de la précarité. À l’heure de #pasdevague, SUD éducation porte haut et fort ses revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignant-e-s et d’études des élèves et pour une école égalitaire et émancipatrice.

Les revendications de SUD éducation

1 -la titularisation immédiate et sans condition des précaires

2 - la création de tous les postes nécessaires

3 - La diminution des effectifs par classe

4 - une formation initiale et continue adaptée pour tous les personnels

5 - un RASED complet par groupe scolaire et un-e enseignant-e supplémentaire pour cinq classes dans le 1er degré

6 - la création d’une médecine de prévention digne de ce nom

7 - la mise en place et un réel suivi des registres de santé et de sécurité au travail

8 - la transformation des Commissions d’hygiène et sécurité dans les EPLE en véritables CHSCT et la création de CHSCT de circonscriptions dans le 1er degré et dans les services de 50 agent-e-s.

Toutes et tous en grève le 12 novembre !

 

 

 

 

Mesures de lutte contre la violence à l’école : SUD éducation s’oppose catégoriquement aux annonces ministérielles

Ce mercredi 30 octobre, le ministre Blanquer a annoncé une série de mesures pour lutter contre la violence à l’école suite à l’agression d’une enseignante à Créteil et à la vague d’indignation suivie sur twitter. SUD éducation a dénoncé immédiatement la récupération par la droite et l’extrême-droite du mouvement #pasdevague. Aujourd’hui, c’est le ministère qui donne dans la surenchère sécuritaire et réactionnaire. Ces annonces démagogiques s’adressent à la frange la plus réactionnaire de l’opinion publique, plus qu’aux collègues qui ne se reconnaîtront pas dans les annonces ministérielles, qui oscillent entre le plus inquiétant et le plus ridicule.

Pour commencer par le ridicule, le ministre annonce la mise en place de mécanismes qui existent déjà. Le ministre prétend offrir la possibilité aux enseignant-e-s de notifier les incidents dans un registre. Ce registre existe déjà : il s’agit du registre santé et sécurité au travail (RSST), et force est de constater qu’en réalité, l’administration, lorsqu’elle daigne le rendre visible et accessible, ne prend que trop rarement la peine de répondre à ce qui est consigné dedans*. De même, le ministre insiste sur la protection fonctionnelle : celle-ci existe également déjà, mais en obtenir le bénéfice relève pour les personnels d’un véritable parcours du combattant. Il est scandaleux de voir le ministère brandir des possibilités qui relèvent de la santé et des conditions de travail des personnels alors que dans le même temps le gouvernement supprime les CHSCT.

Les autres annonces, plus inquiétantes, versent dans la surenchère sécuritaire. La présence de policiers dans les écoles et établissements est sérieusement envisagée. SUD éducation s’oppose catégoriquement à cette possibilité : nous combattrons cette vision punitive et carcérale de l’école, à l’opposé de la nôtre. Le ministre envisage aussi la simplification du conseil de discipline : SUD éducation dénonce la perspective d’une justice expéditive dans les établissements scolaires, dans laquelle notamment le nombre de sièges en Conseil de discipline serait divisé par deux. Enfin, le ministère envisage de créer un nouveau type d’établissement pour prendre en charge les élèves exclus à plusieurs reprise de leur établissement : l’expérience désastreuse des ERS (établissements de réinsertion scolaire), mis en place durant le mandat Sarkozy, est en passe d’être renouvelée.

SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades. Le ministère exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. La solution ne viendra certainement pas d’une approche sécuritaire et répressive mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse généralisée du nombre d’élèves par classe et la fin de la précarité.

À l’heure de #pasdevague, SUD éducation porte haut et fort ses revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignant-e-s et d’études des élèves et pour une école égalitaire et émancipatrice.

*sur le RSST :https://www.sudeducation.org/Registre-de-sante-et-securite-au-travail-un-outil-de-lutte-pour-nos-conditions.html

 

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Published by SUD 61
2 novembre 2018 5 02 /11 /novembre /2018 20:13
Toutes et tous en grève le 12 novembre ! 
 
Le ministère a annoncé 2600 suppressions de postes. Dans un contexte de hausse démographique, il s’agit d’une attaque en règle contre les conditions de travail des personnels, mais aussi celles des élèves. Ces suppressions de postes ne peuvent être déconnectées des réformes Blanquer qui organisent l’école du tri social : Parcoursup, réforme du bac et du lycée général et technologique, réforme de la voie professionnelle, démantèlement du service public d’orientation... La Loi Blanquer, présentée à la veille des vacances, poursuit le travail de sape : cadeau au privé dans le cadre de l’obligation de scolarité dès 3 ans, reprise en main autoritaire de la formation des enseignant-e-s, possibilité de légiférer par ordonnance sur l’organisation territoriale... SUD éducation a voté contre la loi Blanquer en Conseil supérieur de l’éducation le lundi 15 octobre, et n’a pas participé au jeu des amendements. Pour les postes, contre les réformes, SUD éducation appelle tous les personnels à la grève le 12 novembre, et à mettre en débat ses suites dans les assemblées générales.

Attaques contre les statuts : le gouvernement accélère

L’offensive du gouvernement contre le système éducatif, c’est aussi actuellement une offensive contre les statuts et les droits des personnels, dans le cadre du rapport CAP 22 : suppression du paritarisme, multiplication du recours à la contractualisation... Le 29 octobre, le premier ministre présentait en comité interministériel son projet de réforme, assurant reprendre les trois quarts des préconisations de CAP 22. Sans surprise, les conclusions vont toujours plus loin dans la destruction des droits et des services publics : dématérialisation, contractualisation, éclatement des cadres de gestion.

#pasdevague : contre les solutions sécuritaires

L’agression d’une enseignante à Créteil a été suivie par une vague d’indignation sur les réseaux sociaux, par le biais de messages accompagnés du hashtag #pasdevague. Ces messages racontaient la souffrance au travail des collègues, et l’indifférence, sinon le mépris, de la hiérarchie. La récupération par le ministère ne s’est pas fait attendre. Le 30 octobre, le ministre annonçait ainsi ses mesures de lutte contre la violence à l’école. Sans surprise, le ministre exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. Ces mesures versent ainsi dans la surenchère sécuritaire : policier-e-s dans les écoles, simplification des conseils de discipline, ouverture de centres éducatifs fermés... SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades et affirme haut et fort que la solution ne viendra pas d’une approche sécuritaire mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse du nombre d’élèves par classe, fin de la précarité.

 
Et pour l'imprimer et l'afficher dans vos établissements, c'est ci-dessous!
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31 octobre 2018 3 31 /10 /octobre /2018 10:34
Analyse de SUD éducation

La circulaire professeur-e principal-e dans les collèges et les lycées du 10 octobre 2018 abroge celle de 1993…
Les tâches bureaucratiques du nouveau ou de la nouvelle professeur-e principal-e se multiplient sans un temps de décharge ou une prise en compte sérieuse de cette surcharge de travail.
En cohérence avec la suppression des postes, le ou la professeur-e principal-e multiplie les casquettes :il ou elle est à la fois parent, communicant, médecin, assistant-e social-e, infirmier-e, CPE et même personnel de direction…
Avec « leurs aptitudes aux tâches d’organisation », Les nouveaux professeurs principaux et nouvelles professeures principales doivent bel et bien travailler plus avec la même rémunération et sans une baisse des effectifs pour assurer au mieux le suivi de chaque élève. En continuité ou en cohérence avec la réforme du collège et l’instauration du livret scolaire, le ou la professeur-e principal-e coordonne les différents bilans du livret scolaire.

Avec ces différentes casquettes, le ou la professeur-e principal-e, qui ne compte plus son temps de présence dans l’établissement ni son temps de travail, est à la disposition de tous les personnels de l’établissement, des familles et des élèves. Il semblerait que ces nouveaux professeurs principaux et ces nouvelles professeures principales n’ont pas assez de missions ni de responsabilités et qu’ils disposeraient d’un temps infini pour être réuni-e-s “à intervalles réguliers” avec le personnel de direction.

Voici quelques casquettes de ce nouveau PP ou cette nouvelle PP :

1) Le ou la professeur-e principal-e : un-e communicant-e
Il ou elle est l’interlocuteur-trice privilégié-e avec les parents, les professeurs, les CPE, les personnels sociaux et de santé à savoir l’AS, l’infirmier-e ou le médecin scolaire, le ou la psy-EN et l’équipe de direction. Rien de nouveau en soi mais il faut juste rappeler que cela nécessite déjà beaucoup de temps !

2) Le ou la professeur-e principal-e qui remplace les parents à l’école avec les « devoirs faits ». Rappelons dans la foulée que ce dispositif est apparu avec l’arrivée de Blanquer et apparaît déjà dans cette circulaire qui abroge celle de 1993. Le ou la professeur-e organise et suit le temps de travail des élèves dans l’établissement « dans la classe et hors la classe ». Comment ce dispositif « devoirs faits » évoluera-t-il ? S’il devient obligatoire, il y a peu de chance qu’il soit inscrit dans l’emploi du temps du PP ni rémunéré, comme c’est le cas dans certains établissements pour les heures de vie de classe.

3) Le ou la PP un-e accompagnant-e qui se substitue aux personnels sociaux et de santé avec le plan d’accompagnement personnalisé (PAP), le projet d’accueil individualisé (PAI), le projet personnalisé de scolarisation (PPS) . En participant à des réunions pluriprofessionnelles, il devra rédiger des documents de suivi et participer à l’élaboration de PAP, de PAI et de PPS. Rappelons que le nombre d’élèves “à besoins éducatifs particuliers” est important.

4) Un-e tuteur-trice ou maître-sse de stage. 
Il ou elle suit des stages de remise à niveau ou un programme personnalisé de réussite éducative ou un contrat de réussite pour les élèves en difficultés. De quels moyens disposeront les PP pour mener à bien ces nouvelles missions ?

5) Le PP : un-e commercial-e de la région :
Cette circulaire prépare le renforcement des régions et elle est en adéquation avec les réformes du lycée. Le ou la professeur-e principal-e effectue la promotion des « nouvelles compétences en matière d’information sur les formations et les métiers » des régions. Cette circulaire s’inscrit dans le cadre du transfert aux régions des compétences de l’orientation et de la formation professionnelle.

6) Le PP devient un CPE ou adjoint du personnel de direction dans la gestion des conflits de sa classe.

7) Le PP devient un adjoint du personnel de direction en prenant en charge toute l’orientation 

  • Il coordonne les actions d’orientation et de suivi des élèves avec de nombreux interlocuteurs et “partenaires” dont “les collectivités territoriales ou les mondes économique, professionnel et associatif”.
  • Dès la 3ème, le ou la professeur-e principal-e conduit des entretiens personnalisés : sans baisse des effectifs, cela représente un travail colossal.
  • Au lycée,le ou la professeur-e principal-e doit se former pour informer les élèves sur l’enseignement supérieur et notamment sur “les formations et le monde professionnel en lien avec les actions organisées par les régions”.
  • “Il participe à des actions spécifiques annuelles, notamment les Semaines de l’orientation et les périodes d’observation en milieu professionnel ou les périodes d’immersion dans l’enseignement supérieur.”
  • Le ou la PP prend en charge l’organisation de Parcoursup
  • Il ou elle rédige les synthèses à la place du chef d’établissement

Avec la réforme du collège (LSU), celle du lycée, Parcoursup, la suppression des C.I.O, le ou la PP se retrouve avec une surcharge de travail sans temps de décharge : il ou elle n’est qu’au service de toutes ces réformes.

Sur du long terme, il s’agit tout simplement de préparer l’autonomie des établissements en déchargeant le chef d’établissement de certaines fonctions et en les attribuant aux PP. Cette nouvelle circulaire prépare la nouvelle catégorie d’enseignant-e-s qui travaillera plus et qui sera confiée à des chefs d’établissements managers (rapport service public : se réinventer pour mieux servir ou CAP 22)

À l’opposé de ce qui est proposé dans ce projet de circulaire, SUD éducation revendique :

  • La compensation par des réductions de service des tâches supplémentaires et de la pénibilité.
  • Le maintien de tout le réseau de CIO et la défense du service public d’orientation.
  • Des pratiques professionnelles horizontales, sans hiérarchie intermédiaire, avec un temps de concertation intégré dans les services.
  • Une baisse des effectifs.
  • Abrogation de la loi ORE et abandon de Parcoursup.
  • Abandon du projet de réforme de la voie professionnelle telle qu’annoncée par Blanquer.
  • Retrait des réformes Blanquer du baccalauréat et du lycée.
 
 
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Published by SUD 61
28 octobre 2018 7 28 /10 /octobre /2018 10:19

Lors du conseil des ministres qui s’est tenu le 24 octobre dernier, Blanquer a donné sa feuille de route pour la rentrée 2019.

Après le rapport de la Cour des comptes et la commande d'un rapport à P. Mathiot qui a pour mission de détruire l'enseignement prioritaire, le ministre déclare qu'il veut passer de la “gestion statutaire” à une “logique de personnalisation” à compter de la prochaine rentrée dans la moitié des académies. Il envisage à ce titre la massification des postes à profil.

Les conséquences sont claires :

  • des restrictions importantes au droit à la mobilité des personnels ;

  • la mainmise de la hiérarchie sur les affectations et la rémunération. 

Le ministre cherche par tous les moyens à vider de sa substance le statut de fonctionnaire d’État des personnels.

Dans un même mouvement, il annonce à demi-mots la fin de l'éducation prioritaire, qu'il compte remplacer par “une nouvelle approche de l’allocation des moyens”. Les établissements, classés à la faveur d'évaluations standardisées, devront quémander des financements à l’administration. Ce qu'ils obtiendront le sera au détriment des autres.

Il s’agit de mettre en concurrence les établissements, les équipes et les personnels entre eux.

Entre ces annonces au conseil des ministres et ces annonces sécuritaires sur le recours aux policiers aux abords et au sein des établissements, le ministère montre une nouvelle fois ce qu'il est : à la fois libéral et réactionnaire.


 

SUD éducation s’oppose à cette conception managériale du service public, et appelle les personnels à manifester massivement dans la rue le 12 novembre leur rejet de ces projets délétères.

 

 

 


 

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27 octobre 2018 6 27 /10 /octobre /2018 07:49

Communiqué de la fédération SUD éducation

Ce vendredi 26 octobre, le ministre de l’éducation nationale, le ministre de l’intérieur et la ministre de la justice ont annoncé des mesures pour lutter contre la violence scolaire. Ces annonces font suite à l’incident ayant touché une enseignante à Créteil et aux réactions qui ont suivi sur les réseaux sociaux, notamment sur twitter autour du hashtag #pasdevague.

La prise en charge conjointe par les trois ministères montre bien l’optique des mesures prises. Et le fait est qu’elles sont à sens unique : policières, sécuritaires et réactionnaires :

ouverture de 20 nouveaux centres éducatifs fermés (en plus des 52 déjà existants)

mise en place de “centres d’accueil de jour” pouvant être encadré par des militaires ou des policier-e-s

simplification des conseils de discipline

”mesure permettant d’impliquer les familles”, vraisemblablement la suppression des allocations familiales

augmentation du nombre de policier-e-s aux abords des établissements

SUD éducation dénonce fermement et sans ambiguïté ces mesures rétrogrades. Le ministère exploite la souffrance au travail des enseignant-e-s pour donner des gages aux franges les plus réactionnaires de la société. La solution ne viendra certainement pas d’une approche sécuritaire et répressive mais de réels moyens pour l’éducation : création massive de postes, baisse généralisée du nombre d’élèves par classe et la fin de la précarité.

À l’heure de #pasdevague, SUD éducation porte haut et fort ses revendications pour l’amélioration des conditions de travail des enseignant-e-s et d’études des élèves et pour une école égalitaire et émancipatrice.

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