11 octobre 2018 4 11 /10 /octobre /2018 10:37
Communiqué de la fédération SUD éducation

 

La présidente du CSP avait invité SUD éducation à une rencontre au sujet de l’élaboration des nouveaux programmes du lycée général et technologique.

Trois jours avant le rendez-vous, la fédération SUD éducation n’avait toujours reçu aucun document de la part du CSP.

La méthode imposée par le CSP est claire : il s’agit uniquement d’un affichage et nullement d’une volonté de prendre en compte les remarques des personnels. SUD éducation a donc décidé de décliner une invitation qui n’aurait mené à rien.

Les déclarations publiques de la présidente du CSP s’en prenant à la pédagogie ne laissent toutefois guère de doute : elle se situe bien dans la ligne réactionnaire du ministre en matière de pédagogie.

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:20

L’éducation prioritaire n’échappe pas au rythme infernal des contre-réformes. SUD éducation défend l’éducation prioritaire, même si nous critiquons largement le bilan de la réforme de 2014, en particulier sur les moyens alloués. SUD éducation fait le point sur les principales annonces, et détaille ses revendications pour l’éducation prioritaire.

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:16

En avril 2018, l'ICEM avait apporté une contribution adressée à la "Délégation interministérielle à la prévention et à la lutte contre la pauvreté des enfants et des jeunes", notamment sur l'enfance, la jeunesse, l'École et l'éducation.
Le 13 septembre, Le gouvernement a annoncé une série de mesures qui couvrent cinq grands domaines : la petite enfance, l'enfance, les jeunes, l'accompagnement vers l'emploi et les minima sociaux.
Voici quelques commentaires à la suite de cette parution :
Si quelques points semblent annoncer une légère amélioration, le bilan en est largement insuffisant.
Concernant l'enfance et l'École :

  • la toute petite enfance, les places en crèche :

- Création de 30 000 places en crèche et 1 000 relais d'assistant·e·s maternel·le·s,
- Dans les quartiers populaires, subvention jusqu'à 90 % pour l'ouverture de crèches.
Or, nous le savons, les places en crèche ne concernent pas les milieux pauvres qui n'ont pas de
problème de garde. Le gouvernement est hors sujet !

  • l'école :

- distribution gratuite de petits déjeuners,
- tarifs sociaux pour la cantine.
Or, nous savons que la mise en application, la formation des personnels encadrant sont des éléments essentiels pour une mise en oeuvre satisfaisante.
Petits déjeuners distribués par qui ? Financés par qui ? Quid de ceux et celles qui ne vont pas à la cantine ?
Pour les repas proposés à la cantine, les tarifs sociaux sont très variables selon les mairies et cumul de pauvretés : en Seine Saint-Denis (93), la pauvreté est considérable et les mairies ne sont pas riches, alors qui va payer des repas de qualité pris dans de bonnes conditions (locaux de cantine, effectifs lors des repas, recrutement et formation des personnels municipaux) ? Quid de ceux et celles qui ne peuvent pas rester à la cantine parce que les deux parents ne travaillent pas ? Quid de ceux et celles qui ne vont pas à l'école ?

  • les jeunes :

- En 2020, promesse de création de 300 nouveaux centres sociaux ;
- L'obligation de se former jusqu'à 18 ans. Les pouvoirs publics seront tenus de "proposer un accompagnement" à tout·e mineur·e en situation de décrochage : Les Missions locales devront "proposer un rendez-vous" et "une solution" ;
- développement de la Garantie jeunes. Elle sera accordée à un plus grand nombre : soutien personnalisé par les Missions locales et une allocation de 480 euros par mois.
Or, qui peut vivre avec 480 euros par mois ?
... Mais aucune mesure annoncée concernant la santé dans le cadre de l'école.
Alors qu'il n'y a plus de visites médicales régulières dans les écoles, pas de dépistage par le médecin scolaire qui n'intervient plus à présent qu'en cas d'urgence sur des cas individuels.
Alors que les équipements de soins CMP (centres médico-pédagogiques), CMPP, CAMSP sont trop peu nombreux. Et que c'est souvent dans les communes qui en ont le plus besoin qu'il y a le moins d'équipements de santé.
... Mais aucune mesure annoncée concernant la mixité sociale dans les écoles, les collèges, les
lycées.
Alors que nous savons l'importance de la ségrégation sociale et scolaire qu'elle engendre, qualifiée de "bombe à retardement" dans le rapport du CNESCO de 2015.
... Mais aucune mesure d'accompagnement éducatif annoncée pour les jeunes mineur·e·s ne
pouvant bénéficier de l'ASE, à savoir tou·te·s les jeunes migrant·e·s mineur·e·s isolé·e·s.
En effet, tant que leur minorité n'est pas reconnue par le Tribunal, il n'y a pas de possibilité de prise en compte de l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance permettant de bénéficier d'un suivi social avec un accompagnement éducatif, d'une scolarité ou formation accessibles...). D'autant que ces démarches auprès de la Justice sont longues et parfois humiliantes, comme la pratique des tests osseux pour valider l'âge du ou de la jeune.
... Mais aucune action spécifique pour accompagner les familles pauvres ayant un·e enfant en situation de handicap afin de permettre à tou·te·s une inclusion bénéfique.
... Mais aucune mesure prenant en compte les ressources éducatives et pédagogiques que représentent les mouvements pédagogiques de l'éducation populaire, afin de créer un système éducatif qui ne soit pas exclusivement concentré sur le tri et la sélection des meilleur·e·s.
Alors que nous connaissons les expériences nombreuses des pédagogies coopératives mises en pratique dans les quartiers populaires et ayant fait leur preuve en terme d'inclusion scolaire et de réussite dans les apprentissages (rapport CESE 2015).
Autrement dit, la sphère scolaire de l'Éducation nationale publique ne bénéficie d'aucune mesure ni au niveau de la santé (médecin scolaire, visites médicales gratuites...) ni au niveau pédagogique.
C'est comme si les dernières injonctions ministérielles pouvaient suffire à elles seules à endiguer l'injustice de la ségrégation sociale et scolaire, sans moyens donnés en terme de santé, de personnels, de formation au sein de l'école publique gratuite, ouverte à tou·te·s sans exception, et à une formation et à un accompagnement pour tou·te·s les jeunes en difficultés.
Si tou·te·s les enfants, dès la maternelle et tout au long de leur scolarité, étaient placé·e·s en situation de s'exprimer et de réussir, le problème des jeunes en décrochage scolaire ne se poserait pas. On soigne le symptôme et pas la maladie !
Force est de constater que, tout au contraire, les directives ministérielles sur la rentrée 2018 ne font que développer un système éducatif basé sur des apprentissages mécanistes.
Éradiquer la pauvreté... qui ne le souhaiterait pas ? Mais cela est-il possible isolément ?
Et à bien y réfléchir, que ne vaudrait-il pas plutôt éradiquer ?
La pauvreté fait système et à une augmentation vertigineuse de la richesse d'une poignée d'immensément riches correspond l'augmentation sans cesse croissante des pauvres, des précaires et des exclu·e·s de plus en plus nombreux et nombreuses et de plus en plus pauvres.
« Le capitalisme est un échec », n'hésite pas à déclarer le Prix Nobel d'économie Joseph Stiglitz.
Aussi, plutôt que de tenter d'éradiquer l'effet (la pauvreté) ne vaudrait-il pas mieux en éradiquer la cause ?

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:15

La maîtrise du socle commun de connaissances et de compétences et le recentrage sur les fondamentaux sont sur les lèvres de nos gouvernant-es depuis déjà un certain temps. SUD éducation a maintes fois dénoncé cette vision utilitariste au rabais de l'école, pour certain-es, quand d'autres sont socialement programmé-es pour « aller loin », de même que l'hypocrisie d'employer le terme de « compétences », volé aux pédagogies constructivistes dont ces politiques en sont pourtant l'antithèse, puis totalement dévoyé. Si Macron et Blanquer, son ministre de l'éducation, n'ont certainement pas perdu de vue ces objectifs, ils ont choisi de mettre l'accent sur l'apprentissage de la lecture, à travers leur mesure phare, les « CP de la réussite » en éducation prioritaire, aux effectifs limités à 12 élèves par classe. Au-delà de la question de la réforme de l'éducation prioritaire sous Hollande, dont on sait qu'elle s'est faite au prix de l'éjection de nombreux établissements de ces réseaux d'EP, au-delà également de l'annonce de moyens constants (donc au détriment d'autres moyens pour l'éducation) pour mettre en place cette réforme, se posent d'autres questions d'ordre pédagogique : l'apprentissage de la lecture n'est-il l'affaire que d'une seule classe ? La réduction des effectifs suffit-elle à assurer 100 % de réussite (et de réussite à quoi?) ? Quels lecteurs et lectrices voulons-nous que nos enfants deviennent ?

Il y a une corrélation entre ces questions, et les réponses que le gouvernement entendent y apporter sont claires : oui, l'on apprend à lire au CP, tout au mieux les enseignant-es peuvent préparer cette échéance en Grande Section, et colmater les brèches en CE1, puisque ce niveau de classe est supposé connaître également ces baisses d'effectifs en Education Prioritaire l'année prochaine. Comment la Maternelle peut-elle préparer les élèves ? En leur faisant apprendre l'alphabet et travailler la correspondance entre graphèmes et phonèmes, lettres et sons, nécessaire ensuite à l'acquisition de l'encodage, puisque l'apprentissage de la lecture ne semble dépendre que de ça... et voici que réapparaît le spectre de la polémique entre méthode syllabique et méthode globale, dont politiques et médias tenteront une énième fois de prétendre qu'il s'agit d'un débat de technicistes, sans intérêt pour la population. Cela va pourtant bien au-delà d'une simple question de technique, de méthode d'apprentissage : il s'agit de véritables visions politiques et idéologiques antagonistes qui s'affrontent.

D'un côté, une vision ambitieuse de la Lecture, pour toutes et tous, se travaillant à l'école, à la maison, à chaque instant. Cette Lecture, c'est celle de l'implicite, de l'interprétation, de la culture, du plaisir. Elle est faite de langage et de vocabulaire riches. Sa compréhension est complexe pour les enfants, c'est pourquoi elle est intéressante et motivante. Elle forge des esprits critiques en consolidant l'esprit de réflexion. Elle ne se mesure pas par des QCM... d'ailleurs se mesure-t-elle ? Son but n'est pas de façonner des travailleurs et travailleuses aliéné.es, mais des esprits émancipés. Pour ce faire, la Lecture ne se borne pas à l'encodage, elle prend tout ce qui est bon pour parvenir à son objectif. Les sons sont accessoires. Son apprentissage ne commence pas au premier jour de CP, il débute dès la naissance, en baignant l'enfant dans un monde de livres, de lectures offertes (on comprend immédiatement l'importance dramatique des inégalités sociales). Il ne se termine jamais.

Et puis il y a la vision étriquée, le B.A. BA. Celle qui se contente de déchiffrer, de comprendre l'explicite d'un texte simple et sans saveur (une consigne, une notice, que sais-je?). Celle dont les Macron, Blanquer et leur caste nous disent cyniquement que c'est « mieux que rien », mais dont ces élites sociales et amorales ne se contenteront jamais pour leurs enfants. Celle qu'ils ont beau jeu de réserver à l'école publique, puisque leurs enfants n'y sont pas, et puisqu'elles et eux ont droit aux histoires le soir depuis tout.es petit.es. Le vocabulaire ? Bien sûr que c'est important : administrons-leur une leçon par jour. 5 mots devraient suffire, sans contexte et sans intérêt. Cette vision qui sert leurs intérêts, leur fabriquant de futur.es travailleur.ses sachant lire et réfléchir au minimum.

Alors bien sûr, fustigez la fantasmée méthode globale comme responsable de tous les maux de l'école. Sauf que quiconque a pris la peine d'observer les manuels de CP sait que la méthode syllabique la plus pure est depuis longtemps et pour longtemps installée dans leurs pages et dans les classes. Que malgré les discours réacs à base de « l'école et l'orthographe, c'était mieux avant », la tendance est de plus en plus au conditionnement des enfants à encoder d'abord et avant tout, en laissant au second plan l'exigence de l'orthographiquement correct. Nous ne voudrons jamais de cette vision au rabais.

 

 

 

 

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:13

Rentrée 2018. Des centaines d’élèves en situation de handicap sont toujours en attente d’une aide humaine. Le compte n’y est pas : le nombre d’unités locales d’inclusion scolaire et de postes d’accompagnant-e-s d’élèves en situation de handicap ne sont pas à la hauteur des besoins. On est bien loin de l’optimisme affiché par Jean-Michel Blanquer et Sophie Cluzel lors de leur présentation commune le 18 juillet dernier, au sujet de laquelle SUD éducation avait immédiatement exprimé son scepticisme.
Depuis plusieurs années, les AESH se battent pour parvenir à faire reconnaître leur profession et faire évoluer leur statut.
Le 27 juillet le gouvernement a publié un décret qui lui permet de baisser leur niveau de recrutement et d’expérience, sans augmenter la durée de formation (60 heures).
Le ministre, qui ignore leurs conditions de travail, a évoqué le 15 septembre dernier de soi-disant contrats AESH rémunérés 1350 euros mensuels qui ne trouveraient pas preneurs. La réalité est tout autre : les rectorats et DSDEN multiplient les embauches sous un régime de contrats inférieurs à 20 heures.
Plus inquiétant : le gouvernement a déclaré son intention de donner le pouvoir aux cheffe-s d’établissement, et plus à la MDPH, d’attribuer les moyens humains aux élèves en situation de handicap : on peut se demander sur quelles bases et quelles compétences.
Dans cette hypothèse, les AESH auraient affaire à une hiérarchie multiple et effectueraient des missions sur temps extra-scolaire à domicile.
Les AESH travaillent déjà dans des conditions difficiles sans formation ni salaire dignes de ce nom. Ils et elles se retrouvent souvent seul-e-s avec un public à besoins particuliers. Même l’Inspection générale de l’éducation nationale dans son rapport de juin 2018 pointait cette absurdité.
Les préconisations sont pourtant motivées par des choix budgétaires.
SUD éducation dénonce cette volonté ministérielle d’aller vers toujours plus de précarité, au nom de prétendus impératifs budgétaires.
SUD éducation revendique une titularisation immédiate des personnels AESH, une revalorisation significative des salaires et des recrutements à hauteur des besoins des élèves.

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7 octobre 2018 7 07 /10 /octobre /2018 16:08

Le gouvernement communique abondamment sur une prétendue augmentation de 850 millions d’euros du budget de l’éducation, soit 1,6 %. Or le taux d’inflation attendu pour 2019 est de 1,5 %. Qui plus est, cette hausse de budget doit également absorber 213 millions d’euros de crédits alloués au versement du salaire des personnels Accompagnant-e-s des Élèves en Situation de Handicap (AESH). Le budget de l’Éducation nationale est donc en baisse.

Qui plus est, 7,6 milliards d’euros sont consacrés à l’enseignement privé (confessionnel à plus de 90 %) en 2018, et ce budget sera encore augmenté. En dix ans, ce sont près de 100 000 élèves de plus qui accomplissent leur scolarité dans le privé. L’administration favorise l’implantation d’établissements privés au détriment des écoles et établissements publics. Le ministère verse les salaires de 145 000 enseignant-e-s d’entreprises privées.

SUD éducation dénonce le scandale du subventionnement d’entreprises éducatives, et revendique la socialisation immédiate des établissements scolaires privés, pour un service public d’éducation laïque, gratuit, ouvert à tou-te-s et émancipateur.

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 19:44
Appel intersyndical pour le 9 octobre

 

Les scandales de l’été n’ont pas entamé la volonté du gouvernement de multiplier les attaques générales contre les salariés, les retraités, les bénéficiaires des prestations sociales… Outre l’énorme chantier de casse des systèmes de retraites annoncé, le rapport du « Comité action publique 2022 » (CAP 2022) formalise toutes les attaques mises en route contre la fonction publique et ses agents.

Les scandales de l’été n’ont pas entamé la volonté du gouvernement de multiplier les attaques générales contre les salariés, les retraités, les bénéficiaires des prestations sociales… Outre l’énorme chantier de casse des systèmes de retraites annoncé, le rapport du « Comité action publique 2022 » (CAP 2022) formalise toutes les attaques mises en route contre la fonction publique et ses agents.

Ce rapport, commandé par Édouard Philippe à l’automne dernier, a fuité cet été. Un comité d’une quarantaine de personnalités, dont des chefs d’entreprises, des membres de l’Institut Montaigne connu pour ses publications ultralibérales, a remis sa copie avec 22 propositions en faisant miroiter 30 milliards d’économies sur les dépenses publiques, à condition de « transformer » l’action publique. Le rapport incite l’État à se désengager là où ce n’est pas encore fait : transport ferroviaire (avec ouverture au privé), réseau de transport routier, distribution de l’énergie, logement, financement de l’Office national des forêts, sport pour tous, contrôles (sanitaires, fraudes…)… Même le financement des hôpitaux est dans le collimateur, comme si la situation n’y était pas déjà extrêmement critique ! Tous les services publics, y compris l’éducation, l’enseignement supérieur et la recherche, sont attaqués.

Concernant l’enseignement supérieur et la recherche (ESR), l’accroissement de l’autonomie des établissements, l’encadrement de leur activité par le contrat, l’augmentation de leurs ressources propres y compris par l’augmentation des droits d’inscription, une différenciation accrue des établissements en vue de leur mise en concurrence selon une classification distinguant ceux qui ont une vocation régionale, nationale ou internationale, la dilapidation du patrimoine national avec le transfert de l’ensemble du patrimoine immobilier aux établissements, une gestion inégalitaire et une mise en concurrence des enseignants-chercheurs, tout y est !

Le rapport CAP22 précise : « La politique des formations supérieures, la stratégie nationale de recherche et la tutelle des organismes de recherche continueraient à être assurées par l’administration centrale alors que l’ensemble des autres missions seraient prises en charge par des agences » . Des agences de quelle nature ? Avec quelles missions et quel budget ? CAP22 déplore les mécanismes de financement de l’ESR : « Enfin, le système actuel de subventions de la recherche et de l’enseignement supérieur n’est pas suffisamment incitatif. En effet, les subventions publiques constituent aujourd’hui les trois quarts des ressources des universités et des organismes de recherche. Or, l’attribution de ces subventions n’est pas conditionnée à la performance, à l’atteinte d’objectifs ou de résultats ». De quelle performance est-il question ? Celle des indicateurs des classements internationaux qui n’ont jamais rendu compte du travail réel des équipes de recherche et d’enseignement ? Des enseignants ? Ou bien celle des objectifs de réduction simultanée des moyens et du nombre de fonctionnaires ? Ou encore celle qui consiste à subordonner la recherche publique aux intérêts privés des grands groupes nationaux et européens ?

Ces grands experts en ESR précisent ce qu’ils espèrent :
• « Piloter les universités et tous les opérateurs de l’enseignement supérieur et de la recherche par le contrat, y compris sur la question des moyens. Il s’agit de moduler le financement des opérateurs en fonction de critères clairs et évalués. Cela doit concerner à la fois les universités et les organismes de recherche. », et pour être encore plus clair :
• « … le financement des organismes doit davantage dépendre des résultats pour constituer une incitation à accroître la qualité de l’enseignement et de la recherche. »

Au niveau des structures, CAP22 suggère d’accroître encore plus l’autonomie des universités. En lien avec le financement, il propose d’« ajuster la carte des laboratoires de recherche aux domaines d’excellence des universités et des grandes écoles…les crédits de recherche doivent être alloués selon les domaines d’excellence qui auront été choisis au moment de la différenciation des laboratoires. ». Les établissements sont donc priés de faire le ménage.

Puisque la plus grande partie des dotations aux établissements de la recherche et de l’enseignement supérieur est consacrée au financement des salaires du personnel, c’est leur statut qui est la cible des experts. Il y a un risque majeur de régression sociale grave : CAP22 déplore que « Les mobilités sont peu encouragées dans les parcours et sont contraintes, notamment par les différents corps. De plus, la gestion des ressources humaines dans la fonction publique est aujourd’hui beaucoup trop centrée sur des questions générales, d’ordre juridique autour du statut ou du contrat, et n’est pas suffisamment individualisée… ». Autrement dit : À bas le statut ! Vive l’individualisation ! Mais « heureusement », le secteur privé arrive à la rescousse : « Il est indispensable d’offrir une flexibilité accrue aux chercheurs et enseignants-chercheurs pour qu’ils puissent bénéficier de carrières dynamiques et envisager des mobilités y compris vers le secteur privé,… ». Dans ce but il faut aussi « revoir la formation des enseignants ». Et pour être bien certain que les règles de « management » du privé seront appliquées au sein de la Fonction Publique, « les talents venant du privé » seront privilégiés pour l’accès aux emplois de cadres dirigeants ! Et si cela n’était pas assez clair, de façon générale, CAP22 suggère « d’élargir le recours au contrat de droit privé comme voie “normale” d’accès à certaines fonctions du service public… », et propose carrément de « donner la possibilité au management de négocier des accords dérogatoires au cadre de la fonction publique, sur l’ensemble des points du statut (rémunération, temps de travail, mobilité …) et de mettre en place des accords sociaux locaux, y compris d’intéressement collectif… ». La mise en route de nombres de ces éléments - non exhaustifs - est déjà effective, notamment dans le cadre des chantiers « Refonder le contrat social » de la direction générale de la fonction publique.

Les organisations soussignées rejettent les mesures proposées par le Comité CAP22 et appellent les personnels à lutter contre leur mise en place. Nous sommes opposés au pilotage de l’ESR par la carotte financière indexée sur des critères de performance qui n’ont aucune pertinence dans les domaines de la recherche et de l’enseignement et à la remise en cause du statut du personnel de l’ESR.

Nous exigeons :
• Une revalorisation significative des salaires avec le dégel et la revalorisation du point d’indice, ainsi qu’un rattrapage en nombre de points du pouvoir d’achat perdu depuis 2010 ;
• un plan pluriannuel de création d’emplois de fonctionnaires, enseignant·e·s-chercheur·e·s, chercheur·e·s, ingénieur·e·s, technicien·ne·s, personnel de bibliothèques et administratif, à hauteur de 6 000 créations par an pendant 10 ans ; et dès à présent, le dégel de tous les emplois vacants ;
• la fin de la politique de précarisation et la mise en place d’un plan de titularisation des contractuel·le·s et vacataires de l’ESR ; non au contrat de chantier ;
• une réelle augmentation du financement public de l’ESR : 3 milliards d’euros par an pendant 10 ans pour atteindre l’objectif de 1% du PIB pour la recherche publique et 2% du PIB pour l’enseignement supérieur. Elle doit permettre le financement récurrent des établissements nationaux de recherche et des universités à la hauteur des ambitions scientifiques du pays ainsi qu’un plan pluriannuel de création d’emplois titulaires et un plan de construction et de réhabilitation immobilière, afin d’accueillir les étudiant·e·s qui le souhaitent dans la formation de leur choix.

Pour toutes ces raisons, nos organisations appellent les personnels de l’ESR à participer à la journée du 9 octobre pour défendre la Fonction publique et les services publics selon diverses modalités de mobilisation : grèves, rassemblements, manifestations, assemblées générales dans toute la France.

SNTRS-CGT, CGT-INRA, CGT FERC Sup, SNESUP-FSU, SNCS-FSU, SNEP-FSU, SUD RECHERCE EPST, SUD EDUCATION et FO-ESR

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4 octobre 2018 4 04 /10 /octobre /2018 19:39

En cette rentrée 2018, le ministère de l’Éducation Nationale impose aux enseignant-e-s des évaluations en lecture de tou-te-s les élèves de CP et de CE1.

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Des images devant inspirer tout·es les élèves pour écrire ! Que voyons-nous ? Tout simplement un garçon actif, et une fille passive sur un lit, ou se faisant belle…

Alors que le ministère prétend que le respect de l’égalité entre femmes et hommes doit être au cœur des apprentissages, et que “le refus des stéréotypes parmi les compétences sociales et civiques que tout élève doit acquérir”.

Il est inacceptable qu’un ministère qui affirme lutter contre les stéréotypes impose dans le même temps de telles images. SUD éducation condamne fermement ces exercices qui véhiculent des stéréotypes sexistes exhortant les garçons/hommes à travailler dehors et les filles/femmes à rester oisivement à la maison. S’agit-il du nouveau plan d’égalité filles-garçons inspiré par la Manif pour tous ?

SUD éducation exige que le ministère suspende ces évaluations. SUD éducation appelle les enseignant-e-s à ne pas les faire passer aux élèves et à ne faire remonter les résultats.
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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 19:25

SUD éducation a pris connaissance d’un rapport parlementaire consacré à l’évaluation déposé le 27 septembre par deux députés. Celui-ci déplore l’inefficience de l’évaluation du système éducatif français. Plutôt que de déplorer le manque de moyens du système éducatif, le rapport pleurniche sur le fait que seulement 3 millions d’euros sont consacrés à l’évaluation du système éducatif ! 

Les rapporteurs-trices déplorent en particulier le fait qu’en France, “l’évaluation des établissements est pratiquement inexistante”. En ce qui concerne les personnels, le rapport préconise de compléter les rendez-vous de carrière par des “rendez-vous intermédiaires”. Pour le premier degré, le rapport va même jusqu’à préconiser de donner aux directeurs-trices “une mission de co-évaluation des enseignant-e-s” ! L’objectif ? “Corriger le caractère lissé de l’avancement” de carrière. En clair : poursuivre toujours plus l’individualisation des rémunérations.

Au total, ce rapport montre une nouvelle fois le consensus qui règne dans la classe dirigeante au sujet du renforcement de l’évaluation. Rappelons que le gouvernement a annoncé dans le communiqué du 2 août dernier la perspective de mettre en oeuvre une évaluation des établissements à partir du 1er semestre 2019.

La fédération SUD éducation le dit clairement : nous sommes contre cette logique d’évaluation qui, dans une logique d’austérité budgétaire et de réduction des dépenses publiques, aboutira à une mise en concurrence généralisée des personnels et des établissements, et à une standardisation des pratiques pédagogiques.

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2 octobre 2018 2 02 /10 /octobre /2018 19:23

SUD éducation a pris connaissance des projets ministériels concernant la gouvernance des ESPE. Espérant agir en toute discrétion, le ministère a glissé les dispositions relatives à l’ESPE dans la loi sur la scolarisation obligatoire dès trois ans. C’est raté. Ces projets entrent dans le cadre de la réforme de la formation des enseignant-e-s que nous avons qualifiée dès le mois de juin de dangereuse. Voici l’analyse de SUD éducation.

Le ministère compte jouer un rôle plus important dans la gouvernance des ESPE. Pour cela, il entend avoir la main sur la désignation des directeurs et directrices d’ESPE. En effet, jusqu’à présent, c’était le Conseil des ESPE, donc les pairs, qui proposait au ministre un nom pour la direction de l’ESPE ; dorénavant, ce sera un jury, présidé par le recteur ou la rectrice, le ou la président-e d’Université, ainsi que trois personnes “qualifiées”. Ce rôle prépondérant donné au recteur ou à la rectrice est le signe d’une reprise en main par le ministère, qui montre une nouvelle fois l’étendue de son autoritarisme.

D’autre part, le ministère compte bien avoir la main sur le contenu des formations. Pour la formation des professeur-e-s des écoles, par exemple, le projet du ministère est d’imposer 50% de français et de mathématiques, 20% de pédagogie, 15% de recherche, et laisser une part de 15% dévolue au choix des universités. On retrouve là l’orientation réactionnaire du ministère en matière pédagogique : tout pour les prétendus “fondamentaux”, les miettes pour la pédagogie.

Anti-pédagogique et autoritaire : ce premier volet augure mal de la poursuite de la réforme de la formation des enseignant-e-s. Les orientations en ce qui concerne la place du concours ne sont pas tranchées, les ministres devant rendre leur décision courant 2019.

À n’en pas douter, ce seront encore une fois les droits et les garanties statutaires des futur-e-s enseignant-e-s qui seront attaqués, dans la droite lignée de CAP 2022. Il en ira de même pour leur liberté pédagogique, dans le cadre de la mise au pas réactionnaire menée actuellement par le ministre.

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